Souvenirs d’Autos (295) : la dernière séance en Ford Vendome

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Après l’histoire sur sa Dauphine (qui consommait quand même beaucoup d’eau), Alain est de retour avec une Ford Vendôme ! Mazette quelle auto !!!

Septembre 1961.

Dans un mois j’aurais 10 ans et depuis bientôt 4 ans, à pied, le long chemin de l’école est une véritable aventure ou je pars à la découverte des rues de cette ville ou je vis maintenant…

Dans la dernière partie du chemin du retour, on passe le souterrain sous la gare et on descend la rue Pasteur jusqu’à la boulangerie où ma mère travaille et où l’on s’arrête à l’heure du goûter pour avaler un cornet à la crème…

Mais avant, il y a la librairie avec le rayon bonbons comme dans la chanson de Renaud (pas Roubaudi, l’autre!), en face de la grande quincaillerie de la famille Pardieux, et plus bas, entre la crémière et la boutique de Madame Dégachon, la mercière, en retrait d’un vaste espace, le Cinéma (dont j’ai oublié le nom et celui de son propriétaire) mais qui devait s’appeler L’ESCURIAL ou LE TRIANON ou encore LE MOGADOR, noms déjà enchanteurs des cinémas de banlieue encore survivants à cette époque.

Jusqu’à maintenant , je n’y faisais pas trop attention, mais depuis quelque temps une grosse auto type « américaine » est garée devant et on installe sur la façade de grandes affiches peintes, c’est la sortie des « Canons de Navaronne », avec Grégory Peck, David Niven et Anthony Quinn…

Je ne sais toujours pas comment ma Mère à compris mon intérêt soudain pour cet endroit, mais ce fût mon cadeau d’anniversaire, le premier film que je vis, et fut subjugué par ce nouveau lieu.

J’aime tellement cet endroit qu’à chaque fois que la porte est ouverte j’y jette un œil curieux mais timide, j’aime cette salle sombre, vide, ses fauteuils en bois, cette chose si nouvelle pour moi, le cinéma !

Je ne souhaite qu’une chose, y retourner, mais ce n’est pas au programme familial !!!

Un jeudi, à force de me voir rêver devant la petite vitrine ou il expose quelques photos du prochain film, le propriétaire des lieux, qui connait ma mère, me propose de visiter la cabine de projection où il est en train de charger un nouveau film (je sais, je sais, comme Toto dans Cinéma Paradisio!!!), et comme je dois attendre ma mère, il me propose de l’accompagner à la gare pour aller chercher un colis… et là stupéfait, on y va avec la grosse auto (mes oncles roulaient en aronde…)

J’ai oublié tous les détails mais pas celui d’avoir soudain accédé à ce qui me paraissait être le symbole de l’excellence, du pouvoir, du rêve et de l’aventure… je crois que c’était la seule Ford Vendôme de notre petite ville et elle allait si bien avec ce cinéma et son propriétaire mystérieux…

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.

On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…

Et si possible, joignez à votre histoire des photos….

On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (295) : la dernière séance en Ford Vendome »

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    1. Jean-Michel KAGAN

      Ça marche, j’ai regardé, écouté, et je me suis retrouvé au Grand Sécrétan, cinéma de quartier de Paris de mon enfance. Qui se souvient des « Chocorêves » » dans le panier en osier que tenait l’ouvreuse devant elle en déambulant dans les rangées latérales du ciné ?

  1. Nabuchodonosor

    « La lumièr’ revient déjà
    Le SDA est terminé
    Je réveille mon voisin
    Il dort comme un nouveau-né
    Je relèv’ mon strapontin
    J’ai une envie de bailler
    C’était la dernièr’ séquence
    C’était la dernièr’ séance
    Et le rideau sur l’écran est tombé »
    ♪♫♫♪
    Merci Alain pour ce splendide Souvenir D’Auto en salle obscure.
    Ah, si les cabines de projection pouvaient parler…
    😉
    Nabu-Schmoll

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  2. Neufcentdixespada

    Ça me rappelle le moment ou je me sentis le roi du monde lorsque je fis le tour d’un pâté de maisons à Douarnenez dans la Citroen SM verte métallisée d’un copain de billard de mon grand-père, un certain Jean Marty(quadruple champion du monde de billard Francais.soit dit en passant… ) .Bref le combo parfait :l’Homme et sa Voiture … aïe .souvenirs pirates ,désolé commandant…

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  3. Pierre_

    J’ai lu ces lignes il y a pas longtemps dans un roman de Christian Signol.
     »_Je me réfugiais dans mon bureau, endroit où désormais je pouvais me mettre à voyager dans le temps, retrouver les moments heureux de ma vie, les plus insignifiants mais non les moins précieux.
    Tout se dissout pourtant peu à peu sauf le souvenir du bonheur de l’enfance éternelle.
    Le meilleur de ma vie c’est aussi ces années là.
    Suggérer avec sensibilité et nostalgie la fuite du temps, le passage à l’âge adulte._ »

    Merci Alain pour cette belle histoire.

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    1. Alain L

      C’est exactement ça! on ferme les yeux une minute et la machine a remonter le temps se met en marche… Mais ici c’est grâce au Commandant Chatel, car jamais je n’aurais imaginé que le souvenir d’une bagnole soit la porte d’entrée de l’histoire, et c’est ça qui est formidable!!!

  4. Chapman

    Merci Alain pour cette escapade dans votre passé. C’est vrai que ces grosses Ford faisaient cossues. Les portières arrières inversées, c’était pour moi, le top du top.
    Un ami de la famille posséda une Vedette jusqu’au milieu des années soixante-dix. Il me faisait rêver en me disant que c’était des voitures à coucher les platanes tant elles étaient solides. Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion de me promener à son bord.

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