Souvenirs d’Autos (318) : Philippe Chatel, la Quattro et le pacemaker

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Mon frère Philippe nous a quitté la semaine dernière. Je ne vais pas m’étendre sur le chagrin… Je préfère vous dire qu’il était assez bagnolard. Il a roulé en BMW 2002, aussi dans une Lancia Flavia avec un intérieur en velours magnifique, dans un break Mercedes 300 TD (j’adorais cette routière infatigable) et plus récemment un coupé Jaguar XK8…

Philippe devant la Dauphine familiale

 

En 1986 ou 1987, on allait souvent tous les deux skier à Val d’Isère où j’avais mes entrées. Je dois dire que les journées étaient longues entre les descentes le jour et les verres à l’Aventure le soir.

Un jour, un des grands manitous de chez Chivas vient nous voir et nous propose de nous inviter à un week-end organisé par cette célèbre marque. Au programme quelques petites compétitions entre amis et les meilleurs restaurants de la station… nous acceptons.

Départ en avion, des voitures avec des chauffeurs nous attendent pour nous emmener à la station. Il y avait Just Jaeckin avec un chien irrésistible, Tonie Marshall que j’aimais beaucoup et encore quelques vedettes…

Le week-end se passe à la perfection. C’était très bon enfant.

Le jour du départ, il neige. Devant l’hôtel il y avait une quarantaine d’Audi quattro (des berlines) avec des chauffeurs arborant des blousons Chivas, chargés de nous emmener à l’aéroport.

Nous montons, Philippe et moi dans une voiture. Manque de chance nous tombons sur le Jean Ragnotti du coin… sauf qu’il n’a pas le talent du maître. Il démarre pied au plancher sur une route très enneigée et nous explique qu’avec cette « quattro » même sans pneus neige, ça passe partout. Après quelques travers absolument pas contrôlés, en fixant le précipice, je me dis que notre dernière heure est arrivée.

Je fais alors remarquer à notre chauffeur qu’on a tout le temps et qu’on souhaite arriver vivant… Rien à faire, il appuie de plus en plus sur le champignon, doublant dans les virages les autres Audi quattro. Il doit penser participer au championnat du monde !

Là, Philippe qui était très drôle (j’en raconterai plus un jour sur cet aspect peu connu de sa personnalité), prend un air très sérieux, devient très pâle, se tient le cœur et dit au chauffeur :

  • Monsieur, je dois éviter les émotions, car la pile de mon pacemaker colle dans ce cas-là… et il se trouve que je n’ai pas le matériel pour la changer !

Tête du chauffeur. Il croit à cette connerie (comme disait Philippe « Plus c’est gros, plus ça passe ») et ralentit. Tant et si bien que nous sommes arrivés les derniers et que nous avons failli rater l’avion !!

Adieu Philippe. Tu me manques déjà tellement. J’espère que tu sais que je t’aime.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

21 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (318) : Philippe Chatel, la Quattro et le pacemaker »

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  1. Gicquel

    Quelle belle histoire de ton frère et toi les inséparable je compatit à ta douleur ayant perdu ma grande sœur et mon papa à quelques mois d’intervalles. La douleur est toujours là même après toutes ces années. Je te souhaite bon courage dans ces durs moment
    Avec toute mon amitié
    Karine Gicquel

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  2. Neufcentdixespada

    Merci Thibault de surmonter votre peine…pour nous faire partager ces si précieux souvenirs (d’autos et tout ce qui gravite autour)

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  3. Arnaud T

    Ma lycéenne, J’taime bien Lili… Mon adolescence ressurgit soudain, si loin pourtant. Condoléances commandant et merci de partager avec nous ces quelques souvenirs intimes. La photo de votre frère et de la Dauphine est splendide.

