Le 7ème ciel en 3 lettres ? CTI chez Peugeot

Par Patrice Vergès. Dérivé de la 205 GTI, le cabriolet CTI est assez rare puisqu’il a été produit qu’à moins de 28 000 exemplaires sur un total de 72 375   cabriolets fabriqués de 1986 à 1994.

Avez vous remarqué, on se souvient toujours de ce qu’on faisait lors de l’annonce du décès d’une célébrité. Je me souviens avoir essayé le cabriolet Peugeot 205 CTI au Maroc le 14 janvier 1986 car c’est le jour où nous avons appris, très attristés, la mort du chanteur Daniel Balavoine survenue au Paris Dakar. Disparition liée à celle de Thierry Sabine qui a eu un énorme retentissement à l’époque. Quelques semaines plus tôt, il avait été mon coéquipier au volant d’une BMW 325 car il était aussi copropriétaire d’une concession BMW à Biarritz.

Trois ans après sa sortie, la 205 enlevait le haut sous la forme d’un cabriolet dessinée et monté à Grugliasco chez Pininfarina, baptisé CTI contre GTI pour la berline trois portes dont il était étroitement dérivé.

La silhouette douce de la 205, autant en berline qu’en cabriolet, a bien traversé le temps

Le cabriolet CTI a été produit à 28 000 exemplaires contre 267 000 berlines

Moteur poussé à 115 ch

La 205 CTI innovait aussi par son moteur 1,6 l type XU à injection poussé à 115 ch contre 105 depuis le lancement de la GTI début 1984. Moteur qui équipa également la GTI épaulée, un peu plus tard, par un 1,9 l de 130 chevaux contre 105 ch pour le CTI.

Le 115 ch était encore plus pétillant que le 105 ch générant des performances en progrès (195 km/h en GTI) même si la vitesse n’était pas la vocation première du cabriolet. Bien qu’il soit renforcé au niveau de la structure et des longerons, d’un tube ceinturant le pare-brise plus d’un arceau de sécurité (40 kilos de plus), il n’offrait pas la rigidité de la berline.  C’est d’ailleurs ce que nous lui reprochâmes en ce mois de janvier 1986 en roulant bêtement à fond sur les routes marocaines. Mais nous vivions en pleine époque GTI.

D’ailleurs, Peugeot l’avait équipé du train avant de la 205 GT de 80 ch (pas triangulé) sollicitant moins la carrosserie en torsion ce qui explique qu’il se vendit davantage en version CT de 80 ch et même CJ en 1360 cm3 de 75 ch.

Fin 1987, la 205 avait reçu une planche de bord redessinée de meilleure qualité

Le célèbre moteur XU de 1580 cm3 tout en aluminium alimenté par injection. Une culasse à grosses soupapes portait sa puissance à 115 ch début 1986

C’est toute mon enfance

Romain n’avait pas encore sa belle barbe quand la 205 CTI a vu le jour puisqu’il n’avait que 2 ans. Son enfance a été bercée par l’automobile autant du coté de son père que de son oncle qui a longtemps couru en 205 GTI.  » C’est toute ma jeunesse. Enfant, je jouais déjà avec des 205 GTI Majorette ». En 2008, il tombe pas hasard sur ce cabriolet CTI de fin 1989 à vendre mais en piètre état. « Je ne connaissais pas la 205 en cabriolet mais sa ligne m’a séduit tout de suite. Le joint de culasse était mort, elle totalisait 125 000 km et sa carrosserie n’était pas pourrie mais bien fatiguée. Mais elle était proposée à un prix très raisonnable !  » Il craque. Au fil des ans, son père va l’aider à reprendre toute la carrosserie repeinte dans sa teinte d’origine, il fait refaire le moteur, le train roulant, les freins et les amortisseurs. Aujourd’hui, sa 205 CTI en super état marche du feu de Dieu.  » Par rapport au modèle de série, elle est équipée d’un train arrière de 1,9 l avec ses freins à disque et elle est chaussée de ses roues de 15 pouces en 195 contre 185X14 d’origine. Elle tient très bien la route ! « 

Toujours belle

Malgré le mois de décembre, nous décapotons.  C’est encore un système manuel à crochet qu’il faut déverrouiller. La lunette arrière souple n’a pas jauni, un défaut alors comparée à la vitre en verre du cabriolet Golf. J’avais aussi oublié qu’avec 3,70 m de long, la 205 semble bien menue aujourd’hui. Le temps lui va bien au teint et sa silhouette en douces rondeurs est encore très agréable à regarder.

