Souvenirs d’Autos (157) : La Caravelle et les belles voisines

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Ce souvenir m’a été envoyé par Pierre qui me dit en parlant de POA : « Mon adhésion est immédiate à cette présentation originale, à l’esprit amical, rassembleur, souvent subjectif et teinté d’humour… ». Eh bien moi, je dis qu’il sera probablement nommé « Golden Member »  par les autorités compétentes.

Année 1967, j’ai 7 ans, mon frère et moi habitons avec mes parents un petit village paysan au cœur de la Bresse dans l’Ain. Nous possédons une Renault 4cv… 

Mais en face de notre petit appartement, sous nos fenêtres, de l’autre coté de la rue, se trouvait une maison bourgeoise.

Et devant cette maison était garée la belle Renault Caravelle de monsieur Guy.  Une décapotable d’un noir éclatant, qui chaque jour était l’objet de nos regards.              

          

 

Cette belle auto, était jalousée de tous, tant le bon goût et l’allure étaient un pied de nez au classicisme des berlines et des camionnettes du village. 

La majorité des gens, je pense ignoraient sans doute que les marques d’alors proposaient des « Coupé Sport » aux couleurs heureuses.

  • Mais ce sont autos pourles riches disait-on. Pas de ça chez nous, un point c’est tout !

Jugulaire ! Jugulaire !

Mais père, mon frère et moi, n’étions pas de l’avis des gens d’ici, cette voiture nous l’aimions. Il faut dire qu’elle était vraiment belle.

Monsieur Guy en prenait grand soin pour que chaque jour il puisse se rendre au travail à Bourg-en-Bresse à 25 km de là.

Et chaque semaine, se rendre à ses cours de judo !

Monsieur Guy et Madame avaient deux filles blondes, ravissantes (18 et 19 ans pas plus), qu’on devinait en monokini, chose extraordinaire eh oui, au soleil d’été, au travers des canisses du jardin, depuis la rue.   

Mes parents se souviennent encore des commentaires de l’époque. On imagine facilement le propos.

Un véritable lynchage rural.

Et chaque dimanche d’été, les jeunes filles bronzées, magnifiques, partaient avec la Caravelle noire décapotée, à la piscine de Bourg-en-Bresse.                                                                                                                                                                   

La vision de ce bel équipage m’apparait très nette encore aujourd’hui.

Les filles ravissantes, la Caravelle noire, le soleil étincelant.  

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

20 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (157) : La Caravelle et les belles voisines »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. François

    Je me souviens de cette élégante voiture et de son illustre conducteur …
    A l’époque dans les années 60, alors adolescent, je me trouvais chez un camarade de classe dont les parents travaillaient dans le cinéma.
    Alors que nous nous trouvions dans son jardin, nous vîmes arriver une splendide Caravelle qui s’arrêta nerveusement en faisant voler les graviers de l’allée. Le conducteur élégamment habillé sauta de la voiture avec un large sourire dans notre direction et disparu dans la maison… j’étais fasciné. « C’est un acteur ami de mes parents je crois »; me dit mon camarade sans pouvoir m’en dire d’avantage malgré mes demandes intéressées . Tout en poursuivant nos occupations , mon imagination tournait autour de cette belle auto et de la magnifique.e prestance de son conducteur….
    Peu de temps après j’appris tristement le nom de cet homme, , il s’appelai Gil Delamare…..

    Répondre
    1. Commandant Chatel

      Si ma méoire est bonne, c’est au volant d’une Caravelle que Gil Delamare s’est tué en faisant une cascade pour le cinéma…

    2. Pascal DeVillers14

      Bonsoir Commandant CHATEL,
      Pour été précis c’était une Renault FLORIDE S.
      Bien amicalement.
      Pascal

    3. Pascal DeVillers14

      Dernière précision,
      Son accident est survenu lors du tournage d’un film en tant une doublure de Jean MARAIS , lors d’une cascade.
      Pascal

    1. Pierre_

      Une réplique fort à propos John. Merci.
      Mon prochain souvenir sera aussi fort. « La maman de Franck dans la Sunbeam coupée sport bleue ! ».
      Bonne année à POA et à son bel aréopage de Petits Observateurs.
      Que cette rubrique nous enchante encore et fasse émerger en chacun les plus beaux Souvenirs d’Autos.
      Pierre_

  2. Fils de Pub

    Par analogie, me revient une campagne de l’afficheur « Avenir » au début des années 80 qui avançait sur grand format les avantages non négligeables d’une pétillante Myriam Szabo, dont le slogan débutait à peu près ainsi : « demain, j’enlève le haut ».

