Lancia Beta coupé Fissore : Dopée aux hormones Suisse 🇨🇭

Patrice Vergès. Sur POA, notre Président Renaud a fréquemment évoqué son coupé Lancia Beta 2000 de 1977 qu’il chérit. Aujourd’hui, nous nous intéressons à l’ultime version millésimée 1984 de ce coupé modifié par le carrossier italien Rayton Fissore.

Fondée en 1919 en Italie, la carrozzeria Fissore se spécialisa dès 1936 dans la transformation d’utilitaires sur base Fiat, de véhicules blindés et coupés sportifs notamment les Monteverdi avant de déposer son bilan en 1976. Fernanda, l’une des filles des créateurs et son mari le sulfureux Giulio Malvino relancèrent l’entreprise en reprenant ce nom accolé à Rayton avec davantage d’ambitions. De carrossier, Rayton Fissore devint un véritable constructeur automobile en produisant un gros 4X4 nommé Magnum sur base d’un utilitaire Iveco. Ce SUV eut un certain succès à la fin des années 80 puisque autour de 6 000 furent produits même après leur faillite à la fin des années 90

La Fissore se distinguait de la Beta normale par son large spoiler, ses élargisseurs d’aile et ses bas de caisse

A l’arrière, le pare-choc en métal avait été remplacé par un bouclier. La Beta de Bernard n’est pas chaussée de jantes Fissore mais de classiques Lancia inspirées par la Bugatti 35

Un petit volant bois a remplacé celui d’origine devant une planche de bord qui avait été redessinée depuis les premiers modèles

Double-arbre d’origine Fiat monté en position transversale. Sur la version 2 litres à injection, il délivrait 122 ch

La Fissore utilisait le becquet à retours de la Volumex tandis que sa sortie d’échappement était plus volumineuse Les deux petits sièges séparés à l’arrière peuvent accueillir des enfants

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Rajeunir une Beta en fin de vie

En 1984, Lancia leur demanda de rajeunir à peu de frais son coupé Beta en fin de carrière après plus de 10 ans d’existence. Sa silhouette n’était plus assez massive pour le style de l’époque aux lignes plus agressives bardées de spoilers et d’élargisseurs. D’où une opération esthétique chargée de la viriliser à peu de frais afin d’écouler les derniers exemplaires en direction uniquement de la Suisse.

Esthétiquement, la Fissore se reconnait à ses ailes élargies en composite qui cachent des jantes au voiles déporté au curieux dessin signé Fissore. Elle affiche aussi un épais spoiler avant remplaçant le pare-choc d’origine en métal et becquet élargi ainsi que des bas de caisse. Si elle recevait aussi une sortie d’échappement plus généreuse, son 4 cylindres 2 litres à injection restait strictement de série. Au total, 200 auraient été produites sur environ 115 000 coupés auxquels il faut ajouter 250 HPE (version allongée) bénéficiant du même traitement esthétique que certains aiment alors que d’autres exècrent.

Un coupé plus beau que la berline 

Lorsque les Lancistes ont vu la berline Lancia Beta fin 1972, ce fut la déception. Étudiée dans l’urgence par Fiat en moins de 2 ans, cette traction avant deux volumes à la silhouette d’utilitaire (hayon) manquait cruellement d’élégance motorisée, de surcroît, par un moteur Fiat emprunté à la 132. Heureusement, le coupé dévoilé un peu plus d’un an plus tard, était bien plus réussi esthétiquement et plus amusant à conduire bâti sur un empattement raccourci. Lancia améliora rapidement la plastique de la berline (calandre, surface vitrée agrandie) et finition (Berlina) tout en accroissant sa cylindrée et sa puissance jusqu’à 135 ch sur la Volumex à compresseur.

Une vraie Lancia

Ce coupé Beta est une sorte de madeleine de Proust pour Bernard puisqu’il a déjà possédé ce modèle il y a près de 40 ans.  » En 1981, j’ai acheté un coupé Beta 1600 que j’ai adoré et avec lequel j’ai parcouru près de 100 000 km sans problème excepté la rouille traitée au Dinitrol (célèbre liquide antirouille). J’aimais sa ligne sobre et élégante, son excellente tenue de route et son aspect familial puisque notre jeune fils rentrait aux places arrière et il y avait un vrai coffre. Je participais à des petites courses automobile alors avec une Alfa Sud Troféo que je tractais avec la Lancia. Un jour dans un gymkhana régional, l’Alfa n’a pas voulu démarrer ! J’ai couru avec la Lancia et j’ai gagné la victoire dans ma catégorie Groupe 3″.