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  4. Pascal DeVillers

    Bonsoir,
    Cette premier image de votre frère a coté de la Daufine familiale me fait penser l’extrait d’un chanson d’un autre grand de la musique française :
     » A l’arrière des Dauphines,
    J’étais le roi des scélérats,
    à qui sourit la vie …. »
    C’est du Bashung.
    Au revoir Philippe et merci pour vos belles chansons.
    Pascal

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  5. Laurent FROEHLY

    Thibaut et Philippe, Philippe et Thibaut. Ils s’aimaient « parce que c’était lui, parce que c’était moi… » On est tous avec vous, commandant ! On appréciait le chanteur, on apprend que comme toute sa famille, il était bagnolard… Que de qualités pour un seul homme ! La rubrique « Souvenirs d’autos » prend une connotation particulière… Tiens pour lui rendre hommage, on va changer la cassette de Demis Roussos pour celle de Philippe, car c’est ainsi qu’on l’a découvert…

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  6. Olivier

    A travers ce joli souvenir automobile et fraternel, vous faites revivre pour l’éternité votre frère Philippe.
    J’avais treize ans lors de la sortie de la chanson Emilie Jolie. Elle résonne encore à mes oreilles de collégien comme une douce madeleine de Proust.
    Toutes mes pensées vous accompagnent dans cette épreuve.

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  7. Chapman

    Peut être n’y avait il que cette blague énorme pour vous éviter le ravin ou la congère. Je m’associe à tous les petits observateurs et ce petit lien amical qui nous lie à vous pour vous adresser une pensée émue.

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  8. Frédéric à Montréal

    Toutes mes pensées les plus sincères au commandant Chatel.
    Philippe a eu beaucoup de chance de l’avoir comme petit frère, c’est quelqu’un de vraiment formidable.
    Qui en plus raconte des histoires incroyables!

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  9. Lieutenant Columbo

    S’cusez moi Commandant, j’voulais vous dire, enfin…
    Je n’ai jamais vraiment su comment dire ce genre de choses…
    Voilà, euuh à vrai dire, enfin Commandant, vous êtes dans nos cœurs…
    Sincèrement.

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  10. Mat Ador

    Commandant,
    Je crois une auto capable de vous transporter et retrouver Philippe.
    Le Président l’avait mise à l’honneur pour vous ce mercredi : La DELOREAN !
    Non, la bagnole n’est pas morte.
    Affectueusement.

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  11. CHRISTIAN ALMERAS

    SDA prend toute sa dimension affective, des anecdotes parfois presque insignifiantes qui deviennent indispensables et magnifiées quand on réussit à faire aussi bien partager une émotion sincère. Merci pour cela et à bientôt!

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  12. Nabuchodonosor

    On sait tous ici-bas que les voies du Seigneur sont impénétrables. Toutes, non. Car en vérité là-haut, SDA a obtenu par le truchement de Philippe et le jugement dernier de Saint-Pierre, le privilège d’être diffusé par le canal angélique où il fait déjà un véritable tabac. Tous les résidents en sont friands. Il faut dire à leur corps défendant, qu’orphelins de tous réseaux sociaux terrestres triples w, ils débordent d’émotion à l’évocation de vieux souvenirs, que les statuts gravés dans le marbre du Paradis ne leur autorisent pas non plus. Ainsi soit-il…

    Votre SDA tout en hauteur, entre précipice et montagne, me rappelle étrangement la sépulture d’un vieil Oncle dont le corbillard, une Mercedes flambant neuve, roulait à tombeau ouvert, si j’ose dire, sur la route de Grandes Alpes entre Thonon et Morzine, si bien que le cortège familial ne put suivre. Aux grilles du champ de repos, le jeune et fougueux pilote, qui se pensait fier de sa performance, fût reçu à coups de grandes pompes funèbres par ses collègues, pendant que l’arrivée des invités décatis, brassés par le sinueux voyage, s’égrenait au fil des minutes qui filaient à l’horloge du clocher tout proche… Un SDA pas piqué des vers.

    Merci mon Commandant pour ce merveilleux Souvenir de Philippe. Que Dieu vous protège vous et les vôtres, avec une pensée particulière à sa femme et ses enfants.

    On vous aime, Commandant.

    Nabuému

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  13. Georges Piat

    C’est bien d’arriver à nous faire rire malgré tout cela.
    Comme disait Georges Harrison, quand je ne serai plus là, ne soyez pas triste, écoutez mes chansons.
    Et bien nous, on se souvient d’Emilie.
    On est tous avec vous Commandant et on attend les prochaines anecdotes.

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    1. Pierre_

      Un Souvenir émouvant ou l’on devine de belles choses en chaque ligne.
      Les photos sont magnifiques.
      Merci Commandant.

      (merci aux petits observateurs pour leur retour sur la .ds du capitaine. vendredi passé)