Archives de l’auteur : Renaud Roubaudi

Rassemblement POA du 26 mai le Débrief

1er Rassemblement POA du dimanche 26 mai : environ 500 voitures, 1000 petits observateurs sur la journée. Nous répondons à vos questions et nous publions les premières images envoyées par les petits observateurs.  Un grand merci, vous avez tous été formidable !  retrouvez toutes les photos des petits observateurs sur les réseaux sociaux avec le #Poaday

Rassemblement POA : Portfolio 2

1er Rassemblement POA du dimanche 26 mai : environ 500 voitures, 1000 petits observateurs sur la journée. Un grand merci, vous avez tous été formidable !  retrouvez toutes les photos des petits observateurs sur les réseaux sociaux avec le #Poaday

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Rassemblement POA : Portfolio 1

1er Rassemblement POA du dimanche 26 mai : environ 500 voitures, 1000 petits observateurs sur la journée. Un grand merci, vous avez tous été formidable !  retrouvez toutes les photos des petits observateurs sur les réseaux sociaux avec le #Poaday

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Faut-il tuner ma C6 ?

Nous avons aujourd’hui rendez-vous avec l’Histoire, avec Alban, un petit observateur qui porte sur ses épaules une partie de la France éternelle.

Son idée géniale: tuner sa Citroën C6.

Alban, seulement 27 ans, a eu quelques inspirations atypiques pour moderniser le regard de la limousine aux chevrons, futur collector dont la cote prend 200% chaque année nous vous le rappelons, comme installer une rangée de LED à défilement sur les optiques à l’avant, à en faire pâlir de jalousie un certain premier ministre.

Le discret drapeau tricolore sur les montants de portières quant à lui est là pour rappeler l’élégance française et le récepteur bluetooth sur prise allume-cigare, le radio-cassette des temps modernes, rappelle le génie des ingénieurs français et permet de capter Radio Londres par temps de pluie.

Ce futur présentateur de la série US à succès “PimpMyC6” a quelques autres idées qui s’apparentent plus à un crime de lèse-majesté pour notre monarque républicain mais qui relèvent du débat d’experts; toujours est il qu’Alban a d’autres idées bien plus… péchues disons le, car il faut savoir qu’Alban n’hésite pas à hacker électroniquement sa C6 à l’aide d’une simple Péritel d’antan ou même de lui rendre ses lumières présidentielles auxquelles elle a droit, pour un résultat plutôt édifiant mais dont il nous garantit ne jamais se servir…

Si vous êtes à la recherche d’un chirurgien de C6, vous savez désormais à qui vous adresser (3615 C6 ou  par Radiocom 2000), et pour service rendu à la nation, il semble qu’Alban il a notre reconnaissance éternelle: la bagnole n’est pas morte!

Souvenirs d’Autos (228) : Une première fois en bus

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Cette histoire, dont on a tous rêvée, m’a été envoyée par le jeune Mohamed à qui je souhaite la bienvenue sur POA.

Août 2018.

Un soir.

Je rejoins un ami très bon ami chauffeur de bus pour aller faire un tour de ligne.

Il fait beau et on se raconte des souvenirs… Bref, on passe un bon moment ensemble quoi.

Après une bonne demi-heure, on arrive au terminus et mon ami sort fumer sa clope, il me regarde et me dit :

– Je te laisse le bus… Va faire un petit tour…

Imaginez bien, un adolescent de 16 ans, qui n’a conduit qu’en simulation, et qui se retrouve au volant d’un bus…

Franchement la sensation n’est pas descriptible, c’est un mélange d’excitation et de peur.

Bon, avant le grand départ, j’ai quand même droit à deux ou trois consignes de sécurité… Puis je me lance, je ferme la porte, mets la girouette « Véhicule École », enclenche la vitesse 1… et pars faire le tour du parking de l’hôpital voisin avant de revenir au terminus qui est juste à côté et je me gare.

Pour information, il ne faut pas appuyer comme un bourrin sur pédale de frein mais y aller tout en délicatesse, parce que sinon le bus a tendance à piler.

Quelques instants de bonheur au volant d’un engin fabuleux et un grand merci à mon ami pour cette fabuleuse expérience que je retenterais volontiers… à bon entendeur, salut.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.

On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…  Et si possible, joignez à votre histoire des photos….

On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

Jaguar Type E : restaurée de mes propres mains de A à Z

Découvrez le petit observateur Nicolas qui nous présente sa Jaguar Type E 4.2 de 1966.
↓🚗↓ Si vous aussi vous avez une voiture moderne ou ancienne, que vous souhaitez venir présenter chez POA à ParisPour cela envoyez nous 3 photos de votre auto à et un bref descriptif vous concernant à : lequipe@poa.tv Si votre voiture retient notre attention, vous aurez 15 mn pour nous convaincre que c’est la plus belle et le tout sera diffusé sur POA.

Simca 1000 Spécial : La plus belle pour aller rouler

Par Patrice Vergès. Fabriquée à presque deux millions d’exemplaires en 17 années d’existence, la Simca 1000 a été la petite voiture populaire et sympathique des années 60 et 70. La Spécial est certainement l’une des plus excitantes.

