Grand plaisir en Mini Marcos

Par Patrice Vergès. Passionné par les 24 Heures du Mans, Éric s’était promis de s’acheter un modèle ayant participé à cette épreuve prestigieuse. Une Porsche 917 ou une Ford GT40 étant bien trop coûteuses, il s’est tourné vers une Mini Marcos…

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La Marcos était réalisée à partir des éléments mécaniques de la MinI Cooper. Sa carrosserie est en matière composite

Les Mini Marcos ont participé deux fois aux 24 Heures en 1967 et 1966. Année où l’unique voiture engagée a terminé à la 15eme et dernière place ayant tourné 24 heures à 146 km/h de moyenne. Avec près de 200 km/h maxi, la petite puce bleue et jaune était la plus lente de cette épreuve où les Ford 7 litres déboulaient à 340 km/h dans les Hunaudières. Jo Schlesser qui conduisait pour Matra était venu malicieusement interroger l’un des deux pilotes de la Marcos.  » Combien il y a de Marcos en course ? Je n’arrête pas d’en doubler « . Il n’y en avait qu’une……

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La partie arrière qui n’était pas la plus réussie a été modifiée sur les productions suivantes. Dès qu’on s’arrête, les curieux, jeunes et vieux, se pressent autour

L’éternel retour

L’histoire de cette voiture est si alambiquée qu’il est difficile de la raconter en peu de lignes. Son nom est la contraction des premières syllabes des Britanniques Jem Marsh et du célèbre aérodynamicien Franck Costin dont le frère fut le co-fondateur des moteurs Cosworth. Ils voulaient proposer une petite voiture sportive économique à carrosserie en composite à monter en kit sur base Mini. La belle aventure dura de 1965 à 1971. Mais le développement de modèles plus ambitieux (1800 et 3 litres puis Mantis) et la construction d’une nouvelle usine provoquèrent la faillite de la petite marque. Mais   l’histoire ne s’arrêta pas là avec la vente des moules et des droits de fabrication à divers repreneurs dont Marcos qui reprit ses activités. Sous plusieurs noms (Midas et Dart), produite sous diverses marques différentes, la Marcos qui n’a plus le droit de s’appeler Mini, légèrement modifiée et allongée continua à vivre de façon intermittente grâce à Marcos Héritage qui propose toujours une version badgée MK VI.

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Superbe planche de bord avec une instrumentions reprise à la Mini Cooper notamment le gros cadran central

490 kilos !

Éric possède une « authentique » Marcos MK III de 1971 dont la plaque sous le capot atteste qu’elle a été construite dans l’usine de Bradfort-on-Avon. Réalisée à partir d’une Mini Cooper dont elle reprenait la base, la Marcos se signalait par sa structure en contre-plaqué s’inspirant de la construction aéronautique. Si ce n’était pas un premier prix de beauté avec des formes maladroites en goutte d’eau, elle avait l’avantage d’être très aérodynamique et de peser seulement 490 kilos. On n’imagine pas comme cette voiture est minuscule culminant à 1,02 m de haut pour 3,46 m de long et seulement 1,33 m de large. D’ailleurs, l’œil la voit surtout vu de dessus et pas comme l’objectif d’un appareil photo.

« Tu pourras renter dedans » m’avait assuré Éric face à mes craintes. Comme la souplesse n’est pas ma meilleure qualité, j’ai tout de même eu un mal fou à inscrire mes grands 1,87 m dans ses petits 1,02 m. Le ridicule ne tue pas, la preuve. Mais, il faut admettre à l’intérieur qu’on est bien assis dans des baquets bien dessinés mais spartiates face à une adorable planche de bord et un magnifique volant en bois.

07 2006 - copieÉric conservera sa Marcos tant qu’il pourra  » descendre  » dedans

Éric adore les voitures anglaises. Normal quand on a eu comme père, un concessionnaire Rover, Triumph et Morris et qu’on passait ses mercredis après-midi au garage. Évidemment, il a déjà possédé plusieurs anglaises (Triumph et MGF) avant de succomber au charme de la Marcos, un vice familial puisque son frère en possède une également. Un modèle rare, puisque d’après lui, on en compte au total une petite quarantaine en France.

« Je l’ai achetée en Belgique. Elle avait la direction à droite et je l’ai passée à gauche et fait pas mal d’autres petites modifications et revu tout son intérieur. Elle est dans une configuration course proche de l’esprit de la voiture qui a couru au Mans en 1966 ».

