Stelvio: est-ce une véritable Alfa Romeo ?🇮🇹

Par Patrice Vergès. Dévoilée il y a un peu plus de 3 ans, l’Alfa Romeo Stelvio bien de bénéficier d’une remise à niveau portant sur la technologie embarquée et sa présentation. Après la berline Giulia en version diesel 160 ch , POA a essayé le Stelvio en version diesel 190 ch qui totalise près 90 % des ventes. 

Silhouette agréable proche de celle de la berline Giulia et moins agressive que celles de ses concurrents

Le Stelvio mesure 4,68 m de long pour 1,90 m de large et 1,67 m de haut pour un poids de 1745 kilos

Toujours une gueule d’enfer

Extérieurement, l’engin n’a pas évolué, toujours aussi séduisant et c’est bien. Alfa Romeo a réussi à dessiner un SUV qui reprend les codes esthétiques de la superbe Giulia spécialement sa calandre verticale et ses moustaches sans tomber dans l’aspect ostentatoire agressif des BMW et Audi. SUV qui reprend le beau châssis (Giorgio) de la berline bientôt utilisé par Maserati soit en propulsion simple soit en transmission intégrale sur la version Q4 essayée.

Bon, commençons par ce qui a changé avec des matériaux de meilleure qualité lié à un nouveau revêtement de la planche de bord toujours encadrée par deux gros gracieux compteurs. L’écran enfin tactile de 8,8 pouces semble encore chétif comparé aux immenses dalles de certaines de ses concurrentes mais sa surface interne à été agrandie et il se manipule bien mieux qu’avant. Julien de POA nous a montré toutes ses possibilités puisqu’il est possible d’afficher et faire glisser plusieurs écrans dans l’écran. Alfa a aussi équipé, en option, son Stelvio d’une conduite semi autonome du niveau 2 qui s’adapte à la circulation avec le maintien de voie, freinage d’urgence, régulateur de vitesses adaptatif, détection de fatigue et tout le toutim. Indéniablement c’est une sécurité supplémentaire.

Coté motorisation, le 2,2 diesel 4 cylindres qui se particularise par sa sonorité grave proche de celle d’une essence est proposé en trois puissances toutes en boîte auto ZF à 8 rapports. Il y a une version 160 ch deux roues motrices, une 190 ch en deux ou quatre roues motrices alors que la 210 ch comme les version essence Turbo annonçant 200 ou 280 ch est uniquement proposée en intégrale Q4. A cet égard, signalons que les moteurs ont été retravaillés dans le sens des réductions de émissions, que le Stelvio a été légèrement surbaissé pour améliorer son aérodynamique, que son insonorisation a été améliorée avec notamment des vitres avant feuilletées et que sa direction et sa suspension ont été légèrement paramétrées. Notons qu’une Alfa comme une Porsche se signale par sa commande de démarrage original avec un bouton intégré au volant pour l’italienne.

Planche bord revue, matériaux de meilleure facture, nouveau cuir lisse ou perforé du volant dont le démarreur est situé sur la branche de gauche

Cette nouvelle génération marque l’utilisation du système ADAS (système avancé d’assistance au conducteur) hélas proposé en option sur les gammes inférieures

La console centrale a été redessinée de même que la commande de vitesses automatique recouverte de cuir où figurent à la base les couleurs du drapeau italien

Le 4 cylindres turbocompressé de 2143 cm3 délivre 136 à 190 ch selon les versions. On remarque la barre de renfort et on regrette que le manque d’esthétisme du couvre-moteur en plastique. Nous sommes loin des GTV6 ! Le coffre de 525 litres peut être portée à plus de 1600 litres sièges abaissés

Gamme simplifiée

La gamme a été simplifiée puisqu’on ne compte plus que cinq niveaux de finition contre neuf auparavant. La nouvelle finition TI me semble être un juste milieu mais la  Sprint se veut plus agressive avec ses jantes de 19 pouces voire 20 sur la Véloce qui ajoutent de l’agressivité uniquement proposée en version essence 280 ch. Il y a de la place à bord autant à l’avant qu’a l’arrière ce qui n’est pas le cas de la Giulia essayée parallèlement. En fait, ce sont les avantages d’un SUV par rapport à la berline que les gens achètent pour leur praticité et non pour polluer la planète.

