Souvenirs d’Autos (27) : Giscard à la barre

Par Thibault Chalel 1978. C’est l’hiver, c’est la nuit et il fait un froid de loup. Et il n’y a pas grand monde sur l’autoroute en direction de la Touraine. À l’époque, je roule en 104 ZS rouge. Une petite auto que j’aime beaucoup…

VGE au volant

Soudain, au milieu de nulle part, je vois devant moi une 504 avec deux hommes à l’intérieur et je pense immédiatement que c’est une voiture banalisée de police. Pourquoi ? Je ne sais pas. Une manière de protéger la voiture qui la précède ? La petite antenne 400 Méga dont les autos de police sont équipées ? Disons, une sensation. Comme je suis d’un naturel curieux, je décide d’aller voir ce qui se trame.

En effet, la 504 escorte une magnifique 604... En doublant (difficilement car la 104 n’est pas vraiment très puissante) je me dis que le conducteur de la 604 ressemble beaucoup au Président de la République en exercice, Valéry Giscard d’Estaing.

604 VGE

Je cravache la boîte à vitesse et je réussis enfin à me retrouver à la hauteur de la 604. Cette fois, je regarde bien, je suis estomaqué, c’est bien Giscard au volant ! À sa droite, un agent de sécurité (c’est quand même une escorte hyper réduite !)

Donc, je roule sur la file de gauche à côté du Président de la République… Soudain, il tourne la tête pour voir qui n’en finit pas de ne pas le doubler… Alors, moi, sans réfléchir, je lui fais un signe de la main. Genre « bonjour »… et j’incline la tête. Le Président me fixe un instant, puis regarde à nouveau la route et reprend sa conduite sans me répondre, sans sourire, sans rien…

Là, j’ai un sentiment double. D’un côté j’admire cet homme de se balader au volant, avec une escorte minimum… et de l’autre je ne comprends pas qu’il ne me salue pas et je comprends mieux la sentence du Général de Gaulle à propos de Giscard : « Son problème, c’est le peuple » !

Petit bonus.

L’année suivante, je fais du ski à Courchevel et sur qui je tombe ? Valéry Giscard d’Estaing, skiant avec un seul agent de sécurité… ! Décidément… Cette fois, je ne lui dis pas bonjour. Non, mais !

Retrouvez tous les souvenirs d’auto de Thibault Chatel ici

Courchevel

*Je m’appelle Thibaut, je suis né en 1959. Il se trouve que j’ai toujours adoré les automobiles… Pourquoi ? Sans doute parce que j’aime l’idée de liberté. On monte dans sa voiture, on démarre, on s’en va ailleurs. Là où il fait beau, au bord de la mer, à la campagne… peu importe. Parfois, je repense à des histoires d’enfance, d’adolescence, de jeunesse et j’ai décidé de les livrer à P.O.A.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

31 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (27) : Giscard à la barre »

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    1. Henri

      C’est fou d’avoir des opinions aussi tranchées et aussi raccourcies pour désigner un homme et un seul qui serait responsable de la fin d’un constructeur automobile puis de le rendre responsable de la fin de toute automobile française haut de gamme…
      La chute d’une entreprise ne repose que très rarement sur une responsabilité individuelle mais plus souvent sur une responsabilité collective, à commencer par ses managers qui la dirigent et ont la responsabilité d’en assurer sa pérennité ; qui structurent sa stratégie à moyen terme ; qui savent comprendre le contexte dans lequel l’entreprise évolue…

  1. Nabuchodonosor

    Giscard ne pose pas devant l’ancienne télécabine de Bochard aux Grand Montets qui avait la particularité d’embarquer skis au pied. Or en zoomant on aperçoit des skis dans le panier d’un œuf.
    Ponsoir Patame, ponsoir Patemoiselle et ponsoir pessieur, chclac (Cf. Desproges).

    Concernant la dernière photo je penche plus volontiers pour l’ancienne télécabine de la Vizelle version Pomagalski en arrière-plan et les rochers de la Saulire sur la droite. Il n’est un secret pour personne que le Président fréquentait la station huppée de Courchevel 1850 où il avait habitude de prendre ses quartiers en famille.

