52 ans d’amour en Porsche 356 B

Par Patrice Vergès. Depuis presque de 60 ans, Christian roule en Porsche 356 dont il possède deux exemplaires nés en 1962. Ce jeune octogénaire partage sa passion entre un coupé l’hiver et un roadster l’été

La Porsche 356 a été produite de 1948 à 1965. La Type B à la carrosserie revue est arrivée en 1960. En 1962, le capot avait été agrandi  et la visibilité accrue

La Type B  de Christian est une des rares 356 vendue en France par Sonauto  en 1962. Elle est équipée d’un porte-bagages extérieur

 » C’était en 1952, en Autriche, alors que j’étais encore un jeune enfant que j’ai vu pour la première fois une Porsche 356. Sa silhouette toute ronde m’a tout de suite séduit. Et j’ai pensé que quand je pourrai, je m’en achèterai une !  » raconte Christian en me dessinant d’un geste de sa main, la forme ronde d’une 356.

Depuis 1969 pour rouler tous les jours

Adulte, il a tenu sa promesse d’enfant puisque dès 1963, il acheta sa première 356 70 ch. Un roadster de 1958 dont la tenue de route à cette époque exigeait une certaine maîtrise car qualifiée souvent de voiture dangereuse. D’ailleurs, un journaliste de l’Auto-Journal se tua en 356.   » A son volant, j’ai appris à piloter mais j’ai fait un grand nombre de têtes à queue ! « 

Après avoir envoyé sa Porsche 1958 à la ferraille, il en achète une plus récente en 1969 qu’il possède toujours 52 ans après. Un coupé Porsche 356 B gris vendu en France par Sonauto en 1962.  » C’était une première main en excellent état qui n’avait que 40 000 km. Elle tenait beaucoup mieux la route que ma 58 et surtout était plus nerveuse avec son moteur de 90 ch. Jusqu’en 1981, je l’ai utilisé quotidiennement à Nancy où j’habitais. A 100 000 km sa carrosserie piquée par la rouille était bien attaquée. Je l’ai faite entièrement restaurer et refaire le moteur avant de l’utiliser seulement en voiture de collection. Cela ne m’a pas empêché de rouler avec d’autres voitures aussi sympathiques comme plusieurs Triumph TR3, MG et coupé 1200 S, BMW et SM Maserati ».

Plus tard, Christian a acquis un roadster 356 de la même année mais en fort mauvais état dont le moteur Porsche avait été changé contre un VW. Il l’a faite également restaurer en la remotorisant avec un bloc Porsche. Nous n’avons pas pu la photographier, car il la gare ailleurs par manque de place.

De 35 à 90 chevaux

Bref retour sur l’histoire de la 356 qui a vu le jour en 1948. Au fil des ans, elle s’éloigna de plus en plus de la Coccinelle dont elle était dérivée avec des moteurs de plus en plus puissants 100 % Porsche et une suspension améliorée dès 1956. De 1100 cm3 et 35 ch, elle passa à 1300 puis 1500 et enfin 1600 dont la puissance grimpa de 60 ch à 90 ch en 1960. Cette année là, sous le sigle B, elle reçut une esthétique fortement rajeunie en s’éloignant de sa silhouette de baignoire renversée. Ses ailes avant furent moins arrondies tandis que ses pare-chocs plus volumineux furent remontés de même que sa surface vitrée fut fortement accrue. En fait, il s’agissait presque d’une nouvelle carrosserie.  Par ailleurs, sa suspension arrière fut mieux maîtrisée.

140 000 km d’origine

Le millésime 1962 reçut encore des modifications esthétiques sous la forme d’un capot redessiné, surface vitrée encore agrandie et une double grille de refroidissement à l’arrière.  Ce fut son ultime évolution esthétique avant de gagner encore 5 chevaux et des freins à disque   en 1963 et de voir sa production arrêtée en mars 1965 après 76 000 unités.

Christian démarre sa 356 dont la sonorité rappelle fortement celle d’une Coccinelle. À l’intérieur, à cause de la faible surface vitrée, on se sent comme protégé assez éloigné du pare-brise qui résume presque à une fente et de la planche de bord en tôle peinte parsemée d’instruments VDO. Pour un coupé assez compact (3,95 m), l’habitabilité est spacieuse et les sièges tendus de cuir sont confortables. Christian ne dépasse pas 2500 tr/mn car le flat-four est froid et surtout en rodage.  » Elle a 140 000 km d’origine. Je l’ai hélas donné à réviser à un mauvais professionnel qui a oublié de remettre de l’huile et j’ai du faire refaire faire la boîte de vitesses et en partie le moteur. Depuis, il n’a parcouru que 2000 km. Avec la Covid et la suppression des sorties, je roule beaucoup moins » regrette Christian.

 Porsche dès 4000 tr/mn

Moteur chaud, son conducteur fait grimper l’aiguille de son grand compte-tours à 4000 tr/mn. Alimenté par ses deux doubles corps inversés, par sa double sortie d’échappement, le flat-four accroche une note plus grave et plus agressive. Nous somme dans une Porsche quand même !  Une  356 B S90 pointait son capot profilé à 175 km/h après avoir avalé le 1000 mètres en 33 secondes. Des performances de sportive qu’elle faisait payer au prix fort de 26 000 francs en 1962. Le prix de cinq R4L ! L’Auto-Journal qui l’avait essayée avait apprécié ses performances, sa boîte de vitesses bien synchronisé, sa faible consommation et sa bonne tenue de route.

En revanche, il jugeait son prix trop élevé et son freinage mal équilibré et son esthétique dépassée.  C’est surtout ce qu’on aime aujourd’hui et qui explique une cote qui a explosé tournant entre 80 000 et 120 000 euros selon l’état et la version et l’origine car beaucoup viennent des USA. Vu que Christian roule en Porsche depuis presque 60 ans, on se doute que ce n’est pas la valeur de ses voitures qui l’intéresse mais plutôt de continuer à en profiter le plus longtemps possible. Belle route, Martine et Christian.

 

Planche de bord en métal, finition de qualité. Le démarreur est déjà à gauche 

La B avait reçu des pare-chocs surélevés de 7 cm. La double sortie d’échappement s’effectue à travers les imposants butoirs

Le 4 cylindres de 1582 cm3 refroidi par air et alimenté par deux carburateurs  annonçait 90 ch à 5200 tr/mn

Les carrosseries de 356 étaient sous traitées soit chez Karmann ou Reutter selon le modèle

Belle instrumentation VDO, la radio à tête chercheuse est d’époque !

La B était encore équipée de gros freins à tambour dont on devine les ailettes de refroidissement. En 1963, la C accueillit des disques

Opération Porsche ouvertes. Le millésime 1962 se reconnait à une double grille de refroidissement comme la version Carrera 2 litres 130 ch

Christian roule en 356 depuis 1963 !

L’avis des Petits Observateurs !

5 commentaires au sujet de « 52 ans d’amour en Porsche 356 B »

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  1. Guy

    Quand j’était jeune conducteur, on trouvait encore des Porsche 356 plus très jeunes à moins de 10 000 francs. Je n’étais pas attiré par leur silhouette démodée. Je n’aurai jamais imaginé que cette voiture puisse atteindre les sommes indiquées dans l’article en dépassant 100 000 euros pour certains modèles.

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  2. Francois P

    Félicitations Christian, votre passion pour cette auto est vraiment remarquable et je suis admiratif.. Je partage cet angoument pour les véhicules authentiques, une question d’âge sans doute.,
    Merci oncle Pat

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