Souvenirs d’Autos (214) : Si on se cassait avec Beatrice Dalle ?

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. J’aime Rétromobile, l’un des plus beaux salons au monde d’autos anciennes (que les râleurs passent leur chemin, je ne bouderai pas mon plaisir), mais aussi car c’est l’occasion de retrouver des amis. Et, sur le stand Honda, tous les ans, règne l’immense, le génial Patrice Vergès. Et il fait quoi Patrice Vergès quand il me voit ? Il me donne l’accolade, il m’offre un café et il me deale un fabuleux Souvenir d’Auto ! C’est comme ça avec lui !

Je n’ai pas été qu’un journaliste bagnolard en 40 ans de presse. Pendant une dizaine d’années, j’ai rencontré des acteurs et des chanteurs et joué au critique de films. D’où l’invitation en mars 1986 à l’une des premières à Bordeaux du film de Jean Jacques Beneix : « 37° 2 le matin ». 1000 km aller et retour et l’occasion d’essayer l’originale Honda Aerodeck, superbe break-coupé de chasse sur la base de l’Accord.

 

Une révélation

Projection du film « 37°2 le matin » le samedi soir dans un cinéma de Bordeaux. Peu de journaliste car le metteur en scène et les acteurs sont pratiquement inconnus. Dès l’ouverture du film avec la célèbre scène d’amour très hard entre Jean-Luc Anglade et Béatrice Dalle, c’est un coup de poing dans l’estomac. Cette jeune actrice inconnue débordante de sexualité et au physique explosif crève l’écran. Ce long film de deux heures se révèle d’une beauté émouvante, les images tournées à Gruissan sont somptueuses, la musique signée Gabriel Yared est envoûtante. Je sors assommé de la salle par tant de beauté esthétique, par les acteurs, par le talent de Beneix et aussi par cette bouleversante histoire d’amour adaptée d’un roman d’un jeune auteur, Philippe Djian.

 « Vous n’étiez pas à Cannes avec Mickey Rourke ? »

Le lendemain dimanche, nous avons tous rendez-vous dans un château au milieu des vignobles bordelais que je rejoins avec ma belle Honda. Peu de journaliste sauf le jeune Bernard Montiel (discrètement vêtu d’une veste rouge) qui travaille alors à FR3 et me lance en me voyant : « On s’est pas vu à Cannes sur un yacht avec Mickey Rourke ? ». Acteur dont on parle beaucoup.

Quand je lui rétorque que je viens de Clermont-Ferrand, son regard change.

Une matinée à parler avec les protagonistes du film dans ce beau château ; la blonde Claudie Ossard productrice et ancienne actrice dont j’étais amoureux à 12 ans lorsqu’elle jouait dans « Le temps des Copains », Beneix passionnant, Gérard Darmon suffisant, Anglade charmant, Beatrice Dalle sexy en diable à 22 ans, surprenante dans sa façon d’être et déjà ingérable. Difficile de la regarder au fond des yeux car elle exhibe un décolleté très échancré. On sympathise et se tutoie rapidement.

« Si on se cassait ? »

Au bout d’un moment, mes questions l’embêtent. Ses lèvres purpurines laissent tomber

  • Je m’emmerde, j’ai envie de me casser. Tu m’emmènes me balader ?

Difficile de lui refuser. Elle rajoute :

  • Pas d’histoire, mon mari fait de la boxe et si ça va pas, il te cassera le gueule !

Je suis prévenu !

Nous délaissons les autres journalistes et partons nous balader deux heures avec la Honda dans cette belle région. Je me souviens plus de notre conversation mais je crois que je lui ai parlé de la Honda Aerodeck et j’ai eu du mal à ne pas laisser tomber mon regard sur sa poitrine…

Le lundi au journal, je raconte mon week-end et la découverte de ce film et surtout de Beatrice Dalle, une révélation. On m’écoute d’une oreille distraite vu que le film n’est pas sorti, Beatrice Dalle est inconnue comme pratiquement tous les acteurs du film (Vincent Lindon et Clémentine Célarié). Quand il sort le 9 avril, il fait un carton auprès de la presse et des spectateurs. C’est la révélation de tant de talents notamment de Beatrice Dalle interviewée sur toutes les chaînes de télé. On en parle beaucoup autour de moi. Et lorsque je raconte qu’il y a moins d’un mois, tous les deux, nous avons été nous balader un dimanche dans la région bordelaise, je perçois les regards méprisants autour de moi, signifiant : « Pauvre mythomane »…

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Faites comme Patrice Vergès et racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion (avec ou sans Béatrice Dalle !)  Et si possible, joignez à votre histoire des photos…On adore ça chez POA ! Merci à toutes et tous !

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

16 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (214) : Si on se cassait avec Beatrice Dalle ? »

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  1. Nabuchodonosor

    Grâce à cette anecdote ô combien croustillante nous savons désormais qu’outre ses feux pop-up la spécificité de l’Aérodeck, était sa Dalle tactile.
    Et à l’époque, elle crevait l’écran.
    😉

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    1. Mat Ador

      Je crains à penser que si notre tonton Pat’ national avait eu la moindre velléité à vérifier si cette Dalle était ou non tactile, il se serait vu retourner aussitôt une magistrale baffe en guise d’AFIL… Mais vous avez raison, elle était incroyable de modernité cette aérodeck.

  2. Oliver

    Le genre de témoignage que je savoure.
    J’en réclame d’autres avec insistance Commandant Chatel.

    Pour ceux qui n’étaient pas nés dans les années 80, voici le succulent échange entre PPDA et Béatrice Dalle : https://www.youtube.com/watch?v=ebagblk-hvg
    Il ne fallait vraiment pas la chercher cette plante vénéneuse. Pauvre PPDA. Il l’avait quand-même cherché…

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  3. chapman

    C’est une de mes périodes favorites pour la marque Honda. Je trouvais les lignes de cette auto, pures et ramassées. La berline était à l’avenant, le coupé Prélude aussi. Des petites actrices de l’époque je crois me souvenir que je préférais la « Kaprisky » à la « Dalle » comme on disait à l’époque……aujourd’hui on oserait plus.
    Pour des raisons principalement musicales mais aussi de photographie, j’ai préféré le film « Diva » du même Beneix. Le chant lyrique de « La Wally » de Catalani……On découvrait aussi Richard Bohringer qui m’a appris à éplucher les oignons avec un masque de plongée.

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    1. chapman

      Quand je dis on découvrait Richard Bohringer, je parle de sa technique pour ne pas pleurer en cuisine, pas de l’acteur lui même qui avait déjà une carrière derrière lui.

  4. Nabuchodonosor

    C’était l’été et déjà 37,2° le matin, bon… Mais aujourd’hui faudrait vraiment avoir la Dalle pour emmener Béatrice…
    Si je ne dis pas de bêtises la spécificité de l’Aérodeck comme son nom ne l’indique pas, ce sont ces phares escamotables…
    Un peu comme les yeux d’oncle Pat’ qui, j’imagine, devaient naviguer sans cesse de la route au balcon et retour… Dur, le métier d’essayeur…
    😉
    Mes rétro-respects mon Commandant.

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  5. Pierre Jean BASCUNANA

    Superbe anecdote, qui me rappelle l’émotion ressentie à la première vision de ce film et la révélation Béatrice Dalle..

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  6. PhareOuest

    Bonjour,
    je prends avec grand plaisir la Mercedes 110 même en jaune (bleu d’origine), par contre non merci pour la trop chaude (vulgaire) Béatrice Dalle et la trop froide (japonaise) Honda Aerodeck

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