    Le souvenir précis de Pierre nous rappelle que cet effeuillage par le haut était en vogue depuis quelques années déjà et, bien qu’on ne sache qui du cabriolet qui de la femme en lança la mode, il doit interpeller nos consciences quant à la censure qui jette aujourd’hui aveuglément un voile pudibond sur le filet ou sur la toile, ça ne s’invente pas…

    Bonnes fêtes de fin d’année à tous !
    Sortez couverts et ne prenez pas froid.

    Répondre
    1. Pierre_

      Bonjour FdP,
      Les cabriolets de mon enfance m’ont marqué, c’est certain, par leurs lignes, leurs courbes et leur élégance,
      Et la vision d’un simple équipage féminin à bord de ces coupés sport était toujours un plaisir, et aujourd’hui encore je n’ai rien oublié de ce souvenir.
      La beauté de nos compagnes lança t elle la tendance, la mode? Je le pense.
      Il est dommage que nos designer aient introduit de nouveaux codes au cours des décennies suivantes.
      _à noter un retour avec « La Fiat 124 spider de 2017 avec son joli minois néo-rétro issu de la droite ligne des années 60. Un retour aux sources avec cette sportive dont la cote d’amour ne cesse de monter ».
      Bonne Année.
      Meilleurs voeux à l’équipe POA et à sa myriade de Petits Observateurs.
      Pierre_

    1. Pierre_

      Un beau commentaire. Merci.
      Le coupé sport d’alors était un marqueur incontournable de l’esthétique automobile.
      Et quand ce coupé était conduit par une femme cette esthétique confinait à l’excellence.
      Pierre_ (une prochaine chronique s’appellera -La maman de Franck et la Sunbeam Sport-)

      Meilleurs voeux à POA, à ses Petits Observateurs, et au Maître de cette touchante rubrique.

  3. Pascal DeVillers14

    Bonsoir Cdt CHATEL,
    Me concernant même époque , j’avais 6 ans je rentrais de l’école primaire située au bout de la rue où nous habitions . C’était au mois de juin, je savais que ce serait bientôt les vacances car notre voisin avait sorti du garage sa CARAVELLE bleue claire et sa petite caravane y était attelée.
    Il faisait beau, le temps l’insoucience et des jours heureux, mais point de poulettres label rouge sur la banquette arrière.
    Bonne année à tous.
    Pascal

    Répondre
    1. Commandant Chatel

      Les « poulettes », comme vous dites, font beaucoup dans le Souvenir d’Auto de Pierre… car elles font travailler notre imaginaire… Moi, je les vois très bien. Et vous ?

    2. Pascal DeVillers14

      Oui mon commandant !
      En y regardant bien je les vois bien mon commandant!…
      Vous avez toujours raison mon Commandant !
      Puis je partir en Perm mon Commandant?
      J’ai 210 chevaux dans le garage dont je dois m’occuper.
      Merci mon Commandant. ..
      Mes respects et bonne année mon commandant.
      Pascal.,
      Caporal chef affecté à la 1ere compagnie du bataillon des bagnolards du pays d’auge.

