Souvenirs d’Autos (192) : La descente de la mort

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Cette excellente (et stressante) anecdote m’a été envoyé par Félix Miguel qui a deux qualités. Il est jeune et il aime les GS… ce qui me le rend très sympathique.

 

L’action se déroule durant l’hiver 1977, mon grand-père était descendu dans les Alpes iséroises depuis Paris, avec toute la famille, à bord de sa GS 1220 Club.

Cette voiture avait été achetée neuve en 1973 ou 1974, était Beige et fascinait avec son compteur à tambour lumineux qui changeait de couleur selon la vitesse. C’était assez magique à l’époque !

La voiture qui permettait de belles moyennes, et ce par tous temps, était idéale en montagne grâce à l’Hydraulique : On pouvait monter par tous temps avec la GS, elle n’a d’ailleurs jamais été mise en défaut sur la neige.

C’est justement cet hydraulique qui posa problème cette année là.

En effet, l’auto qui venait de parcourir le long trajet depuis la capitale, causa une grosse frayeur à ses occupants… !

Les freins devinrent inopérants sans crier gare ! L’installation Haute Pression venait de rendre l’âme. Le génie de la technique Citroën venait de laisser en rade toute la famille à 1500 m d’altitude, sans autre moyen de faire réparer la voiture que de la descendre chez l’agent le plus proche, situé à une bonne dizaine de kilomètres, dans la vallée, au bas d’une route d’une vingtaine de lacets…

Cette route n’était dans un premier temps que précairement bitumée, peu large, assez sinueuse et le croisement avec un autre usager relevait de l’utopie… Et pour peu qu’elle fut enneigée, ce qui devait être le cas, n’en parlons pas..!

La décision fut prise de redescendre en utilisant le frein à main ! Celui-ci étant astucieusement placé au centre de la planche de bord et agissant sur les roues avants, il pouvait parfaitement servir de frein de secours.

La descente a dû se faire sans dépasser les 10 km/h. Elle a dû être éprouvante aussi. L’enchaînement des virages raides et serrés n’a pas dû être une partie de plaisir, c’est une certitude.

Et pourtant mon grand-père pu rejoindre la vallée, après plus d’une heure de conduite. Et même s’il restait quelques kilomètres jusqu’au garage Citroën, le plus dur était passé.

C’est donc sur la RN91 que se firent les derniers kilomètres, à très faible allure avec les feux de détresse allumés. Il y avait sur ce tronçon une très longue ligne droite, et comme alors les limitations de vitesses n’étaient pas encore rentrées dans les mœurs, certains avaient la fâcheuse habitude de conduire assez vite à cet endroit.

D’où le fait qu’un conducteur pressé, dépassa dangereusement la GS puis se rabattu trop précipitamment, obligeant mon grand-père à ralentir de suite. Malheureusement sans freins, la seule solution fut de se déporter sur le bas côté, où se trouvait alors une grosse borne kilométrique, et la GS s’encastra gentiment dans celle-ci. On s’imagine alors qu’avec la résistance assez relative de la voiture en cas de choc-frontal, l’avant fut bel et bien écrasé par l’impact.

J’avoue ne pas en savoir plus, mais il résulta de cet accident un arrêt définitif de la voiture.

Quelques mois plus tard, de retour à Paris, le moment était venu de remplacer la défunte GS et ce fut un Break GS Club, qui prit la révèle.

 

Près de 40 plus tard, en 2013, j’achetais, en souvenir, ma première GS. Je n’avais alors que 14 ans…

 Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.

On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…  Et si possible, joignez à votre histoire des photos….

On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

17 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (192) : La descente de la mort »

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  1. MF67

    Merci à POA la publication de cette histoire ! Il m’en reste encore quelques autres à mettre à l’écrit…
    La GS est effectivement une excellente voiture, bien que dotée, il faut être honnête, de quelques défauts fâcheux. Car, si lorsque ça roule c’est génial, tant en confort, qu’en tenue de route et freinage, c’est quand même un long jeu de patience dès qu’il faut réparer : Une vraie voiture d’ingénieurs, où rien n’a été pensé pour faciliter le travail du mécanicien. Dommage car c’est peut-être en partie cela qui a fait qu’aujourd’hui seul un nombre réduit d’exemplaires, sur les deux millions fabriqués, nous sont parvenus.

