La 16 TX de mon père, c’est la plus belle ! 🇫🇷🏁

Par Patrice Vergès. En 2019, POA essayait une Renault 16 TS. En 2021, nous allons encore plus loin en essayant le nec plus ultra de la Renault 16 avec la TX à boîte à cinq rapports

En 1968, 3 ans après sa naissance, la Renault 16 était épaulée par une version plus puissante et plus luxueuse appelée TS dont la puissance était portée à 83 ch Din contre 55 ch. Face à l’apparition de la Peugeot 504 à injection, la Chrysler 180 et des Citroën DS plus puissantes, Renault répliqua fin 1973 avec la TX qui s’affiche sous vos yeux dans sa magnifique teinte Verte Algue.

La Renault 16 TX se différentiait de la TS par ses quatre phares et ses jantes sport type Renault 12 TS et Gordini 

Cette Renault a été la première voiture de ce segment à être équipé d’un hayon, époque où le tricorps était d’usage

La TX recevait un moteur plus musclé. Porté à 1647 cm3 sur la TX, toujours alimenté par un carburateur, ce moteur tout en aluminium annonçait la puissance intéressante de 93 ch DIN. Il se particularisait par sa boîte de vitesses à cinq rapports qui permettait d’abaisser son régime moteur sur autoroute en frisant les 170 km/h. La TX se reconnaissait à ses jantes sport style Renault 12 Gordini, ses quatre optiques et son aileron de hayon qui consentait d’après Renault un gain de 4 km/h et particulièrement une suspension légèrement durcie.

La TX se distinguait de la Renault 16 normale par ses 4 phares à iode

Renault affirmait que le petit aileron de hayon rajoutait 4 km/h en pointe.

‘Mon père l’a achetée neuve en 1978’

 

Patrick roule au volant de la 16 TX que son père avait achetée neuve en 1978.  » Elle fut la dernière voiture de papa achetée lorsqu’il partit à la retraite. Il avait pris l’option des glaces teintées et les sièges en skaï. Une Renault 16 qu’il a toujours bichonnée. Avant de disparaître, il m’a fait promettre de la conserver et de continuer à l’entretenir. C’est ce que je fais et je m’occupe bien d’elle. Elle a aujourd’hui, 90 000 km et dans son jus, sauf sa peinture qu’il avait fait refaire en 1998, je crois ».

Lorsque la TX vit le jour, la vitesse n’était pas encore limitée sur les autoroutes. Limitation qui arriva, hélas, 3 mois plus tard avec l’embargo sur le pétrole qui plomba les ventes des voitures rapides. Mais pas celles de la TX grâce à sa consommation assez basse pour une voiture de sa cylindrée due à son excellente aérodynamique et son 5eme rapport plus économique.

Des gadgets extraordinaires en 1974

Début 1974, un copain représentant chez Renault passait fréquemment me voir pour me faire essayer les nouveaux modèles de la gamme. J’avais été fortement impressionné par la TX qui offrait des gadgets extraordinaires pour l’époque. D’abord avec la fermeture centralisée des portes. Fermer les 4 portes de sa voiture en un seul coup de clé, c’était magique.  Elle était aussi équipée de ceintures en enrouleurs qui ne pendaient plus coincées sous les portes, un progrès fabuleux ! Sans oublier et les glaces électriques peu courantes   dans ce segment, l’essuie-glace arrière, les glaces teintées optionnelles et ses quatre phares à iode.

Planche de bord très élégante. On remarque que le moteur monté en position centrale déborde dans l’habitacle. L’absence de direction assistée exigeait un grand volant 

Les sièges généreux offrent un confort étonnant. Le skaï optionnel plus solide était conseillé par les vendeurs pour une meilleure revente

A son grand volant, on se croyait au sein d’une voiture de grand luxe. Elle avait conservé l’excellent confort de son ainée très isolé de la route, ses sièges moelleux, sa bonne tenue de route, son excellente habitabilité. En plus, elle avait gagné un silence intérieur supérieur et une planche de bord plus valorisante en inox brossé avec ses nombreux compteurs ronds.  Je fus ébloui même si la TX accusait son âge autant au niveau de sa silhouette trop vue que sa direction non assistée trop ferme  se durcissant en virage et sa tendance a se coucher sur ses suspensions trop souples et ses pneus trop étroits. Néanmoins, la Renault 16 avait conservé de beaux restes au niveau de ses qualités de base. Renault l’arrêta deux ans plus tard en mai 1980 après 1 850 000 voitures produites. Beau chiffre.

