B1, PAO, Figaro 🇯🇵 : néo, rétro ou trop en avance ?🤔

Mais qu’est ce que les véhicules de la Pikes Factory ? par Paul Guy

Milieu des années 80, la vague néo-rétro n’a pas encore débarqué mais Nissan crée quatre modèles à partir d’une même base les BE-1, S-Cargo, Figaro et PAO.

C’est la Micra K10 (appelée MARCH au japon) qui sert de base à ces projets spéciaux. Produites entre 1985 et 1991, elles sont toutes équipées du même moteur 987 cm³ et de la boîte à 3 vitesses automatique de la petite berline japonaise indiquant clairement la vocation placide de leur utilisation. Bien sûr étant destinée au marché japonais uniquement, elles ont toutes été fabriquées en conduite à droite. Tout ces véhicules ont en commun d’évoquer sans les copier des modèles européens des années 50 et 60. Si elles n’ont jamais été régulièrement commercialisées en France.

Be-1 : la Mini by Nissan

Si vous êtes fidèle lecteur d’Auto Rétro vous l’avez vu opposée à une Twingo dans le numéro de rentrée 2019. Volontairement construite à seulement 10.000 exemplaires entre 1987 et 1988, la Be-1 est équipée de panneaux de carrosserie synthétiques recyclable (une première mondiale selon Nissan) limitant son poids à 670 kg. L’auto pouvait être équipée d’un toit ouvrant toilé électrique Webasto renforçant encore son sex appeal. Les couleurs proposées étaient le jaune potiron, le bleu hortensia, le rouge tomate et le blanc oignon. Les roues étaient peintes de la couleur de la carrosserie. La puissance modeste du 4 cylindres (55 cv à 6250 tr/min) accouplé à la boite automatique sur la plupart des modèles détermine le caractère citadin de l’engin.

L’accueil reçu fut tellement enthousiaste qu’il fallut recourir à un tirage au sort pour pouvoir obtenir le droit d’acheter une Be-1. Les 10.000 exemplaires furent ainsi vendus en l’espace de deux mois créant ultérieurement une surenchère du modèle permettant à la voiture de prendre 2,5 fois sa valeur en occasion !

Un petit réseau de distributeurs spécifiques (« Be-1 shop ») fut créé afin de distribuer l’auto et tout un tas de produits marketing afférents : des vêtements, des draps de lit, des montres, des porte-feuilles, des canettes de jus d’orange, et surtout un « sac à dos », prévu pour se fixer à l’extérieur du coffre arrière. La console d’auto-radio était également proposée en accessoire.Pour singulariser encore plus la Be-1 du reste de la gamme Nissan, la référence à la marque Nissan n’apparaît qu’en très petits caractères sur l’arrière de la Be-1, et le logo est carrément absent. Ce sera d’ailleurs le cas sur les 4 modèles commercialisés.

La paternité du design de la Be-1 est attribuée aux designers industriels japonais Yoshiro Kobata et Naoki Sakai. Les deux travailleront également ensemble sur le projet de la Nissan PAO.

2ème de la lignée : La PAO, La 4 L by Nissan

Non vous n’avez pas la berlue, PAO est bien l’anagramme de POA, cette citadine au look rustique mérite d’ailleurs le titre de POA cars par la foultitude de détail que son design peut évoquer.

A l’instar de la Be-1, à laquelle elle succède, la PAO ne copie pas un modèle en particulier mais s’inspire de plusieurs productions populaires européennes iconiques.

Présentée au Tokyo Motor Show en Octobre 1987, la PAO fut produite de 1989 à 1991, avec ou sans le toit ouvrant en toile. Elle n’était disponible en précommande qu’entre Janvier et Avril 1989. Victime de son succès les 51.657 exemplaires produits furent vendus en 3 mois.La PAO était disponible en 4 couleurs : gris bleu, vert olive, ivoire et rouge brique. Les intérieurs étaient soit noirs soit ivoires. La radio K7 FM stéréo était de série. Si la forme générale peut évoquer une 4 L, les charnières apparentes rappellent les premières Austin Mini, les vitres basculantes arrières rappelleront aux propriétaires de 2 cv leurs coudes douloureux.

La plus glamour : La Figaro

Voiture de « OUI OUI », voilà le gentil sobriquet dont est parfois affublée cette auto si rétro au charme suranné. C’est Aurélien qui vous la présente.

C’est en 1991 qu’apparaît la petite décapotable mélange d’inspirations européennes diverses. Initialement une production de 8.000 exemplaires était prévue. Mais devant l’engouement justifié pour sa gueule d’amour, Nissan en produira 12.000 modèles supplémentaires, ce qui porte le nombre total de modèles produits à 20.000 ! Comme la Be-1 la commercialisation de la Figaro fera l’objet d’un tirage au sort. Le 4 cylindres essence d’un litre de cylindrée profite d’un turbo pour développer 76 chevaux.

En plus du toit ouvrant inspiré de la cinématique des 2cv et Vespa 400, la Figaro est richement dotée : climatisation, vitres électriques, radio-CD, sièges en cuir… Est-ce le nom du célèbre opéra bouffe de Mozart ou le quotidien français qui a inspiré le nom de cette petite auto, nul ne le sait. En tout cas les formes sont librement inspirées de la Goggomobil et de la Panhard Dyna Junior.

