Blue Summer la semaine, TVR 3000 M 🇬🇧 1978) le week-end

Petit constructeur britannique de voitures de sport depuis le début des années 50, TVR, formé de 3 lettres du prénom de son créateur Trevor Wilkinson, a produit la 3000 M de 1976 à 1979.

Singulier paradoxe. La semaine, Jean-Pierre roule au volant d’une silencieuse Bolloré Bluesummer électrique. Le dimanche, il pilote sa TVR 3000 M dont le 6 cylindre émet par ses deux  échappements un grondement d’une intensité rarement rencontrée en 45 ans de métier. TVR est une petite marque britannique toujours en activité qui, en plus de 70 ans d’existence, a connu plusieurs repreneurs avec des hauts et des bas comme en ce moment. Elle a longtemps produit cet exigu coupé sous plusieurs noms et nombreuses motorisations, fabriqué à un total de 2 402 unités dont 395 sous le nom de Taimar équipé d’un hayon.

La TVR exhibe une ligne curieuse avec un long capot avant s’opposant à un arrière bref. Si la voiture semble large (1,62 m), c’est parce qu’elle est très basse (1,19m)

Pas de hayon ouvrable sur cette version dont le coffre à bagages se réduit à presque rien

Moteur V6 3100 cm3

Extrapolée d’un modèle né en 1972 animé par un Ford 1600 puis un Triumph, la 3000 M fabriquée de 1976 à 1979, était propulsée par le V6 Ford Essex  3 litres issu de la Capri de même cylindrée. Un moteur modulaire en en V proposé autant en 4 qu’en 6 cylindres d’une architecture très classique, tout en fonte avec un arbre à cames enfoui dans le bloc.

Ses 142 ch faisaient merveille dans une aussi petite voiture, aussi légère (950 kilos) dont la carrosserie était réalisée en composite. Celle de Jean-Pierre est propulsée par moteur poussé à 3,1 l (celui de la rarissime Capri 3100) qui délivre 160/170 ch dans un tonnerre de décibels.  Une trentaine de modèle animée par une version turbocompressée portée à 230 ch a aussi vu le jour, pointant leur capot à 230 km/h contre 200 pour la M atmosphérique.

 On ne s’en rend pas  bien compte sur les photos, mais une 3000 M, c’est minuscule. A peine plus haute qu’une Alpine de la grande époque. 1,19 m seulement pour 4 m de long. Vu mon gabarit, pas facile de se glisser à bord d’autant qu’il faut d’abord entrer par la tête puis lancer ses jambes dans un étroit tunnel creusé autour d’une colossale console centrale qui plaque ses occupants contre la porte malgré une sa largeur honorable de 1,62m.

Minuscule volant, cadrans Smiths, court levier de vitesses, petit frein à main. Toute l’ambiance intérieure de la TVR

Confortables sièges marqués TVR repoussés contre les portes par l’imposant tunnel les séparant

Châssis sophistiqué

Née au début des années 70, sa silhouette qui avouait déjà son âge, se caractérisait par son interminable capot s’opposant à un arrière brusquement tronqué. Pas de couvercle de malle sur cette version réduite à presque rien (55 DM3) accessible seulement par l’intérieur de l’habitacle. Sous sa peau de polyester, la 3000 M cachait un beau châssis tubulaire qu’on retrouvera aussi sur la Tuscan de la même marque. Il accueillait une suspension plutôt élaborée comptant 4 roues indépendantes à bras triangulés lui apportant une excellente tenue de route. Je n’ai pas dit confort car la 3000 M de J.P gréée pour la course m’ait apparu, disons…  dure pour ne pas dire très dure !

Les TVR se caractérisaient par leurs couleurs joyeuses et décos style seventies, un tantinet démodées aujourd’hui. Celle de JP, affiche un bleu très électrique pas des plus discret et son pavillon est recouvert de skaï très tendance à cette époque s’accordant mal avec les formes de cette voiture. Elle est aussi équipée d’un toit ouvrant Webesto, loin d’être inutile l’été car il doit faire vite chaud dans l’étroit habitacle réchauffé par les calories de la boîte de vitesses et les rayons du soleil à travers l’imposante bulle vitrée arrière.

Moteur V6 Essex de 3,1 l alimenté par un seul carburateur avouant 160/170 ch

TVR, lettres du prénom du créateur de la marque Trevor Wilkinson disparu à 85 ans en 2008

Rude, très rude !

L’habitacle vaut la gymnastique pour s’y inscrire en récompensant l’œil par  sa planche de bord rembourrée constellée d’une kyrielle de petits mano Smiths surmontant des touches à basculeur. Le faible diamètre du petit volant (direction pas assistée évidemment) étonne aujourd’hui, encore moins que le court levier de vitesses qui exige une poigne de bucheron pour rentrer les rapports. Au fait, si vous ne vous en n’en êtes pas encore rendu compte, la direction à droite exige de perdre ses repères habituels.

Jantes alliage de 14 pouces chaussées de 195. En option, on pouvait l’équiper de jantes Wolfrace

Les deux imposantes sorties d’échappement remontent vers le haut

Grace au faible poids de la voiture, les accélérations brutales plaquent au dossier avec le zéro à cent en 6 secondes et de bonnes relances dues au couple costaud du V6 dont les lignes d’échappement qui débouchent en remontant à l’arrière de la caisse doivent être très directes. Les voisins de Jean-Pierre savent quand il démarre cette voiture plutôt que sa Bolloré !

