Souvenirs d’Auto (259) : Ne jamais contrarier une Z3

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. C’est Patrick Ribouton qui m’envoie cette chronique avec sa Z3. Les bagnolards non mécanicien (comme moi) le comprendront… je peux vous l’assurer.

Mon activité professionnelle m’a conduit à acquérir des domaines viticoles. C’est à la faveur d’une transaction médocaine que je suis tombé en arrêt devant une jolie BMW Z3.

Le propriétaire du Grand Cru, exsangue en trésorerie, cachait sous une bâche une jolie Z3 bleue certainement pour mieux la dissimuler aux créanciers.

Je soulève la bâche et mon cœur a fait boum ! Quelle ligne, quelle sensualité… et puis n’était-ce pas la voiture de James Bond, un autre homme de goût !?

Les années ont passé. Les enfants sont nés, ont grandi et la crise la quarantaine aidant, me voici en 2008 en quête d’une voiture supplémentaire pour le plaisir…

Cette Z3 hantait toujours mon esprit et c’est avec détermination que je lançais ma recherche sur internet.

Un vendeur professionnel proposait près de chez moi un exemplaire digne d’intérêt car fort peu kilométré : je prends RDV illico presto.

  • C’est une première main qui appartenait à un ancien patron de FIAT France. Je la lui ai reprise pour lui vendre un cabriolet XJR.

Si l’histoire est vraie, elle est, il faut le reconnaitre, fort peu banale. La jolie combinaison Gris / cuir rouge à quant à elle achevé de me convaincre…

Ah je l’ai bichonnée cette Z3… Polishée à souhait, joints et cuir nourris avec application. Sous sa bâche en tissu épais elle attendait l’été pour se réveiller et fendre l’air.

Ensemble nous avons plusieurs étés durant traversé la France cheveux au vent. L’ombre des pins d’Arcachon et routes tortueuses des Alpilles étaient ses terrains de prédilection.

Pas besoin d’aller vite pour prendre plaisir. Au raz le bitume les sensations sont présentes dès les premiers km/h.

Bref la vie douce jusqu’à cette maudite sortie dominicale où pour lui dégourdir les cylindres… patatras ! Place d’iIna. Un scooter inconscient coupe brutalement la route au véhicule qui me précède. Il pile. Crissements de pneus. Le scooter est parti sain et sauf mais voila mon long et beau capot écorné. J’en étais malade. Mon assureur me rassure :

  • Nous avons des garages « confiance ». Un pas loin de chez vous… Voici l’adresse…

La belle avait entre temps décidé de me faire payer mon forfait… Sans aucun lien avec l’accrochage voilà t’y pas que la crémaillère de direction se met à perler.  La Z3 qui n’avait jamais avalé ne serait-ce qu’une goute d’huile recrachait désormais du liquide comme pour mieux me punir de son accrochage !

Qu’à cela ne tienne le garage « confiance » œuvrant aussi en mécanique allait me réparer cela. Entre deux rendez vous professionnels, je dépose donc la belle en confiance chez « confiance ».

Le départ en vacances prévu pour la semaine suivante, je le mandate aussi pour une petite vidange de bon aloi, histoire de mieux me faire pardonner.

Je la récupère quelques jours plus tard jolie comme un cœur. Plus aucun stigmate, prête à parader autour de Maussanne-les-Alpilles.

Une petite mise en jambes juste avant le grand sud me fait malheureusement déchanter. La direction assistée rend l’âme la veille du départ !

Moi qui avait tout prévu avec et pour elle, elle ne m’accompagnerait pas cette année ! Je la stationne dans son box et promet une invective bien sentie à mon retour au fameux garage « confiance ».

L’activité professionnelle aidant je n’ai pas le temps de m’occuper de la belle. Les vacances n’ont pas eu la même saveur à cause d’elle et j’avoue bien volontiers lui en vouloir un peu. Je l’oublie.

Les semaines passent… les mois passent. Puis finalement je redescends lui faire un coucou. Et là catastrophe ! une énorme flaque jonche le sol ; la crémaillère a dû rendre tout son jus.

Je veux quand même la faire redémarrer histoire de lui montrer mon intérêt… elle vrombit au premier tour de clé. Je la laisse tourner et chauffer un peu… Je me dis qu’il est temps désormais d’aller revoir le fameux garage « confiance ».

Je repasse devant celui-ci et figurez vous quoi : il a disparu !! Fermé ! Je repars voir la Z pour lui dire… elle me refuse tout démarrage. Et là mon sang me glace… et si le liquide jonchant le sol était autre chose que le liquide de la crémaillère ? de l’huile moteur par exemple…?  Par acquis de conscience je saisit la tirette de la jauge et là… catastrophe  !! Plus d’huile !

