Peugeot 406 V6 Coupé (2000) 🇫🇷 La beauté est intemporelle

Par Patrice Vergès.Par sa beauté esthétique, le coupé Peugeot 406 traverse le temps et l’espace avec infiniment de grâce et de jeunesse surtout quand on se rappelle qu’il a vu le jour il y a presque 25 ans .

25 ans après sa naissance, la pureté de la silhouette du coupé 406 reste exceptionnelle 

Aucun artifice esthétique ne vient polluer les formes comme me l’avait expliqué Sergio Pininfarina avec qui j’avais pu longuement discuter lors du lancement de ce coupé

Dans le doux murmure ouaté de son 6 cylindres, le coupé 406 bleu Riviera de Laurent se gare devant moi. La pureté de ses formes toutes en courbes douces et sensuelles m’étonnent encore et me rappellent son essai en Israël il y a presque un quart de siècle. Son propriétaire Laurent est un confrère qui écrit avec talent dans le magazine Youngtimer.  Entre lui et la 406, ce fut comme le coup de foudre d’une vie.

Seulement bleu Riviera

  » C’était au Mondial de Paris en 1996 où fut dévoilé le coupé 406. J’étais encore adolescent mais je me souviens de la décoration du stand Peugeot et de la tenue des hôtesses et surtout du coupé 406 V6 de couleur bleu Riviera avec l’intérieur cuir abricot. J’ai pensé que j’en aurais un, un jour ! » avoue-t-il.

Laurent devra espérer plus de 20 ans, date où il s’est mis en quête d’un coupé 406. Pas n’importe lequel, il le souhaitait en motorisation V6 3 litres davantage qu’en 4 cylindres 2 litres où diesel qui ont été les plus produits, uniquement  bleu Riviera et pas une autre, avec des sièges cuir couleur abricot identique à la voiture du stand. Si le coupé 406 n’est pas une voiture rare puisqu’il a été produit par Pininfarina à plus de 107 000 exemplaires (70 000 de prévu) entre 1997 et  fin 2004, les versions V6 qui se sont le moins vendues à cause de leurs 15 chevaux fiscaux surtout dans cette teinte n’étaient pas facile à dénicher. 

  » J’ai pas mal cherché et dû en essayer 5 ou 6 avant de trouver celui là en 2015 évidemment bleu Riviera mais pas avec l’intérieur Abricot mais noir car je me suis dit que je trouverai jamais. C’était un millésime 2000 avec le nouveau moteur 6 cylindres ES954 S à admission variable poussé à 207 ch contre 194 pour l’ancien( rien à voir avec le PRV). Il était en bel état avec 119 000 km ce qui est peu pour cette mécanique et avec le Pack (sièges électriques chauffants, chargeur CD) et avec la suspension pilotée qui ne fonctionne certainement pas car je ne sens pas de différence quand je l’actionne « . 

La planche de bord était celle de la berline 406 à quelques détails notamment des compteurs cerclés de chrome  et le sigle du carrossier italien  au dessus de la boîte à gants.

Confortables sièges couverts de cuir de bonne qualité à commande électrique sur la Pack

Le V6 de 3 litres calé à 60 degrés bénéficia d’une admission variable dès 2000 portant sa puissance à 207/210 ch. On remarque la barre anti-rapprochement entre les suspensions, propre à cette motorisation 

Châssis très performant

 Depuis Laurent a seulement parcouru 20 000 km car ce grand malade possède d’autres voitures de collection, aime acheter et pas vendre et habite plus un musée qu’une maison pour abriter ses merveilles. Nous partons dégourdir les jantes 16 pouces de sa belle qui est dans un état exceptionnel malgré ses 20 ans d’âge.  Le gros V6 se fait à peine entendre dans l’habitacle feutré et il faut le monter en tours pour qu’il commence à miauler avec un ton plus bourgeois que sportif. Laurent est pointu sur le sujet.   » Cette 2eme version du V6 bien que plus puissant et moins rageur mais plus souple et plus économique que le 194 ch avec une sonorité plus suave. Il faudrait monter une ligne d’échappement en inox pour qu’il chante mieux ». 

 Rappelons que le coupé 406 n’était pas seulement beau mais nanti des qualités dynamiques exceptionnelles de la berline du même nom en mieux.  Sa suspension avait été durcie et surbaissée, ses voies s’étaient élargies, son train avant encore amélioré, son freinage renforcé était signé Brembo. De quoi ‘exploiter tout à fait les 207 ch de sa mécanique qui lui permettaient grâce à son Cx performant de 0,32, de fendre l’air à plus de 240 km/h et d’atteindre le 100 km/h en 7,8 secondes. Beaucoup la surnommaient la Ferrari française à cause de ses performances et de sa similitude de lignes avec la Ferrari 456 due à son dessinateur alors que Laurent pense plutôt à une Aston Martin DB7, notamment au niveau du dessin du pavillon tout en courbes. 

