Ford Consul 315 : Il y a une vie avant la Capri

Par Patrice Vergès ; Ford a utilisé plusieurs fois le nom Capri sur ses modèles. Dans les années 50, aux USA pour Lincoln, en Europe en 1969 pour son célèbre coupé sportif mais auparavant en 1961 pour le coupé issu de la berline Consul 315. 

La Capri, version coupé de la berline 315 Classic se signalait par son pavillon entièrement redessiné

L’habitacle raccourci faisait ressortir l’imposante longueur de la malle arrière

Née mi-1961, la Consul 315 a eu une existence très brève puisque Ford GB l’arrêta début 1964 après seulement 110 000 exemplaires. Victime de son esthétique jugée baroque notamment de sa lunette arrière inversée et de sa mécanique pas fiable, cette Ford anglaise qui, pourtant, ne manquait pas de qualités, ne convainquit pas les acheteurs. En 2015, je l’avais proprement exécutée sur POA dans la saga des Voitures Moches.

Acheté il y a 30 ans

Article humoristique qui me valut quelques commentaires acides dont la lecture récente m’a étonné par leur agressivité.  Néanmoins, il semble que la Consul plait à des passionnés qu’il faut respecter tel Jean-Marc qui, après une 315 berline315 , roule au volant d’une version coupé Capri 335 fabriqué seulement à un peu plus de 19 000 unités.

 » Étudiant dans une école d’ingénieurs au début des années 90, je cherchais une voiture de collection plus originale que nos françaises. Avec son look de petite américaine aux mini-ailerons arrière, la silhouette particulière de la Consul 315 m’a séduit. J’ai d’abord acheté une version coach 2 portes avant de découvrir qu’elle avait été produite en version coupé Capri à la ligne encore plus originale que je trouvais bien plus jolie. En 1991, j’ai acquis ce coupé de 1963 motorisé par le nouveau bloc 1500 5 paliers qui remplaçait le 1340 cm3 3 paliers des premiers modèles. Dans un état moyen, j’ai mis prés de 2 ans pour le restaurer en le démontant entièrement, changeant, dégrippant, refaisant sa peinture et l’intérieur et aussi la mécanique. Il y a presque 30 ans que je roule avec !  » explique Jean-Marc enflammé par ce modèle.

 

La finition et l’équipement de qualité étaient supérieurs aux voitures françaises de ces années là

Le 1340 cm3 extrapolé de l’Anglia avait laissé sa place à un 1500 cm3 5 paliers beaucoup plus  robuste de 65 ch SAE

Lunette arrière inversée

Avec sa silhouette inspirée par la Ford Galaxy US, la Consul 315 était déjà datée lors de son lancement en mai 1961. Elle innovait par sa lunette arrière inversée dite  » Breezeway Roofline » déjà popularisée depuis 1959 par l’Anglia et l’Ami 6 dévoilées au même moment.   Elle était animée par le bloc Kent de cette dernière poussé à 1340 cm3 de 56 ch SAE peu performant (128 km/h) pour une voiture de son segment (4,33 m). Bien entendu, elle avait aussi ses qualités sous la forme d’une finition soignée, un bon volume intérieur, un coffre gigantesque, un freinage efficace confié à des freins à disque à l’avant et un éclairage puissant à 4 phares. Enfin, elle était proposée aux Français à un tarif compétitif (9 200 francs). Concurrencée par sa cousine allemande, la Taunus 17 M jugée plus séduisante et surtout la Peugeot 404 et la Fiat 1500, elle ne connut pas non plus en France un grand succès à cause de ses performances médiocres et de son esthétique.

Comparée aux véhicules actuels, la Capri offrait une visibilité périphérique exceptionnelle surtout quand les glaces sont abaissées  

 Avec la Fiat 1500, la Consul fut l’une des premières voitures de son segment à compter 4 phares, mode venue des USA

Une petite Galaxy Starliner

Apparu fin 1961, le coupé Capri abandonnait la fameuse lunette arrière inversé pour un pavillon d’une étonnante fluidité sans montants latéraux souligné de chrome inspiré par le coupé Galaxy Starliner. L’inclinaison très prononcée de sa lunette arrière faisait ressortir davantage la longueur de la malle arrière comparée à celle du capot. Une esthétique jugée étonnante aujourd’hui qui fait le charme de cette voiture qui atteignait près de 135 km/h avec le bloc 1500 (65 ch SAE). Début 1964, la 315 s’effaça après avoir donné le jour à deux modèles qui en étaient dérivés ; la Corsair et surtout la Cortina à l’esthétique plus sobre qui connut, elle, un gros succès commercial.

