Kangooman ou Robert the Road Runner

Par Patrice Vergès En 25 ans, Robert a parcouru plus de 3 millions de kilomètres au rythme d’environ 150 000 km par an. Mais à l’inverse des autres livreurs, il n’avale pas les kilomètres, il les déguste…

Robert est davantage un dégustateur de kilomètres qu’un gros rouleur

Kangooman aime jouir de sa liberté sans hiérarchie ni petits chefs. Le métier de livreur correspondait le mieux à son caractère solitaire. Il a commencé au guidon d’une Mobylette bleue avant de prendre un volant en 1992, d’abord pour un patron puis pour sa société où il officie beaucoup en sous-traitant. La route, c’est sa vie même si ce n’est pas toujours une existence.

Plus de 1000 km par jour

 » Je roule de jour comme de nuit. Dès que je quitte Paris je respire quand c’est pour aller ailleurs. Principalement en France, mais aussi en Espagne, en Pologne, en Angleterre ou en Lituanie comme il y a peu. Parfois plus de 1000 km par jour avec un record de 2500 en 24 heures. J’ai la chance d’avoir besoin de peu de sommeil et de ne pas être soumis aux horaires de conduite des conducteurs de poids lourds. »

Par opposition aux chauffeurs livreurs qui roulent le plus vite possible pour livrer plus rapidement, sa philosophie de conduite est totalement différente. « J’évite de prendre les autoroutes sauf en cas d’urgence. Je m’y ennuie et le café des stations-service n’est pas bon ! Je préfère découvrir de nouveaux paysages alors que l’environnement des autoroutes est toujours le même. Toujours seul et sans autostoppeurs. Je respecte les limitations de vitesses par obligation et j’ai mes 12 points sur mon permis. Aller vite ne permet pas de gagner du temps ».

Son dernier Kangoo DCi 115 est une version 3 portes allongée de 38 cm

La radio, son unique compagne de voyage

Sa seule compagne de route est la radio, de jour comme de nuit, au fil de plusieurs stations. Il est incollable sur l’actualité en général et de nombreux sujets très pointus en particulier. En fait, Kangooman aime la route qu’il poétise   à travers la découverte de petits villages où il s’arrête parfois pour prendre le temps de savourer un gâteau ou une cigarette en regardant les gens vivre autour de lui.  » Je ne déjeune jamais à midi, ni dans ma voiture. Je n’y dors pas non plus. Quand je suis fatigué, je m’arrête dans un hôtel. Cinq heures de sommeil me suffisent et je repars au petit matin. Frais et dispos « .

Sa vie de rouleur solitaire a commencé au volant de plusieurs Renault 5 Express qualifiés de « charrette » suivies de Trafic avant de découvrir le Renault Kangoo dont il a usé successivement plusieurs modèles sans jamais chercher à changer de marque car il en est très satisfait.  » Je suis bien dans un Kangoo, assis dans comme dans un fauteuil et je ne fatigue pas et la visibilité est excellente. J’ai commencé avec un 1,9 l diesel 65 ch et aujourd’hui je roule depuis peu avec un 1,5 l DCi turbo 115 ch en version Express Maxi 3 portes. Il y a tout comme sur une voiture de tourisme. Le Kangoo qui ne m’a jamais laissé au bord de la route, va parfaitement à mes goûts et à mon travail ».

Bien qu’étant un utilitaire, le Kangoo offre la climatisation, l’ordinateur de bord, le limiteur de vitesse et le même équipement qu’une voiture de tourisme

950 000 km en état d’origine !

Kangooman conduit cool, sans forcer les régimes après avoir attendu que le moteur monte bien à température avant de prendre la route. La mécanique le lui rend bien en parcourant un nombre étonnant de kilomètres sans tomber en panne. Sa conduite apaisée lui permet d’atteindre des kilométrages surprenants.  » Parmi les plus récents, j’ai parcouru 450 000 km avec un 1,9 l 65 ch sans rien changer avant qu’un camion me rentre dedans. Avec le suivant, j’ai atteint 950 000 kilomètres sans aucun problème. Outre l’entretien courant des vidanges et révisions et des pneus, je n’ai changé que l’alternateur et l’embrayage. Tout était d’origine ! Avec le suivant donné à mon patron à 667 000 km, je n’ai remplacé que les amortisseurs avant, la batterie, plus évidemment les pneus et les plaquettes. L’embrayage était celui d’origine. Avec celui-là, j’espère dépasser le million de kilomètres ! « .

Lever et coucher de soleil

En 3 millions de kilomètres, il a connu quelques sales moments : des crevaisons, une rupture de boîte de vitesses en Renault 5 Express à 2 heures du matin sur le pont de Tancarville et un gros crash face à un 38 tonnes qui l’a miraculeusement épargné.