Née fin 1961, la Simca 1000 adoptait une ligne cubique très à la mode alors en favorisant l’habitabilité. Le rétroviseur « Obus » était très à la mode ;

La Simca 1000 millésime 1969 adopta une nouvelle face avant (merci à Judith Pariente pour ses photos)

En 1969, la Simca 1000 qui fêtait son 8eme anniversaire avouait déjà des rides au coin de ses petits phares. Avec son moteur arrière, dessinée chez Fiat et inspirée par le modèle 600, la petite Simca était déjà d’un autre temps. D’autant que Simca n’avait pas fait grand chose pour améliorer ses défauts chroniques bien connus de ses utilisateurs.

Chrysler qui avait annexé Simca n’était pas très généreux mais accepta de dépenser quelques dollars pour améliorer plus sérieusement le millésime 1969 afin de relancer les ventes. Sa carrosserie carrée comme une brique adopta des phares d’un plus gros diamètre liés à une calandre plus généreuse et des feux carrés au lieu des ronds à l’arrière. Elle reçut enfin une direction à crémaillère plus précise que l’ancienne à galets et des doubles cardans à l’arrière pour limiter les variations de carrossage ainsi que des jantes de plus grand diamètre de 13 pouces au lieu de 12. Du coup, sa tenue de route assez critiquée s’en trouva bien améliorée.

A partir de 1969, des feux carrés remplacèrent les ronds. Le « Gradulux  » était un store de lunette arrière vendu en accessoire qui servait à masquer les appels de phare la nuit

Le grand luxe

Simca élargit la gamme autant vers le bas avec une version 4 CV de 777 cm3 et vers le haut avec une version Spécial 6 CV 1100 cm3 animée par la mécanique de la nouvelle Simca 1100. Du coup, avec 50 ch Din contre 40 pour la Simca 1000 normale, la 1000 spécial tutoya les 140 km/h dans une belle sonorité de la voiture sportive en empruntant son pot d’échappement au coupé 1200 S qu’on vous présentera un jour. Une jolie vitesse pour une petite familiale il y a 50 ans.

« On mangerait sur le moteur » C’est celui de la 1100 équipé d’une belle pipe d’échappement emprunté au coupé 1200 S. On devine la pipe d’admission Barraquet sous le filtre à air spécifique

La Spécial n’était pas non seulement plus rapide mais elle était plus luxueuse avec du (faux) bois sur sa planche de bord, une moquette épaisse, un volant sport également en bois mais vrai plastique (celui de la 1200 S), quelques chromes supplémentaires, un avertisseur à dépression, des phares longues portées, et de petits filets courant le long de sa carrosserie. De petits détails qui lui donnaient un petit air de voiture de luxe et surtout un charme fou.

Celle que POA vous dévoile aujourd’hui est encore plus neuve qu’une voiture neuve et certainement mieux peinte que lors de sa sortie par un artiste (Olivier Leymet). Achetée en mai 1969 par une dame qui l’a conservée pendant de très longues années, elle ne totalise que 60 000 km mais son propriétaire l’a entièrement fait restaurer après avoir mis sa caisse à nu. En plus de 40 ans de métier je n’ai jamais vu une voiture âgée de 50 ans dans un tel état de neuf.

La Spécial recevait en plus des phares longue portée montés devant la fausse calandre

Volant sport à branches à trous, faux bois, moquette rouge, sièges épais en Aéralon, levier de vitesses raccourci, la Spécial était un cocktail entre la sportivité et le luxe

Sept Simca 1000

Elle appartient à un passionné bien connu du petit monde de la voiture ancienne avec Hugues Chaussin journaliste auto spécialisé de grand talent. Après avoir débuté comme localier à la Dépêche du Midi, puis Échappement, Hugues a travaillé longtemps à LVA avant de rejoindre il y a quelques années le magazine Gazoline. Pour vous dire que des voitures anciennes il en a beaucoup essayées, et des belles, des puissantes et des chères.

Pourtant c’est la 1000 qu’il préfère  » Je ne suis pas de la génération de la 1000 ni de la Spécial puisque je n’étais pas né en 1969. Moi, c’est plutôt la génération 205 GTI. Mais j’ai toujours aimé la Simca 1000 dont j’ai eu 7 modèles notamment un coupé 1000. J’ai toujours une Rallye 3 qui est en restauration et cette 1000 Spécial que je possède depuis 10 ans. Cette version a un charme fou car elle est un cocktail entre la voiture bourgeoise et la sportive. D’ailleurs sa base servira à la Rallye qui arrivera en 1970″.

9 En 17 ans de vie, la Simca 1000 recevra plusieurs planche de bord. En 1966, elle adopta un compteur à défilement horizontal avant de revenir à des cadrans ronds plus sportifs un peu plus tard. Le compte-tours optionnel était monté au bas de la console

La Simca 1000 1969 avait chaussé des roues plus grandes de 13 pouces. Empruntées à la 1200 S, celles de la Spécial ont des trous pour améliorer le refroidissement des freins
Le coffre était assez petit mangé par la roue de secours et la batterie absente sur la photo