Première voiture à vivre

Aujourd’hui, 40 ans après, ces petites critiques s’effacent face à tant d’intelligence autant au niveau de sa belle silhouette signée par l’équipe de Gaston Juchet que   le confort de sa suspension à barres de torsion.  On est épaté par sa modularité très en avance, par son habitabilité remarquable pour un véhicule  long que de 4,26 m, son vaste coffre arrière débarrassé de la roue de secours, son étonnante visibilité, par la souplesse de son 1647 cm3 et ses performances toujours d’actualité  La TX offre un confort  supérieur à celui de nos véhicules actuels et une qualité de finition qu’on n’était guère habitué à trouver sur les Renault de cette époque.  »   » J’adore la conduire » reconnait Patrick,  » Certes, il y a une rupture avec les modernes surtout au niveau de la direction pas assistée mais elle est très agréable. Je ne suis pas collectionneur d’anciennes et elle restera ma seule voiture de collection, uniquement parce que c’est la voiture de mon père ».

On loue trop fréquemment l’intelligence et la technologie innovante de la DS en oubliant trop souvent la Peugeot 204 et la Renault 16 qui, moins prétentieuse mais tout aussi novatrice offrait des solutions techniques intéressantes qui lui ont permis de traverser le temps avec grâce. Merci à Hugues Chaussin qui a immortalisé cette rare Renault 16 TX.

 

 

Né en 1965 sur la Renault 16, ce moteur tout en aluminium a équipé de nombreux modèles de la marque durant de longue années ainsi que les Alpine

La Renault 16 tx se signalait par son excellente tenue de route et son confort exceptionnel 

Jantes de type R12 TS pour la TX chaussée d’étroits 155 X14 

Le petit téton rouge visible  indiquait que la voiture était verrouillée. Une exclusivité à l’époque avec le verrouillage centralisé.

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Patrick roule aujourd’hui avec la voiture que son père avait achetée neuve il y a 43 ans 

L’avis des Petits Observateurs !

24 commentaires au sujet de « La 16 TX de mon père, c’est la plus belle ! 🇫🇷🏁 »

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  1. Le bel Italien

    Bonjour a tous.
    Ai possédé une 16l 1470 cm3. Reine sur la neige. Un chameau à 6 places qui a marqué ma vie d’étudiant…
    Je viens de découvrir ce site remarquable mené de main de maitre (…) avec beaucoup (trop) de douceur, qui, semble-t-il, réunit quelques happy few du monde de l’auto.
    A ce propos, éclairez ma lanterne. Nabuchodonosor=Napoleon?
    Bien cordialement, recevez mes voeux tardifs.

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    1. Nabuchodonosor

      Merci de développer votre équation Le bel Italien.
      Dans l’attente de votre retour, Nabu vous souhaite la bienvenue chez POA.
      😉

    2. Le ble Italien

      Bonsoir Nabu.
      Je me demandais qui se cachait derrière Nabu. Peut-être Napoléon à la faveur d’un indice constitué par l’anecdote sur les R16 officielles. Mais, apparemment, ce n’est pas le cas.
      Très bons papiers de Patrice en tout cas. Mais, ça, on le savait déjà..
      Cordialement

  2. MF67

    La R16 est peut être une des meilleures autos françaises de l’après-guerre ! J’ai découvert cette voiture très jeune par le biais des souvenirs de famille, et par la petite 16 bleue Dinky-Toys que mon père m’avait donné (l’action se passe début des années 2000…). Et cette voiture m’a toujours semblé beaucoup plus moderne que tout ce qui existait alors, et pour ainsi dire j’adore la 16 : Bon, plutôt une phase 1, TS ou R1150, car le dessin original a perdu en charme avec les restylages successifs. J’ai longtemps voulu m’en offrir une, un jour peut-être ?

