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Fiat Ritmo 130 TC Abarth : « Une voiture d’homme »

Par Patrice Vergès. La Fiat Ritmo vendue de 1978 à 1987 a été déclinée en plusieurs versions sportives envenimées par Abarth, la 130 TC était la plus piquante de la lignée….  

 Quand on aime les Fiat Ritmo Abarth 130 TC, on ne compte pas ! Fabrice n’en compte pas moins de trois dont ce modèle 1984 de couleur Rosso Corsa. Il les partage avec d’autres Fiat de collection (Fiat 1500 cabrio, 124 coupé, 124 Spider Abarth)  plus encore d’autres pour rouler tous les jours.  » Mon grand-père était directeur administratif chez Fiat France après avoir travaillé chez Simca comme mon père. Mon enfance a été bercée par ces marques dans lesquelles j’ai roulé avec mon frère Jean-Christophe. Mon père qui était collectionneur de Fiat a possédé également de nombreuses voitures généralement sportives. D’ailleurs, il a participé à des courses auto notamment au Challenge Simca en 1969 volant d’une Simca 1501 S ». Ne parlez pas de voitures allemandes à Fabrice mais d’italiennes certainement du fait de ses racines italiennes et de la passion que son père Alberto lui a transmise.

De 105 à 130 ch.

 Dès 1981, la Fiat Ritmo dont la silhouette très originale signée Giugiaro avait étonnée en 1978, était épaulée par une version plus musclée dont le 1600 travaillé chez Abarth développait 105 ch.  Malgré ses qualités, elle était dominée par la Golf GTI plus puissante et plus maniable. En 1982, en adoptant le gros 2 litres porté à 125 ch, elle se montra enfin plus compétitive. En 1983, lors de son restylage dans un style plus conventionnel car son physique original était jugé trop clivant, Fiat porta sa puissance à 130 ch. Du coup, la Ritmo Abarth 130 TC devint l’une des petites berlines les plus agressives du segment des GTI   malgré la concurrence de la 205 GTI, puis Renault 5 Turbo, Kadett GSI, Lancia Delta HF et autres bombinettes survoltées de l’époque.

TC comme Twin Cam

 Le beau 2 litres double-arbre (signé Lampredi) qui lui donnait son nom de TC  était désormais alimenté par deux carburateurs double-corps de 40 lui permettant d’atteindre 130 ch. Monté en position transversale car la Ritmo était une traction avant, ce moteur était accouplé à une boîte de vitesses ZF à 5 rapports. Par rapport à la Ritmo de papa, la triangulation du train avant avait été bien revue, la suspension retravaillée, le freinage renforcé (tambours à l’arrière), les pneus élargis (185X14). Esthétiquement, proposée uniquement en 2 portes, elle se reconnaissait à ses  jantes en alliage léger, son imposant becquet arrière, sa planche de bord plus sportive sans oublier le fameux scorpion signé Abarth, signe zodiacal du créateur de l’officine annexée par Fiat en 1971.

Le son goulu des deux carburateurs

A cette époque où les ligues féministes étaient moins fortes, il était fréquent de lire que la Fiat Abarth était une voiture d’homme. Par la fermeté de sa direction surtout à l’arrêt et la brutalité de ses accélérations, la dureté de sa suspension et de sa commande de boîte.  Aucune injection au monde ne pourra remplacer la sonorité jouissive des deux carburateurs double corps à l’aspiration caverneuse. Grace à son moteur de 2 litres opposé aux autres GTI qui n’étaient souvent que des 1600, non seulement la Fiat était la plus nerveuse (30 s aux 1000), presque la plus rapide (près de 200 km/h) mais surtout la plus méchante en relances ou elle repartait sèchement dans l’aspiration goulue de sa généreuse admission.

Exubérante

Bien sûr, elle n’offrait pas la merveilleuse légèreté de conduite d’une 205 GTI ni son efficacité. Mais à condition d’avoir des bras bien musclés et un dos solide, c’était une voiture enivrante car elle ne donnait pas le sentiment d’être un grand pilote comme la Peugeot. Il fallait la dompter pour aller vite car elle se montrait un peu trop exubérante ! Certes, elle n’offrait pas la finition d’une allemande (biodégradable aussi), mais sa présentation ne manquait pas de charme avec son petit volant cuir et ses nombreux cadrans disséminés sur la planche de bord. J’étais sorti assez conquis de son essai. Malgré un prix compétitif et son équipement généreux, elle ne suscita pas l’engouement de ses concurrences avec seulement 13 158 Fiat Ritmo 130 TC vendues en 4 années de production dont 3967 en France.