Embourgeoisée

Le millésime 1969 rajeuni a été bien accueilli puisque ont été produites à 146 000 unités contre 113 000 en 1968. Vendue 9 151 francs contre 8 140 francs pour la 1000 5 CV, la Spécial a séduit car il n’existait peu de petites voitures de luxe à cette époque en attirant 41 556 acheteurs. Ils louèrent sa tenue de route en grand progrès bien que restant une propulsion avec son lot de défaut (vent latéral, petit coffre), sa finition soignée mais critiquèrent son freinage à tambours devenu trop juste à cause de ses performances accrues. Le millésime 1970 adopta des freins à disque à l’avant mais perdit en gagnant 3 chevaux (53 DIN) sa belle sonorité de voiture de sport en adoptant un échappement à simple sortie.  » J’ai mis longtemps à retrouver un échappement de 1200 S  » m’explique Hugues qui me montre le moteur sur lequel on pourrait manger. « Il est équipé d’une pipe d’admission Alfred Barraquet (préparateur de Simca) qui accroit légèrement la puissance et de cales du même préparateur qui, en abaissant le moteur, améliorent le centre de gravité. La Spécial est vrai bonheur à conduire surtout sur les petites routes. C’est une voiture que je ne vendrai jamais ! « 

On met longtemps à devenir jeune

Mon oreille est étonné par la sonorité du petit 1100 qui aboie comme celui d’une voiture de sport tandis que mon dos l’est aussi par le moelleux des sièges généreux recouvert d’un élégant skaï noir aéré et que mes pieds n’osent salir la moquette rouge. Peugeot n’avait rien inventé avec la 205 GTI qui en avait une aussi. Une prochaine fois nous évoquerons sa Rallye 3 lorsque sa soigneuse restauration sera achevée. Une rarissime petite bombe (1003 exemplaires) de 1978 qui a achevé en beauté la saga des Simca 1000 qui a longtemps fait partie de notre univers. Née urbaine pour les quadras, la Simca 1000 a terminé sa longue vie sur les circuits à destination des pilotes en herbe. On met longtemps à devenir jeune….. .

Hugues Chaussin adore sa 1000 qu’il ne vendra jamais (photo Daniel Bovo)

Ma dernière fois en Porsche 911 Classic

Par Cedric Fréour. Puisque c’est par elle que tout a commencé et se poursuit aujourd’hui, impossible de passer à côté de la Porsche 911 originelle (première génération) qui – en marge de l’essai de la nouvelle 992 -, tendait son volant. Emmenée par un 2,4 l de 125 ch, cette Porsche 911T de 47 ans (sortie de chaîne en janvier 1972) se laisse conduire -presque- aussi facilement que le modèle actuel. Une découverte pour Cédric et Julien qui n’osent à peine accélérer… Et pourtant quelle robustesse et quelle noblesse. Voyage au pays d’une merveille !

Ma première fois Porsche 911

Il est des premières fois qui ne s’oublient pas; pour certains c’était avec une Chrysler Le Baron, pour d’autres avec un intérieur Audi, pour Julien cela pourrait bien être avec la marche arrière d’une Porsche 911. C’est sa première approche de la voiture et il semble séduit. Et oui chez POA même quand on essaie une Porsche 911 on ne suit pas le chemin rationnel qui voudrait qu’on aille faire les andouilles sur route dès le départ; nous cherchons à ce que la voiture nous livre ses secrets, y compris donc en étudiant la marche arrière et la caméra de recul, tout comme nous mettons un point d’honneur à être en retard à la présentation presse – un comble quand on essaie une Porsche – pour vous montrer ce que les autres n’osent pas. Julien et Cédric commencent donc à jouer au jeu des petites observations, l’aérodynamisme du rétroviseur est analysée et Julien envisage même de démonter la jante du volant avec une clé Allen, c’est dire si l’intérieur lui parle.

La première fois de Julien prend encore de l’importance lorsqu’il découvre “l’effet kéké absolu”, concept scientifique sur lequel le professeur Roubaudi a fait une thèse remarquable il y a quelques années, qui stipule que tout être humain normalement constitué est spontanément pris d’une envie irrésistible de faire du bruit et d’aller vite même entre deux dos d’âne. La douceur et la fermeté qui rendent la voiture à la fois confortable et sportive séduisent tant Julien et Cédric que trouver un défaut à la voiture est aussi difficile que le fait de parler peu longtemps de l’intérieur et des écrans, même le bruit du six à plat leur plaît. Les 911 sont décidément des voitures légendaires quelle que soit la génération, et c’est bien possible que Julien veuille avoir droit à sa première fois en vieille 911 très bientôt…

Souvenirs d’Autos (227) : Une 911 en appelle une autre

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Cette histoire racontée par Gilles est à ne pas suivre ! On est OK ??

 

1989, j’ai 16 ans .

C’est par un beau soir d’été, au mois d’août au Cap Ferret, lieu cher de mon enfance. J’y ai été conçu et mes parents n’allaient nulle part ailleurs que dans une pension de famille à Claouey « La maison des Journalistes » puis « les Colinettes »…

Je me retrouve avec un duo d’amis parisiens , ainsi qu’un groupe de bordelais inoubliables de drôlerie…

Nous sortions tous les soirs  indéfectiblement jusqu’a 5 heures du mat’ avec le minimum en poche, mais avec le maximum d’enthousiasme et d’astuces pour boire allègrement à moindre coût…

Ça commençait chez untel dont les parents étaient absents.. Nous enchaînions à L’Oasis, puis la Boussole pour finir à l’Horizon-terrasse surplombant l’océan (tous ces endroits n’existent plus…)

Avec mes deux acolytes, on rencontre à « l’Horizon » deux types, la quarantaine bien sonnée, la gouaille irrésistible, bons vivants, un d’eux nous a à la bonne, il nous « rince » à tous les mojitos, c’est à dire beaucoup… trop, sans doute.

