Corvette C2 Sting Ray Cabriolet 1965 🇺🇸 « What else ? « 

Par Patrice Vergès. Ce n’est pas la première fois que POA vous invite à voyager dans une Chevrolet Corvette C2 Sting Ray. Mais c’est la première fois qu’il vous demande de prendre place dans le cabriolet. Contact !

Tout est beau, tout est agressif. Au volant, le spectacle commence par la vision des ailes gonflées et du bossage central

Les ultimes C1 avaient déjà adopté l’arrière tronqué de la C2 dont la silhouette n’est pas polluée par la capote qui dispose d’un logement dédié. Le couvercle de malle brillait par son absence

 » Je rêvais depuis longtemps de rouler en Corvette. Enfant, je jouais déjà avec  une miniature au 1/43eme Corgi-Toys d’une Corvette C2 coupé. J’ai attendu fin 2016 pour réaliser ce rêve d’enfant. Mais, je ne voulais que la C2 dont je trouve le design fabuleux uniquement en version décapotable, un plus dans notre région et seulement en boîte mécanique. Je l’ai dénichée aux USA et je roule avec depuis 4 ans. Je passerai des heures rien qu’à la regarder. Du volant, la vue sur le gros bossage du capot entouré des ailes proéminentes est déjà du bonheur » explique Jean-Michel en m’invitant à me glisser dans l’habitacle décapoté sous ce froid soleil de janvier. Tout est spectacle dans la C2, de l’étonnante planche de bord, au dessin du volant aux branches tulipées, de la vision de ses ailes avant renflées à travers le pare-brise jusqu’au fracas de ses épais échappements.

6 cadrans pour renseigner sur la vie du moteur. Le volant à branches métalliques est en vrai faux bois

Boîte mécanique à 4 rapports, radio FM verticale et imposante horloge centrale

Le gros V8 crache un son venu d’ailleurs

La Corvette C2 qui succédait à la C1, a été produite de 1963 à 1967 à près de 118 000 unités. La sienne sortie en janvier 1965 de couleur verte très foncé (Green Metallic) posée sur de superbes jantes en alliage léger à fixation centrale, est équipée d’une direction assistée. Elle n’est seulement belle à voir mais aussi à entendre. Son gros V8 crache un magistral son caverneux et heurté par ses deux échappements latéraux rajoutés par son précédent propriétaire américain.

Je vais faire hurler les ayatollahs du « matching number », mais le moteur de sa Corvette n’est pas d’origine, ce qui n’est pas plus mal puisqu’il fonctionne à merveille. Ce n’est plus le V8 de 5359 cm3 de 300 ch mais celui d’une Corvette C3 plus moderne avouant 5735 cm3. Un   moteur aussi puissant (autour de 300 ch) alimenté par un imposant carburateur 4 corps Moroso avec huit pipes d’échappement spaghetti qui se lâchent dans les deux pots latéraux. Une mécanique un peu plus tonique que l’originale qui reste néanmoins dans l’esprit de la voiture.

Son V8 de 5,7 l de C3 gavé par un quadruple corps, délivre autour de 300 ch

Inspirée d’une raie

Un petit coup de rappel sur la C2 appelé Sting Ray encore en deux mots, dévoilée en 1963 dont le design s’inspirait fortement d’une raie par son épine dorsale, d’où son nom.  Elle même proche du dessin du concept-car XP-87 vue en 1959 sur une idée de Bill Mitchell passionné de requin et de poisson, dessinée par Pete Brook et Larry Shinoda.  Si elle était toujours construite en polyester comme la précédente, elle innovait par son châssis plus moderne comptant une suspension assez sophistiquée à quatre roues indépendantes et des freins arrière in-board. Elle se singularisait aussi par ses phares rétractables pour améliorer son aérodynamique.  La C2 proposait des moteurs plus puissants que ceux de sa devancière. En plus du V8 5,3 l disponible en plusieurs puissances s’étageant de 250 à 360 ch en injection, un gros 396 CI de 6,4 l puis un 407 CI de 7 litres  de 436 ch l’épaulèrent en 1966. La C2 a surtout séduit par son étonnante silhouette surtout en version coupé fastback, une première pour la Corvette. Le premier millésime 1963 se particularisait par son originale lunette arrière séparée en deux parties. Comme son conducteur n’y voyait rien en reculant, la lunette fut réalisée en une seule partie dès 1964. Évidemment, c’est la split window de 1963 qui a la plus grosse valeur aujourd’hui aux yeux des collectionneurs.

