Jeep Wagoneer SJ (1975) 🇺🇸 : il n’y a pas que le Range Rover dans la vie

Par Patrice Vergès. Bien avant le Range Rover, dès 1962, la Jeep Wagoneer peut être considérée comme le premier gros SUV autant capable de crapahuter que de transporter la famille dans de bonnes conditions de luxe et de confort.

Le gros V8 de 5,9 l lâche un bruit de péniche dans son martèlement tranquille sur le chemin qui nous emporte à la séance photo. Avec un essieu rigide autant à l’avant qu’à l’arrière, je m’attendais à être plutôt secoué. Pas du tout ! Le gros SUV roule mollement sur ses suspensions tandis que ses larges sièges participent à son étonnant confort au sein d’une conduite bien à l’américaine avec sa direction très assistée et sa boite auto du genre glissante. Vous êtes à bord d’un Wagoneer 1975, année qui se situe à la moitié de la longue vie de ce SUV qui a vu le jour en 1962 et a été produit près de 30 ans jusqu’en 1991 sans trop de modifications excepté de nombreux changements de moteurs.

La Jeep Wagoneer était proposée en de nombreuses versions et motorisations. Elle conserva toute sa vie son bossage de capot né de sa première calandre verticale

L’engin est imposant avec 4,66 m de long et aussi 1,66 m de haut pour un poids à vide de 1800 kilos

Une conduite bien à l’américaine

Il a connu plusieurs parents puisque Jeep née sous la marque Willis, a été repris par Kaiser, puis AMC qui engloba Nash et Hudson puis Renault puis Chrysler et enfin Fiat en oubliant Mercedes. Particularité il a été fabriqué dans plusieurs pays outre les USA (Iran et Égypte) et vendu en France sous divers importateurs dont Poch puis Jean Charles   automobiles dans le XVIeme en version Cherokee à moteur plus économique. Celui de Frédéric provient vient de Belgique et avoue encore un compteur en miles et une certaine fatigue qui exige une restauration à laquelle il va s’atteler.

Planche de bord typiquement américaine avec rappel du rapport enclenché sur la colonne de direction, radio d’époque et fioritures chromées

Il y a de la place à l’intérieur et les sièges sont très confortables

Un parfum de Cote d’Ivoire

« Enfant, j’habitais en Cote d’Ivoire à Bovaké et je passais tous les jours devant un hangar où dormait sous la poussière une grosse Jeep Cherokee dont la silhouette haute et carrée me fascinait. Elle a du jouer dans mon envie d’automobile puisque j’aime les gros 4×4 à la position surélevée et roule au quotidien en Range Rover dont je possède deux exemplaires. La Jeep Wagoneer m’avait toujours fait rêver « raconte son propriétaire Il y a peu, il déniche ce modèle dont le propriétaire qui la possédait depuis cinq ans était obligé de la vendre pour un problème pécuniaire. Fréderic n’a pu résister.  » C’était un prix raisonnable et la voiture n’est pas trop corrodée malgré des ailes piquées derrière et un longeron un peu fatigué. Je vais d’abord m’attaquer au moteur dont j’ignore la kilométrage ».

Sur ce modèle 1975, son V8 de 5898 cm3 délivre 177 ch contre 238 ch pour la version 6,5 l

Très beaux enjoliveurs à ailettes signés Jeep

20 l au 100 quand tout va bien

Dessiné par le célèbre designer Brook Stevens, les premiers Wagoneer SJ se distinguaient par leur calandre verticale abandonnée au profit d’une horizontale dans les années 70. Pour des motifs d’économie, le capot a conservé le bossage permettant d’intégrer l’ancienne calandre. Avant de bénéficier d’un moteur AMC issu de la grosse berline Matador AMC, le Wagoneer a été mu par une mécanique d’origine Jeep dont il emprunte la structure en plus sophistiquée puis un V8 Buick. Il faut rappeler que AMC ( American Motors Corporation) née des cendres d’autres marques US était un petit constructeur américain comparé aux « Big Three » que Renault racheta en 1979 avant de s’en défaire pour le vendre à Chrysler en 1987 après sa tentative de nouveau ratée de s’imposer de nouveaux aux USA.

