Maserati 3200 GT : c’est du brutal !

Patrice Vergès. En 1997, la fusion entre Ferrari et Maserati aida la firme au trident à sortir du chaos dans laquelle elle se débattait depuis plus de 30 ans. L’apport financier de la firme de Maranello lui permit de présenter en 1998 une toute nouvelle voiture avec le coupé 3200 GT.

La silhouette très réussie signée Ital Design n’a pas été étrangère au succès commercial de ce coupé 2+ 2 de plus de 4,50 m de long

La 3200 de Laurent se distingue du modèle de série par ses deux sorties oblongues contre quatre fausses pour l’originale

100 % inédite la 3200 GT, pas tout à fait puisqu’elle est la dernière Maserati à être animée par un moteur d’origine Maserati avant que le V8 atmosphérique Ferrari la motorise sur la 4200 GT dès 2003. Derrière la calandre ornée du célèbre Trident se cache un petit V8 déjà vu sur la Quattroporte d’une cylindrée de 3200 cm3 gavé par deux turbocompresseurs qui délivre l’intéressant chiffre de 370 ch avec un couple maous costaud.

Un bruit de Riva

Sa sonorité puissante et riche proche de celle d’un V8 américain nous étonne.  » J’ai fais remplacer les échappements d’origine par des pots américain en inox, ils lui donnent un bruit bien plus grave surtout au ralenti qui fait songer à celui d’un canot automobile Riva » explique Laurent son heureux propriétaire depuis 14 ans dont c’est quand même la 75eme voiture.  » J’ai possédé pas mal de belles voitures surtout des italiennes, Alfa et Lancia mais quand j’ai vu sortir cette voiture en 1998, j’ai craqué sur ses lignes !  »

En effet, signée Giugiaro (Ital Design), la silhouette élégante et profilée de ce coupé quatre places n’est pas étrangère à son succès puisqu’elle a été produite à 4 795 unités en 3200 GT et plus de 10 000 en 4200 GT jusqu’en 2007. C’est seulement en 2002 que Laurent (très discret sur les photos) a pu réaliser son rêve.  » Il s’agissait d’une des dernières versions de fin 2001 vendue au Luxembourg qui venait d’être accidentée à 21 000 km.

J’ai fais changer les berceaux avant et arrière avec les triangles, les étriers de freins, les ailes avant et arrière. Depuis, j’ai parcouru près de 45 000 kilomètres à son volant et ce n’est que du bonheur. Excepté l’embrayage fragile qui est un défaut récurrent de cette voiture, et l’entretien classique mais scrupuleux, vidanges, filtres et changement de la courroie de distribution tous les 3 ans, je n’ai eu aucune problème avec. Aujourd’hui, elle a 65 000 km et fonctionne comme une horloge ». La fragilité chronique des Maserati née de la Biturbo 6 cylindres de l’époque d’Alejandro de Tomaso semblait avoir disparu avec cette version mais les réputations collent à la peau.

J’veux du cuir !

Pénétrer dans l’habitacle tendu d’odorant cuir Connolly est un pur bonheur autant olfactif que visuel. On reconnait ici ou là quelques accessoires de Fiat mais la célèbre horloge analogique signée Maserati trône toujours en son centre. La 3200 GT offre deux bonnes places de secours à l’arrière et un vrai coffre. Si la finition n’était pas celle d’une allemande, les accessoires sont de qualité comme la radio Becker. En 2002, avec les options dont dispose la voiture de Laurent, une 3200 GT coûtait quand même 90 000 euros. Bien sûr le ravissement continue lorsqu’on réveille les 370 ch dont le ton grave s’éclaircit au fur et à mesure que le régime grimpe furieusement vers 6 500 tr/mn dans la poussée ininterrompue des deux turbocompresseurs. Avec près de 50 mkg de couple, ce sont les relances qui sont le plus impressionnantes en plaquant au dossier, davantage que les 280 km/h et 24 secondes aux 1000 mètres, chronos relevés à l’époque.

le V8 32 soupapes de 3217 cm3 gavé par deux turbo japonais délivre 370 ch à 6 500 tr/mn et surtout 491 Nm de couple. Il est accolé à une boîte Getrag à 6 rapports

La 3200 est équipée des fameux feux rouges en forme de boomerang qui seront abandonnés sur la 4200 à cause de la réglementation américaine

« Je tourne en circuit avec »

 » Je ne l’utilise pas au quotidien, je me la réserve pour les voyages et tourner en circuit avec après l’avoir équipée de plaquettes de freins plus dures. C’est une propulsion et c’est un vrai régal en circuit comme à Spa ou à Dijon avec la suspension pilotée en mode sport. J’aime la compétition automobile (Laurent possède aussi une Alfa 147 délivrant 450 ch pour le circuit). Je préfère les sensations d’un moteur turbo qui pousse tout le temps à celui d’un moteur atmosphérique dont il faut monter les régimes. Justement, ce qui me plait dans la 3200, c’est la poussée ininterrompue ».