 « Un acte de résistance »

Malgré ses 140 000 km, aucun bruit de mobilier ne vient troubler le silence à bord, tout fonctionne, le cuir noir des sièges confortables semble neuf et la planche de bord décriée à l’époque car identique à celle de la berline est bien plus belle que certaines digitalisées de nos contemporaines.  On a beau la regarder sous tous ses angles rien n’a vieilli dans cette voiture même si la mode chausse nos voitures actuelles de roues plus grandes et de phares plus amples. 

Pas question de la vendre mais plutôt d’acheter une autre ancienne pour Laurent qui regrette, par ailleurs, la mode du downsizing entraînant la disparition des moteurs 6 cylindres au profit des 4 voire 3 cylindres.  » Acheter un 6 cylindres sera pour moi comme un acte de résistance certainement une Alfa V6 Busso avant la fin du monde ».  

Journaliste à Youngtimers, Laurent est un véritable passionné d’automobile

Le fameux regard de la 406  avec les lave-phares équipant uniquement la V6

Pininfarina souhaitait que les rétroviseurs ne soient pas peints couleur caisse mais en noirs pour mieux s’intégrer dans le foncé des surfaces vitrées teintées

La version V6 était chaussée de jantes de  16 pouces qui laissaient deviner les étriers de freins Brembo à 4 pistons enserrant des disques plus importants 

Boîte à 5 rapports seulement, c’est ce qui date   le plus le coupé 406

Avec 406 coupé , pour la première fois, Pininfarina montait intégralement une Peugeot en recevant l’ensemble mécanique de Sochaux et non l’inverse comme auparavant

L’avis des Petits Observateurs !

21 commentaires au sujet de « Peugeot 406 V6 Coupé (2000) 🇫🇷 La beauté est intemporelle »

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  1. Philga

    Après en avoir rêvé à 45 ans, mais j’avais trois enfants à l’époque, j’ai craqué il y a 4 ans pour un modèle de 2001, bleu Byzance intérieur cuir alezan, presque à l’état neuf qui n’avait que 40000 km. La raison m’a fait choisir un 2 l (consommation, entretien, assurance et désir de conserver mes 12 points de permis) ce que je ne regrette pas, car j’apprécie surtout cette voiture pour sa ligne et son comportement routier. La limitation à 80 sur les routes n’a fait que me conforter dans ce choix. Le 2.2 l 160 ch aurait été un bon compromis, mais je n’en ai pas trouvé dans cet état et ce kilométrage.
    Si on la compare à une 407, la ligne est évidemment bien plus réussie alors que par rapport à une 504, on a l’avantage d’avoir une voiture qui possède presque tous les équipements d’une voiture moderne, à l’exception des gadgets électroniques dont on se passe volontiers et, en 2 litres, un moteur quasiment aussi puissant que le V6 de la 504 et tout cela pour un prix nettement inférieur. Bref que du bonheur…

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  2. Henri

    Assurément une des plus belles Peugeot jamais construite. Comme souvent, je trouve que les premières versions sont les plus réussies, sûrement les plus proches du dessin initial du designer… et quel bureau de style ici !
    Je regrette fortement ce temps où des designers indépendants étaient sollicités par les constructeurs, et pas seulement les plus prestigieux. Ils sont créé des lignes souvent très réussies et qui donnaient à la production automobile une apparence bien plus personnelle que la production tout droit sortie des stylistes dits maison de chaque constructeur.
    Regardez la VW Golf 1, les multiples Peugeot 404, 504, 405, 306 Cabriolet ; l’Alfa Roméo 33 SW, 147, 156, Brera ; les Lancia Delta, Gamma et Gamma Coupé… toutes des voitures de série voire de très grande série dont les modèles qui leur ont succédé sont très souvent moins réussis sur le plan du design.
    La visite du musée Automobile de Turin (MAUTO) pourrait être un bien beau sujet de reportage pour notre gouvernement d’ici quelques mois, quand souhaitons-le vivement le Covid19 sera devenu moins dangereux ou dompté. C’est un lieu magique !
    Cheers and Take Care!

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  3. EricFred

    Certes ce fût une belle auto mais l électrification a marche forcée et surtout la politique d interdiction de circulation déjà en place dans beaucoup de régions en France la condamne au musée . C’est hélas souvent oublié de le dire

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  4. Pascal

    Les dernières Peugeot qui n’avaient pas besoin de lifting, une ligne intemporelle qui plaît encore aujourd’hui. La 407 coupé sera une caricature. On ne fait plus appel aux designers italiens cela se voit.