L’arceau de sécurité améliorant la rigidité était critiqué car il enlevait de la pureté à la ligne de la voiture quand elle était décapotée

Beaucoup d’accessoires liés à la CTI sont introuvables aujourd’hui comme son logo

Tous les souvenirs de la 205 GTI devenue aujourd’hui iconique avec des cours qui flambent dont POA va vous raconter bientôt l’histoire, viennent frapper à la  porte de ma mémoire; ce ralenti chaotique à froid et ce hoquet au démarrage,  sa pétillante passé 4 000 tr/mn et cette superbe sonorité; « En plus, j’ai une ligne inox qui lui donne un bruit merveilleux. Avec, pas besoin de radio. C’est très amusant à conduire et elle est plus rigide que je croyais ». Est-ce le fait de son train roulant surdimensionné, mais sa CTI ne vibre pas trop et son pare-brise ne tremblote pas trop comme dans mes souvenirs. Mais, il est vrai qu’on ne roule plus fin 2020 comme en 1986 surtout sur les routes marocaines.    Quel régal de monter les régimes car avec moins de 925 kilos pour 115 ch, la CTI offre encore des accélérations bien meilleures que certaines sportives actuelles.

La CTI était chaussée de jantes à 12 trous de 14 pouces. Celle de Romain est équipée des 15 pouces de la 1,9 l 130 ch

Ah la fameuse moquette rouge qui caractérisait la 205 GTI !

Les caisses de 205 3 portes partaient  chez Pininfarina qui les modifiait avant de revenir en France pour recevoir la partie mécanique

Une GTI, c’est pour la vie

 » Je ne roule avec pas suffisamment avec car je n’ai parcouru que 10 000 kilomètres en 12 ans. Je le regrette. Je ne la sors jamais quand il pleut car elle n’est pas bien étanche. Je la protège. A son volant, j’ai toujours droit à quelques réflexions sympathiques des personnes rencontrées.  C’est une voiture qui a toujours suivi ma vie depuis mon enfance et je ne la vendrai jamais d’autant qu’elle plait beaucoup par sa forme et son bruit à ma petite fille âgée de 4 ans. Surtout que j’en ai racheté une autre toujours en 1,6 l 115 ch mais en berline qui est en train d’être restaurée au niveau carrosserie par mon père aussi passionné que moi. La 205 CTI ou GTI, c’est pour la vie ! « .

 

Une 2eme 205 a rejoint la CTI de Romain passionné par cette voiture

C’est surtout la CJ à petit moteur 1360 cm3 et finition simplifiée qui a rencontré le plus de succès

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Le 7ème ciel en 3 lettres ? CTI chez Peugeot »

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  1. 24heures (X350)

    Une 205 GTI 1.6 105 comme première voiture (gardée 4 mois) puis dans la foulée une 1.9 gardée 5 ans (les 2 d’occasion)
    Un grand classique qu’on voit sur une photo : le bouchon de réservoir forcé, et en remplacement déjà dans les années 90 Peugeot n’avait plus la pièce avec plastique lisse des GTI, d’où le plastique strié qui correspond à l’enjoliveur du reste des versions…

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  2. Pierre_

    Un joli modèle qui était sorti de ma mémoire tient !
    Une 205 gt pour ma jeune épouse fin 80, et une gl pour mon frangin.
    C’est en 205 gti que deux copains nous emportait chaque week-end au ski vers Samoëns, nous prenions alors l’A40 à Bellegarde, nous la laissions à Bonneville, parfois à Cluses et passer ensuite le col de Chatillon.
    Les 205 avaient envahi le pays.
    _mes deux amis ne garderont pas longtemps leur gti, je me souviens.

