L’Orient Express 🚂 : la lenteur c’est le luxe d’aujourd’hui

 

Un proverbe arabe dit que « la lenteur arrive souvent au but, tandis que la précipitation s’empêtre souvent en chemin ». Notre cadeau de noël POA est de vous offrir un voyage en Orient Express, un éloge de la lenteur devenu le véritable luxe du XXI siècle…. 🚧

🎄Le cadeau de Noël de POA cette année arrive dans un traîneau un brin exclusif et luxueux. A l’occasion d’un menu trajet entre Prague et Paris nous avions à coeur d’expérimenter ce qui fait l’essence du luxe du voyage: la lenteur. Sachant que les grèves nous attendaient à Paris, nous avons décidé de prendre une longueur d’avance en affrétant l’Orient Express. Rien qu’à voir la tête du train, il ne fait pas de doute que c’est le voyage qui nous tend les bras, mais un voyage où le beau et la lenteur sont rois.

Le Président s’est vu attribué la voiture J, et cet instant si solennel exige de lui qu’il se signe avant de monter à bord. Son flegme légendaire, presque britannique, manque de s’envoler au moment où il découvre les marqueteries qui pavoisent même les couloirs menant aux compartiments. La découverte du sien, de son cabinet de toilette éclatant de marbre blanc, des commutateurs et lumières sortis des années 30 provoque une vague d’émerveillement, mais le devoir reprend le dessus; le Président, tel James Bond, se tient prêt à rencontrer une veuve un peu sulfureuse ou à affronter une héritière en quête d’amour.

Le Premier Ministre n’est pas moins sensible au cachet du train: son bonheur est d’ouvrir la fenêtre à la manivelle comme dans les Audi les plus modernes, et il rêve déjà d’écrire sa correspondance privée en peignoir et dans les chaussons siglés de l’Orient Express pour épater ses collaborateurs restés à Paris. 

Une halte au poste-frontière pour changer la locomotive et le personnel de conduite nous permet d’appréhender Noé, notre stewart, qui nous livre les détails techniques concernant ce train hors norme. La micheline est désormais électrique mais il y a encore un an c’était une locomotive au charbon qui faisait avancer ce beau monde. Il était alors nécessaire de la faire démarrer 48h à l’avance puis la faire chauffer en faisant des tours autour de la ville… Ici encore, électroman est gagnant! Et la traction électrique semble si probante que le train manque de repartir sans nous: l’incident diplomatique avec le Président a été évité de peu! ET par dessus le marché nous apprenons qu’il existe un wagon avec trois suites contenant lit doubles et salon qui ne nous ont pas été attribués…

Mais voilà venu le temps de nous vêtir de nos costards suspendus aux cintres matelassés pour aller dans les salons nous restaurer. L’occasion pour nous de nous émerveiller, en tant qu’hédonistes confirmés, devant le modelé des gravures féminines qui ornent les moulures du salon… Mais le bruit feutré du salon ne semble pas troubler la conversation entre le fils Rosburger, héritier de grandes firmes  allemandes et des fonderies alsaciennes Rosburger, et son directeur de communication, un certain Cédric Fréour… Et quand vient l’épineuse question de savoir que boire, après la blanc, le bourgogne et le champagne, c’est encore le fils Rosburger qui a le dernier mot avec le choix d’une pina colada… Le reste de la soirée ne sortira pas des compartiments et salons de l’Orient Express, mais il nous reste juste à souhaiter un très joyeux Noël à tous nos chers petits observateurs, en espérant que ce train magique vous aura fait rêver en cette si belle nuit. (Texte A. De Montchalin)

L’avis des Petits Observateurs !

22 commentaires au sujet de « L’Orient Express 🚂 : la lenteur c’est le luxe d’aujourd’hui »

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  1. Francois

    La belle époque, elle prend tout son sens lorsque l’on voit ce train…que dis-je, cet écrin.
    Qui aujourd’hui pour rêver de tels projets? A l’heure de la rentabilité, du profit, de l’immédiateté…
    « La lenteur c’est le luxe d’aujourd’hui » la formule est assez belle , mais elle est surtout juste. Prendre le temps est un luxe.
    Merci à vous pour ce partage

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  2. Pascal DeVillers

    Bonjour,
    J’ai dégusté votre voyage comme une douce friandise.
    Au début du vingtieme siècle le luxe avait vraiment bon goût .
    On quittait sa berline remplie de boiseries précieuses et de pièces polies et chromées pour monter dans le train sans changer d’ambiance.
    C’est vrai que la lenteur dans un voyage est un art de vivre et un luxe que la société moderne d’aujourd’hui ne nous autorise plus.
    Encore dans les années 60; je me souviens, les voyages en voiture réclamaient des pauses pour laisser reposer la mécanique, le temps de découvrir un petit village sur le bord de la route et de dégoter un bon petit restaurant familial.
    Merci pour ces années à vous suivre dans vos joyeuses aventures et joyeuses fêtes à tous.