Il nous explique qu’il est un peu écœuré de voir sa fille (pas mal la bougresse, le genre de blonde qui plaît à la plupart…) sortir avec un nigaud qui ne l’inspire pas du tout…

Il est 5 heures… La nuit a passé vite, entre barre de rire et moiteur du dance floor…

On se répartit dans deux voitures, j’ai la chance de monter pour ma part dans sa 911 3.2 noire, à l’arrière tout seul…. Elle valait au moins 3 ou 4 fois le prix de la Peugeot 305 break GTXde mon père, donc une voiture intouchable il en convient…. Et puis, j’me suis toujours plus considéré comme motard..

Et là, le charme agit, clef dans le contact, feulement du flat, je ressens la poussée du moteur qu’est collé à moi, ce brut de fonderie au ras du sol, spartiate à souhait et déjà à l’époque elle ne distillait rien de moderne, bien au contraire , je comprends en une seconde tout l’ADN de sportive, de compét’ qu’elle a et qu’elle procure…

Je me souviens que le compteur ne marchait pas…. J’voulais savoir à combien il « envoyait » dans les virages..(Haha, tu m’étonnes qu’elle devait encore avoir un kilométrage hasardeux celle là….)

Il conduisait pieds nus, le cheveu bouclé en bataille toutes vitres ouvertes, pour revigorer les esprits et avoir l’oeil vif je pense, c’est mieux … (Il était « chargé », soyons honnêtes), et vu qu’il n’y a qu’une seule route pour rentrer, et que si les gendarmes étaient de sortie, il était fait…

Et ben, il était fait ! J’avais failli lui poser la question s’il se faisait arrêter souvent ?….qu’un bon gros barrage stoppe toute velléité, il souffle dans l’ballon (2,5grs…et oui) son pote à coté pareil.

Ni l’un, ni l’autre n’étant en état de conduire, il sort pieds nus pour aller pisser contre un arbre, « genre » rien à battre… Et le gendarme me demande si je veux les ramener, et là mon sang ne fait qu’un tour, j’me dis waaah, l’occasion de conduire une voiture pareille, mais…. j’me suis dégonflé forcément, n’ayant que 16 ans et pas l’permis, j’allais pas jouer au mariole, j’avais juste envie de rentrer me coucher…

Et en fait, c’est ce soir là que j’ai été piqué du virus Porsche, en mode 911 3.2 uniquement, rien d’autre, totalement monomaniaque….seul palliatif: la moto…

J’ai eu ma 1ère 3.2 y’a presque 10 ans, et la prochaine fera tôt ou tard son retour… c’est viscéral…

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Opel Ampera : 10 ans d’avance, 10 ans trop tôt ?

Découvrez le petit observateur Jean-Luc qui nous présente son Opel Ampera de 2011. ↓🚗↓  Si vous aussi vous avez une voiture moderne ou ancienne, que vous souhaitez venir présenter chez POA à Paris. Pour cela envoyez nous 3 photos de votre auto à et un bref descriptif vous concernant à : petitesobservationsautomobiles@gmail.com
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Chevrolet Volt : essai en 2011 par POA

Essai de la Chevrolet Volt par POA en 2011 à mettre en perspective avec la présentation ce mercredi de l’Opel Ampera 8 ans plus tard par le petit observateur Jean-Luc . La fiabilité est au rendez-vous et le concept n’a jamais semblé aussi juste en 2019. Les analyses de l’époque sont encore pertinentes. En revanche force est de constater que 8 ans plus tard, les choses ont peu bougé  et ce type de motorisation est encore loin d’être devenu la norme. Nous nous étions trompés. Hélas.

 

Carburant E85 : Retour d’expérience d’un petit observateur

Bonjour aux Petits Observateurs, je me permets de répondre à certaines interrogations et confusions sur l’E85 lors de votre dernier live, sans reproche aucun, par pur information.

Je me présente, Ludovic, bagnolard, mécano, et un peu écolo, car il faut bien l’être dans le monde d’aujourd’hui. Mes réponses sont basées sur une bonne année de recherche avant de sauter le pas sur l’éthanol, ayant roulé au GPL par le passé. Désolé d’avance du pavé !

Convertir une voiture à l’éthanol :

– sans modification : alors oui, « ça marche », de manière approximative pour le moteur. Les mélanges de Panoramix ne sont pas a recommander. Un moteur à l’essence se sert de la sonde lambda (qui analyse les gaz d’échappement) pour ajuster son mélange air/essence.

Avec de l’E85, le carburant étant plus pauvre, il faut en mettre plus. Le calculateur de la voiture est donc constamment en train de compenser à la hausse, et travaille toujours au maximum de ses capacités, ce qui explique que le Youtubeurs avec sa Toyota MR ne puissent dépasser les 4000 tr/min, au delà, le calculateur n’étant pas capable de corriger

– Avec boîtier homologué : il faut déjà exclure les boîtier eBay à 80€… un boîtier a ses avantages, déjà d’être reconnu par l’état. Mais il ne va pas fonctionner de manière optimale pour tous les moteurs, car il est conçu de manière générique, et présente encore des difficultés à gérer les moteurs dotés d’une injection directe. Il convient donc de voir sur quelle voiture on l’installe.

– Avec reprogrammation moteur : Considéré par l’état comme « illégal », car assimilé à une modification du moteur, au même titre qu’une reprogrammation gain de puissance (stage 1,2, etc …). Cela reste néanmoins la méthode la plus optimale pour le moteur, car fait sur mesure pour la voiture. Cela consiste à « débrider » les plages de compensation du calculateur, pour pouvoir gérer n’importe quel mélange essence/éthanol, et ainsi toujours fonctionner avec un mélange optimal.