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  3. Chapman

    Mon premier contact avec la 205 a été, au début de sa commercialisation, le modèle de base, 954cm cube, 45cv, quatre vitesses si je le souviens bien. Dépouillée à un point qui ferait passer une Twingo de base pour une voiture de luxe. Elle n’était pas bien vieille ni très kilomètrée, mais faisait déjà « cloc cloc » dans le train avant. Elle appartenait à un collègue de boulot dont l’autre voiture était une BMW 320 six cylindres carbu qui était autrement plus sexy. Elle possédait un toit ouvrant en toile qui avait la particularité de déclencher l’alarme de stationnement dès qu’il y avait un peu trop de vent.
    Bon voyons voir….. Oui, on était en 1984

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    1. Neufcentdixespada

      Pareil pour moi,en rouge… un trajet épique, commencé de nuit: Nantes Nice en 22h sans carte (et évidement sans gps en 1987) ,ce qui me valut de me retrouver à Limoges en ayant raté la bifurcation vers Montluçon (l’autoroute ,c’était pour les riches…de toutes façons ,elle plafonnait tout juste à 100 dans les grandes montées de la sublime autoroute des Titans (A40) ,eus-je le déplaisir de le constater l’année suivante,une fois que je fus moi moins désargenté). A noter ,je me vantais de posséder l’abs: sur cette auto aux freins défaillants ,on pouvait se mettre debout sur la pedale sans jamais bloquer les roues! Par contre sur le mouillé, je fis bien involontairement quelques figures tendant vers le 360 degres,bref une vraie auto -« école «  ,qui m’appris à jamais la règle d’or de la conduite :ANTI!CIPER

  4. Nathan

    Super voiture autant en GTI qu’en CTI puisque j’ai eu les deux et même trois avec une 1,9 l GTI. On se tirait des bourres à l’époque avec les 5 GT Turbo. En lisant l’article, j’ai presque retrouvé les sensations notamment ce ralenti chaotique.

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    1. Crouzier

      J’ai eu deux 205 Gti 1.9 et une 1.6 105
      Vous savez avec laquelle je prends le plus de

      Plaisir ?

      Ma 205 rallye c’est que du bonheur ❤️❤️

  5. Nabuchodonosor

    Ah la 205 : Un sacré numéro !
    Loin des GTI et autres CTI inaccessibles à notre jeune couple, je me souviens de notre GLD rouge achetée à vil prix auprès du collectif des collaborateurs Peugeot à Sochaux. -20% à 6 mois et quelques milliers de kilomètres ; Du quasi-neuf à -20%. Un temps où les mandataires ne pullulaient pas sur une toile qui n’existait pas, où le financement normal d’une auto faisait encore recours au bon vieux crédit classique avec un premier apport en cash qui regroupait les étrennes familiales mises de côtés depuis plusieurs années et un prêt qui s’étalait sur toute la vie de la voiture pour en minimiser les mensualités. Me revient qu’il existait une formule à échéances croissantes, compte tenu du plein emploi et de l’inflation galopante qui sévissait alors. Inutile de préciser que PCA services était inconnu au bataillon, sinon pensez bien…
    😉
    Nabuchodon’oseille

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    1. Patrice

      Ah! la 205 ! Oui, un sacré numéro ! C’est d’ailleurs ainsi que nous avions surnommé ma fille Astrid dont le tempérament n’avait rien à envier à la petite Peugeot ! Cela dit, l’arceau, moi j’aime bien. Imaginez-la sans arceau… non, la ligne, selon moi, n’en est pas plus pure et, par contre, elle perd de sa personnalité.

    2. Nabuchodonosor

      Pour voir le 7ème ciel fallait allonger la caillasse.
      Si la GTI n’était déjà pas donnée, la CTI atteignait des sommets…
      On comprend mieux le succès des versions basiques.
      😉