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Une Marcos française a terminé les 24 heures du Mans à la 15eme place en 1966 préparée par Jean Claude Hrubon

Ambiance course

En effet, par ses deux grosses sorties d’échappement, le minuscule coupé lâche un son très course. L’ambiance intérieure est tout aussi spartiate. Assis au raz du sol, avec le bruit de la mécanique posée à quelques centimètres devant les jambes tendues, on ressent une étonnante sensation de vitesse (amortisseurs durs, direction hyper directe). Mais ce n’est pas qu’une sensation, le petit 4 cylindres de 1275 cm3 de Mini Cooper qui développe près de 100 chevaux ne demande qu’à crier son bonheur. Lié au poids ridicule, il donne des accélérations toniques.

« Lors du Mans-Classic, j’ai pu tourner sur le circuit. J’ai pris 200 km/h dans les Hunaudiéres. Quel bruit aussi à l’intérieur mais quel bonheur. C’est un vrai kart à piloter « .

Comme tous les passionnés que nous croisons, Éric n’a pas du tout l’intention de s’en séparer car il a adore l’atypisme de sa Marcos. » C’est incroyable, l’attrait qu’elle provoque. Lorsque je me gare, tous les gens se pressent autour pour poser des questions. Tant que je pourrai me baisser pour monter dedans, je la garderai « .

05 - copieMoteur de la Mini Cooper 1275 cm3 monté en position transversale. Dans cette configuration, il développe de 90 à 100 chevaux d’après son propriétaire

07 IMGP1958 - copieLes magnifiques jantes type Minilite de 10 pouces seulement accueillent de grosses enveloppes de 165 de large

06 - copieLa plaque l’atteste, c’est une vraie Marcos construite dans l’usine du Wiltshire

 

 

 

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

14 commentaires au sujet de « Grand plaisir en Mini Marcos »

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  1. Cazal Nicolas

    Bonjour, j’aimerais vraiment savoir qu’elle est le code couleur de cette Mini Marcos, car m’a Mini Austin de 1991 doit partir en peinture très bientôt, cette couleur est juste magnifique, elle super bien ressortir les traie de la carrosserie

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  2. William

    Une voiture étonnante sur de nombreux points notamment sa structure en bois dérivée de l’aviation; rigidité et surtout légèreté. Sa carrosserie manquait un peu de charme par rapport à celle d’une Alpine ou matra.

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  3. Bernard

    Je ne connaissais pas cette voiture et n’imaginais pas qu’elle ait pu disputer deux fois le Mans. Effectivement, elle ne marchait pas bien vite face aux Ford MK4. Sa principale qualité était son prix très bas. Etonnante aussi sa structure en contre-plaqué !

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    1. Dubby Tatiff

      Je vous la déconseille ! On risquerait de jaser dans votre dos en pouffant de rire pour lui avoir donné un surnom zapato-mexicain !

    2. Dubby Tatiff

      Ce serait la voiture du Commandant Marcos !

      Comme personne ne réagit à ma tentative de boutade cocasse, je la tente pour voir si il y a réaction … 😉

  4. Eric CETTOUR

    Un grand MERCI Patrice pour ce très beau reportage. Tu participes aussi à faire connaître « nos Grenouilles à roulettes » comme les Marcos sont aussi nommées.
    Ton article ne peut pas tomber plus à pic puisque nous fêtons cette année les 50 ans de la MiniMarcos. Et en 2016 les 50 ans de sa participation aux 24 heures du Mans.
    Rendez-vous pour Le Mans Classic 2016.

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  5. Wilfrid

    J’en ai croisée une il y a longtemps. Les photos ne permettent pas de se rendre compte comme cette voiture est minuscule avec un mètre de haut. Avec votre taille, vous devez être plus souple que vous le dites. J’aime bien la formule  » tant que je pourrais descendre…) Sympa!

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  6. Piat Georges

    Merci beaucoup pour cet article car j’adore ces autos au look improbable, symbole d’une époque bénie où tout était possible, loin des limitations actuelles, genre crashes tests qui rendent beaucoup d’initiatives impossibles. (Oui, Je sais, c’est pour notre bien ! )

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  7. Olivier

    Ce qui est étonnant, c’est qu’elle soit encore fabriquée sous la forme d’une réplique, aujourd’hui. Esthétiquement, ce n’était pas une grande réussite mais son prix était très raisonnable et ses performances exceptionnelles avec le 1300 de la Cooper S

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  8. Pierre

    Quelle voiture étonnante ! Je savais même pas que ça avait existé et qu’elle avait couru les 24 Heures du Mans. Amusante l’anecdote de Jo Schlesser qui était un grand pilote.

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