    Mon emploi du temps ne m’a pas permis de croiser beaucoup de Président jusqu’à aujourd’hui mais il se trouve que VGE oui. C’était au début des années 90 sur les pistes d’Avoriaz. Je ne l’avais pas remarqué de suite dans la queue de la télécabine d’Ardent lorsque mon ami Lionel, Moniteur à l’hôtel Royal, Henri était alors DG des Eaux d’Evian ceci expliquant cela, me fit un signe de la main et me présenta le Président qu’il accompagnait. Notre échange fut bref. Moi, un peu émus, je bredouillais alors quelques mots usuels par déférence.

    Au Revoir, Président.

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  2. Jean BALUCHON

    Décembre 1977
    Le président de la République à passé les fêtes de Noël en famille à Authon (Loir-et-Cher)

    Vendôme (de notre rédaction)

    « Comme il le fait en général chaque année, M. Valéry GISCARD D’ESTAING a passé les fêtes de Noël en famille dans sa propriété de « L’étoile » à Authon (Loir-et-Cher).
    La famille a assisté samedi soir à l’office de Noël au milieu des fidèles massés dans la petite église d’Authon.
    M. GISCARD D’ESTAING est arrivé au volant d’une Matra-Simca-Rancho tout terrain accompagné de son épouse et de son fils Henri. Dans une seconde voiture pilotée par un chauffeur, se trouvaient le deuxième fils du président, sa fille Jacinthe ainsi que ses parents qui ont passé eux aussi les fêtes de Noël à Authon.
    La messe a été concélébrée par l’abbé Pierre MASSON DE MONTOIRE et l’abbé Jean-Michel DI FALCO de Paris.
    A l’issue de la messe, le président GISCARD D’ESTAING a regagné rapidement sa voiture sans s’attarder à serrer des mains comme il avait coutume de le faire dans de semblables occasions. Il s’est refusé à toute déclaration, se bornant à nous préciser qu’il passait un excellent séjour »

    [source : La Nouvelle République]

    Le Club Matra Passion recherche des photos de cette Matra-Simca-Rancho !

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    1. Henri

      C’est aller très vite, trop vite que de conclure que VGE est le responsable de la mort de Facel Vega…
      C’est passer sous silence les soubresauts multiples de la branche automobile de Facel (Facel Vega donc) avec un carnet de commande très réduit pendant plusieurs années…
      Après une aide de l’Etat (on parle d’1 milliard d’anciens francs) sous condition de nouveaux gestionnaires (Jean Daninos, le fondateur, se retire), l’entreprise ne réussit pas à dégager des profits suffisants à assurer sa pérennité. Conséquence : redressement judiciaire, liquidation judiciaire et la gérance confiée à la SFERMA, filiale de Sud Aviation… en attendant de trouver un repreneur.
      Et c’est là que le bas blesse bien malheureusement : il n’y eut pas de repreneur sérieux.
      L’Etat reprocha à la SFERMA sa diversification dans l’automobile (non rentable) alors que la maison mère Sud Aviation devait se réorganiser en vue de projets industriels majeurs…
      Conclusion : malheureusement aucun dirigeant ne réussit à gérer Facel Vega pour en faire une entreprise rentable et c’est sûrement là que se trouvent les responsabilités.
      Les aides publiques ont leurs propres limites, l’argent public issu de l’impôt et des taxes était déjà sous contrainte, c’est par essence sa caractéristique…

  3. Chapman

    Ah je me disais bien que j’avais déjà lu cette chouette anecdote. Forcément, elle date de 2014… Je le sais grâce aux commentaires de l’époque. Et bizarrement je n’avais pas commenté.
    C’est vrai que Giscard a été un président important pour le pays par l’ensemble des réformes qu’il a initiées. Il conserve pourtant une image un peu glacée qui correspond bien à votre histoire mon commandant.
    Y aura t il un nouveau SDA demain ?

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  4. PhareOuest

    Valéry Giscard d’Estaing et son éternelle quête du peuple. C’était un monarque qui ignorait tout de l’essence à cinq francs et de la vie dans les usines. La communication, surtout à l’excès ne suffira pas à changer cette image, cet éloignement du peuple. …Celui qui lui succéda en 81 n’en n’était pas plus proche……

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  5. caouine

    ah ce Giscard ! on le remerciera jamais assez pour son veto à un redémarrage de facel vega en 64 ! quand à être à la barre, toutes ses copines vous diraient plutôt  » à la bourre « 

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  6. Jean-Michel KAGAN

    Il m’est arrivé le même genre de situation.

