Souvenirs d’Autos (184) : La 404 et la petite lumière rouge

Par le Commandant Chatel. Cette histoire a dû se dérouler en 1972 ou 1973. J’ai treize ou quatorze ans et j’ai beaucoup de chance car mon frère Frank qui a une dizaine d’année de plus que moi ne me considère pas comme un « gosse » et il me trimballe partout.

 On va au théâtre (voir La chevauchée sur le lac de Constance), on va au cinéma (voir Woodstock), on va dîner chez des amis à lui…

Un soir, je ne sais plus très bien où ca se passait, mais dans un quartier un peu animé et on s’embrouille dans la rue avec des types avinés.

Heureusement, un copain de Frank avait une voiture et il nous dit :

  • Venez, je vous ramène. Tirons-nous vite ! Ceux qui ont lu mes nombreux souvenirs savent que dans ma famille, il n’y avait que des Renault (4CV, Dauphine, Frégate, Floride, Caravelle, R8, R10, 4L, etc.) C’est important pour la suite.

Nous voilà marchant d’un pas rapide et nous montons dans la Peugeot 404 du copain. Et ce qui est embêtant, c’est que les sales types agressifs approchent dangereusement.

 

Bien sûr, nous nous enfermons dans la 404… et ce qui m’étonne, c’est que le copain ne démarre pas.

Même Frank qui n’est pas très « bagnole » lui demande :

  • On ne s’en va pas ?

Les sales types entourent maintenant la 404 et commencent à la secouer. Et là, le copain, finalement très calme, nous explique qu’il faut faire « préchauffer ».

Moi le diesel, il n’y en avait jamais eu dans ma famille et je ne savais pas que ça ne pouvait pas démarrer directement (à l’époque) !

Le copain me montre la petite lumière rouge sur le combiné du tableau de bord et m’explique, toujours très calmement, qu’on ne pourra pas lancer le moteur tant que cette lumière sera allumée. Glurp.

Là, le temps me semble interminable… cette « putain » de lumière rouge ne s’éteint pas… Les horribles mecs saouls comme des cochons nous secouent… et bizarrement mon frère Frank et son copain à l’avant sont très calmes.

Il n’y a que moi, enfoncé sur la banquette arrière défoncée qui me demande comment ça va finir ?

Eh bien, finalement très bien. Le copain démarre la 404, passe la première et démarre assez nerveusement (il était temps).

Les sales types se jettent part terre et nous éclatons de rire tous les trois.

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…

Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !

Merci.

 

L’avis des Petits Observateurs !

13 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (184) : La 404 et la petite lumière rouge »

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  1. Lieutenant Columbo

    Diesel ou pas, la mienne ne démarre guère plus vite, on l’a croirait comme neuve cette auto.
    Faut que j’en parle à ma femme…

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  2. Pierre_

    Pansements et mercure au chrome !
    Nous foncions bille en tête et tête dans le guidon dans une rue du village.
    Nous étions quatre à faire un run mémorable ce jour là, montés à deux par vélo et hurlant comme des sioux.
    Quand arrive au coin de la rue la 404 du maquignon, heureusement à faible allure. L’auto stoppa aussitôt.
    Pirouette, cul par dessus tête, qui sur le goudron, qui sur le capot! La surprise fut de taille pour nos deux équipages.
    Nous venions de nous jeter contre le parechoc de la Peugeot.
    Le chauffeur vint à nous promptement, blanc comme un linge de messe, tandis que nous nous relevions coudes et genoux en sang. Remontrances furieuses de l’homme. Nous ramassons nos vélos et filons tête basse.
    Nous étions quittes pour une grosse frayeur. La 404 redémarra doucement et disparut.
    Cdlt.
    (Un Souvenir d’Auto  »hors piste » encore une fois!)

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  3. Docteur_Oliv

    Moi j’aimais la 404 Injection du voisin ( Gris métallisé impossible de faire une réparation sur ces peintures qui vieillissaient Très Très vite) mais mon père qui travaillait chez un fournisseur (CHAUSSON) de PEUGEOT RENAULT et FIAT, il avait différentes propositions.
    La remise était meilleure sur la R16 !!
    Mais après avoir mon permis MOTO, j’ai eu des copains de vacances qui m’ont prété la leur (je ne buvais quasiment pas ) pour trimballer 7 ou 8 personnes….Comme on peut le voir le frein « à main » c’est la poignée que l’on voit à gauche sous le volant (couleur Alu) ne prend pas de place donc on peut être 3 à l’avant !
    elle avait le cuir fauve qui était superbe épais et solide. Je n’en ai pas trouvé d’équivalent sur la 504 puis sur les 604 la Mi16, la 605.