La TVR est une voiture qu’il faut violenter par ses réactions instinctives, la brutalité de ses accélérations, le couple imposant de sa mécanique qui reprend vigoureusement dès 2 500 tr/mn, par la fermeté de ses commandes (direction, boîte, freins à disque à l’avant). D’ailleurs, on sent dans ses fesses, l’excellente rigidité et vivacité de son châssis.  J.P l’avait achetée pour courir en circuit où elle doit faire merveille mais comme cela n’a pas pu se faire, il songe à s’en séparer. Mais rassurez vous, il possède d’autres belles voitures notamment une Jaguar MK10 déjà évoquée par POA.

🇬🇧

En semaine, J.P roule au volant d’une Bolloré électrique en… silence

L’avis des Petits Observateurs !

16 commentaires au sujet de « Blue Summer la semaine, TVR 3000 M 🇬🇧 1978) le week-end »

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  1. de Mauduit

    Bonjour à tous,
    Merci pour cet éloge à cette petite marque dans la plus pure tradition britannique, qui permet de s’offrir une belle auto à prix raisonnable. Je me permets juste une petite correction car je possède une 3000M de 1973. Elle fut produite de 72 (et non 76) à 79

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  2. Ju44

    L’échappement des TVR est en effet, propre aux TVR! Ma Chimaera 400 disposant du 4.0 V8 classique de chez Rover, sa sonorité est transfigurée par les échappements, le grondement et les glougloutements sourds du moulin. Le démarrage file des frissons mais chaque kilomètre parcouru à son bord est jouissif ! C’est la vérité de la mécanique, elle est brut, mais confortable, sonore et en même temps musicale… C’est une antithèse de la voiture de tous les jours… qu’on voudrait pourtant utiliser tous les jours !

    D’ailleurs si un jour il plaît à l’équipe POA de la rencontrer, ce sera avec plaisir… Et sa couleur unique pour une Chimaera plaira forcément au premier ministre puisque le Paradise Green qu’elle porte si bien… vient tout droit du nuancier Audi !

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  3. Chris

    J’adore ce genre de voiture style grosse brute qu’on respecte parce qu’on les craint genre Big Healey. Esthétiquement , en revanche, je ne la trouve pas trop réussie. En circuit, elle doit être amusante à piloter

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  4. DEHOEY

    Il y a 5 ans j’ ai remplacé la Lotus seven S4 par une 3000 M de 1977. Légèrement plus « confortable « .une auto sympa , bruyante mais sans plus, dotée d’une conduite identique à la seven , traction arrière, volant de 14 pouces, des accélérations amusantes, un habitacle fournaise l’été même équipé d’un webasto. Bref une anglaise pour passionné

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    1. Pierre_

      Merci 2rak, je viens de découvrir Jidehem, les chroniques de Stater et ‘toute une histoire’.
      On passe a côté de beaucoup de choses forcément.
      Un coup d’oeil sur la toile et j’en profite du coup pour commander l’un des 4 ou 5 albums disponibles.
      Vivement la semaine prochaine !
      Bien à vous.
      (félicitations pour votre blog )

    2. 2rak

      merci, Pierre
      Pour Jidehem: l’anecdote bien connue que je tiens à être le premier à raconter:
      Jidehem sont les initiales de Jean de Mesmaker . Le même de Mesmaker qui essaye de signer des contrats. Assistant de Franquin, celui ci avait trouvé amusant de reprendre son nom de famille et de caricaturé son père (qui ne signa plus jamais de contrat de sa vie)

  5. Nabuchodonosor

    Je confirme Oncle Pat’ pour ce qui est de la tradition sonore maison.
    La dernière TVR que j’ai croisée faisait tellement de raffut que je me suis senti obligé d’indiquer à son propriétaire l’adresse du garage le plus proche pour qu’il puisse faire réparer son pot. Ce n’est pas que mon anglais soit parfait mais le malheureux devait être déjà bien sourd, car il n’a visiblement rien compris de l’aide que je tentais en bon gentleman driver de lui porter…
    😉

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  6. Pierre

    ON peut pas dire qu’elle soit très belle mais semble-t-il elle a plu aux Anglais. En version 3000, elle doit marcher fort. N’y a t-il pas eu des versions V8 à moteur Rover 3500 ou 3900 ou est ce un autre modèle de TVR ?

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    1. pdi

      Pas sur ce modèle mais les la 4ieme série de Modèle S qui lui a succédé (rare) et surtout sur les Chimaera et Griffith des années 90 sur lesquel le Rover a été décliné en 4l, 4,3l puis 4,5l et même 5l.. Les plus populaires des TVR. Puis ensuite, ça a été les propres moteurs….ce qui a causé leur perte, malgré leur performance mais sans la fiabilité au début.

  7. Thierry

    Moche et beau à la fois ! le tout avec tellement de charme … une marque que Julien doit connaitre comme beaucoup de plus jeunes, au travers des jeux PlayStation.
    Drôle de combo passer de la TVR (sauce américaine avec ces éclairages latéraux) à la Bolloré …

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