Souvenirs d’Autos (287) : Une décision que seul un propriétaire de DS peut prendre….

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Didier qui nous envoie cette histoire magnifique apporte la preuve que le Grand Charles savait choisir ses autos !!

Dans les années 2000, je roulais au quotidien avec une DS 23 i. J’ai parcouru environ 50.000 km en trois ans avec cette voiture avant de la mettre au garage pour en refaire le réseau électrique qui donnait des signes de fatigue. J’avais reçu un véhicule de société et le moment me semblait idéal pour me lancer dans quelques travaux.

Mais ce n’est pas le sujet de mon intervention. Comme vous pouvez le voir sur la plaque d’immatriculation, j’habitais à l’époque en Allemagne.

Un samedi soir, je me rends chez une amie pour une petite fête. C’était l’hiver et il faisait déjà sombre lorsque j’arrivais sur place. Vers deux heures du matin, étant le dernier invité encore présent, je prends congé de mon hôtesse.

En arrivant près de ma « Göttin », dans le noir, je ne remarque rien de spécial mais l’hydraulique une fois montée en pression, je veux quitter mon parking et je m’étonne d’un comportement étrange.

Je descends de la voiture pour tristement constater que les deux pneus côté trottoir sont à plat !

D’abord interloqué, j’essaie, malgré l’obscurité, d’explorer le caniveau pour y trouver quelques objets ayant pu provoquer cette mésaventure puis, en regardant autour de moi, je remarque que dans un angle en « Z » que faisaient les bâtiments, plongé dans une pénombre inquiétante, se trouvait une entrée de garage dont je gênais l’accès ! Bigre !

Je dégage ma Déesse de son piège pour en changer la roue avant contre la roue de secours.

En observant celle-ci, je ne trouve aucune trace de violence. Par contre, le petit bouchon noir de la valve a disparu. J’en déduis que les pneus sont dégonflés mais non crevés.

Je sonne chez mon amie pour lui conter l’histoire et lui demander si, par le plus grand des hasards, elle aurait une pompe suffisamment dimensionnée pour redonner du souffle à ma roue arrière ?

Elle me répond par la négative mais me confie qu’à quelques centaines de mètres, une station-service 24/24 aurait de quoi me dépanner. Je démonte alors la roue, l’embarque dans sa voiture et nous descendons vers la station. Arrivé sur place, je tente de regonfler le pneu mais lorsque j’ôte le tuyau du compresseur, l’air s’échappe par la valve.

Étant dans l’incapacité, après étude de l’objet, de comprendre pourquoi il ne remplit plus son office, en l’occurrence, retenir l’air à l’intérieur du pneu, je prends une décision que seul un conducteur de DS, un dimanche matin vers trois heures du matin, peut prendre.

Je suis rentré sur trois roues. Un peu de ville et une petite dizaine de kilomètres de voie rapide.

Sans encombre.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.  On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…  Et si possible, joignez à votre histoire des photos….  On adore ça chez POA ! Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

17 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (287) : Une décision que seul un propriétaire de DS peut prendre…. »

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  1. Thierry

    Du coup j’ai recherché la région E , ce serait donc Essen … les hivers étaient rigoureux en ces temps, rare devait-être cette DS outre Rhin, j’ai pas trop de souvenirs ayant aussi vécu un an là bas, de Citroën.

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    1. Didier

      Pour rouler au quotidien, rare en effet, mais la communauté de citroënistes était active. La plupart possédant une ancienne Citroën et roulant au quotidien dans une allemande récente.

  2. Chapman

    Bravo Didier, voilà une façon élégante de se tirer d’affaire. Cette particularité de la DS et des autres hydrauliques de la marque est aujourd’hui très connue. Pour les spécialistes des séries télé des années 80 je me souviens d’un épisode de « Chips » feuilleton débilitant mettant en scène deux motards de la police autoroutière de Los Angeles, qui poursuivaient un mec qui roulait sur le highway sur trois roues en DS américaine.
    Pour la petite histoire, j’ai éclaté un pneu arrière sur une ID 19 sur l’autoroute et, hormis le bruit d’enfer du caoutchouc tapant (et déformant) l’aile arrière, l’auto est restée stable et imperturbable et j’ai pu quitter la fille de gauche et me rabattre sur la B.A.U. sans encombres.

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    1. Docteur_Oliv

      Pour les Pneus, la conjugaison Pneus radial X et faible poids sur l’Arrière font que les pneus dépassient leurs limites alors qu’ils étaient apparemment OK. Explication probable de votre situation embarrassante….