    Le 20 avril 2019, mon épouse et moi-même étions à une réunion d’automobilistes, là dans le parking, il y’avait un gars qui ressemblait, à s’y méprendre, au commandant Chatel.
    Eh bien s’était lui, et d’une simplicité avec le peuple. Ne rechignant pas à tailler une bavette avec nous simples manants.
    Comme quoi tous les grands hommes ne sont pas inabordables.

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  7. CHRISTIAN ALMERAS

    Anecdote sympathique… et je remarque que beaucoup de petits observateurs ont eu des 104 ZS, la mienne était orange, de la première génération moins puissante que celle du Commandant mais tout aussi attachante. Le Président Giscard a fait de moi un majeur sans attendre d’avoir 21 ans. Un petit peu de liberté en plus…

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  8. Pascal

    Sur la photo en n&b, n’était il pas au volant d’une Renault 6, ma 1ère voiture avec qui j’ai trimballé les copins et copines et les 1ères vacances en Bretagne, de bons souvenirs.

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  9. Georges Piat

    Il est vrai que les origines nobles + polytechnique, cela ne favorise pas beaucoup l’accessibilité !
    La France d’en bas et celle d’en haut comme disait si bien Jean-Pierre Raffarin…

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    1. Balthazar

      Quelles origines nobles ? C’est son père qui avait racheté le nom « d’Estaing », prétendant se rattacher à cette illustre famille alors qu’il n’en était rien.

  10. Francis Rainaut

    Ce qui m’interpelle dans cette note, c’est la photo de Giscatd, … , aux « Grands Montets » dans la vallée de Chamonix. Fréquentant les Houches, nous allions aux « Grands » et à la fin des ’60, il n’était pas rare de le croiser dans la benne. VGE fréquentait Chamonix car son père était président de la compagnie du tunnel du Mont Blanc. Magnifique photo !

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  11. martin

    Il y en a un, aussi, qui a surement du etre etonne de le « croiser » au petit matin, en charmante compagnie au volant d’une ferrari. ( voir: Giscard accident du laitier )

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  12. Fréour

    Thibault, encore une fois, un souvenir hors du commun.

    Ce qui serait amusant c’est que Giscard soit devenu un Petit Observateur, tombe sur cette histoire et te fasse enfin un signe ! Qui sait ?

    Quant à Hernu en… Lambo Countach. Comme toi, j’en reviens pas. Merci Philippe pour cette POA.

    Et merci Thibault.

    Cédric

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  13. Designland

    Très honnêtement, si un type met deux plombes à me doubler, qu’il reste à coté sur la file de gauche à glandouiller, et me salue, je ne suis pas du tout sûr de lui répondre… et je me dis : « Mais qu’est-ce que c’est que ce casse-pied ? »
    😉

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  14. Benoist Speedster

    Bonjour Thibault,

    Ce petit commentaire juste pour te dire qu’on est « potes » de 104 ZS. Ce fut ma troisième voiture. Une 104 ZS rouge de 80 cv… J’ai adoré cette voiture. Elle était légère, vive, nerveuse, de look sportif. (je sortais de ma première que j’avais achetée à l’age de 16 ans : une Simca 1000 Rallye de 1964 (celle d’avant la Rallye 1) et de ma deuxième une Simca 1100 LS beaucoup moins drôle).
    J’avais l’occasion de conduire la voiture de ma mère (qui adorait rouler sport) une R 5 Alpine Turbo grise foncée, et franchement malgré le surplus de puissance de cette dernière, je trouvais ma bonne 104 ZS (coupée) plus vive et plus ludique.
    Voilà grâce à ta petite observation de ce matin, de bons souvenirs me reviennent.
    Je me souviens que le moteur de ma 104 ZS avait lâché à 42000 kms (un piston avait cassé ????) et j’avais dû faire un échange standard. (j’avais eu du bol car pour le pris d’un échange standard par manque de moteur refait, j’avais eu à l’époque un moteur neuf).
    Note : 4 cylindres 1360 cm3.
    Merci Thibault.
    A bientôt.
    Benoist

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    1. Patrice Vergès

      J’avais croisé Giscard pendant sa compagne de 74. il laissait sa SM pour rouler dans Chamalieres, ville dont il était le maire au volant d’une petite Renault R6. CA faisait moins riche! Ce n’était pas un grand amoureux de l’automobile et était partisan des limitations de vitesse qu’il a faites baisser dès son élection de 140 km/h sur autoroute à 130 (relevée de 120 à 140 en avril 1974) après la crise de l’énergie de décembre 1973.