Souvenirs d’Autos (305) 🇫🇷 : Elle n’est pas belle ma Fuego ?

Par le Commandant Chatel. 1980, j’ai une bonne amie avec qui tout se passe bien (jusque-là…)

On va l’appeler Sophie.

Elle habite chez elle et moi chez moi… mais disons qu’on se voit souvent.

Tant et si bien qu’un beau dimanche d’été, elle décide de m’emmener déjeuner chez ses parents en banlieue. Ils possèdent une jolie maison dans une résidence luxueuse qui fait penser aux États-Unis.

Je déboule là-bas avec ma 104 ZS et je me gare dans la rue derrière une Fuego. Cette auto vient de sortir et franchement je la trouve nulle…

Visite de la maison, de la piscine, apéritif et déjeuner. Les parents sont des gens très courtois qui me demandent ce que je fais dans la vie et tout ça…

Puis, je ne sais plus trop comment la discussion dérive vers l’automobile. Alors moi, j’ai 20 ans et une grande gueule et des idées très arrêtées et je connais tout et plus encore…

Le papa me demande ce que j’ai comme auto et je « vends » ma 104 ZS qui est pour moi si formidable… et puis je glisse sur la Fuego garée dans la rue qui est pour moi ridicule et surtout une pâle copie de la Porsche 924 (qui doit être sortie 3 ou 4 ans avant).

Et j’en rajoute une couche, les ingénieurs de chez Renault sont des ringards qui n’ont pas d’idées, etc.

Je vois depuis un bout de temps que Sophie me fait les gros yeux mais je n’en tiens pas compte…

Long silence.

Le papa prend la parole.

Il travaille chez Renault.

Il fait partie de l’équipe qui a conçu la Fuego et d’ailleurs celle qui est garée devant la porte c’est la sienne et il en est très content et il me sort tout un tas d’argument que la Fuego est mieux que la 924…

Nouveau long silence.

Fin de déjeuner un peu glacial… Un café et je prends congé.

Le lendemain coup de fil de Sophie : « C’est mieux d’en rester là ! Tu n’as vraiment aucun tact » (ce n’est pas faux).

40 ans plus tard, j’ai une certaine tendresse pour la Fuego et j’aime toujours bien la 924…

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.

On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…

Et si possible, joignez à votre histoire des photos….

On adore ça chez POA !

Merci.

L’avis des Petits Observateurs !

14 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (305) 🇫🇷 : Elle n’est pas belle ma Fuego ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Pascal

    J’ai eu une Renault 15 TS avec une ligne plus acérée que la Fuego dans la lignée de la R1, une ligne que j’appellerai « guimauve » des rondeurs molles, bref j’ai pas aimé cette génération de Renault.

    Répondre
  2. Pierre_

    Un jeune et fougueux Commandant se fait harakiri sous les yeux de sa bien aimée.
    Ah la Fuego! Un copain en acheta une dès sa sortie. Il se fit chambrer et chahuter chaque weekend, et il lui devint alors impossible de passer incognito au pays.
    Grands souvenirs.
    Philippe si tu lis ces lignes.

    .

    Répondre
  3. Arnaud T

    40 ans plus tard, mon commandant, vous avez une certaine tendresse pour la Fuego et vous aimez toujours bien la 924, mais Sophie dans tout ça ?

    Répondre
  4. Houncheringer

    Alors la Fuego, pour coup, je suis partagé. Quand elle est sortie, j’étais très Renault, d’ailleurs mon parrain y travaillait. Et j’étais emballé par tout ce qui sortait de bagnole et moto. Bon, pas tout en fait. Les MZ, Bof! Bref c’est la belle époque pour Renault et moi. Mais avec les années de recul, j’avoue que la Fuego c’était l’auto du Beauf, le Jacky et les filles ne se privaient pas pour le souligner. Elle n’avait pas l’aura des R17. Pourtant, c’était un voiture assez intelligente. Et je crois me souvenir que la Fuego Turbo Diesel était une primeur. Un petit observateur a tenu à venir montrer la sienne, il y a peu… J’avoue qu’en l’entendant, quelques émotions m’ont chatouillées la rétine à en pleurer. Mais sérieusement… tu la regarde de profil avec ses porte-à-faux avant et arrière, tu dirais une poussette pour bébé en plus grand certes. De face elle avait de la gueule, l’arrière, ok, de toute façon les arrières beaux ne sont pas légion, un des plus beaux que j’ai en mémoire? La Mercos Pagode de 60’s. L’équipement était plutôt correct, les perf. aussi. En fait d’esthétique, lors de l’achat, j’ai toujours plébiscité le fonctionnel et l’économie, Diantre, tout le monde n’a pas les finances de son voisin qui roule en Jaguar Type E coupé ou non. Et pour le coup, qd j’ai atteint l’âge de conduire, je suis né en 63, la Fuego était ni pratique, ni abordable, ni esthétique, elle pouva i h-juste être économique et/ou un brun sportive. Bref, vous l’aurez compris, entre 80 et 85, les années Fuego, et plus tard en oscar, je n’étais pas client et aujourd’hui, guère plus convaincu. Et j’insiste sur le fait que je comprends bien que certains peuvent avoir des gouts différents et l’apprécier. Peut-être qu’en l’essayant…