Dès qu’il livré, ce dégustateur de kilomètres prend son temps pour rentrer à Paris qu’il quittera dès que possible. Au retour, il en profite pour découvrir des coins et des paysages qu’il ne connait pas en flânant à travers les petites routes à son rythme. Ce poète du macadam s’arrête parfois dans un endroit isolé, un col, un panorama, pour mieux jouir du lever du jour, du paysage ou d’un coucher du soleil dorant le ciel. Puis, nous avons parlé de la vie et de la mort qu’il trouve normale comme retour à la nature alors qu’elle me révolte.  » Quand je m’arrêterai de travailler, je regarderai les arbres pousser. C’est beau un arbre, c’est très intelligent. Ça vit bien plus longtemps que nous et c’est bien ». Amoureux de la vie et de la nature en plus.

L’avis des Petits Observateurs !

21 commentaires au sujet de « Kangooman ou Robert the Road Runner »

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  1. Hugo

    C’est surprenant de tels killométrages… j’ai eu une clio 3 dci 85 privilège acheté début 2009 de mi 2007 avec 49mille km et je l’ai poussée un peu sur l’autoroute un jour que j’allais dans le sud de la France. Pourtant j’ai respecté la mise en température, le temps de chauffe. Le moteur claquait par La suite et ça sentait le brûlé. Elle n’avait que 60000km environ. Il y a eu aussi de la limaille de fer dans la boîte de vitesse pris sous garantie… Les pneus s’usaient assymétriquemét et n’importe comment… Je croyais que les dci étaient « rincés » à 250000 pour les plus vaillants…

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    1. palace

      Ma clio 2 initiale, donnée à un ami à 300000 km, entretien standard a part un roulement et un changement des joints de clim.
      moteur, boite, embrayage d’origine… elle roule encore tous les jours

    2. Hugo

      Les secondes générations étaient peut être plus fiables. Comme le 1.9 dci des scénic et megane 1 qui est sobre, performant et fiable. Très sympa de donner sa vieille voiture a quelqu’un qui en avait peut être grand besoin 🙂 C’est un vrai geste d’amitié ça !!

  2. Arnaud T

    Génial ! Je ne savais pas que l’on pouvait parcourir autant de kilomètres avec un Kangoo, je pensais que ce genre de kilométrages était réservé aux poids lourds. Je suis loin de rouler autant que Robert mais je me retrouve complètement dans sa philosophie, n’aiment ni la vitesse ni les autoroutes et adorant rouler des heures à la découverte de nouveaux paysages. Je ne m’en lasse pas.

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  3. Gwenvaël

    Un monsieur qui déguste la route dans un Kangoo et qui prends autant de plaisir, je trouve cela déjà merveilleux, c’est un bagnolard pur et précieux !! Dans la famille, nous avons une Clio III Initiale Dci, 215 000 km et elle est aussi hyper fiable ! Renault sait faire d’excellents véhicules, et ils m’ont surpris plus d’une fois, dont l’histoire de ce monsieur dans votre article. Merci Maître Vergès ! 🙂

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    1. chapman

      Quand on lit l’histoire d’auto de ce jour, on se dit que les marques (les vendeurs de chez Renault n’étant bien sur pas les seuls à mépriser le passé) feraient des économies de pub en publiant simplement ce type d’histoire.
      Chapeau Robert.

  4. CORBEL

    MERCI PATRICE POUR CE BEAU PORTRAIT DE MOI MEME
    J AI MA NOUVELLE KANGOO DEPUIS 1 MOIS ET DEMI ET 28000 KMS
    POURVU QUE CA DURE ! DUR!DUR
    ROBERT THE ROAD RUNNER

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    1. Nabuchodonosor

      « ROBERT THE ROAD RUNNER », cela fait 3 R… Vous êtes mieux capé que Roubaudi qui n’en a lui que 2 (comme la plupart d’entre-nous d’ailleurs).
      Je ne vous dirai donc que deux mots : Bra et Vo !
      😉
      Nabupetitrouleur

    1. Viggo

      Bien entretenue et bien conduite (pas de sous ou sur-régime), un véhicule qui roule beaucoup pourra faire beaucoup plus de km qu’un véhicule avec lequel on fait de petites distances, le moteur n’ayant pas le temps de monter en température … la fameuse usure du moteur à chaque démarrage à froid … l’idée de solidité selon les marques provient souvent de l’imaginaire de modèles emblématiques disparus depuis longtemps : Mercedes et ses diesel increvables des années 70/80, VW et sa coccinnelle etc …

  5. Viggo

    Merci pour ce portrait d’un homme qui sait à merveille prendre le meilleur de son travail qui pour beaucoup paraîtrait trop difficile !
    J’ai toujours pensé que les constructeurs francais excellaient dans les produits populaires et novateurs (2cv 4l twingo …) et le kangoo en fait un peu partie : petit utilitaire confortable au physique rigolo !

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  6. Nabuchodonosor

    Vous avez posé votre séant dans beaucoup de fauteuils Patrice, il aura fait plus de kilomètres que vous, va savoir ?
    Entre deux géants de la route, une rencontre au sommet. On se délecte !
    A déguster sans modération.

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    1. Fils de Pub

      … Après tout, il n’y a guère plus de 3000 km entre Rovaniemi et nos cheminées, une formalité pour le Kangoo.