Souvenirs d’Autos (123) : Un sex-symbol en Triumph Spitfire

Par le Commandant Chatel.

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Juillet 1972.

Cet été là, je suis invité chez mon ami d’enfance, Fabrice, à La Garde Freinet. Ambiance Show-business, voitures de sport et club 55 à Saint-Tropez.

Florence, la mère de Fabrice a loué une belle maison isolée au milieu des pins. Un vrai paradis pour Fabrice et moi qui passons nos journées dans la piscine.

Il y a Florence et son amie Arlette Tabart dite « Babar » qui est à l’époque la grande manitou, patronne de la programmation musicale, d’Europe 1, Nicolas le frère aîné de Fabrice qui est un intellectuel par rapport à nous deux et qui nous adresse peu la parole.

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Puis, un jour, déboule une invitée surprise. Elle s’appelle Emmanuelle, une liane en paréo et aux yeux bleus, portant de longs cheveux blonds et conduisant le pied au plancher une Triumph Spitfire vert bouteille.

Il me semblait qu’on ne pouvait pas faire plus érotique ! Si je ne me souviens pas exactement de son physique, je la vois dans mes souvenirs comme Françoise Hardy dans Grand-Prix.

Françoise Hardy

Cette année-là, il y a une nouveauté, Florence nous autorise à aller au village (à 5 ou 6 km) par nos propres moyens. Et ce petit voyage en auto-stop devient une activité quotidienne très importante…

J’ajoute qu’à cette époque, personne ne s’inquiétait et d’ailleurs nous avons fait je ne sais combien de petits déplacements et il ne s’est jamais rien passé.

La vie ronronne dans cette maison et les journées se ressemblent sous une chaleur à crever. Et si tout le monde est très gentil avec nous, la belle Emmanuelle l’est encore plus. Elle est prévenante, sympathique, nous pose des questions, fait des blagues…

Est-ce que je tombe un peu amoureux du haut de mes 13 ans ? C’est possible…

Un jour, nous voilà partis au village avec Fabrice.

Nous rejoignons la petite départementale bien vite… mais aucune voiture ne passe. Nous commençons donc à marcher… quand un bruit de moteur approche.

Glurp ! C’est Emmanuelle dans sa Spit. Pour rire, on lui fait le traditionnel signe de l’auto-stoppeur, le pouce levé… Elle ralentit. Nous courrons vers la Spit pour monter dedans. Mais quand nous arrivons à sa hauteur, elle nous fait un doigt d’honneur et redémarre.

Elle se trouve très drôle, je suis furieux.

Ça l’a fait rire, j’ai envie de pleurer.

Mon grand amour vient de se briser, je suis inconsolable et furieux !

Ce jour-là, personne ne nous prendra et nous ferons l’aller-et-retour à pied, contrariés et de fort mauvaise humeur. Je crois que je lui ai fait la gueule jusqu’à la fin des vacances.

Cette rubrique est désormais aussi la vôtre.

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps. Et si possible, joignez à votre histoire des photos. On adore ça chez POA ! Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

6 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (123) : Un sex-symbol en Triumph Spitfire »

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  1. Piat Georges

    J’aurais réagit comme toi, nulle cette nénette !
    Mais belle histoire, on sent la chaleur dans ton récit. C’est vrai qu’à la Garde-Freinet quand ça chauffe, ça chauffe !

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  2. Chapman

    Mon pauvre Commandant, les belles femmes ne se rendent pas compte de la fragilité de nos cœurs d’enfants quand, les hormones venant, à l’aune des petites responsabilités que les adultes nous octroient , on se rêve déjà un peu adultes et osons envisager le corps de l’autre…..
    Bel exemple de frustration adolescente!

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  3. Nabuchodonosor

    Ahahah, excellent !
    🙂
    « Elle jouait avec moi au chat à la souris », me rappelle une chanson de François Valery :

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