Légendes sur l’éthanol :

– « ça bouffe les joints » : c’est faux. C’est juste que l’éthanol n’a pas les propriétés lubrifiantes de l’essence, et les durites en caoutchouc sèchent donc plus vite.

– « ça bouffe le moteur » : non plus. L’éthanol a un pouvoir détergent. Lors d’une conversion, il est donc recommandé de changer son huile 1000km après, car l’éthanol va enlever une grosse partie de la « crasse » du moteur. Il convient également de rapprocher les vidanges, pour les mêmes raisons

Concernant la consommation de l’ordinateur de bord :

Elle est faussée car cette consommation est basée sur la position de la pédale d’accélérateur, et non sur le débit réel d’injection. Quand on roule à l’E85, elle est donc encore plus fausse, car elle ne prend pas en compte le débit d’injection plus élevé.

L’éthanol entre-t-il en compétition avec la nourriture ?

En fait, non. Car jusqu’à présent, la betterave sucrière étant utilisé dans sa globalité pour le sucre alimentaire. la demande mondiale en sucre  étant en train de chuter, les agriculteur ont des champs dont ils ne savent que faire. C’est donc utilisé pour la production d’éthanol.

J’ajouterais également que la surface de champ utilisée pour nourrir les animaux d’élevage est bien plus préjudiciable à la faim dans le monde que l’éthanol. Je ne suis pas végan, mais si on veut nourrir tout le monde, il faudrait manger moins de viande.

Concernant l’huile de palme :

L’éthanol est composé d’alcool végétal et autres. Le « Bio Diesel » d’huile végétale.

Le problème étant que Total a préféré déforester l’Indonésie pour produire de l’huile de palme plutôt que d’acheter de l’huile de colza, certes un peu plus chère, mais bien plus responsable. On peut donc légitimement douter du côté « bio » de ce biocarburant…

J’ai également longuement roulé au GPL, et aujourd’hui, c’est malheureusement bien plus contraignant que l’éthanol.

Une installation GPL coûte entre 3 et 5 000€, prend de la place, et fait peur aux gens à cause de légende urbaines … Une conversion éthanol coûte entre 500 et 1200€ (suivant le mode choisi), ne prend pas la place de la cuve, et est facilement réversible.

Le GPL a quand même la chance d’être moins polluant.

Pour le GNC, on est confronté au mêmes problème que le GPL, même si il n’est pas issu du pétrole. Très développé en Italie, les gens ont peur du gaz en France.

Pour finir sur le débat de l’électrique, s’il ne coûtait pas si cher d’avoir une voiture en France, peut-être pourrions nous avoir une voiture par usage, et non cherché une chimère qui fait tout ?

Merci de m’avoir lu, au plaisir de voir vos vidéos chaque semaine. Je trouve vos analyses sur « la pertinence d’une voiture » plus intéressantes que « les chiffres, toujours les chiffres » d’autres médias.

Continuez comme ça, et GO POA !

Cordialement,

Ludovic

Je roule actuellement avec :

– Alfa Mito 1,4 TB 135ch E85 (2012, 166 000 km)

– Alfa 145 2.0 QV 150ch E10 (1996, 301 000 km)

– Alfa 156 2.0 JTS 165ch E10 (2002, 223 000 km)

5000 km en Tesla Model 3

Par Patrice Vergès. Depuis la livraison, le 28 mars dernier, de sa Tesla Model 3, Cédric a parcouru 5000 km à son volant. Il donne ses premières impressions d’utilisateur (heureux) à POA.

En complément du long essai vidéo effectué début février par le trio infernal, le petit observateur Cédric nous livre, à son tour, son sentiment après moins de trois mois d’utilisation de sa Tesla Model 3. Sans être un écolo hystérique ni un militant forcené de la cause électrique, l’avenir de notre planète l’a poussé à acquérir une des premières Renault Zoe il y a déjà 5 ans mais dont l’autonomie trop réduite (150 km) l’avait incité à revenir au bon vieux diesel jusqu’au jour où il a vu les premières teasers de la Tesla Model 3. C’était en mars 2016

Cédric a acheté sa Tesla de couleur noire, unique teinte sans supplément de prix. (2600 euros de supplément pour le rouge nacré)

Longue de 4,70 m, la Tesla n’est pas plus volumineuse qu’une BMW Série 3

3 ans d’attente !

« Par son volume plus réduit que la X, ses performances énergétiques et son prix annoncé de 35 000 dollars, elle correspondait à ce que je recherchais. J’ai envoyé un chèque de réservation en mars 2016. Puis, aucune nouvelle pendant presque 3 ans sauf une lettre de félicitation d’Elon Musk un an après plus une lithographie du Model 3 jusqu’à un mail en décembre dernier me signalant qu’elle pouvait être commandée ce qui fut fait le 28 février 2019. Un mois plus tard, j’allais la chercher chez le concessionnaire Tesla à Bordeaux Mérignac dont je souligne l’accueil chaleureux. Je ne l’avais jamais vue en vrai et encore moins essayée auparavant ! « 

La silhouette très pure du Model 3 a été déterminante dans son achat

Avec le câble extérieur fixe de la Wallbox, brancher la voiture exige moins d’une minute