Achetée en 1987

C’est justement à cause de sa personnalité que Fabrice adore ses Abarth en regrettant de ne pas les utiliser suffisamment.  » J’ai acheté ce modèle en 1987 avec 25 000 km au compteur après avoir hésité avec une Alfa GTV6. La  Ritmo m’avait davantage séduit au plan pilotage et puis elle marchait bien aussi. Aujourd’hui, elle a 60 000 km mais je ne l’utilise, hélas, plus suffisamment « .Fabrice compte trop de Fiat dans sa collection pour en profiter même si comme tous les passionnés par la marque Turinoise, il rêverait de l’accroître avec un Spider Dino.   Le graal.   Ses 130 Abarth (dont une 125 TC suisse transformée en 130) marquent aussi un moment important de son existence. « Les deux fois où je suis allé chercher nos filles Éloïse et Séverine à la maternité, j’ai choisi volontairement la 130 Abarth pour que déjà, à quelques jours seulement, nos filles s’habituent à cette voiture ».   Belle histoire.

 

La Ritmo Abarth 130 TC a été uniquement proposée sur la série 2 apparue début 1983 à la face avant et arrière redessinées

Les Versions Abarth ont uniquement été proposée en 2 portes contre 2 ou 4 pour les autres versions

La planche de bord avait reçu une instrumentation plus sportive liée à un adorable volant gainé de cuir

Né en 1966 sur le coupé Fiat 1400, ce double arbre qui avait grimpé à 2 litres délivrait 130 ch grâce à une batterie de deux carburateurs

Superbes sièges Recaro maintenant mieux ses passagers

La 130 TC se caractérisait par son gros becquet à l’arrière

l’Abarth était chaussé de jantes en alliage léger de 14 pouces !

Les Ritmo se caractérisaient par leur curieuses poignées de porte rondes

La série 2 comptait 4 phares contre 2 pour la première version

Fabrice au coté de ses deux Abarth…

Née fin 1978, la Ritmo ici dans sa version 1600 105 ch se caractérisait par son look original qui n’avait pas fait l’unanimité

 

Souvenirs d’Autos (341) En panne dans le Galibier

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. J’aimes les histoires de Pierre car je sens les odeurs, j’entends les moteurs et la radio… merci.

 

Nous sommes en 1959, mes beaux-parents créaient cette année leur entreprise d’électricité générale.

Pour la jeune société ils faisaient l’acquisition d’une 2CV Fourgonnette grise, construisaient un petit atelier ainsi qu’un garage attenant pour abriter la Citroën.

L’été de cette année, ils songèrent à prendre un peu de repos et c’est vers les Alpes du sud qu’ils décidèrent de se rendre, la destination choisie fut Valloire.

Situé aux portes des Hautes Alpes, le village alpin se trouve aussi au pied du col du Galibier, route célèbre dont on parlait souvent à l’occasion du Tour de France.

Mes beaux-parents effectueraient le voyage à bord de la fourgonnette, un long périple les attendait.

Ils firent provisions de tout avant le grand départ. Des cartes Michelin étaient également achetées car une fois les limites du département franchies, elles seraient indispensables pour circuler sur des routes inconnues. La voiture fut chargée jusqu’au toit, le départ fut pris de bonne heure un dimanche matin.

La Citroën n’avançait guère, de nombreux arrêts furent nécessaires au repos de l’auto et à la détente des vacanciers. Le voyage était long.

Puis les Alpes saluèrent bientôt notre équipage. La fourgonnette franchissait le Col du Télégraphe, Valloire était maintenant en vue.

L’arrivé au camping fut une récompense car le voyage se terminait enfin.

Ils quittèrent Valloire de bonne heure ce matin pour cette sortie vers le Grand Col. Avec son sommet pointant à plus de 2600 mètres, l’affaire était sérieuse.

L’auto roulait à petite allure maintenant sur la haute route qui serpentait entre alpages et sommets. La montagne était belle, Rémy observait les cimes, Michèle anxieuse scrutait les à-pics.

Deux auto-stoppeuses sac tyrolien sur le dos cheminaient vers le haut du col, elles se signalèrent en levant le bras, pouce en l’air.