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  3. Ju44

    Quel joli cadeau !

    Une ambiance feutrée, magique, hors du temps… De l’élégance, du raffinement… Du temps… Un monde qui s’il n’a pas disparu est malgré tout bien sur le déclin.

    Merci pour cette pépite aux effluves de cigare, de whisky au dessus desquelles l’âme d’Agatha Christie semble encore planer au travers de son célèbre Hercule.

    Très bonnes fêtes de fin d’année à vous tous, et c’est avec impatience que l’on attend la suite du programme en 2020

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  4. Mat Ador

    Sans vouloir jouer les trouble-fêtes en pleine trêve des confiseurs, je n’en suis pas moins certain que Nagelmackers aurait goûté à votre éloge de la lenteur quant à son « Express », même rendus cent cinquante ans plus tard. Au lancement de la compagnie sa vision était d’ouvrir des lignes permettant à une clientèle de luxe de traverser l’Europe d’est en ouest en lui minimisant les contraintes notamment douanières… Il n’existait alors tout simplement aucun autre moyen de transport plus performant.
    Aujourd’hui certes on va plus vite et pour moins cher. Sauf qu’on a perdu le sens du voyage, celui de vivre le moment présent. Et quand ce présent vous est offert, comme ici, sur un plateau doré, on mesure mieux ce à côté de quoi on passe…
    J’ose un parallèle avec les Tesla d’aujourd’hui, ces précurseurs de la mobilité de demain.
    Traverser l’Europe d’Est en Ouest nécessite des haltes plus ou moins longues à prévoir de préférence dans des lieux confortables où l’on peut se restaurer, se reposer et entrer en relation avec d’autres voyageurs. Cela n’aura jamais le charme nostalgique de l’Orient-Express mais suivant le parcours et les relais choisi, le voyage peut valoir le détour.
    A méditer, avant de mourir contre un platane à 200km/h.

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  5. Pascal Liger

    POA m’offre un cadeau personnel, car j’ai passé 2 ans de ma jeune vie à bord, lorsque j’étais employé comme responsable de la boutique, en 1985 et 1986.
    C’est James SHERWOOD qui fît revivre ce train aidé par un passionné : Paul BIANCHINI., suite à la vente d’anciens wagons à Monté Carlo en 1977. Le train fût remis sur rails en 1982 avec comme marraines Charlotte Rampling et Liza Minelli.
    17 wagons en tout, dont 3 wagons-restaurants et un wagon-bar avec piano à queue. Depuis cette époque la Société BELMOND a apporté des améliorations car les suites n’existaient pas à l’époque où je travaillais à bord. En tout, j’ai parcouru plus de 75 000 km entre Boulogne sur Mer et Venise. Cela m’a permis de voir de nombreuses personnalités ou vedettes de l’époques tels : Robert De Niro, Sir Anthony Hopkins, Juliette Gréco, Albert Uderzo, Yves Rocher, le groupe SUPERTRAMP fît un concert à bord pour présenter son nouvel album à la presse. J’oublie aussi tous ces gens de la télé Française ou Britannique. J’ eu aussi de bonnes conversations avec des passagers venant du monde entier. je me souviens d’un des serveurs qui finalement rencontra un veuve Américaine, avec qui il se maria. J’aurais encore bien des choses à vous dire, mais c’est sans doute, l’ambiance des matières nobles et l’odeur qui règne à bord, que je ressens dans ma vieille auto que certains connaissent. MERCI POA !!! Je vous souhaite le meilleur pour 2020 !
    Je salue ici Miguel De Lacerda qui fût un grand Directeur de Train pendant de très nombreuses années, ainsi qu’Eric BARRIERE qui officiait en cuisine de façon magistrale.
    Je salue également la mémoire de Mister Ian BIRCH.

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    1. Neufcentdixespada

      Merci beaucoup mr Liger pour ce commentaire plein de souvenirs que l’on sent ,pour vous bien émouvants…

  6. Jean-François Bertrand

    Je confirme, ou tout du moins, l’un des luxes de ces temps modernes.
    Je m’étais fait cette remarque en descendant de la région parisienne pour réjoindre le département de l’Ain par la nationale 6.
    Un agréable arrêt repas dans un petit restaurant au bord de la rivière à Villeneuve sur Yonne, une vitesse qui vous laisse le temps d’apprécier le paysage.
    Une petite pause thé café à Saulieu après avoir eu pendant des kilomètres une magnifique tr3 comme éclaireuse.
    Finalement très peu de monde sur la route, qui fut pour moi une véritable machine à remonter le temps et à prendre mon temps.