Avant de signer, la question financière s’est reposée car le prix annoncé de 35 000 dollars s’était transformé en France à 53 000 euros pour la version Grande Autonomie 75 kWh (560 km) choisie. Depuis Tesla a revu plusieurs fois ses tarifs et présenté une version plus économique à 2 roues motrices Standard Plus à 48 600 euros. S’il n’a sélectionné aucune option esthétique (couleur, roues de 19 pouces, sièges bicolores) il a choisi l’Autopilot niveau 2 facturé alors 5 800 euros contre 5 300 aujourd’hui. A cette somme, il faut soustraire le bonus de 6 000 euros évidemment. Tarif qui correspond sensiblement à celui d’une BMW Série 3 diesel 2 litres 190 ch Luxury xDrive mais qui peut grimper à plus de 72 000 euros avec toutes les options. N’espérez pas négocier les prix chez Tesla !

80 km par jour

La Tesla plus l’acquisition d’une nouvelle Zoe 41 kWh pour l’épouse de Cédric ont imposé l’achat d’une Wallbox (600 euros) d’une puissance de 7 kW seulement (il a un compteur 9 kVA) située à l’extérieur relié à un câble fixe qui permet de se brancher en moins d’une minute comme j’ai pu le vérifier. Il est certain que si on habite en pavillon comme Cédric, l’usage d’une voiture électrique est plus facile.  » La puissance de cette Wallbox suffit à notre usage. En théorie, je pourrai aller travailler toute la semaine (80 km par jour) sans recharger) de même que mon épouse. Comme nous n’aimons pas rouler les batteries presque déchargées, nous rechargeons en moyenne, chacun notre tour, deux nuits par semaine autour de 6/7 heures à 5/7 kWh. Soit 30/35 kW par nuit, correspondant à la moitié de la capacité des batteries de ma Tesla Grande Autonomie (75 kWh) ».

 

Le coffre avant offre un volume de 75 dm3

Celui à l’arrière cube 525 dm3 avec un accès assez facile malgré le manque de hayon souvent critiqué

Première question, est-ce que le l’autonomie annoncée de 560 km est réaliste?  » Non, elle ne dépasse pas en moyenne 400/420 km avec du chauffage ou la climatisation mais c’est encore adapté à mon usage. J’ai calculé qu’elle consommait 16 kWh pour 100 km à mon allure d’utilisation pour monter à 18/19 kWh avec le chauffage et la clim que je remplace par les sièges chauffants moins énergivores et plus agréables d’après moi ».

La planche de bord épurée fait partie du charme du Model 3.  La grande tablette tactile de 15 pouces est très réactive et facile à utiliser. Elle comporte aussi des jeux pour les enfants

Je ne charge jamais à fond

Cédric ne recharge jamais sa Tesla à fond se limitant à 85 % de la capacité des batteries.  » Je me suis rendu compte qu’elle était plus agréable à conduire lorsque la régénération des batteries est activée par la décélération ce qui n’est pas le cas, batteries chargées à bloc ». La Tesla génère une nouvelle philosophie conduite grâce à son frein moteur très puissant qui fait qu’on freine beaucoup plus rarement que sur un véhicule thermique.

Bien entendu, il a calculé le coût d’utilisation de sa Tesla. « L’économie effectuée a été l’un des critères d’achat. En fait, à moins de 15 centimes d’euro le kWh, parcourir 400 km par semaine revient à 12 euros. Soit 3 euros aux 100 km. C’est notoirement moins que mon précédent diesel. A cela, il faut ajouter qu’il n’y pas d’entretien, ni de vidanges. J’ai calculé que le gain total annuel se montait à environ 1 500 euros pour 20 000 km parcourus ». Il a déjà effectué deux voyages dont l’un de 800 km ce qui a nécessité de recharger plusieurs fois. Ce fut une corvée ?

« Pas du tout ! Je me suis arrêté en priorité aux Superchargeurs Tesla (550 en France). La recharge était gratuite à vie au début et ça l’est encore si on est parrainé mais ce n’est pas mon cas. Les prix restent raisonnables avec le kWh à 24 centimes contre moins de 15 à la maison. En 30 mn, on recharge un peu moins de 200 km. D’abord, ils étaient sur mon trajet et m’ont seulement obligé à m’arrêter après plus de 2 heures de route ce qui est conseillé lorsqu’on a 3 enfants assez jeunes comme moi. Ensuite, j’ai une carte abonnement MobivE avec une appli au téléphone qui permet de me recharger à des bornes publiques toujours bien placées surtout dans des sites touristiques (700 en Nouvelle Aquitaine). Franchement, jusqu’à maintenant, je n’ai jamais fait aucun détour pour recharger en profitant uniquement de mes arrêts naturels. Pour moi, recharger n’est pas un inconvénient ! « 

 

Derrière les flasques de roues de 18 pouces de série ( 19 ou 20 en option) se cachent des jantes en alliage léger. La taille des disques est imposante

Après deux ans d’attente, Cédric a reçu cette litho de la part de Tesla !