Rémy ne pouvant s’arrêter dépassa les marcheuses, poursuivit son chemin et distrait il jeta un œil dans le rétroviseur oubliant la route un instant. Il fit alors un écart, la roue avant de la 2CV passa sur des pierres du talus, c’est la crevaison. Rémy se dirigea aussitôt vers un replat, coupa le moteur et descendit examiner le pneu avant rudoyé.

Rien de grave, pensa-t-il en se dirigent alors vers la cache de la roue de secours.

Retirant le panneau de tôle il se souvint soudain qu’il avait laissé la roue au fond du garage à la maison, un oubli fâcheux.

De colère cric et manivelle étaient jetés au sol, la roue fut rapidement déposée.

Les auto-stoppeuses, poursuivant leur marche dépassaient maintenant l’auto et en riant lancèrent un hello au malheureux.

Pour réparer la roue Rémy devra alors rejoindre Valloire, trouver un garage, réparer puis remonter là-haut.

Sans perdre de temps il s’avança sur la route du col cherchant du regard la première auto passant là et lui demander de l’aide.

L’attente ne fut pas longue, une autre 2CV grimpait sagement dans les lacets, Rémy fit aussitôt de grands gestes, arrivée à hauteur la voiture s’arrêta.

Un homme en grand habit noir en descendit marcha radieux vers nos amis et se présenta, il était le curé de Valloire, une rencontre toute singulière.

Rémy heureux et soulagé lui narra alors l’incident.

L’homme de bonté proposa aussitôt de le conduire au village avec Michèle, là-bas le garagiste qu’il connaissait effectuerait la réparation.

Michèle et Rémy le cœur léger montèrent à bord emportant la roue. Sans attendre le curé démarra, fit demi-tour et plongea dans le col en direction de Valloire.

Midi bien avancé la roue était réparée, le bon curé invita les deux vacanciers à repartir là-haut.

La 2CV traversa le village, reprit la route du grand Galibier et lentement montait rejoindre la Fourgonnette abandonnée ce matin en chemin vers le sommet.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !Merci.

 

 

Souvenirs d’Autos (246) : Monsieur Belmondo est de sortie

Par le Commandant Chatel. Dimanche 25 novembre 2018, je vais en matinée, avec mon frère Frank, assister à la comédie musicale CHICAGO au Théâtre Mogador à Paris. Nous sommes assis au cinquième rang, bien face à la scène, à côté d’une vieille dame qui nous fait penser, Frank et moi, à notre chère grand-mère.

 Soudain, toute la salle de met à chuchoter très fort. Il se passe quelque chose.

Nous nous retournons et nous voyons Jean-Paul Belmondo arriver, soutenu par un monsieur en costume sombre.

Je ne sais pas pourquoi, mais je dis :

  • Tout le monde aime Jean-Paul Belmondo !

Alors, la vielle dame me dit :

  • Ah oui, monsieur ! Tout le monde aime Jean-Paul Belmondo !!

Le monsieur en costume sombre s’en va et un instant plus tard, arrive une petite jeune fille blonde. Elle s’assoit à côté de Belmondo.

La vielle dame me susurre :

  • C’est Stella, sa petite dernière, celle qu’il a eu avec Natty !

Elle sait tout cette femme-là.

Le spectacle commence et c’est formidable. C’est la mise en scène originale de Bob Fosse… c’est enthousiasmant.

À la fin, c’est un triomphe. Alors qu’on se lève pour quitter la salle, je vois un régisseur qui se précipite vers Belmondo pour lui demander de rester faire une photo avec toute la troupe. Il accepte bien sûr.

Devant le théâtre, une Audi A8 en double fille attend. Je comprends tout de suite que c’est la voiture de Belmondo, puisque le monsieur en costume sombre est au volant. Sur la banquette arrière un petit chien (un York) très énervé attend avec impatience son maître… C’est touchant.

Là dessus, gros coup de klaxon. C’est un bus qui n’a pas envie de tourner son volant et qui souhaite que l’imposante Audi dégage. Ni une ni deux, la vieille dame, ma voisine, se précipite vers le chauffeur du bus :

  • Hey ! Faut pas se fâcher ! C’est la voiture de Jean-Paul Belmondo !!!
  • Ah ben fallait le dire, répond le chauffeur du bus en manœuvrant.

En effet, tout le monde aime Jean-Paul Belmondo dans ce pays.

Salut l’Artiste

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Merci.