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  2. Alain Turbé-groizart

    Étonnant design que cette GS, regardez la bien, tout est juste dans les proportions, les courbes à peines cassées par quelques arêtes … Opron avait compris que les plis sont comme des rides sur le visage et les évitait au maximum !
    Quelle dommage que la peur du hayon ( une honte chez Citroen) lui a ôté une + énorme pour la clientèle ciblée.
    Ça viendra plus tard, en fin de vie avec la GSA.
    C’est drôle, je ne suis jamais monté dans une GS, mais je SAIS que tout est doux, suspensions, sièges, utilisation des divers commandes … comme si ça allait de soi 🙂

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  3. chapman

    Mon frère en avait une break bleue…. C’était une voiture étonnante sur bien des points et finalement assez performante malgré un moteur un peu juste en regard de ses capacités.
    Quand on pense à la taille des pneus par rapport à la tenue de route, on se demande pourquoi on met des gommards aussi larges aujourd’hui pour des résultats guerre meilleurs.
    La seule chose à laquelle je n’ai pas su me faire, c’est la position de conduite.

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  4. vincent

    j’ ai eu aussi une GS la voiture que mes parents avez acheter neuve en 1972 bleu

    j’ai passer mon permis en 1981 et hériter de la GS la plaque de la GS break en photo

    sur le site ma fait rigoler car ma plaque de l’époque était 1463 QD 64

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  5. Pierre_

    Sympathique Souvenir Félix.
    La GS? Inoubliable pour ma part. Enfant, elle était une attraction. Nous partions au foot entassés dans cette Auto. On observait interrogatif le monte-et-baisse étrange des suspensions, l’affichage de la vitesse (un disque sous une loupe. Alors ça!), le volant 1 branche (tient?), la couleur inconnue (un délavé clair bleu ou vert. Boof!)
    Gagner les Alpes depuis Paris, quelle courage. Il fallait alors aimer fort la montagne et le ski. Bravo au grand père.
    J’ai connu également par 2 fois des situations de panne au retour des Alpes, mais en 104GL.
    Un autre jour, en route très tôt le matin pour l’Italie, y disputer la ‘course’ de ski de fond ..la Marcia Longa..
    C’était avec la GS de mon ami Pascal, la Citroën nonchalante perdit alors son chauffage son dégivrage à mi chemin. Un grand moment. Pascal, ingénieur flegmatique, imperturbable, garda un calme olympien. Je fus désigné -préposé au dégivrage-. Goutte au nez, doigts gelés et machoires serrées, je fulminai, j’enrageai dans le cockpit dela maudite. Il fallut 60 bornes de ski pour apaiser la bête. Pascal, ami de toujours, si tu lis ces lignes…
    Merci Felix pour ce récit.
    Vite vite un autre!

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    1. Mat Ador

      La Marcialonga, 70 kms comptants sur le circuit Worldloppet.
      Val di Fiemme et Val di Fassa (Trentino).
      Au bout les Dolomites, le Sassolungo…
      MA-6NI-FIQUE !

    2. Pierre_

      Ah les dolomites Mat.Ador! Un pur bonheur, vous avez raison.
      Parcourues par deux fois en famille ces dernières années.
      Le sassolungo vu depuis corvara, les tré cimé… et j’en passe. Bon sang je repars ce lundi!
      Ce voyage en GS a été une galère. Je me souviens aussi d’un voyage dans le sud en…Visa avec 2 planches sur le toit.
      …nous avons tous connus de pareilles aventures c’est sûr .
      Va bené cher Mat.

  6. arnold

    Ah la GS break! La mémoire me revient…..à l’époque je m’occupe des achats et du
    parc automobile dans une boite de téléphonie, mon boss est un original, il fait rouler ses
    monteurs en Mini, irrationnel au possible, mais on a aussi une GS break, modèle avec
    les pc en plastique, j’approvisionne parfois les chantiers un peu loin de Paris avec.
    Le moteur marchait fort, grévant sérieusement le budget carburant de l’entreprise, mais
    permettant de toujours livrer à l’heure!
    Un vendeur de chez Citroen m’embobinera avec un lot d’Axel Entreprise(ceux qui
    connaissent ce piège, comprendront que ça ne m’a pas value une promotion) et la
    vaillante GS terminera sa vie dans le parc des reprises.

