Souvenirs d’Autos (159) : Ferrari by Uderzo

Par le Commandant Chatel.  Milieu des années 70, mon père a un rêve de grandeur : rouler en Ferrari. Il songe à une Dino 246 GT (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est celle de Dany Wilde dans « Amicalement vôtre »).

Bref, tout excité par sa bonne idée, il en parle à son ami Pierre Tchernia. Ce dernier téléphone à René Goscinny qui raconte tout ça à Albert Uderzo.

Car le génial dessinateur d’Astérix et d’Obélix, de Tanguy et Laverdure et de tant d’autres héros est justement un collectionneur de Ferrari.

Le lendemain, mon père est chez lui. Le téléphone sonne :

  • Bonjour François, c’est Albert Uderzo à l’appareil. René m’a dit que Pierre lui avait affirmé que vous vouliez acheter une Ferrari ?
  • Oui…
  • C’est une très bonne idée.
  • Alors, j’ai téléphoné à Charles Pozzi (l’importateur de la marque au cheval cabré en France) et justement il a deux Ferrari 246 disponibles.
  • Euh… oui, c’est très bien… mais vous savez, je voudrais une voiture, pas deux…

Un long temps.

Uderzo prend une longue respiration.

  • François, je vous aime bien, vous m’êtes sympathique. Mais pour rouler en Ferrari, il faut savoir certaines choses…

Un nouveau long temps.

Cette fois c’est mon père qui prend sa respiration.

  • Une Ferrari a besoin de réglages très fréquents… C’est pourquoi il en faut deux. Quand vous roulez dans la première, la seconde est chez Pozzi au réglage… C’est deux fois plus cher, c’est sûr, mais il n’y a pas le choix.

Un dernier long temps.

Mon père sent une goutte de sueur perler sur son front. S’il a peut-être les moyens pour une Ferrari, deux c’est impossible.

Il remercie longuement Albert Uderzo, dit qu’il va réfléchir et raccroche…

Exit la Ferrari.

 Cette rubrique est la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps; Et si possible, joignez à votre histoire des photos; On adore ça chez POA ! Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (159) : Ferrari by Uderzo »

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  1. Pascal DeVillers14

    Bonsoir à tous,

    La Dino est pour moi la plus belle des Ferraris et sans doute sur mon podium personnel.
    Un concentré d’émotion, de style, de sportivité ,de classe et de passion automobile.
    Elle me faisait penser à Tony CURTIS dans la série Amicalement votre.
    Habitant durant 5 ans vers les années 1995 à 2000 dans un tout petit village de 500 âmes du pays d’auge en Normandie, je voyais régulièrement passer devant chez moi une Dino de couleur jaune rutilante .
    Son propriétaire la mettait en entretien au petit garage du village. La voir ,là entre les 2cv et les tracteurs à attendre son tour pour se faire bichonner par le mécano, cela m’à toujours amusé.
    Dommage je n’aie pas pensé à cette époque à prendre de photo.

    Pascal.

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  2. Gran Turisto

    Acheter ses véhicules par deux… Fallait y penser… La solution était si simple! Juste dommage de ne pas être tombés dans la potion magique étant jeunes, quelles bagnoles la clairvoyance nous aurait alors permis d’envisager! 😉
    En tout cas, joli brisage de rêve dans les règles du (neuvième) art!

    Je me souviens d’une vente (il y a quelques années) d’une ex 412i de M. Uderzo et de l’improbable montage financier envisagé pour l’acquérir (et surtout l’entretenir… je crois que je devais encore être étudiant ou sur le point de ne plus l’être, et surtout un peu débile avec les voitures depuis longtemps…) Malheureusement, le véhicule était vendu à l’unité! ;-D

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  3. Dubby Tatiff

    Ce qui est fascinant avec cette anecdote que je viens de relire, c’est de songer aux rares interviews disponibles d’Albert Uderzo et à la personnalité qui s’en dégageait, de considérer la qualité et la précision hors norme de son dessin que ses successeurs sont incapables d’approcher, de relier l’ensemble et de se dire que oui, tout ceci est finalement cohérent.

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  4. 24heures

    J’ai le souvenir d’un ancien collègue qui était en début de carrière (il avait moins de la trentaine et on approchait de la fin des années 90) et qui était un fou furieux passionné de Ferrari. Il a fini par pouvoir réaliser son rêve et s’en acheter une mais ses moyens ne lui ont permis que le ticket d’entrée / la mal-aimée : une Mondial (je ne me souviens plus si c’était une Quattrovalvole ou une 3.2 (je penche pour la 1ère)). Ses moyens ne lui avaient permis aussi que d’acheter une auto au suivi négligé : il a vite cumulé les pépins et le rêve a été de courte durée. Parfois, à la sortie des péages, il devait pousser l’auto (aidé par sa copine) pour la faire redémarrer…

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  5. Hakim Mansouri

    Excellente anecdote. J’imagine que votre père a du se mordre les lèvres d’avoir trop parlé. Mais c’est vrai qu’à l’époque la Ferrari ne brillait pas par sa fiabilité. Je l’ai compris le jour où j’ai écouté les soupape d’une 308 mal réglée.

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  6. Dubby Tatiff

    Si on fait le compte, entre la DeTomaso d’hier, les commentaires de Patrice Vergès sur les Lamborghini aujourd’hui et la Ferrari maintenant … on comprend pourquoi il s’est vendu autant de 911 ! 🙂

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