Renault 5 Alpine Turbo 🇫🇷 40 ans et toujours autant de talent

Par Patrice Vergès . Jusqu’à fin 1981, la Golf GTI n’avait encore aucune concurrence dans le nouveau segment des petites berlines sportives.  Renault dégaina le premier en dévoilant sa Renault 5 Alpine Turbo.

Depuis mai 1976, avec l’Alpine, Renault proposait une version plus musclée de son cheval de bataille dont les ventes cartonnaient. Avec un moteur de 1400 cm3 poussé à 93 ch accouplé à une boîte de vitesses à 5 rapports (celle de la R16 TX), la Renault 5 Alpine pouvait atteindre 175 km/h. Mais face à la Golf GTI plus puissante, elle ne pouvait pas lutter. Fin 1981, Renault dévoila une version plus musclée gavée par un turbocompresseur qui porta sa puissance à 110 ch. Comme par hasard, celle de la Golf GTI devenue iconique.

Cette Renault 5 Alpine Turbo datant de 38 ans sans corrosion affiche encore sa peinture d’origine !

Sur la lunette arrière, ce modèle rappelait en gros caractères qu’elle faisait appel à la technique du turbocompresseur que Renault défendait en Formule 1

 

Le turbocompresseur Garrett trouva difficilement sa place sous le petit capot moteur déjà hyper-encombré. Il contraignit les motoristes à adopter une technique originale du turbo aspiré en le glissant entre le carburateur et la culasse. Il permit à la puissance du petit 1400 cm3 de grimper de 93 à 110 chevaux à 6000 tr/mn. Les performances firent un sacré bond en avant avec plus de 187 km/h et surtout de meilleures accélérations (31 secondes aux 1000 mètres) et des relances encore plus musclées. Ce dans une violente et brutale poussée assez jouissive comme sur toutes les turbos « on-off » de cette époque. Des chronos qui la hiérarchisèrent en tête de gondole des petites bombinettes du début des années 80. C’est la voiture possédée par Hugo.

Une enfance en Turbo 1 et 2

Hugo tient sa passion de son père qui roulait en Renault 5 Turbo 1 et 2 à moteur central dont il a, hélas, peu de souvenirs puisqu’il les a vendues alors qu’il n’avait que 12 ans. Évidemment, passionné par l’auto, après avoir suivi une école de commerce, Hugo est aujourd’hui conseiller commercial dans une concession BMW ce qui lui permet de conduire de puissantes série M.

Après avoir participé au R4 L Trophy, il s’est entiché pour une Renault 5 Alpine en 2015.  » C’était une voiture qui me plaisait et que je préférai à la 205 GTI. Déjà sa cote grimpait mais n’avait pas encore atteint celle d’aujourd’hui (un bel exemplaire dépasse les 20 000 euros). J’ai eu la chance de trouver ce très beau modèle de 1983 strictement d’origine, de couleur bleu Navy qui n’avait que 83 000 km avec l’option pneus larges. Excepté un bon lustrage et des jantes revernies et une boîte de vitesses refaite, elle est 100 % d’origine « .

La planche de bord avait été redessinée en 1980. La Turbo recevait un volant spécifique signée Alpine

Deux petits cadrans avaient été rajoutés sur ce modèle dont un mano de pression du turbo dont l’aiguille n’arrêtait pas de virevolter

« J’adore son bruit »

En la voyant, on n’imaginerait jamais que cette voiture file sur ces 40 ans tant elle parait neuve. Il faut préciser que Hugo la préserve et préfère rouler peu avec puisqu’il n’a parcouru que 5000 km avec en 5 ans. De même, il n’a pas souhaité augmenter la pression du turbocompresseur comme nombre de ses possesseurs de l’époque où il était facile de gagner facilement 20 chevaux.  » Je tiens à conserver le moteur d’origine qui marche déjà fort. J’adore le bruit grave de grosse voiture qu’elle fait. D’ailleurs, je roule les fenêtres ouvertes pour mieux l’entendre. Je la préserve mais j’aime bien m’amuser avec sur petites routes. Elle est amusante à conduire et accélère fort. Ce qui étonne le plus comparé aux voitures modernes, c’est sa direction dure et assez lourde ». Bien entendu, sa direction   n’était pas assistée et en bonne traction avant la Renault 5 Alpine Turbo sousvirait beaucoup.

