Opel Calibra V6 : 28 ans et toujours bien calibrée

Par Patrice Vergès. Passionné d’Opel, Alain en compte une bonne douzaine. Il préfère celles qui sont animées par un 6 cylindres comme sa Calibra V6. L’une des plus belles Opel avec la GT d’après les exégètes de la marque au Blitz.

De profil, la pureté de sa silhouette se perçoit mieux. Le hayon était un de ses gros plus commerciaux

De profil, la pureté de sa silhouette se perçoit mieux. Le hayon était un de ses gros plus commerciaux

Au salon de Francfort 1989, lorsque j’ai vu la Calibra pour la première fois, je suis tombé en amour. J’ai voulu immédiatement en acheter une. Hélas, elle suscita tant de désirs que ses délais de livraison explosèrent en atteignant rapidement prés de 12 mois malgré l’ajout d’une 2eme usine de sous-traitance chez Saab. Insupportable ! Ils me poussèrent à me retourner vers une Kadett Cabrio GS/i et je n’ai jamais eu de Calibra et c’est dommage.

CX de 0,26 !

Commercialisée de 1990 à 1997, la Calibra a été produite à prés de 240 000 exemplaires (108 000 coupé 406). Un sacré chiffre pour un coupé. Les 4 cylindres 2 litres furent majoritaires et seulement 12 015 récurent un V6 24 soupapes de 2,5 l emprunté à la nouvelle Omega. C’est la plus rare des Calibra et aussi la plus emblématique. Dérivée de l’Opel Vectra, elle en reprenait toute la structure notamment sa traction avant et aussi, hélas, sa planche de bord sans âme pas en adéquation avec la ligne sculpturale signée Ehrard Schnell, déjà auteur de la célèbre GT.

Un arrière massif et tronqué caractérisait ce coupé né fin 1989

Un arrière massif et tronqué caractérisait ce coupé né fin 1989

Sa silhouette cunéiforme avouait une surprenante pureté avec un CX record de 0,26 ! Plus de 25 ans après, la Calibra reste d’une plaisante modernité et seuls des accessoires comme les phares et la taille des jantes de 15 pouces la datent.   Malgré sa silhouette fuselée par le vent, cette Opel pouvait accueillir 4 personnes à bord avec tous leurs bagages dans un grand coffre accessible par un hayon : arguments qui jouèrent un rôle déterminant dans son succès sans oublier un prix compétitif comme toutes les Opel. Si la plus rapide de la bande reste la méchante version Turbo de 204 ch, la V6 qui a vu le jour en 1994 était une véritable sportive créditée de près de 240 km/h avec des accélérations de la même veine (28,8 s aux 1000 mètres) avec en gratification la belle sonorité d’un V6 plus feutré et aussi plus grave (V6 à 90 degrés). N’oublions que ce coupé s’est taillé un somptueux palmarès en DTM avec le titre suprême en 1996 avec un V6 poussé à plus de 500 ch !

La planche de bord issue de la Vectra était affligeante par sa banalité même malgré l'ajout des deux petits manos centraux. Airbags en option

La planche de bord issue de la Vectra était affligeante par sa banalité même malgré l’ajout des deux petits manos centraux. Airbags en option

Sièges cuir en option mais peinture métallisée (vert jungle) de série

Sièges cuir en option mais peinture métallisée (vert jungle) de série

Opel passion

Comment s’est nourrie la passion d’Alain pour les Opel ?  » Militaire, un copain me devait de l’argent. Comme il ne pouvait pas me payer, il m’a donné son Opel Commodore dont le moteur était mort et que j’ai réparée en achetant d’autres Commodore et ainsi de suite. 6 au total ! Voilà comment j’ai commencé à rouler en Opel 6 cylindres à 20 ans » explique ce jeune retraité. La passion était née. Puis Alain achète d’autre Opel et comme chez lui, on ne jette rien, c’est malheur, il les a toutes conservées. Que des 6 cylindres excepté une Manta 1,9 l SR et deux Kadett. Mais il possède 3 berline Senator 3 litres, une rare Opel Rekord B 1966 6 cylindres, un coupé Monza GS/E et pour tracter le tout quand ça tombe en panne, un Opel Frontera avec une gros V6 de 3,2 l qui boit comme un charbonnier. Quand on aime, on ne compte pas surtout les Opel. Alain joue petit bras au coté de Sylvain, le président du club OCCF (Opel Classic Club de France) qui en totalise une trentaine.

C’est la voiture qu’il me faut !

Lorsqu’il a vu la Calibra pour la première fois, comme beaucoup il a songé  » C’est la voiture qu’il me faut !  » A cause de son expatriation, il a dû attendre 2012 pour en dénicher une qui n’était plus dans sa meilleure forme.