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  3. Eric

    D’accord mais je n’y vois que du plagiat et une pâle cc du projet F de Citroën que j’aurai rêvé de voir dans les rues. Il aurait été un succès plus important et aurait permis que Citroën ne soit pas condamnée à finir en marque low cost à cause de Peugeot.

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    1. Patrice Verges

      Eric, on sent que vous êtes passionné par Citroën mais de la à refaire l’histoire ! La Citroën n’est pas sortie car, c’est au contraire, la marque de Javel qui avait peur d’être attaquée pour plagiat ( notamment la ferrure du toit) puisque la R16 était déjà vendue depuis 1965. Enfin, il faut rappeler que Citroën sans Peugeot n’existerait plus ! La marque était en faillite en 1974 et l’Etat à du injecter un prêt d’un milliards de francs pour que Peugeot la rachète sous pression du gouvernement !

  4. Chapman

    Mon papa posséda deux R16 dans les années soixante dix. Une TS puis une TX. Dieu sait (et pour ceux qui suivent souvenirs d’auto) que je fis mes armes sur ces belles Renault. Je ne refuserais pas d’en conduire une, calmement, aujourd’hui, mais si je sais que les souvenirs nous jouent souvent des tours, les miens ne me laissent pas ceux d’une tenue de route exemplaire. Je parvenais à faire cirer les pneus en troisième (sur la TX) ce qui vous en conviendrez ne prêche pas pour une motricité de premier ordre. Je rappelle également que l’essentiel des R16 d’occasion finirent en stock car parce qu’elle faisaient le spectacle et se déhanchaient comme des danseuses de strip tease.
    Lorsque j’étais parisien, que je descendais la rue Soufflot et que je m’engageais sur la place Edmond Rostand, un coup de volant à droite, un coup de volant à gauche, le pied droit à fond sur l’accélérateur, un petit contre braquage dans les règles et je rippais en biais comme le regretté Rémi Julienne dans une odeur de pneu brûlé et affolais le pauvre monde dans l’innocence d’une adolescence qui se prolongeait.
    Inimaginable aujourd’hui, une vieille dame, à la suite d’une de ces puérile démonstration, me fit un clin d’œil et leva le pouce en signe d’approbation.
    Autre temps…..

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  5. Neufcentdixespada

    Mon père en avait une ,vert sapin,version tl, à chaque fois qu’on en parle, il mentionne toujours en premier ses suspensions trop souples, et pourtant ,comme je l’ai déjà mentionné,il n’a jamais été un « pilote « … De mon côté j’ai toujours trouvé plus « gentille «  la première version avec ses feux et phares non rectangulaires «  .A la sortie de celle au phares carrés ,je la trouvai trop agressive

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  6. Orjebin Jean-Paul

    La R16, c’était la voiture de fonction de l’entreprise dans laquelle j’ai débuté, avenue Marx Dormoy à Paris. Le Directeur une TS , les deux cadres des TL et moi pauvre de moi une 4L.
    Alors bien sur, dans le parking de la boite , je regardais les R16 avec gourmandise.

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  7. Mat Ador

    Oui, bravo Patrick.
    Renouer avec ses souvenirs d’enfance est un rêve pour beaucoup et une réalité pour quelques uns. Une façon de ne pas vieillir trop vite sans doutes.

