Tous fou de DS 🇫🇷

Par Patrice Vergès. La DS Citroën a quitté le statut de simple automobile pour celui d’une icone à quatre roues suscitant beaucoup de passion autour d’elle.  POA a rencontré trois amoureux inconditionnels de la DS originelle. La vraie, la seule, l’unique…. 

Bien que sa production ait cessé il y a 45 ans, la DS n’est pas encore une voiture rare puisqu’elle a été fabriquée à plus de 1,4 million d’exemplaires. Sa modernité hors du temps, sa silhouette fuselée hors des modes en font une voiture toujours très recherchée des collectionneurs malgré ses exigences en matière de bon fonctionnement. Il est vrai qu’en 1955 lorsqu’elle a été dévoilée, cette Citroën avait 20 ans d’avance sur ce qui roulait alors. C’est la plus futuriste des voitures du passé.  

POA a réuni trois passionné qui nous racontent leur amour autour de cette voiture pas comme les autres. Modèle décliné pendant 20 ans de fin 1955 à début 1975 dans de nombreuses versions à boîte mécanique ou hydraulique (embrayage automatique), plusieurs finitions ID/DS, plusieurs motorisations s’articulant de 1911 cm3 à 2347 cm3 avec des puissances variant de 66 ch à 139 ch SAE. Mais, les Petits Observateurs savent tout cela et bien davantage encore…. . 

Olivier   » un tapis volant

Ce passionné  ne possède pas seulement des DS mais aussi une Traction 15-Six et une 2 CV 1958 (photo Nico Delpierre)  

 Olivier n’a découvert l’univers de la DS qu’en 1997 à travers une passionnée qui lui a indiqué une ID à vendre  » C’était un modèle ID Luxe 1965, toutes options notamment la direction assistée mais dont le moteur ne fonctionnait plus. Je l’ai réparé pour la conduire. Une révélation par son confort, sa tenue de route, sa quiétude. Un vrai tapis volant « .  Olivier venait d’être frappé par le virus DS qui ne l’a plus quitté. 

Depuis, il a compté six DS et ID dont un modèle 1959 et une 21 Pallas 1966 boîte hydraulique intérieur cuir. Aujourd’hui, son cheptel en compte deux  » J’ai une DS19 1959 noire intérieur bleu dans son jus, boîte hydraulique évidemment qui a 100 000 km ; une merveille !  Et bien entendu mon cabriolet « .

Le cabriolet usine est le Graal de tous les possesseurs de DS,  construit à seulement 1371 exemplaires entre 1961 et 1971 chez le carrossier Chapron de Levallois. Chiffre qui a donné le jour à de nombreuses répliques qui permettent de dire qu’il y a presque plus de faux que de vrais. Sa rareté et sa beauté ont fait exploser ses prix qui tournent selon restauration de 120 000 à 150 000 euros contre 20/30 000 environ pour une belle berline 21/23. 

Cabriolet DS usine 1965 à moteur 1911 cm3 de couleur rouge rubis (Photo Nico Delpierre  » Les Citroën les plus authentiques) 

  » Le mien couleur rouge rubis, numéro Chapron 8794, sorti fin 1964, a été immatriculé en janvier 1965. Il est encore animé par le 1911 cm3 de 83 ch. Il avait déjà était refait en 1992 avant de rester stocké jusqu’en 2010, date où je l’ai acheté. Moi même je l’ai restauré depuis. Avec, j’ai parcouru autour de 30 000 km et c’est un bonheur complet par son confort, sa beauté et l’agrément du 1911 cm3 surtout avec la douceur de la boîte hydraulique. Cette voiture est un bonheur et malgré des propositions d’achat, je ne la vendrai jamais ! ».   

Patrice a eu 20 DS !

 C’est de la banquette arrière des six ID et DS de son père que Patrice a fait sa connaissance avec cette voiture dans laquelle il a évidemment beaucoup vomi. « Vers l’âge de 9 ans, il m’a permis de sortir son ID d’un champ et je me souviens que j’étais trop petit pour voir la route. Dès que j’ai eu mon permis de conduire, il m’a tendu les clés de sa 21 à boîte hydraulique et il m’a dit, comme par défi ; prends le volant !   Cela reste un grand jour de ma vie ». 