Sa corvette est équipée de superbes jantes en alliage à fixation centrale de 15 pouces chaussées de pneus de 205 contre 185 à l’époque

Je vous laisse imaginer le fracas de ses deux échappements latéraux

 

L’intérieur valait l’extérieur avec cette fascinante planche de bord symétrique à double bossage qui cache la poignée de maintien du passager. Tout est beau et tout est destiné à ravir les yeux autant le design des cadrans que du moindre bouton chromé. Elle n’est pas seulement belle à regarder, ses qualités routières étaient enfin à la hauteur comparée à l’ancienne. Forte de ses 4 roues indépendantes, la C2 bien équipée ne tenait pas si mal la route que cela et freinait fort comme son millésime 65 dont les 1500 kilos sont arrêtés par quatre gros disques ventilés à 4 pistons.

Avec 300 ch, elle pointait le bossage de son capot à 230 km/h après avoir atteint les 1000 mètres en 27 secondes avec des reprises foudroyantes pour l’époque. Aux USA, grâce à son rapport prix-performance exceptionnellement bas, la C2  connut un gros succès ce qui ne fut pas le cas en France où elle se vendit peu. En traversant l’océan, son prix grimpait à plus de 40 000 francs avec les options en 1965 (soit environ 60 000 euros d’après le tableau de l’inflation). Sa fiscalité de 31 chevaux liée à sa consommation élevée faisaient peur et dans sa gamme de prix, elle rentrait en concurrence avec la Jaguar E un peu plus chère mais bénéficiant d’une meilleure image de sportive du moins à nos yeux d’européens.

 La Sting Ray avait été passée en soufflerie ce qui explique ses phares occultables

Jean-Michel s’occupe aussi avec passion d’un club d’anciennes

Une Porsche Carrera 1988

La Sting Ray de Jean-Michel a été restaurée il y a une vingtaine d’années ce qui se perçoit à quelques détails de carrosserie. Néanmoins, tout fonctionne à bord même la  superbe radio de l’époque curieusement montée verticalement. Son penchant pour les anciennes a poussé Jean-Michel à s’occuper d’un club « Auto Biscarrosse Club » qui regroupe plus de 80 passionnés.  Également possesseur d’une Jaguar E 1970 qu’il restaure, il songe à se séparer de sa C2 (environ 65 000 euros) pour une autre bonne cause.  » C’est pour réaliser un autre rêve d’enfant datant de mes 10 ans. L’épouse du dentiste, nos voisins, roulait en Porsche 911 2,2 l. En allant chercher sa fille à l’école, quelquefois, elle me ramenait chez mes parents, tassé sur petit siège arrière. Je rêve aussi d’une Porsche 911 mais pas n’importe laquelle, une Carrera 3,2 l G50 1988″. Les rêves de Jean-Michel ne restent pas sous son oreiller d’enfant comme ceux de beaucoup d’adultes, hélas.

La Sting Ray s’est fortement inspirée du concept XP-87 dévoilée en 1959 dont elle reprit les ailes gonflées 

L’avis des Petits Observateurs !

8 commentaires au sujet de « Corvette C2 Sting Ray Cabriolet 1965 🇺🇸 « What else ? «  »

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  1. Damien

    Comme Jean-Michel, cette voiture m’a fait rêver lorsque j’étais enfant. Elle me fait toujours rêver . Mais malheureusement, je n’ ai pas et pas 65 000 euros pour me l’acheter. J’ai rêvé en lisant

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  2. Neufcentdixespada

    Et le dentiste ,il roulait en Lambo? Bon ,il est vrai qu’il fut un temps ou le corps médical se faisait des c… es en or. Mon pédiatre ,jeune spécialiste laissait sa Jaguar Type E couleur crème dans la cour de son cabinet et le père de copains ,gynécologue possédant une clinique avec deux associés s’affichait en MIURA!!!(bon,pas longtemps,c’était un gouffre à entretenir) .De nos jours ,l’épouse du dentiste (enfin mon ex,elle aussi praticienne de l’art dentaire,roule modestement dans la dernière mouture de la cox ,cabriolet quand même…. et lointaine cousine de la Porsche !),et je me suis permis le luxe,crise de la cinquantaine aidant,de posséder deux voitures ,dont une mx5…on peut aussi rêver a la version recarossée par Mitsuoka de cette dernière : la Rock Star , hommage a la corvette C2… je dis rêver,car pour en trouver une en France,va falloir s’accrocher

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    1. Phil Verce

      Quand j’étais gamin, au début des années 60, un de nos voisins Kiné roulait en Lamborghini 350 GT. Il la garait dans la rue. Je n’ai jamais su s’il l’avait achetée avec ce qu’il gagnait en tant que Kiné ou s’il avait d’autres ressources de revenus. J’étais copain avec son fils. Il avait un fait de la prison pour un hold-up raté, disait-on à l’époque. Il avait aussi quelques animaux exotiques, dont une espèce de loup albinos et un chimpanzé adulte qui s’échappait de temp en temps. On voyait alors débarquer une équipe de la télé. C’était cool.