Les tarifs s’articulent de 41 500 euros pour la finition de base en version 160 ch à 62 600 pour la Véloce essence 280 ch en passant par le juste milieu de la version 190 ch propulsion en finition Super (sièges tissus, jantes alliage de 18 pouces, projecteurs bi-xénon) à 48 600 euros. Sommes auxquelles il faut ajouter un malus de 1 386 euros avant mars 2020 plus quelques packs comme le Drivers Assistance Plus à 2 300 euros portant sur la sécurité ce qui est un peu mesquin.

Grace à sa direction hyper directe, un train avant très incisif, le Stelvio est agile pour un SUV sur routes tourmentées

Un régal au volant

Au volant, le Stelvio est un régal car malgré son poids relativement maîtrisé (1750 kilos), il ne manque pas de hargne catapulté par son couple maous-costaud de 45 Nm dès 1750 tr/mn). Grace à la boîte de vitesses à 8 rapports à grosses palettes au volant, on est toujours sur le bon rapport lorsqu’on désire un surplus d’accélération (0 à 100 km/h en 7,6 secondes). Sur les petites routes, ce gros bébé fait oublier son gabarit grâce à son agilité et la précision de sa direction très directe (2,1 tours !) dont le volant gainé de cuir incité à la caresse en distillant un véritable plaisir de conduite contre une consommation moyenne de 7 litres aux 100.

Le Stelvio mérite mieux que les 7 200 ventes enregistrées en France depuis début 2017. D’autant que ses tarifs sont très proches de ceux de la concurrence du Volvo XC60 ou BMW X3 ou Q5. En fait, si la plus grande qualité du Stelvio est de s’appeler Alfa Romeo, c’est aussi certainement son plus gros défaut….. .

Ne vous laissez pas impressionner par les massives sorties d’échappement qui masquent des tuyaux de faible diamètre

L’avis des Petits Observateurs !

6 commentaires au sujet de « Stelvio: est-ce une véritable Alfa Romeo ?🇮🇹 »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Alban

    Pourquoi Alfa ne vend pas davantage de voitures ? la bonne question est posée dans ces reportages très instructifs sur le manque d’image de la marque.

    Répondre
  2. kris

    Il est indéniable que la précédente génération n’était pas au niveau comme la Giulia. ALFA a revu sa copie. Tant mieux mais ce n’est pas encore suffisant pour la clientèle visée.
    La ligne de mire c’est Volvo. Atteindre les standards du suédois serait déjà un beau challenge remporté. Mais il faut beaucoup d’argent. Le chinois Geely doit en être à ce jour aux alentours de 10 milliards d’euros d’investissement dans sa filiale Volvo !!!
    PSA sera-t-il en capacité de relever le défi de. réveiller cette belle presque endormie !?

    Répondre
  3. Thierry

    Anecdote façon commandant Chatel …
    J’étais à la caisse de mon Mr Bricolage il y a quelques temps, quand mes yeux se sont portés sur le tatouage d’un type d’une quarantaine d’années juste devant moi. Vous savez ces tatouages, non pas comme ceux du Capitaine Haddock pour faire marin vintage, encore moins ceux de Louis de Funes pour faire génération Chatel., mais de ceux que de nombreux bobos parisiens et autre M. Pokora portent sur un corps sculpté à la salle !

    Plus j’essayais de décrypté le dessin qui s’étalait sur 30 centimètres, du biceps à l’avant bras, plus … oui mais c’est l’emblème Alfa Roméo ! Vache …. le mec est un passionné, un tifosi, un …. piqué au trèfle ! Je pensais en moi même faut quand même avoir un degré de passion terrible … je m’imaginais des types avec les logos VW, Opel, BMW, et pourquoi pas Dacia hein !

    En posant mon caddies dans son rangement, mon tatoué du jour démarrait tranquillement son Stelvio rouge …

    Répondre
  4. Gilles

    Quelle belle voiture qui change un peu de tous ces SUV teutons dont elle a le tarif aussi et c’est à mon avis ce qui explique qu’il s’en vende aussi peu. D’occasion, le Stelvio doit être généralement une bonne affaire si l’on sait chercher.

    Répondre
  5. Nicolas H.

    Elegant pour un SUV… Plus pratique que la Giulia, pour moi, si désirable… le Stelvio est une voiture à vivre… mais surtout à conduire.
    Ces évolutions techno dans l’air du temps lui permettront peut-être de trouver un public plus large.
    Au delà des clichés et des préjugés de certains… l’essayer, c’est l’adopter ou, comme moi, la désirer… avant de pouvoir la « posséder »…
    Merci Monsieur VERGES pour votre article, vous lire est toujours un plaisir.
    POAmicalement

    Répondre