Souvenirs d’Autos (251) : les Panhard de mon père

 Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Après son « Les bonnes ID de mon père » Didier revient avec cette fois les Panhard de son père. J’avoue que j’adore ses histoires et je le remercie pour sa fidélité.

 Ma petite enfance a été bercée dans des voitures d’une marque qui n’existe, hélas, plus : Panhard. En effet, mon père qui aimait le technologie avait préféré acheter en 1953, une Panhard Dyna X d’occasion pour pratiquement le prix d’une 4CV neuve dont le « tout à l’arrière » ne le séduisait pas. La Dyna était à traction avant, avait une carrosserie en alu et une boîte 4 vitesses.

Comme la Dyna Z, la PL17 avait un très grand coffre, il m’arrivait de jouer dedans avec tous mes nounours ! 

 

Je n’ai pas de souvenir de cette auto mais une anecdote liée à ma naissance et que l’on m’a raconté très souvent reste dans ma mémoire. Je ne sais si c’est l’émotion d’avoir un enfant mais mon père avait réussi à casser le volant de cette « petite » Panhard comme on l’a appelée ensuite par opposition aux deux suivantes qui étaient plus « grosses ». Je ne sais plus comment il est arrivé à cela. Car même à l’époque les volants devaient être assez solides. Mais le fait est là, il dut changer ce volant et surprit, parait-il, beaucoup les passants en dévissant le volant et en partant avec après avoir garé la voiture. On ne peut trouver meilleur anti-vol !

En 1959, toujours fidèle à la marque doyenne, mon père fit l’acquisition d’une Dyna Z neuve Grand Standing gris « Ascot ». Voiture atypique par ses dimensions de familiale avec ce petit bicylindre refroidi par air au bruit inimitable. Un jour que ma mère avait pris la voiture pour aller au marché, un incident remis une fois de plus en question ses ardeurs de conductrice qui étaient pourtant bien faibles. En revenant à la voiture elle constatât que la pédale d’accélérateur s’était désolidarisée de sa tige métallique. Il faut préciser que la pédale d’une Dyna Z était une longue palette fixée en bas sur le plancher et dont la partie haute était reliée à la-dite tige d’accélérateur.

Et là, la pédale était libre autour de la charnière du plancher. Devant cette « panne » qui la laissait autant perplexe il n’y eu d’autre solution que d’avertir mon père. Nous voilà partis à la Poste (en ces temps où le portable n’existait pas, même en rêve) pour téléphoner.

Ma mère dut alors expliquer ce qui arrivait avec de telles précisions techniques que mon père ne comprenait rien ! Heureusement, un voisin entra à ce moment dans le bureau de poste et ma mère vit en lui son sauveur. Il accepta bien sûr de l’aider et en arrivant commença à enlever sa veste et retrousser ses manches ce qui conforta ma mère dans l’idée qu’une panne grave lui était arrivée et que conduire une voiture demandait des compétences mécaniques hors de sa portée.

Notre sauveur disparu sous le tableau de bord dans un silence de mort et quelques secondes plus tard nous entendîmes un petit « ploc ». Il sortit alors de la voiture en disant : « c’est réparé » laissant ma mère mi crédule mi admirative. En fait la tige qui était normalement juste entrée de force dans le caoutchouc de la pédale en était sortie et il avait simplement suffi de la remettre en place.

On voit très bien ici la forme particulière de la pédale d’accélérateur d’une dyna Z.

La dernière Panhard familiale, une PL17 bleu saphir fut acheté en 1963. C’est sur la route des vacances que cette auto nous fit aussi le coup de la panne (ou presque).

Nous roulions dans ce midi tant espéré toute l’année avec le soleil juste au dessus de nous. La chaleur était forte (pas de clim bien sûr !) Heureusement la route changea de configuration et fut bordée d’arbres, ce qui permit de diminuer la chaleur ambiante. Mais c’est aussi à partir de ce moment qu’apparut un bruit, faible mais régulier, qui s’ajoutait à celui bien connu du moteur.

  • C’est quoi ce bruit ? demanda ma mère commençant à faire régner un début de panique.
  • Chut ! répondit mon père en essayant d’écouter d’où cela venait.

Au bout de quelques kilomètres il fallut s’arrêter. Mon père descendit de voiture laissant le moteur tourner. Mais à peine eut-il ouvert le capot que ma mère dont l’anxiété augmentait, n’y tenant plus, coupât le contact. Mon père sortit alors la tête du moteur en lançant :

  • Et comment je vais savoir d’où çà vient si le moteur est coupé !

Et là grand silence ! Ou presque car le bruit continuait !!! Ce n’était donc pas le moteur mais autre chose… Mon père leva la tête car cela venait des arbres et comprit que c’était les cigales qui nous souhaitaient la bienvenue et nous avaient fait croire à un bruit mécanique. Cela nous confortât dans l’idée que nous étions bien en Provence. Ce fut aussi l’unique fois où ma mère, bien malgré elle, participa à la résolution d’un ennui mécanique.

