Suzuki Across 🇯🇵 la guerre des clones

Par Patrice Vergès. Si Suzuki a été le pionnier de l’hybridation légère dite mild-hybrid,  il ne proposait pas de véritable hybride. Son partenariat avec Toyota lui permet maintenant d’offrir un véritable véhicule hybride rechargeable avec l’Across, un clone du Toyota Rav4

Le Suzuki Across est le clone du Toyota Rav4 de 5eme génération qui se distingue seulement par sa face avant

C’est un SUV assez massif de 4,64 m de long pour 1,70 m de haut et de plus de 2 tonnes en marche !

Je ne vais pas vous la faire à l’envers car si je commence à vous expliquer comment fonctionne l’Across avec ses trois blocs électriques plus un thermique et ses 4 modes de fonctionnement, vous allez décrocher tout de suite. Sachez qu’en mode purement électrique, avec une conduite souple et une batterie chargée à seulement 85 % au départ, j’ai parcouru presque 70 km avant que le moteur thermique prenne le relais. C’est pas mal bien que Suzuki annonce qu’on peut atteindre jusqu’à 98 km en ville. Après, en conduisant toujours gentiment, en profitant de la régénération de la batterie, il faut compter une moyenne de 6,5 l d’essence aux 100. Ce qui n’est pas excessif pour un engin de plus de 300 ch qui dépasse les 2 tonnes en charge ! Batterie vide, celle-ci d’une capacité de 50,9 ampères et forte de 18,1 kWh peut se recharger en roulant ce qui doit être très long ou à une prise de courant domestique avec un temps de charge variant de 5 à 9 heures selon le type d’installation.

La face avant et totalement différente de celle du Rav 4 mais tout aussi agressive avec sa bouche béante

Planche de bord bien dans l’air du temps avec ses inévitables touches de chrome et sa dalle de 9 pouces

Sur l’écran tactile, on peut suivre le ballet des divers modes de fonctionnement et d’énergie. Complexe !

Toyoki ou Suzoya ?

 Pour répondre aux normes européennes qui imposent des émissions moyennes ne dépassant 90,3 g/km à la gamme Suzuki, la marque a passé un partenariat avec Toyota. Cette dernière vend la Suzuki Baleno sur le marché indien tandis que Suzuki propose en Europe son Rav 4 de 5eme génération né en 2019, sous le nom d’Across. Il s’en distingue seulement par une face avant totalement inédite aux phares effilés et plus réussie à mon avis. Son homologation WLTP à seulement 22 g/km avec une conso de 1 litre aux 100, l’Across dont Suzuki espère vendre 800 unités par an en France, fait baisser   drastiquement les émissions du constructeur.  C’était le but ainsi que celui d’élargir sa gamme vers le haut puisque le véhicule le plus cher de chez Suzuki ne dépassait pas 30 000 euros.

Transmission intégrale

Comme le Rav4 et d’autres SUV plug-in, l’Across baptisé E-Four est un 4×4 puisqu’un moteur électrique de 54 ch situé à l’arrière entraîne les roues postérieures selon les conditions d’adhérence dans des proportions de 20/80. Le moteur thermique 4 cylindres essence de 2,4 l  à cycle Atkinson de 185 ch sert d’assistance au moteur électrique de 180 ch alors qu’un autre bloc électrique fait office uniquement de générateur de la batterie. Si on additionne les puissances, on arrive à un total de 306 ch ce qui n’est pas mal comparé la concurrence. Elle permet au Suzuki d’atteindre le 0 à 100 km en 6 secondes et de pointer le gros S chromé de sa calandre à 180 km/h.

Il marche fort mais avec 1940 kilos à vide, une certaine lourdeur se sent au volant si on le violente quelque peu. Il n’est pas fait pour ça d’autant que sa suspension fait dans le genre confort.  C’est d’abord une excellente grande routière. Rappelons que comme la Toyota Rav4, l’Across est dépourvu d’une boîte de vitesses remplacée par un train épicycloïdal baptisé e-CVT bien que ce ne soit pas une boîte CVT.  Lors des accélérations, l’effet de moulinage assez désagréable observé chez certaines Toyota, se fait moins sentir certainement grâce à une bonne insonorisation et une moindre sollicitation de la mécanique vue sa puissance élevée.

L’Across est livré avec un câble standard qui permet de le recharger à une prise domestique

Fini le temps où on pouvait bricoler sous le capot où se cachent un moteur thermique et deux électriques dont un est uniquement un générateur

Comment ça marche ?