Ce qui lui plait

Cédric n’a pas acheté sa Tesla uniquement pour faire des économies. D’abord parce que la Tesla Model 3 lui plaisait par sa forme épurée, sa philosophie et son volume mesuré comparé à la X, par exemple. Bien sûr, il apprécie ses 345 chevaux qui plaquent au dossier (0 à 100 km/h en 4,7 secondes) avec des relances supérieures à celles d’une Porsche. Puissance désormais plus communiquée par Tesla  » Le lendemain de mon achat, j’ai reçu une appli qui accroissait la puissance ». Il apprécie aussi son excellente tenue de route due à ses 4 roues motrices et son centre de gravité situé très bas, sa position de conduite et son Autopilot  » Je l’ai réglé à 83 km/h car je parcours des nationales pour aller travailler et avec des bouchons à l’entrée d’une autoroute. Très reposant dans les encombrements. J’attends avec impatience la nouvelle évolution en fin d’année (lecture des feux rouges) qui devrait encore donner plus d’autonomie de conduite à la voiture ».

S’il ne lui reproche pas le manque de protection latérale grâce à utilisation essentiellement routière, il apprécie la fonction sentinelle qui fait que si sa Tesla est heurtée en stationnement, le choc est enregistré par les cameras. Bien entendu, il adore la grosse tablette tactile centrale de 15 pouces très réactive et préhensile qui est l’un des charmes de la voiture particulièrement la carte Google Earth idéale pour bien se situer et les jeux qui amusent ses enfants (à l’arrêt seulement) qui encensent sa voiture pour ses gadgets et son bruit.

Ce qui lui plait moins

Que le volant ne soit pas très esthétique ne le contrarie pas de même que la commande de la boîte à gants accessible uniquement par la tablette tactile puisqu’il ne l’utilise pas préférant les deux vide-poches géants situés entre les sièges. Le manque d’affichage tête haute ne le gène pas. En revanche, il n’aime guère la couleur claire du bois de la planche de bord et reconnait que la visibilité arrière n’est pas géniale compensée par l’écran géant de la caméra de recul. Il regrette que l’Autopilot se montre parfois timoré avant de doubler (il faut vraiment qu’il n’y ait pas une voiture trop proche). Son plus grand défaut, à se yeux, est l’accès à la voiture avec une carte d’ouverture de porte qui marche une fois sur deux de même que l’ouverture par téléphone dont la bonne fonction est, parait-il, liée à sa marque. Il n’aime pas le toucher à la pédale de frein qui donne le sentiment que la voiture freine mal. Enfin, il estime que les phares et les essuies glace automatiques ne sont pas toujours réactifs. Des points à améliorer d’après lui.

Si c’était à refaire ?

Si c’était à refaire ?  » Je suis vraiment très satisfait et je ne regrette pas du tout cet achat, étonné de l’intérêt qu’elle suscite auprès de mes relations et collègues de travail ». A la question sur sa facilité de revente et sur le tarif de l’électricité qui devrait augmenter à mon avis pour compenser la perte des 40 milliard d’euros que rapportent les taxes sur l’essence, il reste bien plus optimiste que moi dont l’expérience m’a appris qu’il ne faut jamais faire confiance à l’avenir.

 » Les batteries sont garanties 8 ans ou 192 000 km ce qui est rassurant au niveau fiabilité. Coté valeur de revente et facilité, je n’ai pas l’idée la dessus. Question coût, vu que l’État pousse la vente des voitures électriques, je ne pense pas qu’il augmentera lourdement le tarif de l’électricité mais il supprimera certainement le bonus de 6 000 euros à terme. Maintenant, il est temps que tu l’essaies ! « 

Après avoir conduit sa Tesla 3 autant en ville que sur autoroute, c’est Cédric qui, à son tour m’a posé la question  » Alors par rapport à la BMW Série 3 330 dont j’ai lu l’essai dans POA, qu’en penses tu ? « 

J’ai hésité un peu et je me suis entendu lui répondre « Je crois que je choisirais la Tesla Model 3 à quelques bémols prés « . Mais c’est une autre histoire….

Cédric est un utilisateur heureux de sa Tesla Model 3

Cadillac Eldorado 1978 : la fête est finie

1978 est l’année de la dernière grosse  » Eldo », la plus colossale des Cadillac. La fin d’une époque.

Le millésime 1978 est revenu à une silhouette plus discrète (en plastique !) et moins chargée après les excès de 1971 à la calandre à barres verticales

Interminable porte à faux arrière dont les roues ne sont plus carénées, se terminant pas des feux rouges oblongs

Il faut vraiment tendre l’oreille pour percevoir le murmure des énormes 8 pistons qui minaudent autour de 1500 tr/mn à l’allure tranquille à laquelle nous nous déplaçons. Le corps mollement bercé par la suspension élastique de l’Eldorado portée par des barres de torsion à l’avant et un essieu arrière à niveau pneumatique constant. Au sortir de cet essai en reprenant mon cabrio chaussée de 20 pouces, j’ai cru rouler sur les jantes !

Traction avant

Peu imaginent en voyant cette colossale américaine qu’il s’agit d’une traction avant. GM s’était lancé dans la traction avant en 1966 avec la Toronado dont fut extrapolée la Cadillac Eldorado dès 1967, modèle haut de gamme de la marque de luxe Cadillac. Avec presque une tonne sur les roues avant à cause de l’énorme V8 7 litres sur les 2300 kilos à vide avoués par ce dinosaure, cette technologie innovante pour les Américains ne fut pas facile à maîtriser.

Pourtant, l’Eldo ne s’en sortit pas si mal au plan dynamique même si aidée par puissants freins à disque sur les roues avant, elle n’était pas une sportive pour autant. Il faut rouler cool avec. Ce type d’Eldorado perdura jusqu’à 1978, avant de prendre une taille plus raisonnable avec un « petit  » 5,7 litres.

