Chevrolet pick-up 3100 🇺🇸 il cache bien son jeu…

Par Patrice Vergès. Vous connaissez la tendance du restomod qui consiste à apporter des modernités techniques à une ancienne sans polluer son esthétique.  Le pick-up Chevrolet 1951 de Jérémy va beaucoup plus loin.Explications.

Aux USA, le pickup GM de la série des 3000 (charge utile en livres) fait l’objet d’une véritable passion de nombreux amateurs de custom et autres accros de lowrider. Produit à de très nombreux exemplaires entre 1947 à 1955 dans cette version, ce Chevrolet a révolutionné le monde des utilitaires par sa silhouette potelée plus  valorisante de grosse berline. Enflammé par l’auto et surtout l’Amérique, Jérémy rêvait depuis longtemps de rouler en pick-up Chevrolet des fifties. 

 7 ans de réflexions

  » J’ai cherché pendant 7 ans car je voulais un modèle bien particulier à 3 glaces et à pare-brise à montant central avant 1954. Je souhaitais évidemment en trouver un customisé mais dans un esprit bien particulier. Puis, un jour sur une annonce, un importateur proposait ce modèle 3100 (500 kilos de charge utile) exactement dans l’état que je souhaitais. J’ai craqué ! « .

C’est ça le restomod, une caisse de 1951 qui cache des dessous modernes – Le Chevrolet Pick up 3100 a été produit sans cette forme de 1947 à 1955 

Rouille en surface,  dessous éclatants

C’est seulement par sa cabine que son pickup est conforme à la version originale selon la tendance du restomod. Elle est posée sur un châssis bien plus moderne de Chevrolet S10 à suspensions avant indépendantes tandis que les jantes en alliage léger de 18 pouces cachent quatre freins à disque. Sous le capot, le 6 cylindres en ligne latéral de 3,5 l et 92 ch a laissé la place à un V8 350 CI (5,7 l) de Chevrolet Corvette à injection délivrant 300 bons chevaux. Moteur accouplé à une boîte auto à 4 rapports (trois plus overdrive) sans oublier une direction assistée. Bref, de quoi offrir de bonnes performances à ce lowrider (160 km/h) et s’insérer en toute sécurité dans la circulation.

Sous le capot, le 6 cylindres en ligne a laissé la place à un V8 5,7 l de Chevrolet Corvette 

La planche de bord qui reste dans son dessin original, masque sa modernité L’écran du GPS et de la camera de recul est masqué par le couvercle de la planche de bord

 » Partis en vacances avec »

 » Nous avons parcouru 1000 km avec lors de nos vacances. A l’intérieur, il est très bien insonorisé, confortable malgré sa suspension rabaissée et surtout pas trop bruyant car le moteur tourne à des régimes très bas grâce à l’overdrive à 130 km/h sur autoroute avec une consommation très basse de 7 à 8 litres aux 100 seulement ». 

 Comme j’ai pu m’en rendre compte en roulant à ses côtés, son Chevrolet  offre un confort assez étonnant et une filtration des bruits rare sur un utilitaire surtout âgé de 70 ans et aussi surbaissé.  Il propose aussi un équipement de moderne bien planqué derrière des accessoires d’époque. Les glaces électriques sont commandées par la manivelle des vitres, le GPS et la caméra de recul sont cachées derrière la plaque centrale de la planche de bord toute comme la chaîne HiFi digne d’une boîte de nuit et la climatisation. Jérémy aime son confort. 

Si l’extérieur de la radio GM est d’époque, le son est d’aujourd’hui ! La casquette de pare-brise est une pièce d’origine et non une reconstruction

 » rat’s look »

 Il s’est renseigné sur l’histoire assez étonnante de son Chevy. Il appartenait à un garagiste spécialisé dans le pick-up  » Wired-Up Auto » habitant Moose Jaw une petite localité du Canada. Ce dernier a effectué un travail colossal pendant de longues années à le restaurer en lui donnant cet aspect très original. Hélas, il a dû s’en défaire pour un problème financier dont à profité Jeremy qui a continué son œuvre en lui envoyant des photos. 

Relevage électrique du plancher qui laisse découvrir certains organes mécaniques

La mode autour de ce célèbre pick-up Chevrolet est de lui donner un aspect usé d’utilitaire et souvent rouillé selon la mode « rat’s look » avec des peintures imitant la rouille. Perfectionniste, il voulait de la vraie rouille, des chromes réellement piqués, des pare-chocs surmenés, une peinture patinée symbolisant l’usure du temps et l’usage utilitaire et intensifs que les fermiers en faisaient. 

Dans le sien, tout est vrai. Du doigts, il me montre le nom du fabricant de la casquette d’origine qui masque le haut du pare-brise, les soudures, la benne en bois exotique dont le plancher se relève électriquement en laissant découvrir les modifications mécaniques réalisées sur la suspension arrière et le positionnement du réservoir et de l’échappement, le travail sur la patine des jantes trempées pour avoir cet aspect. Rien ne doit avoir l’air neuf, c’est l’esprit recherché par notre passionné.  » J’en rêvais depuis longtemps mais celui là était au delà de mes rêves  » avoue-t-il les yeux brillants.  Bientôt un autre pickup Chevrolet Task Force à la silhouette plus moderne des Chevy 55 en version 4X4 viendra lui tenir compagnie. Quand on aime on ne compte pas ! 

Voici dans quel état il était avant sa restauration commencée aux USA

 

Jeremy a cherché pendant 7 ans le 3100 de ses rêves  –

Le 3100 de série en version luxe édition 1951

L’avis des Petits Observateurs !

8 commentaires au sujet de « Chevrolet pick-up 3100 🇺🇸 il cache bien son jeu… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Nabuchodonosor

    Derrière Jérémy et son magnifique pick’up truck lowrider restomod rat’s look, on sent les pins de la forêt landaise qui est un peu notre Amérique à nous, si chère à notre oncle Pat’

    Répondre
  2. Pierre_

    Dire que ces camionnettes passaient inaperçues lorsque je travaillais aux USA début des 80’s.
    Les nombreuses restaurations visibles sur la toile me tapent dans l’oeil.
    Eh voilà, ma liste s’allonge!

    Répondre
  3. Dany

    Etonnant ! on se demande quel peut-être le prix de revient d’une telle voiture ? Dommage que son propriétaire ne le donne pas. Certainement plus de 100 000 euros ?

    Répondre
  4. Fab

    J’apprecie la qualité du travail certes, mais pour moi, ils ne sont beaux que d’origine. Cette mode passera, et il finira oublié. Par ailleurs en cas d’accident corporel, je ne voudrai pas en être le propriétaire.

    Répondre
  5. Bruno

    Magnifique ! Les accessoires modernes sont vraiment discrets, ça doit être très plaisant à conduire tranquille avec le ronronnement du V8 et de temps en temps se faire plaisir avec le gros couple en restant en sécurité grâce au freinage moderne. Et apparemment il y a même moyen de limiter la gourmandise du « small block » (7-8 l / 100 km à 130, c’est très raisonnable). Dommage qu’en France un tel véhicule ne sera jamais 100% « street legal », même si des solutions existent pour rouler sans trop de soucis.

    Répondre