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  5. Pascal DeVillers

    Bonsoir,
    Personnellement, j’ai un peu de mal à converger vers cet élan de louanges pléthoriques .
    Certes, c’est une belle auto, mais bien moins charismatique qu’un coupé 504 et de là à la comparer à une Ferrari 456 … peut être en plissant très fort des yeux en plein brouillard.
    Néanmoins il est vrai que sa ligne vieillit plutôt bien .
    Ce qui reste son gros point noir esthétique, c’est son intérieur qui ne fait vraiment pas rêver .
    J’en ai vu une très belle une fois , elle était vert bouteille intérieur cuir abricot.
    Pascal

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    1. Zano

      Vous êtes dur. La 456 est très belle mais tire beaucoup de son charme de sa face avant avec ses feux rétractables, je trouve que l’arrière a moins bien vieilli.
      Aussi bien techniquement qu’en termes d’exclusivité les 2 modèles sont évidement incomparable mais la 406 coupé vieillit bien et devient peu à peu un collector (surtout que son prix longtemps au ras des pâquerettes laisse de moins en moins de beaux modèles sur le marché)

  6. Chapman

    Quelle dommage que nos marques nationales ont abandonnés la production de vrai coupés. Mêmes ceux considérés comme ratés ont plus de charme que la berline correspondante.
    C’est vrai que cette 406 était vraiment bien née…. Avec pininfarina, Peugeot s’est rarement trompé.

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    1. Chapman

      La première que j’ai vue était jaune beurre frais ( enfin ce n’est sûrement pas la dénomination commerciale) pilotée par une belle blonde.
      J’ai comme une persistance rétinienne.
      😉

    2. Neufcentdixespada

      Hélas oui… on imagine ce que serait une 508 actuelle en coupé version PSE,de couleur noire… une tuerie!!!

  7. Geraud

    Bonjour, j’ai également une 406 coupé identique à celle présentée ici, Bleu Riviera e5 cuir noir aussi, V6 aussi mais le 3.0 194cv (année 1998 pour éviter le multiplexage des années suivantes et le cortège des pépins électroniques). J’ai fait cet achat il y a 2 ans et je ne regrette absolument pas, tout est dit, une ligne intemporelle, des qualités routières toujours d’actualité !

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  8. blanchard

    Je suis l’heureux propriétaire d’un coupé en version 4 cylindres 2,2l 160 cv, je trouve cette motorisation fabuleuse, il y a assez de puissance et le couple n’est pas ridicule, je peux descendre à 40 Km/h en 5ème sans difficulté même si cela n’a pas vraiment d’intérêt.

    Le moteur est silencieux même au-dessus de 150 Km/h ce qui n’est pas le cas de la version 2,0l, la tenue de route est vraiment efficace, il m’arrive d’allumer un peu dans les petites routes et a aucun moment la voiture ne m’a donné de signe de faiblesse.

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  9. Nicolas C

    Très belle auto je confirme…. la première fois que je l’ai vu c’était en vacances dans les Pyrénées avec mes parents en 1997 : j’étais gamins et on en suivait une rouge Lucifer sur les routes sinueuses avec la voiture de famille : 405 srdt…. mon père a de suite adoré mais n’en a jamais acheté… il a fallu attendre 2008 et mon premier CDI, pour que j’achète mon premier 406 coupé, et aujourd’hui une deuxième en V6, le graal, un vrai régal.

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  10. Agobet Denis

    Très belle bravo, étant plus fan d’allemandes j’ai craqué à Noël dernier pour une v6 de 1998 vert Lugano et je ne m’en lasse pas, elle est trop belle et très agréable à rouler ( boîte auto)….longue vie à POA

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    1. Bébel

      Celle avec la calandre qui sourit ?
      … Permettez que je ne partage votre avis.
      Un peu comme Pamela Anderson, je préférais la version avant restylage…

    2. Huile de cannes

      Oui celle-ci ! avec la calandre qui sourit, c’est si joliment dit !
      La principale différence en dehors du fait que la calandre est plus imposante, c’est que la plaque minéralogique, qui minait le design de la face avant, migre désormais au ras de la route, et cette disposition, à mon goût, est vraiment plus esthétique…Mais c’est vrai que la prise d’air inversée façon Alfa a aussi du chien…
      Bon de toute façon tout ceci n’est que détails, la 406 est sublime ! mais bon il faut bien que l’on joue notre rôle de petits observateurs !

  11. Nabuchodonosor

    A l’instar d’une DS, d’une l’A5 coupé ou de la S2000 étudiée tout récemment, un trait de crayon parfait, sans artifices ajoutés, une ligne à couper le souffle, on peut indubitablement qualifier la 456 GT Franc-Comtoise, dite, sans langue d’oïl « Ferrari du pauvre », de beauté intemporelle.
    Un grand merci collégial à Laurent et Oncle Pat’ d’avoir mis un peu de couleurs en ce lundi pandémique, dans nos âmes d’enfants éternels…
    😉
    Nabu amoureux des belles choses.

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    1. CONSTANT

      Très belle auto je confirme…. la première fois que je l’ai vu c’était en vacances dans les Pyrénées avec mes parents en 1997 : j’étais gamins et on en suivait une rouge Lucifer sur les routes sinueuses avec la voiture de famille : 405 srdt…. mon père a de suite adoré mais n’en a jamais acheté… il a fallu attendre 2008 et mon premier CDI, pour que j’achète mon premier 406 coupé, et aujourd’hui une deuxième en V6, le graal, un vrai régal.