Du 6 cylindres au V8 de 6,5 litres

Le Wagoneer était proposé dans ces années là avec de nombreux moteurs au choix s’articulant du 6 cylindres en ligne de 4,2 l au gros V8 jusqu’à 6,5 l. Que le sien soit animé par le gros 360 CI de 5,9 l de cylindrée de 34 chevaux fiscaux a été certainement déterminant dans son acte d’achat. Certes, l’énorme mécanique équipée d’une boîte auto à 3 rapports n’avoue pas une puissance folle avec 177 ch en version carburateur simple corps mais par sa souplesse, son bruit magique, sa force tranquille il donne toute son âme à ce gros joujou long de près de 5 m et haut de 1,66 m et pas loin de 2 tonnes en charge.

C’était l’engin idéal et confortable pour aller pique-niquer près des hauts lacs en empruntant les chemins creux que sa révolutionnaire propulsion permanente 4X4 Quadra-Trac avale goulûment en consommant gentiment une vingtaine de litres aux 100. Mais quand on aime comme Fréderic, on ne compte pas !

Pub d’époque symbolisant la balade dans la nature en famille

La passion des gros 4×4 de Frédéric date certainement de son enfance

L’avis des Petits Observateurs !

30 commentaires au sujet de « Jeep Wagoneer SJ (1975) 🇺🇸 : il n’y a pas que le Range Rover dans la vie »

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  1. JC ANDER

    La voiture de Breaking Bad !
    Magnifique !!
    Qui était d’ailleurs dans une config très sympa. Je m’étais renseigné par curiosité, il y en un peu pour tous les budgets… et états…
    Merci pour ce bel article, très sympa de faire connaître ce modèle mythique américain, méconnu sur le vieux continent… 🙂

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    1. Lieutenant Columbo

      Skyler White conduit en effet un Jeep Grand Wagoneer de 1991 rouge avec habillages faux bois immatriculé NM #380 NSP de l’épisode « Pilot » (first season) jusqu’à celui intitulé « Fifty-One » (season five).
      Ensuite je crois qu’elle roule en Ford Edge jusqu’à « Blood Money ».
      Très bonne observation JC Ander.

    1. Gran Turisto

      Dans pas longtemps le permis en poche une Polestar 1 ne vous siérait pas ?
      Et puis quand on a G T comme initiales, ça serait dommage de passer à côté de tout ça, non ? Paroles de Grand Touriste !

  2. Nabuchodonosor

    En famille, nous avions une procession annuelle que nous n’aurions, enfin que je n’aurais raté pour rien au monde. On est dans les années 70, le salon de Genève se tient encore en ville, dans une énorme halle dont l’entrée principale se situe à l’angle du Bd du Pont-d’Arve et du Bd Carl Vogt, à l’extrême sud de la plaine de Plainpalais.

    Mon père, pour lequel les signes extérieurs d’élévation sociale passaient nécessairement par la bagnole, était prêt à casser sa tirelire pour le nouveau Range-Rover, le premier 4×4 avec lequel, disait la pub, il était possible de se rendre directement du manoir de campagne au Casino en chaussures noires vernies et smoking. Peu nous chaut d’aller flamber au Casino l’important était de frimer en montrant sa réussite.

    Pour ma part, j’avais craqué pour ce Cherokee Chief rouge et noir avec pneus à flancs blanc qui trônait sur le stand AMC je crois, au milieu des Wagoneer et autres CJ. A nous les grands espaces et cet esprit de liberté qui soufflait fort dans mes rêves d’ado. Evidemment ma maigre tirelire ne suffisait pas à faire pencher la balance en ma faveur, d’autant qu’elle était complétée hebdomadairement par la grosse de mon père, via ma mère et ce, fonction de mes résultats scolaires… Autant dire que le challenge était de taille (sic)…

    Je garderai longtemps ces photos découpées dans les magazines, ces posters scotchés au-dessus de mon lit par-dessus la croix du Christ, ces dizaines d’articles dont je me délectais et dans lequel je relevais méthodiquement le moindre contre-argument, qu’a la première occasion je ne manquais pas de balancer à table…

    Peines perdues, mon vieux finira par lâcher la monnaie quasi simultanément pour deux béhèmes 3.0 S et Si d’occase gris bleu métal et sièges en velours côtelé bleu foncé. Une fois le permis en poche, je ne tarderais pas à réviser mon jugement d’ado attardé et faire « miennes » ces magnifiques autos qui deviendront les pièges et les témoins de mes tous premiers flirts…

    Vous avez raison Patrice, il n’y a pas que la Range Rover dans la vie.
    😉

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    1. Parenty

      J ai possédé le Honcho! Un vrai bonheur! … N oublions pas Jean Charles . La gentillesse incarnée qui diffusait les Jeep rue Claude Terrasse 16eme à l époque.