 » C’était un modèle 1996 qui affichait 150 000 km et dont le moteur était cassé. Je l’ai entièrement démontée et refait toute la suspension, la direction, les cardans et repeinte. Évidemment j’ai changé le moteur contre un d’occasion qui a cassé aprés 400 km à cause de la distribution pas serrée (double arbres à cames en tête). Finalement j’ai retrouvé un troisième moteur en très bon état qui marche très fort. J’ai beaucoup de plaisir à rouler avec car sa ligne est intemporelle, elle est agréable à conduire et c’est déjà une voiture moderne et sûre avec une excellente tenue de route. Jamais je ne vendrais car je l’aime trop « . Nous aussi. Parmi les nombreuses erreurs commerciales d’Opel, on peut regretter que la production de cette voiture très positive pour son image incertaine ne se soit pas poursuivie. Mais avec des si, on referait l’histoire de l’automobile en particulier et de la vie en général !

Alain prés de sa Calibra V6 qu'il ne vendrait pour rien au monde (photos Sylvain Aufrère)

Alain prés de sa Calibra V6 qu’il ne vendrait pour rien au monde (photos Sylvain Aufrère)

C'était le temps des phares en lame extra fines comme ceux de la XM Citroën. La mode a changé grâce aux leds

C’était le temps des phares en lame extra fines comme ceux de la XM Citroën. La mode a changé grâce aux leds

Jantes en alliage gravées au Blitz dont le diamètre de 15 pouces pour une voiture de 170 ch fait sourire aujourd'hui. L'antipatinage était déjà de série

Jantes en alliage gravées au Blitz dont le diamètre de 15 pouces pour une voiture de 170 ch fait sourire aujourd’hui. L’antipatinage était déjà de série

La Calibra a remporté le titre dans le Championnat de DTM allemand. Son V6 était poussé à plus de 500 ch !

La Calibra a remporté le titre dans le Championnat de DTM allemand. Son V6 était poussé à plus de 500 ch !

L’avis des Petits Observateurs !

14 commentaires au sujet de « Opel Calibra V6 : 28 ans et toujours bien calibrée »

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  1. Pascal Fiolas

    Pour avoir eu toutes les versions (8V de 115CV, 16V 150CV 2 et 4RM, V6 et Turbo 204 et 280CV) la plus plaisante et la turbo et la plus économique, bien sûr, la 8V. Le CX record ne vaut QUE pour la 115CV et la plus « molle » en reprise est, sans conteste pour moi, la V6 (par contre côté sono 🙂 le V6) Je n’en ai plus « que » 4 actuellement (la SFI 4RM est en restauration) Le V6 DTM n’a rien à voir avec le V6 de Mr Tout-le-monde et sacrée 1 seule fois en DTM en 1996 et seulement 9 victoires. Quand à l’aide à la production via une 2ème usine, il est à noter que ce sont les seules Calibra qui ne soient pas vulnérables à la rouille. Mais, pour le reste, tant que je saurai sortir d’une Calibra sans ma canne, je continuerai à la conduire

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  2. Loïc

    Beau reportage et surtout félicitation au propriétaire qu’il l’a bien entretenue et surtout conservée dans son état d’origine. Quelques petites rectifications cependant (trois fois rien), la Calibra V6 n’a que 23 ans et non 28 mais je suppose que c’est pour faire allusion à la gamme qui est produite depuis 27 ans (bientôt 28) depuis mai 2017. Le V6 n’est pas un V à 90° mais à 54°peu fréquent sur la gamme des V de l’époque. Encore félicitations Alain pour ton coupé ! A l’occasion rend-nous visite sur Calibra-Classic.org

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  3. Bernard

    Pour en avoir vendu et donc conduit, je dirais qu’une auto comme celle ci ne laisse pas insensible. Le prix de l’époque, je ne m’en souviens plus mais devait avoisiner les 130 000 Francs, arrêtait les moins aisés, En plus il y avait un vrai « coffre » raisonnable. Comme toutes les Opel sportives que j’ai vendues (Corsa GSi, Kadett et Astra GSi, Vectra GT et autres), pourquoi n’en ai je pas gardé pour moi…..
    Mais compter toutes celles que j’ai pu conduire est impossible, la meilleure étant incontestablement ce magnifique coupé.

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  4. Jean-Bernard

    Voiture toujours belle et discrète. C’est vrai qu’elle aurait mérité une autre planche de bord comme le coupé Peugeot 406. Cx de 0,26 c’était exceptionnel en 1989 . comme il est dit par ailleurs, il parait que le V6 développait plus de 170 ch !