    Passer les vitesses la main droite haut levée par ce frêle levier était d’une classe folle.
    Suivant la mode venue des Amériques il en était ainsi dans beaucoup d’autos. Or là-bas l’automatisme régnait.
    Puis vint celle soit disant plus sportive des vitesses au plancher. Au diable les chocs pétroliers, l’auto du père de famille pressé devait avant tout performer.
    Aujourd’hui encore la plupart des automatiques ont conservé leur commande au sol. Inutile. C’est dire combien l’auto macho est ancrée dans notre culture…
    🙂

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  8. Pierre_

    Mon oncle, fier commerçant, roulait en r16 blanche, c’était, et de loin, la plus belle bagnole de la famille !
    L’auto forçait le respect. Grand souvenir.
    Et puis… autre époque. Dans les années 80, un copain acheta une r16 bien fatiguée, il n’en eut aucun soin le saguoin et la plia un soir d’hiver après seulement quelques mois. Du grand n’importe quoi, lui avions nous balancé.
    Reine déchue, tout passe, terrible.

    Rouler aujourd’hui avec la voiture de son papa. Quelle belle histoire.

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  9. Calle 13

    Rhaaa, mon père a eu une R16 TX automatique bleue (qui remplaçait déjà une R16 verte d’avant 70) ! Que de souvenirs, il la gardera longtemps avant de la remplacer par une R20 TS automatique bordeaux, durant nos vacances d’été sur la Côte d’Azur…

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  10. Dubby Tatiff

    La TX était une version très désirable à l’époque.

    Il y aurait un article, cher Patrice, à écrire sur l’évolution du marketing automobile. En ces années, il ne fallait pas mélanger les torchons et les serviettes et le conducteur d’une version TL sans compte tour n’avait rien à voir socialement avec le conducteur de la GTL, avec compte-tour et anti-brouillards.

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  11. ques

    Superbe histoire de famille.
    Merci les P’s (Patrice et Patrick) !
    mon oncle a eu plusieurs R16 dont la TX puis est passé à la R20, mais n’a pas enchaine R25, Safrane, VelSatis ! Il est pas le seul si on regarde les ventes en baisse d’un haut de gamme à l’autre chez Renault.
    Le curé de mon village avait une une R16 GTL de cette couleur verte (à l’époque où la R16 ne valait plus rien en ocazz), ça faisait quand même bizarre mais très sympa un curé en voiture haut de gamme ! Il est passé ensuite à la clio. ça m’a déçu ! lol.

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    1. Pierre_

      C’est au volant d’une 3 Chevaux break que notre curé, l’abbé Subtil, circulait dans la paroisse.
      La Citroën était bleu Ciel, bien entendu.

  12. Nabuchodonosor

    L’évocation de cette auto fait remonter en moi un souvenir de régiment et la vision encore tenace de toutes ces R16 noires au lettrage d’immatriculation flanqué d’un logo tricolore, qui poireautent devant la contre-allée du 93, boulevard du Montparnasse dans le 6ème, dans l’attente d’un postérieur de haut-gradé…

    Faudra qu’un jour j’en cause au Commandant.

    En attendant, merci cher Oncle Pat’ pour ce voyage introspectif au bon temps de mes vingt ans…
    😉
    Nabu, le petit doigt sur la couture.

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  13. Thierry

    Je me souviens tout gamin d’un cousin éloigné, pilote chez Air France qui était venu nous rendre visite avec sa TS bleue ! Première fois que je voyais des vitres électriques sur une auto … impressionnant !

    Je me souviens également plus tard, du père d’un copain qui avait acheté une des dernières R16, quand la R14 si moderne aux yeux d’un adolescent, était proposée (au même prix) par Renault.

    Le choix de la raison … que reste-t-il de la poire dans nos mémoires ?

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    1. Georges Piat

      J’avais acheté une « poire » TL, en gris Élysée, avec un crédit de la DIAC (prêt Renault) au taux de 23 % !
      On croit rêver aujourd’hui quand on entend ça…
      Une voiture légère très agréable à conduire.

    2. CBi

      La R14 TS était une voiture remarquable tant par ses performances que par son confort. Dommage qu’il en reste si peu, tant le marketing de « la Poire » lui a fait du mal.
      Mais la R16 garde une classe que n’ont probablement eue aucunes Renault après elle.
      Pour ce qui est de la DIAC, il me semble que le parlement avait dû voter une loi pour rectifier le taux de l’usure afin d’éviter que la DIAC soit dans l’illégalité !