Souvenirs d’Autos (329) : Une 406 ensorcelée

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Laurent Favard est de retour. Après son grand-père formidable (https://www.petites-observations-automobile.com/2017/05/souvenirs-dautos-131-grand-pere-formidable.html), le voilà avec un bon souvenir lié à des événements mystérieux !

Après avoir possédé une Chevrolet Caprice (celle que Rick Hunter cassait dans un épisode sur deux), une voiture attachante et mythique, j’ai ressenti le besoin d’une voiture « normale » et je me suis retrouvé propriétaire d’une Peugeot 406 berline bleu de Sèvres (la France éternelle, dirait Renaud). Peut-être une des dernières voitures françaises pas trop décalée face à une Allemande et un plaisir de conduite que je n’ai jamais retrouvé sur une voiture classique.

Cette année (2000, l’année du bug), nous avons choisi avec deux amies de partir en Irlande (c’était une envie que j’avais depuis longtemps) en 406, comme il se doit, car je n’imaginais pas des vacances sans mon jouet. Pour être tranquille, la voiture avait une batterie neuve.

Les premiers jours se passent sans encombre, à part une rencontre sans gravité (pour nous) avec un Irlandais qui venait d’envoyer quelques pintes de Guiness dans son gosier puis sa VW Jetta dans un talus d’une petite route de campagne. Soit-dit en passant, je n’ai jamais vu quelqu’un rire comme ça, le visage en sang en train de ramasser son parechoc pour le mettre dans son coffre mais ce n’était qu’un avant-goût de cette terre magique… En tout cas, à quelques minutes près, c’était nous et pas le talus qu’il étreignait et on dit merci encore à cette magie.

Un jour suivant, nous nous rendons au fin fond de la campagne pour voir un champ de pierres oghamiques (le nom déformé nous a fait rire grassement mais en gros, ce sont des monolithes avec des écritures mystérieuses dont on ne sait pas grand-chose). Là, la Peugeot ne veut pas repartir. S’ensuivent des appels à l’assistance sur nos portables puis depuis le musée situé 1 ou 2 km plus loin. On est dimanche et on a du mal à trouver un dépanneur proche. A quelques dizaines de km, l’un d’eux peut venir mais ça semble compliqué. Je vais comprendre pourquoi…

1 ou 2 heures plus tard, arrive la dépanneuse des frères O’brian, charmants mais difficiles à comprendre (l’accent mais aussi une dentition proche de celle du chanteur des Pogues). Ils nous expliquent qu’ils ont eu du mal à venir parce que leur dépanneuse n’a plus de pare-brise et que ce n’est bien de rouler comme ça. Comme la voiture ne peut pas être réparée sur place, ils nous emmènent, moi entre eux deux dans la cabine bien aérée et mes amies dans la voiture sur le plateau.

J’ai un beau souvenir du trajet, du vent, de la pluie, leur bonne humeur, la traversée d’un village en fête (courses de chevaux) et un peu de peur aussi (pas de ceinture de sécurité dans un camion sans pare-brise…). il nous amènent à leur garage en face des Deux Seins (c’est une colline dont la forme est sans équivoque) et nous déposent chez Mme O’Brian mère, une dame adorable qui nous a trouvé un hébergement pour plusieurs jours, le temps du diagnostic et de l’arrivée d’une batterie neuve, dans une très belle région.

De retour à Paris, le garage Peugeot n’a rien trouvé d’anormal mais a été étonné qu’une batterie neuve nous lâche sans prévenir. Un mystère de plus à verser au dossier des pierres oghamiques qui nous ont permis de vivre une si belle expérience humaine & géographique ? Un bug de l’an 2000 décalé à son équivalent dans le calendrier celtique ?

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…  Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

7 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (329) : Une 406 ensorcelée »

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  1. laurent

    Avec toutes mes excuses, Rick Hunter avait bien une Dodge (Monaco).
    Merci au petit observateur Chapman qui est très … observateur.
    Pour ma défense, Rick Hunter a bien dû casser une Caprice (une voiture d’emprunt ou bien celle des méchants) et j’ai sur-interprété cet épisode-là.
    bonne route à tous,
    Laurent

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  2. rb

    Verifier l’alternateur sauf si le coup de la panne était programmé.
    Nous avons eu le même problème à Dieppe avec une 635 csi evo 3 qui nécessite un alternateur de 90 A et pas de 65 A comme les evo 1-2…
    Le restaurateur qui nous a dépanné avait eu la même… Merci à lui et au garage BM de Dieppe.

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  3. Nabuchodonosor

    Ce soir dans SDA on passe de la série policière américaine typique des eighties avec ses cascades tonneaux et flammes programmées, au scary movie d’épouvante genre Massacre à la Tronçonneuse, le tout dans un décor de terres brûlées, de landes de pierres autour des lacs et des rivières, un peu de magie et d’enfer mêlés Sardouesques qui marquent la fin des fêtes étudiantes…
    Merci Laurent.
    Mes respects mon Commandant.
    😉

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  4. Petitpirate

    En escapade à bord d’ une Triumph Spit 1500 neuve et en charmante compagnie , panne de batterie en repartant d,une station service. Le lendemain chez le concessionnaire de Moulins il me semble, nouvelle batterie et …panne instantanée de celle ci : la troisième fut la bonne! Si ça c’est pas le coup de la panne!

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  5. Chapman

    Les pannes, toujours impromptues, sont parfois des occasions de rencontres et d’aventures extraordinaires. Accompagné par deux femmes cette histoire se devait d’être inoubliable.
    Merci Laurent.

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    1. Chapman

      C’était pas plutôt une Dodge la bagnole de Rick?
      Je me demande bien ce qu’il est devenu celui là, ça ne nous rajeunit pas tout ça;-(