 

Un an seulement après l’achat de la PL17, une promotion professionnelle permit à mon père de s’offrir la voiture qui, pour lui, se situait au sommet de la technique : l’ID 19. Mais ceci est une autre histoire…

 

 Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (251) : les Panhard de mon père »

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  1. Bertrand GIRARD

    Ce fut la première voiture de mon père en 53 ou 54 : une occasion cadeau d’un grand oncle, version 3cv sans couvercle de roue de secours ni ceinture de caisse chromée. J’avais 3 ou 4 ans mais je souviens du bruit de la panpan comme disaient mes parents , de l’etroitesse des vitres coulissantes, de cette drôle de résistance en forme de barrette ventousee sur le pare brise pour un désembuage dégivrage aléatoire… Souvent au garage ( soupapes ou bougies grillées, réglages divers dont BV) mais mes parents étaient bien contents de l’avoir … Depuis Suresnes vacances avec à Hendaye ou dans le massif central et de nombreux AR au Mans . Mon oncle en avait une aussi mais en 4CV avec une drôle de cordé derrière les sièges AV…. Plus tard mon père m’a dit que ça marchait très bien pour l’epoque (. Sauf en cote) et s’accrochait à la route : il regagnait en descente le temps perdu en montée ! Après ce fut la 203 qui plongea la petite famille (agrandie d’un petit frère tout neuf comme elle ) dans un autre monde automobile ! Mon oncle était passé en 55 à la Dyna Z alu puis en 57 acier : cette dernière le déçut tellement qu’il changea de marque !

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  2. Patrice Verges

    Intéressant, comme d’hab mon commandant. En effet, la grande pédale de l’accélérateur était seulement enfoncé dans la tige et sautait parfois. les fans de Panhard ne veulent pas admettre le manque de fiabilité de ces voitures qui avaient leurs fanatiques qui ne juraient que par elles. Sur ma dernière 24 CT, je me souviens avoir cassé le moteur puis la boite en 20 000 km !

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    1. Alain L

      Ah! le chant entêtant des cigales réchauffe un peu cette grise journée, rien que pour ça merci et le son unique du moteur qu’une vieille tante définissait à l’époque comme « voiture qui fait glou-glou!!!…
      J’ai quand même la sensation qu’à chaque lecture d’une nouvelle histoire la lumière est plus douce, est-ce l’âge?
      En tout cas le nom 24CT a été pendant longtemps pour moi la représentation d’un rêve de future modernité, lorsque je la découvrit dans mon « Pilote » hebdomadaire en ces années 60 et me voyait rouler avec dans Brasilia en construction…

    2. Thierry

      J’avais lu un article de Presse il y a très longtemps sur la fiabilité des marques, Citroën bizarrement était difficilement classable …. pour la simple et bonne raison, que les propriétaires de Citroën sont beaucoup plus amoureux de leurs autos que les autres, et qu’au premier symptôme, ils filent réparer le problème !
      Panhard doit être du même niveau …

    3. Bertrand

      Le rendement moteur et l’utilisation d’aluminil conduisait à de très bonnes performances et ce dans l’economie…. La X avait des performances égales voire supérieures à l’Ami 6 sortie 10 ans plus tard et même plus !

    4. Francois

      Bonjour,
      Panhard c’est toute une époque, indissociable de l’histoire de l’automobile en France, des innovations encore très actuelles.
      J’ai eu deux 24CT un modèle 64 (freins ETA)très bien fini pour l’epoque et un modèle 66 freins à disques qui a été amélioré avec moteur façon MEP.
      Si on respectait son mode d’emploi et une rigueur d’entretien et réglages elles se révélaient plutôt fiables. J’ai parcouru 120 et 145 000 km sans jamais rester sur le bord de la route. À leur volant les petites toutes étaient un vraie partie de plaisir sans se ruiner en carburant.. Les Panhard laissent toujours d’inonbrables souvenirs.

      Francois

    5. chapman

      Boîte qu’on se devait de manipuler délicatement avec trois doigts en évitant de forcer les synchros.
      Il faut reconnaître les performances surprenantes pour l’époque pour une si petite cylindrée. C’était des moteurs très poussés et affûtés et donc à utiliser et entretenir avec constance et scrupules.
      La 24 reste pour moi une référence esthétique et je regrette que Citroën n’ai pas voulu sauver la marque en installant un moteur quatre cylindres plus grand public qui aurait permis à cette auto de traverser deux décennies en conservant des qualités de confort et de tenir de route proche de la perfection.
      Enfin c’est mon avis. Avis forgé auprès d’un amoureux de la marque bien sûr.