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  7. Theo

    Le goût, s’habiller pour dîner, le travail d’artisan sur ces voitures, les Lalique, la lenteur, le raffinement de la vieille Mitteleuropa : un monde devenu rare. Merci d’avoir cette classe, ça nous change, et dans une humeur de bon aloi. POA, c’est vraiment un ton et une tenue particulière !

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  8. Nabuchodonosor

    Merveilleux on en redemande. Votre voyage me renvoie à une sympathique histoire qu’aimait à nous conter un ami pianiste trop tôt disparu.

    C’est l’histoire de Monsieur Bouc, chef de train de la CWL, du Docteur Constantine et d’Hercule Poirot qui se retrouvent tous trois attablés au wagon restaurant pour faire le point après leurs interrogatoires sur le meurtre de Ratchett.

    Au bout du wagon, un pianiste mulâtre en queue de pie, dos à la salle, enchaine en fond sonore de vieux jazz swing avec assez peu d’entrain, comme mécaniquement, ce qui finit par décontenancer Poirot qui ne parvient à réfléchir. Il se lève, essuie sa moustache en croc soigneusement cirée en la tapotant de la pointe de sa serviette et se dirige d’un pas décidé vers le pianiste.

    Se penchant par-dessus l’épaule il lui glisse alors : « vous avez les c… qui pendent ». Le musicien, impassible, continue ses circonvolutions métacarpo-phalangiennes qui vont et viennent tout le long du clavier. Poirot lui répète alors au plus près de l’oreille : « vous avez les c… qui pendent ». Mais rien n’y fait, le vieux pianiste, les yeux mi-clos poursuit comme si de rien n’était.

    Poirot est de nature patiente mais là c’en est trop. Il lui lance alors droit dans les yeux pour la troisième fois : « VOUS AVEZ, J’AI BIEN DIT, VOUS AVEZ, LES COUILLES, L-E-S C-O-U-I-L-L-E-S, QUI PENDENT » et de soupeser de sa main gauche tendue sous le nez du pianiste, une lourde grappe de raisins imaginaire…

    A ce moment-là, le vieux musicien relève la tête fixe Hercule Poirot à travers le miroir défraichi au-dessus du piano et lui retourne : « Monsieur, sauriez-vous me siffler les premières mesures ??? »
    😉
    A toi, Alain.
    Et Joyeux Noël à tous

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    1. Lieutenant Columbo

      M’enfin, sont-ce des termes que l’on peut imaginer sortir de la bouche obséquieuse d’un homme que je qualifie être comme mon mentor ? Je lui dois tout, enfin à peu près tout.

  9. chapman

    Merci pour cette pépite ferroviaire. Vous êtes comme des enfants et nous aussi. Enfant je passais beaucoup de temps à Culoz dans l’Ain, grande gare ou l’on démantèle les vieux trains encore aujourd’hui.
    C’était une époque très éloignée de la nôtre culturellement parlant au niveau du risque. J’avais entre douze et quinze ans et j’ai pu me promener partout à ma guise sans être réprimandé. Ce n’était dans doute pas des wagons de cette qualité, quoi que ; mais je peux vous dire qu’il y avait de belles choses en bois, en velours, en porcelaine. De beaux wagons auxquels on mettait le feux pour qu’il ne reste que l’acier à récupérer.
    Aujourd’hui, ce sont de vieux tgv qui sont démantelés là bas. Je serais très surpris qu’on laisse encore les enfants se promener.

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  10. Dupont

    Tiens, tiens, il m’a semblé apercevoir furtivement un vieux confrère retraité de la Surêté Belge dans le wagon-restaurant : Un dénommé Poirot.
    Hercule de son prénom, si ma mémoire ne me fait pas défaut.
    Intriguant n’est-il pas…

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  11. Francois P

    Bonsoir,
    Sublime, quel raffinement…C’est tout un art de vivre, de voyager, qu’il est bon de retrouver…Ce train est absolument magnifique comme l’étaient les autos a cette époque. Le temps s’écoulait lentement et on se sentait vivre intensément …( sauf si crime il y a…)
    Merci pour ce merveilleux cadeaux qui nous fait rêver ….( je sens que je vais réserver bientôt.. )
    Bonne fêtes a tous..
    François P

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