La Cox 🐞de Claude🇩🇪 une passion à l’envers

Par Patrice Vergès. L’affection que Claude porte à la Coccinelle n’est pas liée à sa propre enfance mais à celle de son fils qui lui a transmis « le virus  » de cette voiture .

Mickael et Claude ont passé presque 15 ans à restaurer pièce par pièce la Cox

 » Depuis sa prime enfance, l’un de mes fils, Mickaël était passionné par tout ce qui touche à l’automobile surtout les Volkswagen notamment la Coccinelle certainement parce qu’un de ses oncle en possédait une. Adolescent, il a continué à s’intéresser à cette voiture. Pour ses 16 ans, nous lui avons offert une Cox de 1969 que nous avons commencé à restaurer tous les deux. Petit à petit, sa passion a déteint sur moi et je me suis intéressé à cette voiture qui au départ ne m’attirait pas spécialement. Jusqu’au jour, en 2002, où j’ai décidé d’en acheter une » explique Claude, l’heureux propriétaire de ce modèle 1962 Export.

En 1962, la Coccinelle fut produite à 877 000 exemplaires ! Sa forme rondouillarde lui avait valu selon les pays le nom de cafard, hanneton, Beetle ou Coccinelle bien plus sympa chez nous

La Cox de Claude est un modèle export reconnaissable à ses protections de pare-choc type US

Une histoire sans fin

Produite à plus 21 millions d’exemplaires entre 1938 et 2003, la Cox a dépassé la stade d’automobile pour devenir un mythe sur 4 roues. En 1962, lorsque la Cox de Claude a vu le jour, malgré ses déjà 5 millions d’exemplaires produits, elle ne l’était pas encore surtout en France. D’abord, on en voyait peu et c’est seulement la création de VW France en 1961 qui avait permis d’élargir son audience dans notre pays. Lorsqu’on lit son essai dans la presse spécialisée de l’époque, les nombreuses critiques portent sur sa carrosserie totalement démodée, son manque de puissance et de performances, sa consommation élevée, sa tenue de route médiocre et son petit coffre. A son actif, on ne retenait que sa mécanique éprouvée et sa boîte de vitesses bien synchronisée et une robustesse proverbiale due à sa qualité de fabrication bien supérieure à celle des autres voitures de son temps.

Pour 6950 francs, les acheteurs lui préféraient la nouvelle R8, une Simca 1000 ou une Simca Aronde. C’est un peu plus tard, grâce à la fabuleuse pub très provocante de l’agence DDB qui l’a promut    en faisant l’inverse de ce qui se faisait alors, qu’elle atteignit un formidable capital sympathie auprès de la jeunesse et de l’image d’anti-voiture qu’elle véhicula dès 1968 aidé il est vrai par des tarifs très écrasés.

La présentation intérieure était austère mais faisait appel à des matériaux de grande qualité;

Pendant longtemps, la Type 1 n’a pas peu de jauge à essence rajoutée seulement au début des années 60

Démontée pièce par pièce

Entrée en France en 1982 avant d’être stockée dans un garage pendant de nombreuse années, la Cox de Claude affichait moins de 34 000 km au compteur lorsqu’il l’a acquise.  » C’est un millésime 1962 type Export car elle avait été immatriculée à Casablanca en août 1962. Elle bénéficie des double pare-chocs type US, ceinture de sécurité d’origine et quelques détails de finition. Je l’ai rapatriée et stockée dans mon garage, car trop pris mes activités professionnelles. Puis, lorsque j’ai eu du temps, j’ai commencé à la restaurer mais comme je suis perfectionniste, trop peut être, je l’ai démontée pièce par pièce. J’ai mis près de 15 ans « .

Tout a été revu pour que sa voiture âgée presque de 50 ans, vive encore au moins autant de temps.   Elle a été soigneusement repeinte avec une teinte d’origine vernie  » vert Berryl » et toutes les pièces d’usure ont été changées ou refaites. Aujourd’hui, tout lui plait dans cette voiture, sa forme molle, son bruit de hanneton fatigué, la douceur de sa boîte. Et surtout les formidables moments de complicité qu’il a connus avec Mickaël lorsqu’ils restauraient tous les deux sa propre Cox. « Cette voiture marque des moments forts lorsque nous nous retrouvions tous les deux avec nos voitures respectives. Âgé de 35 ans aujourd’hui, il est toujours aussi passionné et bien plus que moi puisqu’il possède toujours la 69 qu’il a déjà restaurée, un coupé Karmann et un Combi TB2. Notre passion nous a poussé à créer un club de voitures anciennes ; Association Sanguinet Véhicules d’Antan ».

En 1960, la puissance du petit flat-four refroidi par air de 1192 cm3 avait vu sa puissance porté à 40 ch SAE à un régime très bas, secret de longévité de la mécanique

La VW était critiquée pour son petit coffre. C’est la pression de la roue de secours qu’il fallait gonfler régulièrement qui assurait le fonctionnement du lave-glace

Parfum d’éternité

Malgré tous ses vices, pourquoi cette voiture devenue une star de cinéma sous le nom de Choupette, une voiture planétaire, un véhicule adulé, un objet de collection, une icône ? Était-ce le fait de son physique d’animal, de son bruit proche d’une respiration humaine de ses rondeurs maternelles, de sa laideur nourrissant le sentiment flatteur d’être aimé que pour soi et non pas pour sa voiture ? Certainement pour tout cela mais parce que la Coccinelle était générationnelle, elle avait un parfum d’éternité. On l’avait toujours vue, déjà présente avant notre naissance et certainement après notre mort car VW la prétendait éternelle. C’était une voiture qui arrêtait le temps.

