« Les plus belles femmes de Paris aiment la Simca Océane 🇫🇷 »

Par Patrice Vergès. La populaire Simca Aronde a été déclinée en de nombreuses versions, notamment en version coupé ou cabriolet dessiné et produit chez Facel Metallon au coté de la grosse Facel Vega HK500

Fabriqué de 1952 à 1962 à 17 445 exemplaires, né sous le nom de Simca Sport, ce coupé-cabriolet avait été en partie redessiné en 1957 en s’inspirant fortement de la Ford Thunderbird américaine. Rebaptisé Plein ciel en coupé et Océane en cabriolet, il succombait à la mode des ailerons et du pare-brise à montants inversés dit  » grand angle  » chez Simca, sensé améliorer la visibilité latérale. Mode éphémère qui offrait plus d’inconvénients que d’avantages. Le modèle qui s’affiche sous vos yeux est un millésime 1961 qui avait été légèrement restylé dans sa face avant et arrière dans l’esprit de l’Aronde P60.  Elle appartient depuis une quinzaine d’années à Philippe qui a passé plusieurs mois de sa vie à la restaurer de A à Z.

Avec sa silhouette plus élancée de 4,26 m liée à sa carrosserie surbaissée, l’Océane ne manquait pas d’élégance 

Redessinée en 1957, sa carrosserie avait adopté un style américain s’inspirant de la Ford T-Bird

La planche de bord était signée par Facel. Le volant n’est pas celui du modèle 1961 mais de 1957 se signalant par des originales triples branches chromées 

 Refaire la carrosserie et mécanique

 « A cause de leur capote mal conçue qui se coupait rapidement en se repliant et de deux trous d’évacuation d’eau qui se bouchaient, l’étanchéité de ce modèle n’étaient pas parfaite. La mienne acquise en 2005  avait son soubassement de Simca Aronde en bon état mais tout le reste était rouillée autant la carrosserie que les doublures internes dont j’ai du reformer de nombreuses tôles. On ne trouve plus les pièces de tôleries et de toute façon, comme cette voiture était pratiquement construite à la main, une tôlerie d’Océane ne s’adapte pas toujours sur une autre » explique Philippe qui me montre en photos toutes les étapes de restauration de sa voiture.  

Philippe a travaillé presque un an sur son Océane qu’il a démontée pièces par pièces 

 Il a reconditionné également toute la partie mécanique, la boîte de vitesses, les freins, radiateur, électricité et le moteur et une partie de la sellerie qui était en relatif bon état ainsi que le joint d’étanchéité du pare-brise introuvable aujourd’hui. L’Océane 1961 était animée par le récent moteur Rush 1290 cm3 se caractérisant par son vilebrequin 5 paliers qui délivrait 62 ch SAE. Le coupé-cabriolet Simca n’était pas une voiture sportive reprenant strictement la mécanique et les dessous de la version Montlhéry. Elle pointait à 140 km/h ce qui n’était pas ridicule en 1961 mais ces performances ne l’autorisaient à revendiquer le titre de sportive malgré sa ligne très suggestive. 

D’origine Fiat, le moteur de l’Aronde a été rajeuni plusieurs fois. La version Super Rush de 1290 cm3 développait  62 ch SAE

« Aux plus belle femmes de Paris « 

Coupé Plein Ciel 1957 dont le dessin de pavillon rappelle fortement les Facel Vega

D’après le rusé patron de Simca cette voiture était destinée « aux plus belle femmes de Paris  » ce qui était le cas en faisant la couverture des magazines conduites souvent par des vedettes de cinéma notamment Brigitte Bardot ou Jean Seberg dans « Bonjour tristesse ».  

Sa fabrication semi-artisanale chez Facel (Forges et Ateliers de Construction d’Eure et Loir » générait un prix de vente élevé, pratiquement le double de celui de la berline Aronde. Somme qui limitait sa diffusion à moins de 2000 unités par an et qui chuta lorsque Renault dévoila en 1959 sa concurrente la Floride plus pimpante et surtout moins chère de 20 %. 

Pourquoi Philippe a choisi de cette voiture complexe à restaurer.  » J’adore la marque Simca dont j’ai eu 8 modèles.  J’aimais l’esthétique des Plein Ciel et Océane mais comme je voulais un cabriolet, j’ai choisi cette dernière. Quand je l’ai achetée, elle était blanche et je l’ai repeinte en noir diamant qui lui donne plus d’élégance surtout avec les pneus à flancs blanc de série ces modèles. Je l’ai équipée de roues à rayons Robergel à la place des jantes d’origine et d’un volant à trois branches très recherché des modèles antérieurs à 1959. J’ai parcouru avec 30 000 km sans aucun problème lors de sorties d’anciennes et du club SFM (Simca Facel Metallon) qui regroupe tous les possesseurs de Simca construite chez Facel. Elle est très agréable à conduire.  » 

L’accès à bord était difficile à cause du retour très agressif du pare-brise panoramique dont les montants inversaient amélioraient la visibilité latérale 

Toujours pour abaisser son prix, elle hérita du tachymètre de la P60 à rouleau baptisé  » Simcascope » 

Une sonorité bien connue

 Bien entendu, nous décapotons pour aller faire un petit tour dans sa petite Facel. Pas facile de grimper à bord à cause du retour très avancé du pare-brise qui brise l’accessibilité. Ce n’est pas une sportive et le moteur Simca et sa boîte de vitesses qui hulule, lâchent une sonorité qui m’a fait replonger dans mes tendres années.  Les vitesses commandées par un levier au volant passent facilement, la direction confiée à un boitier est très douce et les accélérations ne sont pas ridicules (40 s aux 1000).  La tenue de route est saine, fort proche de celle de l’Aronde de l’époque. Les épais sièges 3D comme on les appelait chez Simca, se révèlent confortables en masquant la dureté de l’essieu arrière rigide critiqué sur la berline.  Mais c’est l’élégance du dessin qui séduit surtout aujourd’hui sur cette voiture dont  les premières versions en coupé  inspiré du dessin de la Comète avaient fortement influencé celui  de la grosse Facel FV2 puis HK 500 produite par Jean Daninos, le créateur de Facel.