En 1990, Patrice achetait sa première DS 21 Pallas qui était déjà une voiture de collection suivie d’une petite vingtaine d’ID et surtout de DS 21 et 23 généralement en finition Pallas plus en adéquation à ses yeux avec l’image de luxe dégagée par cette Citroën. « Je les achetais souvent dans un état moyen. Je refaisais moi même la partie cosmétique tandis que les réparations mécaniques étaient confiées à un mécanicien spécialisé de la DS. Je m’en servais au quotidien car c’était encore une voiture moderne et sûre. J’ai surtout eu des 23 et des 21 à quatre phares que je préférais par leur moteur plus réactif. Je ne sais pas combien de kilomètres, j’ai parcouru en 25 ans. Disons plus 50 000 km mais je ne suis jamais tombé en panne avec « . 

Patrice roule aussi en Jaguar MK2

Les DS ont une odeur

Patrice est disert sur sa passion.  » Les DS et les Pallas cuir en particulier dégagent une odeur qui vient des moquettes et des tapis que j’adore. J’ai toujours préféré celles à boîte manuelle car j’aime passer les vitesses. En 2001, j’ai acquis une ID 19 de fin 1967 à phares ronds. Je l’ai gardée deux heures !  Un garagiste Hollandais à qui j’avais vendu une DS, me l’a achetée au téléphone.

Patrice n’a conservé que deux heures cette ID 19 1985 cm3 84 ch de juin 1967 achetée au téléphone par un garagiste hollandais 

Quelquefois je gagnais un peu en les revendant, mais je n’en ai jamais fait le commerce, sauf une fois.  En 2015, j’ai acheté, presque contre mon gré, une superbe 23 ie Pallas noire mécanique intérieur cuir fauve sortie fin 73 entièrement refaite à neuf. Plus neuve que neuve ! J’avais peur de l’abimer tant elle était belle. En fait, j’aime les voiture en bon état mais pas super-restaurée comme celle-là. Je ne l’ai pas gardée et l’ai revendue très cher pour l’époque avec 38 000 euros « . 

Il a gardé peu de temps sa 23 Pallas de fin 1973 intérieur cuir entièrement restaurée. Trop belle à ses yeux !

Celle qu’il a adorée,  c’est une DS 21 électronique boîte hydraulique sortie en décembre  1969 que son premier propriétaire avait porté chez Chapron pour la faire équiper comme la berline Majesty avec les enjoliveurs Robergel, baguettes, bas de porte en inox.   » Une DS rarissime que j’ai vendue à un gougnafier qui a fait enlever les chromes et qui a même fait détruire la voiture « .  

Il regrette sa 21 Électronique de fin 1969 à boîte hydraulique enjolivée par Chapron au volant de laquelle il a roulé en 2003

Jean-Pierre a eu plus de 100 DS !

Patrice la joue « p’tits bras » au coté de Jean-Pierre qui en a compté plus d’une centaine depuis sa première en 1980, une DS20 Pallas 1969 boîte hydraulique.   » Mon père a possédé plusieurs DS et avec mes frères et ma sœur, nous rentrions tous les cinq derrière.  J’étais le seul à vomir parmi les cinq et c’est amusant, c’est seulement moi qui roule en DS ».

 La place nous manque pour évoquer la centaine de modèles avec lesquels a roulé Jean Pierre qui, comme tous les passionnés par cette voiture, a ses modèles de prédilection.  » J’ai un goût particulier pour celles à ancien avant des années 60/61 avec le premier tableau de bord toujours en boîte hydraulique que je préfère de loin à la mécanique.  Parmi les plus belles, j’ai eu cinq Chapron dont une Dandy 1963 et un cabriolet Caddy de 1960. Parfois, j’en ai possédées une douzaine en même temps. Actuellement, je roule en ID 1960 La Croisette et je peaufine une 21 1968 Pallas hydraulique ». Heureux homme ! 

Sur la centaine d’ID/DS qu’il a possédées, Jean-Pierre à compté plusieurs Pallas

Jean Pierre a possédé 5 cabriolets Chapron 

Jean-Pierre roule au volant d’un superbe cabriolet La Croisette Chapron dont on remarque le pare-brise surbaissé 

 

L’avis des Petits Observateurs !