    Répondre
  5. Chapman

    Je ne laisserai personne dire que vingt ans est le plus bel âge de la vie (sic). Je sais que j’en ai froissé avec mes certitudes et mes arrogances. Petit à petit les œillères tombent et la peau devient plus sensible aux suceptibilités parfois insoupçonnables de nos interlocuteurs. C’est l’avantage des années qui passent, on gagne en sagesse ce que l’on perd en énergie.
    Merci pour cette histoire édifiante.

    Répondre
    1. CHRISTIAN ALMERAS

      Ou comment passer en quelques années de « c’est de la m….! » à « c’est pas ma tasse de thé ». Une progression respectueuse de ses interlocuteurs qui peut éviter une forme de mépris… mais qui supprime la possibilité de débats bien musclés que j’aimais avoir, entre autre, sur la voiture ou la musique.

  6. Alain

    Et voilà comment de belles histoires d’amour s’arrêtent net ! Comme quoi la bagnole peut faire des ravages… Enfin, surtout les « passionnés de »…

    Je n’oserai dire « belle histoire » Mon Commandant…. Elle m’a fait sourire tout comme celle de Christian.

    Je me méfie de plus en plus de ce genre de gaffe tout comme la discrétion depuis le jour où, jeune commercial dans les télécoms, je prends le TGV pour monter au siège et je surprend une conversation à côté de moi entre 2 personnes de la concurrence. Et ils parlent et se présentent les documents d’une promo hallucinante devant sortir 2 semaines plus tard…
    J’arrive au siège, cours au service marketing pour tout leur expliquer tout leur présenter et nous avons sorti la même promo 3 jours avant eux… Les accusant joyeusement d’être des copieurs et des mauvais joueurs quand ils ont lancé la leur…..

    Alain

    Répondre
  7. Jean-Michel KAGAN

    J’imagine les dialogues si cela avait été un 924 garée dehors.
    « …C’est pas une Porsche, les seules Porsche sont des 911, la 924 c’est fait pour ceux qui veulent juste montrer leurs clés badgées Porsche mais qu’ont pas les moyens etc… »
    Du coup la fin de l’aventure aurait été la même.

    Répondre
    1. CHRISTIAN ALMERAS

      Les Fuego des voitures de garçon coiffeur, les BMW pour les truands, les Mercedes la propriété de bouchers enrichis… de la jalousie un peu bête. Après quand je vois la 924 donnée pour plus de 10 » au 100 km/h avec en fond une 911 turbo, je me dis qu’il y a un monde mais de là à lui dénier le titre de Porsche, certainement pas, je suis d’accord, C’est juste un autre modèle d’une belle lignée avec la 944 et la 928. D’ailleurs on peut toujours rétorquer aux intégristes de la 911 que Porsche n’existerait plus depuis longtemps s’il n’y avait pas eu d’autres modèles, y compris SUV. Bon les diesels, c’était abusif, mais ils n’en font plus.

  8. CHRISTIAN ALMERAS

    Bonjour Commandant,
    Je remarque les pubs de l’époque dans lesquelles la performance était clairement mise en avant et il en va de même pour la 104 ZS. Aujourd’hui, les voitures sont vendues comme des ordinateurs qui consomment peu. J’arrête mes regrets de « c’était mieux avant » en repensant à une anecdote. Nous sommes à la fin des années 90 et déjeunons, mon associé et moi avec un prospect que nous espérons transformer en client. Mon associé voulant faire un trait d’humour pose une devinette à la cantonade: « Savez-vous qu’elle est la différence entre les hémorroïdes et les BMW? Aucune, il n’y a que les trous du c… qui en ont! Le prospect a esquissé un très léger sourire. A la fin du repas nous l’avons raccompagné à sa voiture, une superbe BMW 525 tds. Il n’est jamais devenu client…

    Répondre
  9. Thierry

    Jolie petite histoire, moi j’étais Volkswagen en n’ayant rien goûté d’autre ! Mon beau père était piqué Citroën jusqu’au slip ! Nous avons cohabité, il a découvert ma Passat en vieillissant, et sa deuxième fille a craqué pour une Golf 3 en laissant sa Visa … Événement familial qui aurait pu passer pour un crime de lèse-majesté !

    Répondre