On peut donc fonctionner en mode 100 % électrique jusqu’à 135 km/h maxi, soit en mode hybride en rechargeant la batterie lors des décélérations, soit profiter de la puissance cumulée lorsque le besoin s’en fait sentir. Soit rouler en mode recharge si on veut arriver batterie chargée dans une zone à faible émission. Dans ce cas, outre un moteur au bruit de fonctionnement assez déroutant, la consommation de carburant et les émissions de CO2 n’ont plus rien d’écologiques ! Pour le reste, c’est un SUV assez massif, accueillant à l’avant et un peu moins à l’arrière malgré ses 4,65 m de long. Légèrement occulté par les batteries et le moteur arrière, la coffre avoue un volume de 490 litres (1600 litres sièges arrière abaissés). Dommage que la banquette soit fixe.

Une seule finition

l’Across est proposé en une seule finition en France, mix assez adroit de tous les équipements des diverses versions du Rav4. Les peintures nacrées ou métallisées sont de série, le hayon est à ouverture électrique, les jantes avouent 19 pouces, les sièges sont tendus de cuir et chauffants comme le volant. Il manque seulement un GPS que Suzuki n’a pas pu reprendre car il entraînait d’autres fonctionnalités propres à Toyota. Fort heureusement, on peut connecter son téléphone sur la tablette tactile centrale de 9 pouces.

Si vous voulez confronter le prix du Rav4 avec celui de l’Across, vous perdez votre temps puisque ce dernier n’offre pas les mêmes équipements. L’Across 1ere Edition est affiché au prix promotionnel de 53 900 euros auquel Suzuki accorde 4 000 euros de réduction. En tombant sous la barre des 50 000 euros, il peut donc bénéficier d’un bonus de 2000 euros (jusqu’au 1er juillet) faisant chuter son tarif à moins de 48 000 euros. Du coup, comparé à ce dernier et à ses concurrents hexagonaux comme les DS7 ou Peugeot 3008 Crossback bien moins performants en mode électrique, le Suzuki Across est une bonne affaire pour l’usager adepte d’hybrides plug-in.

Il restait 2 % de capacité de batterie sur 85 % au départ qui ont permis de parcourir 68,8 km avec encore 811 km d’autonomie

 

Le volume accordé aux passagers arrière est juste moyen au vu du gabarit

Occulté par la batterie et le moteur électrique, le coffre avoue 490 litres

 

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

8 commentaires au sujet de « Suzuki Across 🇯🇵 la guerre des clones »

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  1. Gilles

    En fait, je me demande si on bon vieux diesel qui consomme entre 5 et 6 litres aux 100 à cette allure n’était pas plus économique et tout aussi agréable. Je consomme moins de 5,5 litres sur route avec ma BMW 530 D

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  2. Laurent

    Ce qu’il y a d’étonnant, c’est quelle coûte bien moins cher que la Toyota. Si j’ai bien compris ce sont des prix de lancement. j’imagine qu’ils ont été étudiés avec Toyota pour ne pas les concurrencer

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  3. Philippe

    306ch, 4 roues motrices et 0 a 100 en 6 sec. Decidemment avec les hybrides rechargeables que ce soient les perfo ou les conso, on pratique on est loin de la theorie.

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  4. Mat Ador

    On dirait un Lexus NX motorisé par le Powertrain de l’UX avec sa transmission 4×4 et le PHEV de la Prius qui n’avait pas pris chez nous.

    Le plus sobre des chameaux rend les armes : Bien aidé, il faut le dire, par une législation obtuse qui fait que deux tonnes, un aplomb frontal et 306 chevaux plus tard, on obtient un résultat de 22 gramme de Co²/km et 1,0 litre au cent, le groupe se dépêche de décliner et de faire fructifier son savoir-faire tous azimuts avant que la fiscalité ne s’aperçoive d’une lacune dans sa façon de poser l’équation.

    Après une histoire d’amour manquée avec le teuton V.A.G, Suzuki est allé se jeter dans les bras de Toyota et chacun a pris une participation dans l’autre afin d’étendre son empire par la grâce de leurs gammes complémentaires. Du reste « Across » ne signifie pas autre chose.

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    1. Nabuchodonosor

      Il ne faudrait pas que Toyota en profite pour contaminer de sa technologie fiable mais pondérale les ballerines Suzuki qui, jusque là y avaient échappé…
      😉

    2. Chapman

      C’est tout à fait vrai Nabi, Suzuki, jusqu’à maintenant faisait beaucoup d’efforts pour contenir le poids de ses voitures ce qui les rendaient assez économiques et surtout très plaisantes à conduire.