Ses mini ailerons déjà datés en 1961 comparés aux véhicules de son époque,  lui donnent tout son charme aujourd’hui

La mince banquette arrière ne pouvait accueillir que de petits enfants à cause de la courbure très prononcée de la lunette arrière

40 000 km à son volant

 Jean-Marc a parcouru près de 40 000 km au volant de sa Capri.   » J’aime bien son ambiance à bord années 60 et rouler avec toutes les glaces abaissées, sa belle planche de bord, sa visibilité panoramique avec ses montants très fins, sa boîte de vitesses entièrement synchronisée sur la 1500. Elle m’a permit d’aller quatre fois en Angleterre chez Ford à Dagenham où elle était fabriquée avec le Ford Classic Consul et Capri Owners club britannique dont je fais partie. Elle est agréable à conduire avec un bon freinage. Ce qui a vieilli le plus, c’est sa direction à billes qui manque un peu de précision. Bien entendu, il est hors de question que je la vende ».

Après avoir partagé sa passion pour la Capri, j’avoue que si je récrivais mon article aujourd’hui, je serai certainement moins sévère pour ce modèle à qui le temps a donné un charme qu’il n’avait pas dans sa jeunesse. Le temps n’est pas toujours un ennemi.

Grand volant avec moyeu sécuritaire, tachymètre horizontal  et planche de bord à bourrelet. Démarreur à gauche

Jean-Marc reprend une publicité de l’époque en la masculinisant pour faire ressortir le colossal volume du coffre

La berline 315 qui se caractérisait par sa lunette inversée était proposé en 2 ou 4 portes

La Capri a fait la couverture de l’Automobile en octobre 1961

 

L’avis des Petits Observateurs !

7 commentaires au sujet de « Ford Consul 315 : Il y a une vie avant la Capri »

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  1. alibobo

    Les vitesses au volant, pas de console centrale envahissante, de la place et de la luminosité, les designers actuels devraient s’inspirer du passé …

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  2. Philippe Doucet

    On dirait qu’un rocher est tombé sur l’arrière du toit de cette voiture. Mais bravo à Jean-Marc pour la fidélité à sa belle.

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  3. Thierry

    Et quand je vois cette ancienne immatriculation de l’Allier on comprend que le propriétaire l’a depuis très longtemps, et qu’en fait il l’a eu très jeune. Bravo pour la passion (j’ai découvert cette appellation Capri sur ce modèle !)

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  4. Nathan

    Autant la berline était peu réussie, autant ce coupé l’était. J’adore son design très original et son pavillon surbaissé. Dommage que cette version n’ait pas été produite plus longtemps. Merci POA de nous faire découvrir des voitures aussi originales

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  5. Chapman

    Ah ba celle là je l’avais carrément zappé. Bon, en berline je crois que je n’ai pas râté grand chose mais en coupé, son esthétique étonnante s’est bonifié dans le temps et lui donne aujourd’hui une excentricité de bon aloi.

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  6. Oliver

    Je la trouve terriblement classieuse. Atypique. Bravo à Jean-Marc pour la préservation de telle voiture.

    Il faut relativiser les commentaires. Nous n’avons pas l’intonation de la voix. Il doit y avoir beaucoup de second degré dans ceux postés sur POA.
    J’ai eu des réponses à certains de mes commentaires que j’ai trouvé également acides. Allez savoir si c’était intentionnel ou du second degré.
    J’ai relu certains des miens. Je ne le les réécrirais pas comme cela aujourd’hui….

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  7. Nabuchodonosor

    Comme chacun sait Opel répliquera politiquement à la Consul en 64, en dégainant sa Diplomat.
    Ce que l’on sait moins est que la réplique à la Capri viendra d’une célèbre chanson interprétée par le fringant Hervé Vilard à qui l’on avait interdit de se parfumer à l’Eau de Cologne pendant la promo !
    … Et dire que c’était la ville de mon premier amour…
    😉

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