    Si on était dans la présentation des véhicules des petits observateurs et la question
    du président (la petite observation)……je dirais cette vision du coffre ouvert avec cette
    ouverture béante me faisant penser à la proue d’un ferry chargeant ses autos.

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  7. Arnaud T

    Mon père en a eu une comme voiture de fonction. Je n’avais pas encore le permis, je l’ai juste conduite dans la cour de temps à autre en m’amusant avec la position haute. Je conserve le souvenir d’une « petite CX », moins prestigieuse certes, mais avec le recul, une bonne voiture.

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  8. Francois

    Bonjour,
    Quelle voiture cette GS !!!!! J’ai possédé une X2 neuve début 75, formidable routière, super tenue de route, freinage fabuleux le tout dans confort royal. Elle méritait plus de puissance et son excellent moteur en avait le potentiel. Ce fut chose faite au bout d’une année, 2 doubles corps, arbres à cames revus, nouvel échappement voilà pour l’essentiel et le 1220 était enfin à la hauteur des capacités routières de la GS ( hé oui à cette époque il fallait en faire un peu plus qu’aujourd’hui…) j’ai parcouru un peu plus de 150 000 km ainsi sans autre intervention que l’entretien courant…Qui a dit que les GS n’étaient pas fiables ?
    Mais tout ça c’était avant….avant l’ennui et les frustrations de se déplacer sur la route…maintenant je cruise tranquillement et je vais sans doute me trouver une Cad comme le commandant…..
    Francois
    ,

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  9. Georges Piat

    Fallait pas que le câble du frein à main casse… On imagine pas le stress de ce genre de situation.
    Je me souviens très bien de la pub de la GS : Un tapis rouge était déroulé sur une route de campagne avec pour commentaire,. : La GS, elle refait la route…
    Une des dernières autos qui « montaient » avant de démarrer.

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  10. Thierry

    C’est sur une GSpecial en 1979 que j’ai fait mes premières armes de jeune conducteur, c’était et il est grand temps de lui rendre hommage, une sacrée bagnole ! Anti tapcul comme disait la pub, pas trop anti traintrain car de puissance modeste, mais quel freinage, quelle tenue de route par tous les temps.
    Le frein à main de mémoire était une action mécanique sur les plaquettes de frein avant !
    Par contre, peut-être une erreur dans les souvenirs, il me semble que les warnings sont arrivés bien plus tard pour la GS de l’histoire de notre ami ?

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  11. Gérald

    Quand j’étais adolescent, fin des années 80, mon voisin et copain François reçu pour ses 18 ans une GS Pallas grise avec une peinture toute ternie.
    A mon grand étonnement ses parents lui offrirent une nouvelle peinture neuve et la GS avait fière allure. Sauf qu’à l’époque elle était pas encore en collection, et c’etait un peu comme avoir une Xsara flambante aujourd’hui, ça n’attirait ni les foules ni la gente féminine…
    Bref, on était tout le temps dans la GS surtout que François avait la seule caisse de toute notre bande.
    J’ai des souvenirs de cette voiture, mais celui qui me revient à l’esprit c’est la descente de la route Napoléon au dessus de Saint Vallier.
    François roulait à fond, la GS tenait super bien le pavé et était finalement assez nerveuse.
    Le frein à main ne fonctionnait pas et je le revois tirer la poignée du tableau de bord pour jouer à passer des vitesses imaginaires…J’étais déjà pas rassuré car François roulait vite, mais quand il s’amusait à tirer ce frein à main, j’étais tétanisé! Il le savait et en jouait avec gourmandise !

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    1. PhareOuest

      Une voiture pétrie de qualités, aérodynamique, confort et de tenue de route au top, le tableau de bord composé d’une loupe devant un tambour rotatif comme tachymètre…….