    3. Walker Texas Ranger

      A-ffir-matif Commandant… Mon binôme et moi avons les deux bombasses en visuel… Attendons instructions…Scrrouiic…
      🙂

    4. Pierre Debost

      Bonsoir Pascal, merci de votre commentaire.
      Je dois dire que la présence de ce ravissant équipage au coeur du village à cette époque, était un ovni. Il était pour nous, enfants du landernau bressan noir et blanc, la représentation parfaite de nos rêves d’un ailleurs idéal, coloré et beau. Une contre-culture, un pied de nez au trop classic petit monde de ce coin de France.
      Point de ski l’hiver et encore moins de vacances l’été à la mer.
      Alors là de l’autre côté de la rue, derriere les canisses, était la vision émerveillée de notre Saint Tropez à nous.
      Bien à vous. Bonne Année 2018.
      Tous mes voeux à POA et à ses Petits Observateurs aux yeux d’enfants, et fasse que chacun prenne la plume et écrive ses plus beaux Souvenirs d’Autos.
      Pierre_

  4. Nabuchodonosor

    Très belle tranche de vie Pierre. Je l’ai picoré d’un trait. Mais, si je puis me permettre, je l’aurai cependant intitulé « L’aile et la cuisse ».

    A l’aune de cette narration nous confessant vos observations éducatives on peut en conclure que, poussin déjà du haut de vos sept ans votre perspicacité et votre sens esthétique étaient remarquables. La chose est notoirement connue, l’Ain n’ayant aucune raison d’y faire exception, l’herbe du voisin est toujours beaucoup plus verte que la sienne. Celle du vôtre était en l’occurrence, dorée à point comme la Bresse-Gauloise de concours… Comme je vous comprends. On commence sous d’honnêtes intentions par se pâmer dans les reflets de l’aile du cabriolet garé nonchalamment sur le trottoir d’en face, puis, réglant la mire, on reluque dans le prolongement derrière les canisses ce qu’on croit d’abord être des cuisses de poules élevées au grand air, rien d’anormal me direz-vous puisque nous sommes en Bresse, mais qui se révèlent, la mise au point oculaire faite, être deux magnifiques poulardes voletant à moitié nus dans le jardin d’Eden. Encore faut-il prendre garde à ne pas se faire repérer par le Gallus qui veille au grain et, sachant qu’il est l’ami du tatami, mieux vaut mieux pas avoir à faire à son ergot. Imaginons maintenant que derrière le plumage de sa caravelle noire, Monsieur Guy ne soit pas du tout chapon d’appellation d’origine protégée mais qu’il sévisse dans le ramage des volatiles répressifs à crêtes rouges et pattes bleues… Les choses auraient alors vite fait de tourner façon sauce Georges Blanc, de nature à se voir finir nappé dans un plat mitonné aux agapes d’un soir festif de Saint Sylvestre. Croyez-moi on en caquèterait longtemps après dans toutes les basse-cours bressanes…

    Sur cette observation de l’observation, je souhaite mes meilleurs vieux au gouvernement ainsi qu’à tous les petits observateurs.
    😉
    Nabu à l’an qu’vint !

    Répondre
    1. Pierre_

      Bonjour, je suis très heureux que ce souvenir ait retenu votre attention. Je dois dire que votre prose en retour confine à l’excellence. Votre narration suggère que vous aussi, mais je me trompe peut être, êtes de cette petite région ou les fermes des hameaux s’ornent d’une étrange cheminée dite Sarrasine, et qu’un curieux volatile à la patte bleue et à la chaire blanche, soit apprécié des plus fins palais des plus belles tables de notre beau pays.
      _ »Bon’ano é pi bona chinto à vous Nabucho pour l’an qu’vint ! »_
      Bonne année à POA et à tous les Petits Observateurs.
      Et que cette belle rubrique du sémillant commandant Châtel puisse nous enchanter encore et encore.
      Pierre_

    2. Nabuchodonosor

      Pierre,
      Chez nous les cheminées ne sont pas de pierres mais de bois. De formes trapézoïdales, elles sortent généralement par le faîtage. On les nomme Bourne ! Elles servent à faire fumer la cochonnaille qui est l’une de nos spécialités avec les patates et le fromage fondu dégoulinant par-dessus. Nous perdîmes La Bresse par le traité de Lyon en 1601 et nous repliâmes honteusement de la cité de Calvin l’année suivante. Nous sommes issus du peuple Allobroges et si nos racines linguistiques se perdent dans la nuit des temps elles ont néanmoins été fortement imprégnées depuis le traité de Turin qui nous rattacha au Piémont-Sardaigne. Bienvenue en Savoie !