Déjà le millésime 1978 était revenu à un moteur de 7 litres de cylindrée contre 8,2 litres en 1976 ! Hélas, avec pour lutter contre la pollution et la consommation, c’était lié à une brutale chute de puissance tombant à 183 ch SAE (150 DIN) contre 400 chevaux en 1970 !

Un gros V8 de 6964 cm3 alimenté par un carburateur 4 corps Rochester dont la puissance avait été réduite au fil des années de 400 ch à 183 ch SAE !

D’origine française

Francis possède cette Eldorado depuis une quinzaine d’année.  » Elle date de janvier 1978 et a été vendue par GM France dont elle possède la plaque. Il parait que son premier acheteur habitait en Corse ce qui m’étonne car ses dimensions n’en font pas la voiture rêvée pour les routes de l’ile ! Quand je l’ai achetée en Bretagne, elle n’avait que 90 000 km contre 130 000 km aujourd’hui ce qui est peu pour la mécanique qui tourne comme une horloge. Je n’ai jamais eu un problème avec, hormis l’entretien classique. On trouve facilement toutes les pièces aux USA reçues par Fedex deux jours plus tard après les avoir commandées. Je viens juste de la faire repeindre mais son pavillon n’est plus recouvert de vinyle comme lors de sa sortie « .

L’Eldorado était une voiture de luxe mais de grande série puisque le coupé 1978 à été produit tout de même à presque 47 000 exemplaires. Production hors cabriolet dont la construction avait été arrêtée à cause de la législation américaine qui souhaitait les interdire pour leur dangerosité en cas d’accident. Décision qui entraînera un record de ventes avant son arrêt.

Sièges matelassés très moelleux tendus de cuir à commandes électriques situées sur une platine chromée, moquette épaisse.

Tachymètre en kilomètres et commande au volant de boîte automatique Hydramatic à 3 rapports

Bien sûr climatisation en série et quelques gadgets typiquement US

« C’est ma première et dernière ancienne »

En 1978, il était proposé en France au tarif de 102 780 francs (environ 90 000 euros). Somme pas déraisonnable comparée à une BMW 730 ou Mercedes 280 vendues aux mêmes prix et aux 350 000 francs d’une Rolls. Bien sûr, il ne s’agissait pas de la même philosophie. Dans la Cadillac, le bois précieux est du faux bois et le chrome est souvent du vrai plastique.

Tout est fait pour impressionner le regard mais le bois est du faux bois

Phares rectangulaires depuis 1976 et évidemment rappel du blason sur les clignotants et feux rouges arrière de crainte qu’on oublie que c’est une Cadillac

En 11 ans de production, si la base est restée la même, sa silhouette a pratiquement évolué tous les deux ans. Les aficionados affirment que la plus pure est le millésime 1967 avant que la marque revienne à plus d’ostentation dès 1971 puis des formes plus cubiques en 1975 ou l’Eldo affiche pour la première fois des phares rectangulaires.

Francis aime l’Amérique, un pays qu’il visite tous les ans depuis déjà 22 ans pour se rendre à Reno assister aux course d’avions de chasse car l’aviation est sa deuxième passion.  » J’ai découvert la culture américaine qui me plait et ses voitures en visitant des musées. D’où l’idée d’acheter une américaine en France pour me balader au rythme de 3 à 4 000 kilomètres par an pour les sorties entre clubs de passionnés en consommant autour de 18 litres aux 100. Je n’étais nécessairement pas orienté vers un modèle particulier ou une année spécifique. Mais celle-là ma séduit par son état, son prix très raisonnable et son esthétique. Sa forme carrée me plait et c’est un modèle qu’on voit peu par rapport à d’autres millésimes ! C’est ma première voiture ancienne et ce sera certainement ma dernière. Mais je sais déjà qu’elle restera dans la famille lorsque je serai plus là « .

 

Interminable silhouette étirée sur 5,70 m au milieu de laquelle l’habitacle semble perdu

Retour vers la sobriété

Sans se vouloir discret, ce millésime 78 dernier de la lignée des dinosaures se veut plus moins ostentatoire que les précédents avec un capot avant moins massif, une calandre à maillages plus fins et des pare-chocs moins lourds. Sa ceinture de caisse à épaules donne du mouvement à son interminable silhouette ou l’habitacle semble perdu entre ses deux immenses portes à faux avant et arrière. L’habitacle est allégé par de petits lanterneaux chargés d’améliorer la visibilité de trois quart arrière et les ailes sont découpées pour laisser apparaître toute la roue postérieure masquée sur les modèles antérieurs à 1974.

A l’intérieur, la planche de bord a gagné en sobriété avec des lignes plus rectilignes. Néanmoins, tout est étudié pour rappeler à chaque regard qu’on roule dans une Cadillac avec la reprise du fameux nom et emblème Cadillac qui s’inspirait des armoiries de la famille d’Antoine de Lamothe Cadillac (1658/1730) qui fonda la ville de Detroit notamment celui rouge, argent, bleu, blanc et or planté sur le capot juste dans le champs de vision,. Dans mes oreilles traînent les paroles de la chanson « Cadillac » interprétée par Johnny Hallyday, réorchestrées sur le tempo plus calme du V8.

C’est la première voiture ancienne de Francis et sûrement la dernière car elle lui plait tout simplement