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  4. Patrice

    J’ai souvent roulé dans une 404. Celle de mon père. Et elle était Bordeaux également ! Mais c’était une essence, donc nous pouvions déhaler instantanément ! Par contre, quelle classe ! Je ne la trouve pas démodée du tout.

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  5. Chapman

    C’est drôle, il me semblait me souvenir que les 404 diesel étaient équipées de la fameuse salière décrite par l’ami Nabu dans son souvenir de J7. Peut être existait il des versions plus luxueuses. En bon parisien je ne fréquentais les diesels que dans les taxis parisiens et n’étais pas familiarisé avec ces mécaniques.
    En tous cas, une chose est sûre, si le copain n’avait pas respecté la procédure, le moteur ne serait jamais parti.
    C’est vrai que la 404 mazout n’était pas le véhicule favoris des gens pressés de démarrer ( façon hold up) .

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  6. Saint-Ofer

    Votre histoire m’a rappelé qu’à l’époque (et depuis des lustres) chaque famille avait sa chapelle… Dans ma famille on était Simca. Même si mon père avait de l’admiration pour la DS 23 i.e, mais il n’aurait pas osé trahir Mr Pigozzi.
    Quelles sont les chapelles, aujourd’hui ? Y’en a-t-il encore ? Il y a moins de marques françaises… et puis on parle plus volontiers de « fans », de « passionnés », de « dingues de » ou de membres de « club .com » me semble-t-il… et sans chauvinisme, être chauvin est presque devenu un gros mot.

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  7. Gran Turisto

    Toujours aussi fantastiques ces petites histoires!

    Je ne sais pas si c’est la nonna di Anna qui a dessiné la planche de bord, mais on remarquera les prémisces de la conduite automôme avec le petit volant au centre du volant, certainement destiné à conduire avec son enfant sur les genoux et se reposer à l’envie… Ils sont forts ces lions!
    Je ne vois pas d’autre explication…

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    1. Nabuchodonosor

      Ce cercle chromé était le klaxon mon garçon.
      Le design des volants made in US inspiraient alors toute l’industrie…
      Quand tac tac badaboum coucou c’est moi vint, l’airbag®
      🙂

    2. Gran Turisto

      Je préfère de loin ma version…
      L’invention du klaxon remonte à époque plus récente, vers le début/milieu des années 2000, par son créateur éponyme prénommé « Jeremy » et présentateur télévisuel d’une émission britannique de petites observations automobiles…
      Je ne vois pas d’autre explication…

  8. Nabuchodonosor

    Mézigue, il ne me reste que de vagues souvenirs dans la 404 verte de ma tante dans les années 66-67, mais de là à vous dire à quoi elle carburait ?!?
    Je me souviens assez bien cependant du 404 pick-up bâché de l’entreprise familiale et dont le claquement spécifique du gas-oil se faisait encore entendre au début des années 80.
    Mes souvenirs se précisent quant à la procédure de démarrage du J7 tôlé long, gris désespoir, avec trappe d’accès moteur depuis l’habitacle s’il vous plait (en même temps comme le moulin était dans l’habitacle…). On est toujours au début des années 80.
    Il fallait lever une tirette noire située sur la colonne de direction à droite sous le volant et la maintenir entre l’index et le majeur jusqu’à ce que la résistance électrique, qui apparaissait derrière une sorte de bouchon de salière en tôle ajourée, rougisse. Fonction de la température extérieure, cela prenait une bonne trentaine de secondes. A ce moment là on tirait de toute ses forces sur la tirette pour que le moteur s’ébroue dans un vacarme épouvantable. On débloquait alors le loquet qui retenait la porte coulissante et une fois celle-ci refermée on ne s’entendait plus dans l’habitacle…
    Merci mon commandant de nous faire remonter tous ces souvenirs…
    Tant que vous y êtes, faites moi penser mon Commandant, à vous envoyer l’épopée mémorable de nos vacances en Espagne à bord de ce J7 que l’on avait aménagé avec le lit superposé de notre chambre…
    Mes respects mon Commandant.
    🙂
    Nabu au garde à vous mon Commandant.

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  9. Georges Piat

    J’avais oublié combien il était long à éteindre ce témoin rouge ! Ce souvenir me rappelle beaucoup de choses car mon père disposait d’un break 404 noir comme voiture de fonction et cela faisait comissaire de police !
    Il valait mieux éviter de faire de courtes distances avec ces Diesel, sous peine de les tuer rapidement. Le premier diesel moderne à usage souple a été monté sur la première Golf je crois mais c’est une autre histoire…

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  10. Dubby Tatiff

    Bien joué le titre évoquant la petite lumière rouge. Ceux qui ont l’esprit mal tourné avaient déjà imaginé une autre anecdote avant de commencer la lecture.

    J’ai adoré la description du calme du conducteur. Comme si il se sentait protégé par le respect scrupuleux de la procédure de démarrage.

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