En 1958, la superficie de la lunette arrière avait été sérieusement agrandie. Ce store de marque Gradulux évitait l’éblouissement des phares

Sa passion pour l’ancienne, a entraîné Claude à créer un club de voitures anciennes à Sanguinet

L’agence DDB a toujours concocté des publicités originales pour VW en jouant sur le contre-pied de la mode

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « La Cox 🐞de Claude🇩🇪 une passion à l’envers »

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  1. Pierre_

    J’ai jamais aimé les coccinelles, le bruit et cette forme de demi-sphère posée… et je ne fait aucun effort.
    Mais là, ce modèle 1962 d’export, est original et totalement réussi. Il est beau
    Il ne peut laisser personne indifférent.
    Un formidable travail de patience, de talent et de bon gout surtout.
    Belle récompense, bravo Claude et Mickaël.

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  2. Jeckyll

    Belle restauration, bravo ! Le vert façon « Ossis » est assez original
    Et ces fines tuyères d’échappement, je ne m’en lasse pas

    Mais existe-t-il encore une voiture dans la production actuelle qui pourrait connaitre un destin similaire dans 50 ans ?
    C’est-à-dire qui reste désirable, et surtout susceptible d’être restaurée?

    J’ai vraiment l’impression que les voitures d’aujourd’hui sont uniquement pensées pour la LOA :
    On en met plein la vue, on crée un effet waouh à la sortie du modèle, mais au bout de quatre ans, quand elles sont passées de mode ou techniquement (enfin électroniquement) obsolètes, on passe à autre chose
    C’est un peu triste…

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    1. Fifitroiscentquatre

      C’est du pur Marketing à l’américaine. Je dirais que la situation est desespérée , on ne fait que reproduire un système qui faisait sa loi pendant les trente glorieuses au pays de l’oncle sam. Cest bien triste et d’un manque cruel d’imagination. Et surtout on marche sur la tête, car le contexte economique n’est plus du tout le même.

      Il faudrait revoir a mon avis la façon de concevoir ce produit de grande consommation qu’est une automobile.

      Pourquoi chaque marque ne proposerait -t il pas sa marque low cost, par exemple ? Si j’étais un gouvernement, je donnerai des subventions aux constructeurs pour inciter au développement de vehicules populaires et bon marché

  3. François P

    21 millions de Cox et aucune n’avait d’écran et leurs menus..? Mais comment leurs propriétaires ont ils fait, c’est pas possible…
    Sérieusement, cette auto est formidable, faite pour servir son conducteur avec fiabilité et constance.
    À son volant on pouvait parcourir des centaines de milliers de km avec quoiqu’en pense un certain plaisir et surtout un coût très modéré.
    La Cox de Claude est superbe et possède une personnalité que les deplacoires d’aujourd’hui n’ont plus

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  4. Georges Piat

    Un moteur si fiable qu’il a été monté sur de petits avions vendus en kit ainsi que sur un motoplaneur, le RF3…
    Quand il passait au dessus de la maison, on avait l’impression que c’était une cox qui volait !
    A noter, dernière voiture avec un marchepied, reliquat des voitures à chevaux d’antan…

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    1. Walker Texas Ranger

      Désoley de vous contredire man, mais mon Super Duty F450 a aussi des marchepieds bien utiles…
      Chuck

  5. James

    Plus neuve que neuve. Cette voiture est dans un état étonnant. j’adore sa forme surtout celle des modèles antérieurs à 1971 à petite-pare-brise

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  6. Nabuchodonosor

    Oh pu’u…naise. Me revient un SDA avé la Cox’. Oncle Albert, comptable de son métier, si si, ça a son importance, en possédait une avec laquelle il s’était ma foi bâti une fort belle réputation, transportant toujours le cœur sur la main les membres de la famille qui ne conduisaient pas, les anciens comme nous les enfants, moyennant partage des frais de route. Le cœur sur la main certes, mais le portefeuille au milieu. Euuh… Bon d’accord, normal.

    Un jour nous voilà parti au ski avec tout le bastringue, mon frangin, le cousin et moi, tous quatre de bonne humeur dans la Cox’ conduite avec parcimonie et le pied léger par notre cher Oncle. Mais ce que nos parents n’avaient pas prévu, était de nous laisser un peu d’argent de poche. Adieu tire-fesses et tartes aux myrtilles à l’alpage. La journée de ski mémorable, se résuma comme suit : Une montée en escalier longue et interminable qui dura des plombes suivie d’une courte, très courte descente… Enfin, le goûter que Nico, contraint de partager en trois devant nos regards affamés, faut dire la faute à une impréparation totale de notre part, nous requinqua cependant bien vite. Mère ne m’a toutefois jamais conté si les miettes furent bien ajoutées à la note…

    Quant à la Cox’, RAS, pas une panne.

    Vous l’aviez compris, il s’agissait d’un teaser. Faites-moi penser à l’occase, à raconter cette anecdote Ski by the Cox’ au Comanche en full version SDA Approuved.
    😉

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  7. Chapman

    Une copine avait une 1303 avec gros feux arrières et pare brise bombé, tableau de bord plastique moussé et appuie tête incorporé… La classe. Plus modestement j’ai possédé une 1200 quelques mois, le temps de superbes glissades sur la neige et d’apprécier le chauffage de mon pied gauche et uniquement celui ci. Les essuies glaces avaient la fâcheuse tendance à ralentir sous la pluie….

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  8. Dany

    Ah, la VW, La voiture de la jeunesse. On montait les jantes à l’envers pour élargir les voies et avec des sortes d’échappement sport, on s’imaginait piloter une Porsche. Que de souvenirs au volant de ma 1300 et combien de têtes à queue sur le mouillé !

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