  3. Gran Turisto

    Je crois que j’ai eu la même (et peut-être même plusieurs…), avec un chien à l’arrière. Un Labrador ou un Berger allemand, je ne sais plus. Je me souviens seulement qu’il était beige comme l’intérieur de la voiture (il était même moulé dedans, le pauvre !). Ou alors, je confond avec un de mes breaks Volvo 240. Niveau consommation, ça restait relativement frugal. Je me permettais même de mettre (en cachette) un ou deux de mes bolides dans mes poches pour égayer le temps de la récré.
    C’était l’époque où je faisais les beaux jours de mon concessionnaire Majorette (et en cash s’il vous plaît !) à coup de pièces de cinq francs… J’imagine que la cote a dû s’envoler aujourd’hui ! 😉

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    1. Chapman

      Ah oui, Dr Oliv, c’est bien ce film là, avec Guibet…. Mais je vois que le titre nous échappe à tous les deux. Ça se finissait à la montagne je crois.
      J’ai tapé sur Google, le Jeep Wagooner au cinéma mais je n’ai pas retrouvé.
      😉

  4. Daniel

    Grand bravo à Fred! Tu es trop fort!!!
    Une voiture de mes rêves. En 1976 J’ai passé 4 semaines aux États Units, seul dans une famille américaine. J’avais 13 ans. Que des belles voitures V8, les Beach Boys live en concert dans un parc publique à Saratoga, les belles plages de Cape Cod, les belles maisons blanches en bois, les musées à Washington, l’empire State Building et les deux jolies filles de la famille en même âge que moi, les lacs avec ski nautique privé…et j’ai déjà vu cette voiture très souvent sur les Highways à l’époque. Quels mémoires et impressions!!

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  5. Theo

    Renault avait repris, autour de 1970, la marque qui fabriquait la Rambler, une berline que mon père avait achetée, et qui donc, roulait en France avec tout d’une américaine et le logo Renault sur l’aile arrière, ce qui faisait s’interroger et beaucoup parler chaque fois qu’on s’arrêtait pour faire le plein ou se garer. Le souvenir de l’éclairage vert du tableau de bord et du compteur gradué jusqu’à 200, ce qui nus changeait des 404 break et des DS précédentes.

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  6. Nabuchodonosor

    Cruiser sur la 66 en toute insouciance le coude à la portière, pendant que le V8 tournant au ralenti, siphonne gentiment les gallons ingurgités la veille contre quelques dollars…
    Dans les rétros, deux choppers remontent et se stabilisent à ma hauteur. Les bras tendu vers le ciel, les deux bikers me lancent un œil noir que je devine au travers de leurs Gold Olympians. C’est alors que me revient la sentence de Peter : “You know Billy, we blew it.”
    😉

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  7. Georges Piat

    Mais oui, Jean-Charles Automobiles, je me souviens maintenant ! Il y avait la Pacer (Aslan avait fait une belle illustration pour la Pacer), la Matador Sedan et Station Wagon, les Jeep. C’était les années fric…

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  8. Dubby Tatiff

    Bravo à Oncl’Pat’ d’arriver à nous présenter si souvent des voitures rares et leurs collectionneurs aux choix originaux. J’adore le hayon en deux parties.

    Proposition de challenge : Existe t-il en France un possesseur de Tucker qui accepterait de passer dans POA sous la plume de Patrice Vergès ?

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  9. Fdsoluions US Cars

    Une auto très sympa, peu encombrante. Les prix s’envolent sérieusement en ce moment aux USA. La consommation excessive de cet engin, avec le 5.9l des dernières années, reste pour moi un mystère. Même les Dodge Ramcharger, font mieux, et les gros Bronco et autres Blazer concurents paraissent presque économiques!

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  10. Damien

    Voiture géniale dans laquelle j’ai roulé il y a 20 ans mais sa consommation en version 6,5 l comme la mienne était déprimante. vendue au profit d’un Range équipé du gaz GPL.

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