Philipe aime collectionner et rouler avec les voitures qu’il a restaurées 

Philippe roule au volant d’autres anciennes particulièrement au volant d’une 403 familiale qu’il a entièrement restaurée comme toutes ses acquisitions. Malgré la jolie somme qu’on lui a proposée (30 000 euros) contre sa petite Face!, pas question de s’en séparer.  » Je n’aime pas vendre mais j’avoue qu’une Corvette C1 à cause de son esthétique me plairait beaucoup « .  Chiche ? 

En 1959, elle adopta les feux rouges de la P60 ainsi que ses pare-chocs à butoirs caoutchoutés. Ce sigle rappelait que l’Aronde avait parcouru 100 000 km à plus de 113 km/h de moyenne en 1957

Depuis 1955, l’Aronde chaussait des 14 pouces. Les roues à rayons Robergel qui n’étaient pas de série, amélioraient le refroidissement des freins

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « « Les plus belles femmes de Paris aiment la Simca Océane 🇫🇷 » »

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  1. Pierre_

    Une belle surprise sur POA.
    Voiture rare que je découvrais en chinant les livres et les miniatures de la marque.
    Pensant apercevoir la belle au salon de Lyon, en vain, je tombais sur la Comète et autres Simca sport des mêmes années.
    Quel talent pour la restauration et quelle chasse au trésor pour les pièces rares voir introuvables.
    Bravo Philippe !

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  2. Olivier

    Belle ligne et belle voiture qui ne valait rien dans les années 70. Le père d’un de mes copains en avait acheté une 1000 francs de l’époque en version coupé. Elle avait des siégés en cuir bleu. Magnifique.

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  3. Nabuchodonosor

    La couleur de l’émaillage de la mappemonde « Record du Monde » à l’arrière variait je crois selon la motorisation. Flash Normal, Flash Spécial ou Flash Service, tout cela sur un choix mirifique de fonds de couleurs de carrosserie à piocher sur le catalogue long comme le bras ; On ne lésinait pas sur le choix chez Simca.

    Une Hirondelle ne fait pas le printemps mais une Aronde sans doutes que si. Assurément le marketing bien senti faisait déjà des ravages dans les cœurs attendris de nos parents. Les plus belles femmes de Paris et en Simcascope : Mais voyons bien-sûr, en plein baby-boom et la ceinture n’était pas encore de mise… Les cœurs attendris certes, mais le corps chaud comme la braise. A bien y réfléchir je suis prêt à lâcher un billet que certains d’entre nous ont été conçus à même la moelleuse banquette arrière, sièges 3D basculés ou pas… Après tout ce n’est qu’une affaire de goût…

    Sur ce plan à l’horizontalité toute relative, l’évolution automobile peut crânement se targuer de se l’être disputé au condom, n’en déplaise à Madame Perrichon. Sauf que cela s’avérera catastrophique pour le renouvellement de la clientèle…
    😉
    Nabu Papy-Boomer

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    1. Mat Ador

      C’est fou la liberté que pouvait apporter l’automobile à nos aïeux.
      Je reconnais que les designers sont moins imaginatifs aujourd’hui.

  4. Chapman

    J’ai un petit faible pour les Simca et un très gros pour les Facel Vega donc, en toute logique, j’apprécie beaucoup ces autos. Peut être une petite préférence pour les modèles antérieurs basés sur les modèles Simca 9 plutôt que les P60.

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  5. Dubby Tatiff

    On se moque des écrans actuels et de leur supposée utilité mais il faut reconnaître que gober le coup du compteur en Simcascope c’était assez gratiné ! Et le pare brise panoramique qui doit accrocher les bretelles du conducteur lorsqu’il s’assied à bord !

    Les recettes de vente perdurent en s’adaptant, je trouve. Nos comportements ne sont finalement pas si éloignés de ceux de nos parents.

    🙂

    PS : ceci étant dit, c’est une jolie caisse.

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  6. Patrice VERT

    J’ai toujours été étonné de l’appellation « Plein Ciel » pour le coupé et « Océane » pour le cabriolet car il me semble que le contraire eut été plus judicieux… ne dispose t’on pas du plein ciel à bord d’un cabriolet ?
    Le tachymètre à rouleau « simcascope » me plonge dans le passé et dans la P60 de mon grand-père qui en était équipée et dont l’extrémité du ruban rouge avait déteint et était passée du rouge à l’orange-jaunâtre car cette partie était toujours apparente et victime des rayons du soleil…

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  7. Docteur_Oliv

    La petite manette sur la colonne de Direction (bien visible sur la photo du SIMCASCOPE) est la commande de clignotants…
    Pour les Sièges 3D, je me souviens de Sièges (baquets) MOD PLASTIA marqués 3 D. Y a-t-il un lien ? car il ay a au moins 10 Ans d’écart entre cette voiture et les Baquets.
    à l’Arrière il n’y avait pas de sièges sur la Plein Ciel de Tonton Jean mais une tôle moquettée et que ma mère appelait  » Bac à Chiens » !

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    1. Patrice VERT

      En effet, il s’agit de la commande des clignotants, et il faut préciser que cette commande ne revient pas à sa position centrale lorsqu’on ramène le volant après avoir tourné et il faut donc l’y ramener manuellement, sans quoi, la voiture continue de clignoter… 😉