Curieusement pour une voiture japonaise, la fiabilité de l’auto est aléatoire, (notamment la boite automatique 3 rapports et le turbo qui font des misères à leurs propriétaires). L’accastillage, s’il est charmant est aussi très fragile et bien évidemment très difficile à trouver compte tenu du faible nombre d’exemplaires fabriqués. Bien que non diffusée en France, elle y est néanmoins collectionnée par réimportation à titre isolé de modèles venant généralement d’Angleterre.

Si l’aventure vous tente sachez qu’il existe un 4ème véhicule issu de la Pikes Factory, l’S-Cargo.

La S-Cargo : une 2cv qui ne dit pas son nom

Seul véhicule utilitaire de la lignée des Pikes Cars, la S Cargo est produite de 1989 à 1991, la ligne extérieure s’inspire, de très loin, de la Citroën 2CV Fourgonnette.

S-Cargo est l’acronyme de “Small Cargo” qui se prononce également “escargot”, en français dans le texte, référence appuyée à la lenteur de la petite populaire française. D’ailleurs un logo stylisé représentant le gastéropode apparaît sur les bavettes de roues arrières et les enjoliveurs de jantes.

Si la motorisation est identique à la Be-1 en revanche la S-Cargo était basée sur la plateforme de l’utilitaire Nissan Sunny. Deux options étaient disponibles, une vitre latérale ronde de chaque côté du fourgon afin d’améliorer la visibilité et plus insolite sur une utilitaire un toit ouvrant.

Ses phares ronds lui donnent un aspect de grenouille qui nous évoque notre Twingo nationale qui ne sortira des chaînes de montage qu’en 1993.

Pour finir sur ce modèle, les cinéphiles qui voudraient la voir rouler pourront visionner le film Mes Amis, Mes Amours sorti en 2008. C’est une conductrice de charme qui en prend le volant : Florence Foresti.

Mais Laurent a d’autres pépites à vous proposer :

La Nissan Cube, plus connu chez nous car sa deuxième version fut régulièrement importé en France, ce frigo sur roulettes, permet de voyager à quatre sans problèmes dans un intérieur zen.

Si vous êtes nostalgique de la vitre arrière inversée de la Ford Anglia ou de la Citroën Ami 6, la Toyota Wii est faite pour vous, passé son esthétique « particulière » vous serez surpris par la qualité de son intérieur.

Bref si vous aimez les « bizarreries » nipponnes, n’hésitez pas à vous rapprocher de Laurent, Carkoi Factory , il saura vous dénicher la perle rare pour un prix modique.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

13 commentaires au sujet de « B1, PAO, Figaro 🇯🇵 : néo, rétro ou trop en avance ?🤔 »

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  1. Ju44

    Des autos qui feraient même sourire Anne Hidalgo !

    Alors certes elles n’ont pas le gps, pas les caméras et les écrans partout, ni la clim, ni les sièges chauffants… mais qu’importe ! En un regard, on les aime !

    Un peu comme la Twingo, la 2cv… Elles sont simples, mais ne manquent ni d’idées, ni d’arguments!

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  2. Pierre_

    Adorables petites voitures oui, un coup de pied aux usages, à la modernité.
    Une belle découverte.
    On apprend encore et encore ! Vous Le dites Renaud.
    .

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  3. Nabuchodonosor

    Merci de nous avoir présenté ces k-cars qui s’apparentent à de vrais jouets de gosses et merci et bravo au gars venu de Haute-Savoie.
    C’est vrai qu’après guerre la tendance était au très petites voitures, faute à un marché exsangue. La 2cv, la 4L, la Mini, la 500, sans oublier l’Isetta sont ainsi entrées dans l’histoire.
    On tient peut-être là les ancêtres de cette mode « back to the future » qui sévit encore aujourd’hui et séduit tant les bobos et les dandys (hein, hein, M’sieur le PM)…
    Car pour ma part, je persiste à penser que la Panda dans les 80′ et la twingo dans les 90′, si elles se voulaient minimalistes, s’inscrivaient dans la modernité sans références marquées au passé. En Europe c’est la VW New-Beetle qui à la toute fin des 90′ lancera, assez maladroitement, ce style sauf erreur…
    😉

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  4. Raymond

    Vous m’avez tiré une petite larme quand le capot de la PAO a été levé. J’ai reconnu le compartiment moteur de ma micra de 91… sauf que mon moteur était le MA12S (1235 cm3 et 60 chevaux). Cette voiture était increvable et je l’ai revendue il y a 4 ans à contre coeur à 180 000 km. Il suffit de lui faire une vidange tous les 10 000km vous allez au bout du monde. La ligne inox améliore la sonorité moteur mais elle est déjà plaisante d’origine (assourdissante sur autoroute). Pour info, on peut croiser régulièrement une figaro sur Versailles.

    Longue vie à POA et merci pour la qualité des sujets

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    1. Robinson

      Figaro rose et une autre vert amande à Londres, vers Hampstead, (2 Bristol aussi dans ce quartier, 1 Blenheim et 1 ancienne 410)
      Vu également une S-Cargo jaune vers Seymour Street près de Marble Arch!
      Je me demande bien pourquoi ces bagnoles rigolotes n’ont pas été importées en France, ont-elles existé en LHD?