L’Opel Manta à 51 ans, ça se fête!

Par Patrice Vergès. Comment imaginer fin 1970 lors du lancement de la Manta A que 51 ans plus tard, elle deviendrait un concept-car aménageant le passé avec le futur de la marque allemande ?  En attendant de découvrir en détails la GSe ElektroMod 2021, petit retour sur la Manta thermique de 1970.

51 ans séparent ces deux Manta. Celle de 2021 à droite adopte le nouveau visage des Opel du futur

Sous une livrée plus sportive, la Manta était dérivée de l’Ascona qui vit le jour quelques semaines plus tard.

Opel Manta SR, 1974

En 1968, chez Opel on travaillait au remplacement de la Kadett B déclinée autant en berline qu’en coupé. En 1969, il était presque figé dans un style très proche de la Chevrolet Nova quand Ford dévoila son coupé Capri.  Une révolution ! A ses cotés, le futur coupé Kadett manquait nettement de charisme et de sensualité. Charles M « Chuk » Jordan à la tête du studio de design d’Opel demanda expressément à Georges Gallion de la redessiner en urgence pendant ses vacances d’été !

Georges Gallion, âgé aujourd’hui de 88 ans, a dessiné de nombreuses Opel

Avoir son nom propre

Gallion allongea notamment la partie avant pour lui donner un visage plus agressif. Pour contrer davantage la Capri, on comprit qu’il devait avoir son nom propre et non plus celui de Kadett. Manta  désignant une raie des mers du Sud fut adopté bien que déjà utilisé par Giugiaro pour un concept-car. On reprit les phares ronds et les clignotants de l’Olympia par manque de temps. Avec son long avant en gueule de requin, son arrière tronqué très dans l’esprit de la GT, ses ailes épanouies, elle ne manquait pas d’allure. Longue de 4,34 m, large de 1,62 m, posée sur des voies larges de 1,33 m, sa silhouette était non seulement flatteuse mais surtout habitable par 4 personnes et leurs bagages. Comme la Capri, c’était un coupé à vocation familiale. Malgré ses 1,35 m de haut, soit pratiquement les dimensions de la Capri, elle semblait curieusement plus haute comme toutes les Opel de ces années là à la garde au sol élevée.

Sous le capot, les cylindrées s’étageaient de 1200 cm3 à 1900 cm3 avec des puissances variant de 60 à 90 ch DIN

Un gros travail de recherche avait été fait auprès du professeur Cousteau pour photographier une raie Manta stylisée en logo

Opel Manta badge (1970)

Un coupé Familial

Sur les trois motorisations proposées, la France n’en adopta que deux. Un 1600 cm3 de 80 ch ou le 1900 cm3 90 ch proposée uniquement en version S ou SR.    La Spécial Rallye se particularisait par un pont plus court, un capot noir très tendance alors, des projecteurs à iode, des bandes latérales, un échappement à deux sorties, un habitacle au traitement plus sportif sans oublier des roues sport à boulons apparents chaussées d’épais 185/13.  Tout ce qu’on retrouvera sur l’Ascona SR début 1971 qui en était dérivée ou plutôt c’était l’inverse.

Bien orchestré par une généreuse publicité, le lancement de la Manta fut réussi et l’on se pressa dans les concessions Opel.  Le coupé n’était plus réservé aux  célibataires comme auparavant mais aussi aux pères de famille ! Si ses ventes furent bonnes, elles restèrent inférieures à celles de la Capri à la gamme plus étendue. La Manta fut largement distribuée par le réseau Buick aux USA uniquement en version 1,9 l sous le nom de Rallye souvent équipée d’une boîte automatique fabriquée en France dans l’usine de Strasbourg.

Comme l’Ascona, elle hérita d’une version 1200 cm3 de 60 ch tandis que la SR fut remplacée par une élégante finition Berlinetta au pavillon recouvert de vinyle.

La version Berlinetta (celle de la photo 1) se distinguait par sa présentation plus raffinée, son pavillon tendu de vinyle, ses sièges en velours et une abondance de faux bois   
En 1974 apparut la version GT/E dont le moteur alimenté par injection était poussé à 105 ch DIN. Elle se reconnaissait à son imposant spoiler avant et ses parements noirs

 

1974 : La GT/E à injection

En avril 1974 naquit la GT/E dont le E signifiait comme pour la Commodore, injection (Einspritzung) dont la puissance du 1,9 l grimpait à 105 ch DIN. Avec 185 km/h, c’était une véritable sportive qui se reconnaissait à son imposant spoiler à l’avant proche de celui de la récente Commodore GS/E, de nouvelles jantes (celle de la Berlinetta), une planche de bord modifiée et des amortisseurs spécifiques. Elle fut fabriquée seulement à 5162 exemplaires. La Manta A termina sa carrière en juillet 1975 sous la forme d’une ravissante version spéciale « Black Magic » noire et gris métallisé. Elle laissa sa place à la B qui fut produite plus de 10 ans mais c’est une autre histoire.

Au total, 498 553 Manta A furent fabriquées dont 31 463 pour la France. Georges Gallion, âgé aujourd’hui de 88 ans, n’imaginait jamais que les designers du 3eme millénaire de chez Opel utiliseraient cette voiture comme concept-car. La suite bientôt avec la Manta ElektroMOD.

En Belgique, une petite série de Manta 2800 fut produite motorisée par le 6 cylindres de 2800 cm3 160 ch de la Commodore GSE.

Ultime série Black Magic avant de laisser sa place à la Manta B qui lui succéda 

 

L’avis des Petits Observateurs !

5 commentaires au sujet de « L’Opel Manta à 51 ans, ça se fête! »

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  1. Mat Ador

    Voyez, si vous m’offriez le plaisir de conduire toute une journée l’une des deux autos au choix, je choisirai sans hésitation aucune la Manta de 1970.
    Ce n’est pas que la réinterprétation rétrofitée soit inintéressante en soit, mais elle ne dégage pas le charme et la saveur délicieusement conservée de l’originale…
    Avec la GT, la Manta est probablement l’une des plus belles création de la marque au Blitz, du temps où la confrontation avec le voisin Ford était à son apogée. Je crains malheureusement que cette époque soit révolue et que ce classement n’évolue plus…
    Une pensée affectueuse à tous les amoureux d’Opel à commencer par notre vénéré Maître, Patrice Verges.
    Opellement Vôtre.
    🙂

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  2. Thierry

    La Manta est aux Allemands ce que la Fuego est à la France …

    Vous le dites si je dis des conneries …. mais c’est la Jacky Touch non ?

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  3. Chapman

    J’étais enfant, confortablement installé à l’arrière de la DS grand paternel et durant les interminables voyages entre Paris et le Bugey je lorgnais les autos d’exception. Cette Manta m’avait plu, tout comme la GT1900 et son look de mini corvette. Je lui trouvais un chic fou….. Et je la trouve encore très chouette.

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    1. FredG

      Quel sens des proportions, M Gallion !
      Une ligne fine, élégamment racée (des chromes fins et bien placés : passage de roue, tour de calandre, contour des surfaces vitrées, contour et croix de jantes), agressive juste ce qu’il faut (avant de requin, consistance et épaisseur des 4 feux et de la calandre chromée, jantes noires et chrome) les 4 feux ronds arrières faisant écho aux 4 feux ronds avants
      La version Berlinetta rouge est splendide: toit vynil, velours rouge, applications bois
      Oncle Pat’ doit s’ébaudir dans sa pinasse…