    2. Chapman

      Tout à fait docteur. Ces pneus n’étaient pas usés et leurs dessins étaient encore profond mais, ils étaient vieux et secs. J’ai toujours été intraitable sur les pneus de mes voitures et cet épisode m’a servi de leçon. La profondeur de la sculpture est suffisante pour la police mais la fraîcheur de la gomme et la bonne pression sont également de précieux indices.

  3. MF67

    J’avais fait rouler sur 3 roues ma première GS, c’était marrant à voir. On peut le faire pour épater les amis, mais pas trop souvent non plus, puisqu’il me semble que ce n’est pas forcément indiqué pour la longévité des trains roulants.

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  4. Georges Piat

    Le poids de la DS étant plus centré vers l’avant, il suffit en effet d’avoir juste une roue à l’arrière mais cela ne marcherait pas avec des passagers !
    C’est vrai, ce genre d’exploit est propre à la DS !

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  5. Jean-François BERTRAND

    Le voisin malveillant espérait il que vous veniez sonné à sa porte pour qu’il vous rende les obus subtilisés et part la même vous passez une soufflante dont il devait avoir le secret ?
    Mais grâce aux ingénieurs chevronnés vous avez rit plutôt qu’il vous en cuise et avez laissé cet individu à son aigreur et sa lâcheté !

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  6. Nabuchodonosor

    Tout comme le Général au Petit-Clamart, vous fûtes cher Didier victime d’un véritable Anschlag. Ach !
    Mais au lieu de faire pleuvoir ses projectiles sur vous, das kommando en fin tacticien choisit de retirer les obus de votre Göttin comme on dit dans la langue de Goethe, qui une fois encore tirera son hôte d’une situation critique avec honneur, ce quelque-soit le côté de la frontière.
    Das ist die Deutsch-Französische Freundschaft meine lieben.
    Die Göttin, das Auto !
    CQFD
    😉
    Meinen Respekt, Herr General

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    1. Docteur_Oliv

      cher Nabu
      Votre phrase figurera au Pantheon des Phrases inoubliables ( et à enseigner dès le CM2 ! )
      e.g. « God created war so that Americans would learn geography » Mark Twain (écrivain et essayiste américain 1835 – 1910)

    2. Didier

      Si l’on considère le nombre d’obus signés Citroën qui on été envoyés sur la tête de son arrière grand-père durant la première guerre mondiale, je considère que nous sommes quitte!

  7. Alain

    Génial ! Enfin pas vraiment pour vous sur le coup… Il est vrai que d’arracher l’obus n’est très sympa. Un dégonflage aurait suffit mais c’est tellement plus long à faire qu’il y a alors le risque de voir débarquer le propriétaire dans son dos (enfin du coup on ne le voit pas) et s’en prendre un bonne…
    Petit détail : bravo pour la plaque d’immatriculation (je suis sensibles à ça… chacun son truc). Il était possible de personnaliser sa plaque en Allemagne ?
    Sinon, jamais eu de soucis avec les durites d’essence sur votre Injection ? J’espère que vous les aviez changées.

    Seules les « hydros » permettent ce genre de choses. Nous avions fait le test avec un ami possesseur d’une très belle ID de 1965 d’enlever la roue arrière gauche. Il s’était ensuite mis au volant (donc du même côté) et, pour corser l’histoire, j’étais monté à l’arrière gauche… Tout le poids était donc du même côté et vu nos « formats » ce n’était pas du poids léger… J’étais un peu stressé avec la jambe à l’extérieur pour mieux pouvoir sauter si la voiture « tombait ». Eh bien non : elle a baissé, l’hydraulique a fait bouger les suspensions dans tous les sens (genre « je me cherche ») puis elle est revenue à l’horizontal. Du coup, boostés par ce délire, nous avons pris la route ainsi sans roue et surtout sans aile à l’arrière. Le peu de distance parcourue a fait écarquiller les yeux des passants et autres automobilistes mais tout s’est déroulé sans encombre…
    Il y a sur YouTube une vidéo d’un possesseur de Xantia qui fait la même chose allant jusqu’à reculer l’auto au-dessus d’un trou avec le côté arrière dans le vide. Vidéo impressionnante et qu’il fallait avoir le courage de faire…
    J’aime bien ces histoires et un grand merci de nous la faire partager.

    Alain

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  8. Docteur_Oliv

    Enlever les obus c’est très efficace…quoique un peu vachard ! changer UNE roue était bien suffisant et intelligent.
    Si le propriétaire avait voulu sortir de son Garage, qui aurait été bien emmer… ?

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