Cette version recevait les fameux sièges Pétale dont les retours latéraux maintenaient bien le corps. La présentation était soignée

Radio-K7 de série. Hugo l’écoute peu préférant la musique du Cléon Fonte

 

Une petite bombe

J’ai retrouvé mon essai datant de fin 1981.Ça ne me rajeunit pas !  J’avais noté que le train avant avait beaucoup de mal à supporter autant de couple et me souviens qu’elle cirait beaucoup des roues avant. Il est vrai que la route hivernale était glissante et qu’elle était chaussée de pneus standards de 155/70 X13 alors que les voitures de presse étaient équipées de Pirelli P6 de 175/60X13 qui motricaient mieux. La 5 Alpine Turbo apportait néanmoins beaucoup de plaisir tout en devenant encore plus pointue que son aînée atmosphérique si on ouvrait trop les gaz. Pas plus rapide que la Golf GTI, en revanche, ses relances étaient plus toniques grâce à l’effet turbo assez brutal qu’on affectionnait à cette époque avec une consommation variant entre 7 et 13 litres selon la pression du pied.  Au chapitre des défauts, j’avais relevé une direction assez lourde, la ridicule capacité de 36 litres de son réservoir, des sièges trop hauts et une commande de boîte assez imprécise. L’Alpine Turbo fut produite jusqu’en juillet 1984 après avoir été produite à 33 349 exemplaires.

Comment imaginer que la Renault 5 va fêter ses 50 ans l’année prochaine ?

Collectionneur en herbe

Pour Hugo pas question de la vendre sauf, peut-être pour son rêve inaccessible au plan pécuniaire contre une Renault 5 Turbo 1. De passionné, il est devenu récent collectionneur d’autos puisque, depuis peu, une Panda 4X4 Val d’Isère vient de tenir compagnie à son Alpine de même qu’une Motobécane 125 cm3 de 1957. Se captivant pour les garages contenant de belles voitures, il a intéressé un éditeur à un projet inédit traitant des belles passions familiales à travers l’univers de leur garage contenant évidemment une voiture de collection.  Le livre est prévu pour 2022. Nous en reparlerons.

 

Quelle usine à gaz !  Par manque de place, le turbo avait été monté après le carburateur et non en amont comme généralement

Magnifiques jantes à ailettes type Renault 5 Turbo en alliage léger de 13 pouces chaussées de pneus de 175 de large

 

Hugo roule en BMW la semaine et en Renault 5 Alpine Turbo le week-end  

Tous les magazines auto sportifs avaient confronté la nouvelle Renault 5 Alpine Turbo à la golf GTI

 

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Renault 5 Alpine Turbo 🇫🇷 40 ans et toujours autant de talent »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Marc

    J’ai eu une R5 Alpine Turbo. Que de bons souvenirs à son volent mais aussi quelques chaleurs avec une voiture qui allait droit dans les virages vers les fossés. si le turbo était en fonction Chaque fois qu’on croisait une GTI, c’était la course assurée. il faut dire qu’on ne respectait pas trop les limitations de vitesse à cette époque. celle de Hugo est dans un état exceptionnel.

    Répondre
  2. Thierry

    Comment et pourquoi une voiture peut être superbement dessinée ou pas (comme disent nos jeunes !)
    C’est juste étonnant de justesse, tant de profil que de face ou de dos, elle est intemporelle.
    Tout comme la Golf 1, cette Renault 5 encore plus dans cette version musclée ne demande qu’à revivre dans la production actuelle.

    Répondre
  3. Chapman

    La ligne de cette petite populaire est vraiment intemporelle. À chaque fois que j’en vois une, elle me semble une évidente perfection du trait. Les versions hautes comme cette jolie alpine turbo ajoute une présentation cossue qui les rendent très désirables.
    Je crois me souvenir néanmoins qu’elles étaient délicates à conduire et que, beaucoup furent détruites dans des sorties de routes causées à la fois par leur train avant un peu juste et leur turbo on/off au célèbre coup de pied au cul.

    Répondre
  4. ques

    ah !!! le pédalier harmonium ! et les sièges pétales velours beige ! et les 5 vitesses de la R16 ! whaouuuuuuu ! Du très lourd ! A la sortie de la 205 GTI, la ligne de la R5 avait pris un petit coup de vieux, la Super5 a pris le relais pour tirer la bourre avec la 205.

    Répondre
  5. Nabuchodonosor

    Au vu de l’avant dernier cliché vous auriez pu titrer  » Mettez un Hugo dans votre moteur ! »
    Pour en revenir à cette 5 Alpine Turbo, il semble me souvenir qu’avant elle fût la légendaire 5 (tout court) Turbo et l’initiatrice R18 Turbo elle munie du 1 600 cm3 enfin capable et à qui revenait l’honneur de marcher sur les plates bandes de la reine; La saga des tueuses de Golf GTI était née.
    😉

    Répondre
    1. Thierry

      Tueuse tueuse … mon cher Nabu, ex GtiGolfMan je ne compte pas le nombre de Renault 5 Turbo en attente de dépanneuse que j’ai doublé lors de les évasions touristiques.

    2. Nabuchodonosor

      En effet, j’aurai pu préciser : La saga de toutes les prétendues tueuses de Golf GTI était née.
      Je pensais benoîtement que Saga suffirait pour évoquer l’épopée légendaire des prétendantes…
      😉