Souvenirs d’Auto (255) : Un cadavre dans le coffre de la Jag….

Par le Commandant Chatel. Cette histoire a été vécue par Bertrand que vous connaissez. Il était venu présenter sa Cadillac Brougham 1992 à Renaud et votre serviteur dans les Alpes-Maritimes.

Alors, ce jour-là, Bertrand (surnommé Sa Majesté Bobo 1er), son confrère et ami pharmacien, Jean-Marc (dit Coco des Îles) et Dominique, leur copine avocate (alias Maître Toucan du barreau de la Cage) vont au cinéma dans la banlieue de Toulon.

Ils assistent à la projection de « No country for old men » des frères Coen. Une sombre histoire où l’on trimballe beaucoup de macchabés dans les coffres des américaines.

 

En sortant de la salle, Dominique a une idée rigolote :

  • Je vais monter dans le coffre de ta Jaguar (à l’époque Bertrand roule en Jag) et je vais laisser dépasser mon bras. C’est marrant.

Cette idée loufoque amuse beaucoup les deux pharmaciens et les voilà partis…

Alors au début, l’effet escompté fonctionne très bien. C’est à dire que les gens qui doublent cette Jaguar sur la voie rapide de Toulon sont totalement éberlués de voir un bras dépasser du coffre.

 Mais au volant, Bertrand est quand même un peu inquiet. En hurlant, il arrive à communiquer avec son amie, Dominique, toujours dans le coffre.

  • Bon ! Dominique, je vais m’arrêter dès que possible et on va arrêter nos conneries !
  • Mais non ! C’est marrant, Bertrand !
  • Dominique, je vois des gens qui passent des coups de téléphone en nous voyant ! Ils vont prévenir les flics !

Bertrand aurait dû s’écouter, car dans un tunnel (et ce n’est pas le moindre: c’est tout simplement le tunnel de l’autoroute… juste celui qui évite l’engorgement permanent du Bd de Strasbourg, ce petit boulevard périphérique souterrain…rien quoi !), deux voitures banalisées le serrent et le force à stopper.

Des policiers de la BAC (pas franchement des comiques) surgissent l’arme au poing en hurlant :

  • Pas un geste !

 Bertrand et Jean-Marc lèvent les bras.

Les policiers déboulent, les sortent de la Jaguar manu militari et les forcent à s’allonger sur le sol, les mains dans le dos.

On leur passe les menottes.

Dans le coffre, les policiers découvrent Dominique qui sort du coffre en déclarant aux gars de la BAC :

  • Ce n’est rien, c’était juste pour rire !

Elle a droit aux menottes aussi.

Les policiers de la Bac viennent de déclencher le plan Épervier avec hélico et tout le toutim (Tunnel A50 fermé dans les deux sens…) et ils n’ont pas vraiment envie de se marrer.

On embarque tout le monde.

Nous retrouvons nos trois amis au commissariat, en garde à vue, devant un inspecteur qui appelle le Procureur de la République pour lui expliquer la situation.

La première question que pose le magistrat est :

  • Quelles sont leurs professions ?

Le flic, presque gêné répond :

  • J’ai une avocate et deux pharmaciens…

Long silence lourd de sous-entendu…

Le Procureur décide de ne pas faire traîner :

  • Bon, vous prenez leurs dépositions et vous les libérez !

L’inspecteur commence son rapport devant nos trois compères.

Il se penche vers le clavier :

  • Donc, je commence. Trois C… (il cherche dans son lexique de termes usuels à la police pour rédiger un rapport…) je ne trouve pas la lettre C… Hum ? disons alors, trois Abrutis… il vérifie…voilà « Abrutis » j’ai, c’est bien…

Sans commentaire.

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…  Et si possible, joignez à votre histoire des photos….  On adore ça chez POA ! Merci.

 

L’avis des Petits Observateurs !

8 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Auto (255) : Un cadavre dans le coffre de la Jag…. »

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  1. Nabuchodonosor

    Mon Commandant,
    Elle est sympa l’histoire de Bobo, de Coco et de Dodo, c’est sans aucun doute ainsi que cette dernière aurait été surnommée si elle avait mis sa robe côté pharmaco plutôt que côté barreau…
    Les trois compères s’en sortent sans bobos malgré le plan épervier déclenché par les cocos, ils ne feront pas dodo sous les barreaux et surtout l’affaire ne leur a pas coûté un bras.
    Je n’aurai donc que deux mots : Bras et Vo.
    😉
    Mes respects…

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  2. chapman

    Curieux cet absence d’humour au sein des forces de police…..
    Ceci dit, j’aimerais beaucoup avoir accès à leur livre d’or aux pandores. Il doit y avoir pléthore de blagues de potaches de ce genre.
    C’est drôle, j’ai un ami pharmacien qui a passé, il n’y a pas si longtemps, un après midi au commissariat pour une blague de ce genre. Sur le moment il riait jaune.

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  3. Pierre_

    Quand les médicos donnent dans la blague c’est souvent du très lourd.
    Un ami kiné me racontait les soirées, les bizutages, et j’en passe, à la fac à Lyon… grands moments !
    Ni bac, ni inspecteur, ni procureur à l’époque.
    La chute de cette histoire est la conclusion parfaite.
    _C’est bien!

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  4. Amok

    Certes voilà une anecdote cocasse. Elle nous fait sourire.
    Mais que ce serait-il passé si ces trois joyeux compères n’avaient pas été avocate et pharmaciens ?
    Je laisse chacun réfléchir…

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    1. Neufcentdixespada

      Exactement… En 1987 ,pour fêter mes 20 ans,nous partîmes pour une « partie de campagne «  dans le vignoble sud -nantais . Comme dans le film de Renoir,nous étions deux jeunes gens et deux jeunes filles…. par contre une des nanas avait une brave r5 ,et nous l’enjoignions fermement a prendre,a chaque carrefour ,la route la plus étroite se présentant … nous finîmes par traverser une cour de ferme à vive allure et le trip se termina dans un pre ou les demoiselles s’allumerent une cigarette qui fait rire…retour par la même cour de ferme ,ou les pandores nous attendaient de pied ferme (les braves paysans n’avaient que modérément apprécié notre passage dans leur propriété, )… Papiers svp etc etc… aie aie, aucun n’avait le moindre fafiot sur lui …. ah si ,coup de bol , le copain avait sa carte d’étudiant en médecine, la bonne gueule des trois autres étudiants en dentisterie l’accompagnant fit le reste… allez , les jeunes ,c’est bon pour cette fois…

  5. Jean-François Bertrand

    Je ne m’en lasse jamais de cette aventure!…
    J’en rigole encore….
    Je ne vous dit la tête que je faisais quand un dimanche après midi pluvieux, alors que nous buvions un thé dans une brasserie du vieil Antibes, ils m’ont raconté cette petite anecdote… Celà s’ était passé quelques jours avant.

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