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    1. Loïc

      Je suis d’accord, elle aurait bien mérité une autre planche de bord, sa planche de bord. Le problème c’est que lorsque Wayne Cherry a sollicité Erhard Schnell pour qu’il lui « ponde » le coupé qui allait chambouler les codes de la marque en mai 1989, c’était surtout parce que le boss de GM se rendait au salon de Francfort du mois de septembre et qu’il fallait présenter un modèle d’exception. Lui et son équipe n’ont eu que quelques jours devant eux…au diable la planche de bord et tapons dans base de ressource existante… dommage. Et oui le V6 vraisemblablement sortait plus de 170 cv, c’est du moins ce que les passages aux bancs ont révélé.

  5. Piat Georges

    Une voiture élégante mais je n’ai jamais acheté d’Opel. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs… Le manque de pub ?l’image ? Bref, je suis toujours passé à côté sans plus.

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  6. Pierre

    A u contraire, je la préférerai avec des jantes de 17 ou 18 pouces. Avec , la Calibra serait une voiture qui pourrait être produite aujourd’hui. Elle existait aussi avec un moteur Turbo et en 4 roues motrices en 16 pouces. Sublime .

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  7. Hugo

    Les jantes sont belles. Elles font plus vraies que les jantes énormes aux design pas toujours super de ce qui se fait se fait maintenant. La peinture verte me plais ennormément !! Elle n’est quasi plus au catalogue de la plupart des modèles alors qu’elle irait à merveille sur une BMW série 3 ou une Mercedes classe c par exemple. Sinon c’est un coupé pas mal. J’aime bien les optiques de phares jaunes sur cette auto.

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  8. Mat Ador

    C’est un plaisir toujours renouvelé de vous lire Patrice et la passion que vous partagez pour Opel avec Alain et Sylvain est assez communicante je dois bien le dire… Merci à tous.
    Pour ma part, vous m’excuserez mais je reste cependant plus sensible au design Opel qui sévissait deux décennies plus tôt sous la baguette magique de Chuck Jordan, père de quelques merveilles outre atlantique (Cad’ Eldorado, aérotrain…). Me revient en mémoire deux splendides carrosseries des seventies, à savoir la Commodore coupé deuxième version et la Manta première du nom, que je n’hésite pas à qualifier de véritables chefs-d’œuvre (non, non je ne lèche pas les pompes, je le pense sincèrement), transpirant une part de ce rêve américain, graal de pas mal de monde à cette époque où l’on venait de marcher sur la lune, mais qui faisaient aussi remonter beaucoup de sensualités tant leur courbure et leur cambrure étaient douces et équilibrées… Malgré leurs essieux rigides c’étaient toutefois de véritables propulsions, certes avec le caractère qui va avec, disons « rodéoesque » pour rester dans l’appréciation américaine, et leurs perfs n’avaient absolument rien à envier à leurs descendantes post choc pétrolier, Calibra y compris… Me semble même qu’Opel avait un temps sorti une méchante Manta TE dotée du 6 en ligne 2,8 litres de la Commodore à injection (GS/E) qui astiquait velu de chez velu en rallye et dont certaines sinon toutes étaient préparées à Zolder sauf erreur par un certain Vic Heylen, que tout amateur Flamant de Waterzooi à la saucisse de Francfort devrait connaître…
    🙂

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    1. Loïc

      La TE 2800 n’a jamais été cautionnée par OPEL. C’est Transeurop Engineering qui en a pris l’initiative et produit un petit nombre d’exemplaires (de mémoire 75). D’ailleurs, elle ne se nomme pas Opel Manta TE 2800 mais seulement TE 2800. TE avait proposé le projet à Opel pour contrer la Capri, mais GM et OPEL avait rejeté l’idée, le contexte économique et commercial de l’époque ne s’y prêtant pas

  9. Sylvain

    Une auto magnifique, aux lignes intemporelles. Probablement le plus beau coupé qu’Opel n’ai jamais fabriqué. Celle-ci est dans un état irréprochable, et surtout entièrement d’origine. Elle n’a pas laissé indifférent lors de la dernière AG de l’Opel Classic Club de France où les photos ont été réalisées

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    1. Dubby Tatiff

      Entièrement d’origine, excepté :

      « Je l’ai entièrement démontée et refait toute la suspension, la direction, les cardans et repeinte. Évidemment j’ai changé le moteur contre un d’occasion »

      Une broutille 🙂

    2. Mat Ador

      Bien vu Dubby Tatiff !
      Faudra quand-même qu’on se méfie du matos d’occasion proposé sur ce site où la spéculation va bon train…
      🙂