12 commentaires au sujet de « Tous fou de DS 🇫🇷 »

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  1. bartona

    Gros doute sur l authenticité de La Croisette
    possiblement trafiquée ?
    normalement ce modele 1959 et 1960 a un jonc chromé sur l aile arrière pour cacher une soudure
    beaucoup de pseudo Chapron, mais peu de vraies …
    idem pour la couleur sellerie et capote …rouge …

    à verifier…

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  2. Nabuchodonosor

    Je craque pour la Croisette Chapron, son pare-brise surbaissé, ses déflecteurs de portières, ses… enfin je craque tout simplement.
    😉

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  3. stef

    je roule actuellement en ID19 de 68, c’est la plus fiable par son état des 6 ID/DS que j’ai possédé, dont une 21 Pallas. mes préférée son boite mécanique et carbu..ma DSuper5 fut pour cela le meilleur compromis! dommage mon actuelle ID manque un peu de puissance…mais, bon, pour rouler a 80…je la fait rouler a raison d’environ 6 a 7000KM par an, ma préférence est pour ls trajets de plusieurs centaines de KM plutôt que pour aller chercher le pain! c’est une auto formidable et suffisamment moderne, a part la conso, pour s’intégrer parfaitement dans la circulation actuelle!!

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  4. Damien

    Mon père roulait en ID dans les années 70. Enfant, je détestais cette voiture dans laquelle j’ai beaucoup vomi. Aujourd’hui, j’aimerais en trouver une mais les prix commencent à s’envoler et l’entretien coûte une petite fortune comme à l’époque. Mon père l’a vendue pour ça et préféré une 504 Peugeot intérieur cuir.

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  5. Chapman

    C’est peu de dire que j’ai aimé cette voiture, j’en ai possèdé une dizaine de tous modèles. C’était au début des années quatre-vingt, elles ne valaient rien, on m’en a même donné une parce qu’elle perdait son précieux fluide vert. Quand on avait compris comment ça marchait, qu’on avait intégré qu’il fallait démonter trois trucs avant d’en atteindre un quatrième, elles étaient finalement pas si difficile à entretenir.
    Je poussai le vice jusqu’à prêter ma DS à un autre pour qu’en le précédant, je puisse admirer ma belle évoluer dans mon rétroviseur…. C’est vous dire si j’étais atteint.

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  6. Commissaire Juve

    Vous n »avez pas parlé de la DS volante conçue par le chef décorateur Max Douy.
    Il faut dire que ce modèle est unique, que cela fait 55 ans que je lui cours après et que je n’ai pas encore réussi à mettre la main dessus.
    Mais je ne lâche pas l’affaire. Ah, ah, je t’aurais Fantomas…

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    1. Lieutenant Columbo

      Mais Commissaire, la voiture vole, courir ne sert à rien…
      Au mieux à mettre la main dessous, mais pas dessus…

  7. François P

    Fou de DS, le mot est faible, la passion pour les DS est totalement irrationnelle et cette voiture est envoûtante.
    Je suis tombé sous son charme au début des années 60 grâce à un voisin qui m’enmenait quelquefois et qui acceptait que je participe au nettoyage de la belle. Je n’ai eu ma premiere DS que beaucoup plus tard, une D Super 5 full options, véritable bête à manger du kilometre. En 270 000 km elle ne l’a jamais déçue ni laissée sur le bord de la route. Aujourd’hui je regrette de l’avoir vendue mais son nouveau propriétaire était aussi un passionné.
    Depuis il y a eu GS, CX et beaucoup d’autres et si je roule encore en DS de nouvelle génération elle n’a pas le charisme de ses ancetres

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    1. Delahaye JP

      même en miniature, elle passionne, à n’importe quelle échelle. Ma prédilection est le 1/43ème….. j’en ai ?… je ne sais plus combien, mais quelques pièces uniques et personnelles fabriquées au coin d’une table. Cependant, je n’ai qu’une ID 19 en cours de restauration, bientôt terminée, elle me suffit pour l’instant.