J’aurais donc fait tourner le moteur sans huile ! Pourtant aucun voyant ne s’était allumé… Me voici plus décomposé qu’après l’accrochage. Je décide de ne plus descendre au garage. Je l’évite. Mes parents qui avaient très généreusement participé au cadeau d’anniversaire de mes 40 ans me demandent régulièrement de ses nouvelles et je suis bien obligé de leur dire la vérité gorge serrée : moteur tout aussi serré… Les mois passent… un nouvel été sans elle… Et puis tant pis. Au mois de Mai dernier. Je me décide. Je l’aime trop ! En 11 ans et 25.000 km nous n’avons partagé que des bons moments ensemble. C’est décidé. Même si les réparations dépassent significativement sa valeur vénale je la fais réparer !

La dépanneuse arrive. La Z est extraite de son box et s’envole vers un garage spécialisé BMW en qui j’ai cette fois personnellement confiance.

Deux jours plus tard, mon téléphone sonne.

  • Bon ben vous savez quoi ? On a remis de huile et chargé la batterie… elle a démarré au premier coup votre voiture ! Par contre votre carter moteur est mort, la faute très certainement à la vis de vidange anormalement serrée… la crémaillère de direction est à changer.

Je me dis que le garage « confiance » de mon assureur méritait tous les qualificatifs du monde mais certainement pas celui-ci et qu’il n’avait pas fermé sans raison.

Je valide toutes les réparations et décide même de lui en offrir un peu plus compte tenu de son immobilisation de 2 ans et de ses presque 23 printemps… 15 jours plus tard, nous voici elle et moi prêts pour l’été, un été radieux… Un petit aller retour en Normandie m’a confirmé que son peps était toujours là. La voici prête à affronter le grand Sud… Vacances nous voilà ! Mon coeur fait ZZZ. ZZZ. ZZZ. Il annonce le chant des cigales !

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps; Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

21 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Auto (259) : Ne jamais contrarier une Z3 »

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  1. RIBOUTON

    Merci a tous pour vos gentils commentaires…

    Cet été nous avons finalement parcouru 5000 km, 100% décapotés… Un pur bonheur ! Mais ce bonheur ne serait rien ces petites choses qui l’accommodent
    1°) Pour Julien, la consommation moyenne de carburant a été de 7,5 litres au 100 et ce, sans aucun ménagement…
    2°) Pas une seule goute d’huile répandue ou avalée…
    Une vraie deuxième lune de miel…

    Vivement l’été prochain… !

    Patrick Ribouton

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  2. Mickael

    Je me reconnais avec mon z4, des soucis de fuite d’huile et je liquide de refroidissement vite régler, car mon Z sort tout les jours et avale les klm avec gloutonnerie pour mon plus grand plaisir!

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  3. Dubby Tatiff

    Le Z3, la voiture de Bond !

    … Dans un seul Bond et pendant 5 secondes ! Et c’est une voiture de location.

    Président , faites quelque chose. C’est Ian Fleming que l’on assassine ! Si on va par là, je m’achète un Double Decker et je roule avec en costume cravate et boutons de manchettes au prétexte que Bond le conduit dans Live or let die !

    PS : je vous taquine, Patrick. Très jolie voiture.

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    1. Mat Ador

      And.
      Live And Let Die (1973), Mister Tatiff.
      Rassurez-nous, vous ne voudriez pas assassiner ce pauvre Fleming une seconde fois, ni même Sir Mc Cartney qui en a composé le thème musical n’est-ce pas ?
      Sauf erreur la Z3 qui a tournée dans Goldeneye (1995) est toujours visible au 007 Museum de Nybro en Suède au milieu de quelques autres pépites Qéennes.

  4. Depierre

    La moralité on pourrait dire aussi qu’il n’y a que dans les vieux pots qu’on fait de la bonne confiture la preuve en est si c’est un m50 ou 52,… ce moulin est réputé indestructible . Ce qui est génial dans la conduite avec le Z c’est qu’il est dépourvu de toute assistance simplement parfois un différentiel à glissement limité de 25 % & un Abs capricieux point . On est connecté à la voiture il y a le volant les quatre roues on touche le sol avec la main on démarre et le vrombissement du six vous séduit immédiatement…. la mienne a participé au P.O.A day et j’avoue qu’il y a quelque chose de spécial avec cette voiture peut importe si elle cote ou si elle descend au fond ce qui est touchant avec cette Z c’est les sensations qu’elle nous procure et le style de conduite à l’ancienne qui est formidable! Bel article et merci beaucoup car on voit très peu d’hommage au Z Quelques fois adorer ou détester

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  5. Georges Piat

    Moralité, quand on a une BMW, on va chez BMW ! Merci d’avoir partagé ce délicieux moment d’histoire.
    PS : Petit, je dessinais le logo BMW sur les cahiers d’école à l’aide de mon petit pot de colle qui sentait bon la pâte d’amande. Je faisais le tour du pot avec un stylo Bic noir et traçais ensuite une croix pour enfin colorer deux secteurs en bleu. Et maintenant, je fais mes révisions chez BM !

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