Moteur chaud, Laurent nous fera une petite démo des accélérations (zéro à cent en 5,1 secondes !) de sa 3200 GT parée d’une couleur inédite en France qualifiée de vert Mistral. Pas question de la vendre d’abord parce qu’il ne trouverait jamais une voiture aussi excitante pour la même somme car les 3200 GT ne bénéficient pas d’une cote insolente chez nous (25/35 000 euros) et surtout parce que ce coupé lui apporte un véritable bonheur automobile sensoriel autant au plan esthétique que sonore que plaisir de pilotage. Ce qui ne l’empêche pas de la partager avec d’autres dont un cabriolet Alfa Romeo GTV 2 litres. Mais c’est pour une prochaine fois……

Le fameux emblème de Maserati qui a une forme de trident inspiré de celui de la fontaine de Neptune à Bologne

La 3200 GT de Laurent est équipée de jantes de 18 pouces à 15 bâtons de type Assetto Corsa, une série limité de 3200 GT, contre 10 normalement

L’histoire bégaie

Fait amusant, si le rapprochement entre Fiat et PSA se concrétise, Maserati se retrouvera dans le giron du groupe français. Rappelons qu’en rachetant Citroën en décembre 1974, Peugeot avait déjà acquis Maserati qui appartenait à la firme aux chevrons depuis 1968. Dans ce rachat, l’une des premières actions que fit Peugeot fut de revendre Maserati   à un organisme de l’État italien avant que l’ancien pilote Alejandro de Tomaso la lui rachète une bouchée de pain. Cette fois, Carlos Tavares a assuré qu’il conserverait les 14 marques du groupe……

L’avis des Petits Observateurs !

13 commentaires au sujet de « Maserati 3200 GT : c’est du brutal ! »

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  1. Nabuchodonosor

    Je dois dire que cette bagnole me fait du rentre dedans depuis un sacré bout de temps maintenant.

    Son charme à l’italienne séduit d’emblée, son V8 à 90° 32S biturbos envoûte, ses cuirs Connoly pleine fleur invitent et ses feux boomerang me font littéralement craquer. Faut dire que c’est le genre de GT à même de vous redonner le goût au voyage et à rendre la destination futile. Bien calé dans le fauteuil d’orchestre, le rideau s’ouvre à la Scala de Milan. Un quart de tour de baguette de maestro plus tard, l’orchestre dans la fosse égrène ses langoureux borborygmes. C’est alors que les vibrations nous remontent jusqu’au sommet de l’échine et que le frisson Morriconien qui nous envahit, nous submerge; Belle à se damner le diable ne s’habille pas sempre en Prada, nous voilà selon notre bon gré tout à la fois le bon, la brute et le trident.

    Merci Laurent pour ce beau voyage en Emilie Romagne au pays des tortellinis, du vinaigre balsamique et du Parmigiano Reggiano et grazie mille Nono Patricio de nous y avoir conduits.
    😉
    Nabucco-ciao

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  2. Pascal DeVillers

    Bonjour,
    Je suis sous le charme des lignes tendues et pures des cette belle carrosserie , on reconnaît bien là la patte d’ITAL DESIGN; le bon goût à l’italienne .
    Cette MASERATI 300GT a même, je trouve de faux airs d’ASTON MARTIN en pariculier au niveau du dessin de l’avant et des phares et c’est un compliment.
    Cela me fait penser à FERRARI et sa nouvelle ROMA qui elle ausi fait penser à une belle ASTON.
    Merci Monsieur VERGES et Laurent pour cette belle présentation qui mériterait une suite sous la forme d’un reportage en dynamique du mercredi place Saint GEORGES.
    Pascal

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  3. Neufcentdixespada

    Un must ,en 3200 bien sûr , avant l’apparition des feux arrière « à la Rover des années 90 » d’une banalité affligeante … effectivement le son est sublime ,et on est étonné de la compacité de l’auto lorsqu’on la voit,trop rarement,en vrai

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  4. Georges Piat

    Celle-ci a les jolis feux arrières. Ils ont été remplacés vers la fin de production par des feux beaucoup moins originaux car les premiers ne plaisaient pas. En matière d’automobile, le premier trait ce crayon est souvent le plus beau car le plus pur.

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    1. Calle 13

      Non pas que les feux boomerang ne plaisaient pas, ils ne passaient pas les normes US gros marché oblige pour Maserati… Dommage effectivement.

    2. Dupon

      Au contraire ce sont les feux de deuxième génération qui ne plaisaient pas. Les amateurs ne veulent que les premières versions, bien plus désirables en effet.

  5. Serge

    Belle voiture ! J’ai un peu cherché sur internet sur des sites de vente et j’en ai trouvées à 20 000 euros. Comment se fait-il que cette voiture coûte souvent deux fois moins cher qu’une Porsche 996/997 dont elle a des performances supérieures liées à un environnement plus agréable. pourquoi ?

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    1. KoolChaine

      Un début d’explication : entretenir une maserati de cette époque est compliqué.
      Les concessions Ferrari Maserati sont à la fois souvent chères et souvent incompétentes pour ces « vieux » modèles, les indépendants qui maitrisent sont très rares, enfin même si vous faites vous-même l’entretien certaines pièces y compris « d’usure normale » sont à la limite de l’introuvable.

    2. Timeo

      C est à cause d une »movaise »image que Maserati a avec ses embreyage .(DSL pour l orthographe je suis encore assez jeune)

  6. Dubby Tatiff

    Merci pour l’article, Patrice. Quelle belle voiture qui me fait fantasmer depuis sa sortie.
    L’actualité Maserati : le futur V6 qui remplacera le V8 Ferrari, présent à partir de la 4200, sera celui déjà présent sur les récentes Alfa HdG. Et sera donc d’origine … Ferrari !

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