Plus de 35 ans ont passé et Bernard a continué à courir notamment au volant d’une Matra Djet. Il y a 3 ans sur le circuit d’Albi, il découvre ce coupé Beta Rayton Fissore, version suisse dont il ne connaissait pas l’existence. Coup de foudre familial autant du coté de son épouse que de son fils !  » Je l’ai acheté ! C’est une 2 litres injection 1984 de 122 ch d’origine suisse d’où le kit Fissore. Il n’avait pas les jantes spécifiques de la Fissore et ça tombait plutôt bien car je ne les aimais pas. Par rapport à celui que j’avais, il a une direction assistée, un tableau de bord et des sièges différents. Mais j’ai retrouvé les mêmes sensations à son volant dont un léger flou dans la direction. En bon état et traité d’origine contre la corrosion, j’ai révisé et changé quelques pièces mécaniques. J’ai été étonné par la qualité du montage, le soigné de la finition et sa technologie assez sophistiquée autant au niveau de son moteur double arbre que du dessin de son châssis très élaboré. Pour moi, c’est une vraie Lancia.  »

Rivée à la route

Bernard m’a passé son petit volant bois car il trouvait celui d’origine trop laid. Comme à chaque essai d’une voiture âgée de plus de 35 ans, l’agrément de conduite qu’elle suscite m’a séduit. Le double-arbre assez présent qui lâche le son si particulier du Lampredi, est vif, les vitesses s’enchaînent bien, les accélérations sont toniques et la direction n’est pas trop assistée, les sièges sont douillets et le confort honnête. Que du bon.

Par manque de place dans son garage, Bernard ne pourra pas conserver sa Beta car une autre Lancia en restauration l’attend. Une Fulvia 1300 S dont il me montre la filiation avec la Beta au nouveau du design notamment au niveau de la finesse du dessin du pavillon signé également Pietro Castagnero. Une vraie Lancia également.

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Lancia Beta coupé Fissore : Dopée aux hormones Suisse 🇨🇭 »

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  1. aimelauto

    pas la plus belle…..(le coté « kéké » des ajouts n’est pas heureux), surtout pour une marque qui à l’époque était caractérisée par des modéles à « l’elegance racée et discrete » .

    Une voiture attachante cette Béta à son epoque !
    un moteur plein et au son attirant, un beau look et une tenue de route sûre et sans roulis.
    Ca permettait de rouler différent dans une bien belle auto !
    Par contre, on oubliera le coté finition ….(ces années 80 ont fait basculés chez les allemandes avec tant de satisfaction depuis …..), une pédale d’embrayage dure, et des problemes electriques à répétition (voyants, faux-contacts……).
    Personnellement apres avoir usé aussi une Delta « integrale 8v » ,j’ai gardé un souvenir attachant des Lancia qui sont un de mes tres bon souvenir automobile .

    Lancia….(une marque qu’on peut comparer aujourd’hui à une AUDI) c’etait un style sobre mais élégant et un coté raffiné dans une production déjà de masse des concurrents.

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  2. Nabuchodonosor

    Vous êtes durs avec les dames d’un certain âge… Bernard n’en attendait pas tant.
    Si j’étais lui j’objecterai une élégie du genre :

    La Beta qui est dans mon lit n’a plus vingt ans depuis longtemps
    le fard si lourd de trop d’amour, ne porte pas le nom d’appas,
    le corps lassé, trop caressé, trop souvent mais, trop mal aimé,
    le dos voûté semble porter des souvenirs qu’elle a dû fuir…

    La Beta qui est dans mon lit n’a plus vingt ans depuis longtemps,
    ne riez pas, n’y touchez pas, gardez vos larmes et vos sarcasmes,
    lorsque la nuit nous réunit, son Lampredi nous extasie
    et c’est son cœur, couvert de pleurs et de blessures…
    Qui me rassure.
    😉
    Nabu Reggiani-Moustaki

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  3. Gran Turisto

    Est-ce que le verbe « pataudiser » existe ? Parce que j’ai l’impression qu’ils l’ont fait… Alors je vérifie et me rends compte que oui ! (J’aurai au moins appris quelque chose !)
    Vous me copierez donc 100 fois:
    « Je ne pataudiserai plus jamais les belles bagnoles »…

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  4. Alain L

    Tout est dit en introduction « Sa silhouette n’était plus assez massive pour le style de l’époque »… le présage du déclin de l’élégance automobile!!!
    et même aujourd’hui je n’arrive toujours pas a comprendre comment un « bouclier » est plus intéressant qu’un pare-choc (qui portait si bien son nom!!!)

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  5. Nathan

    Je ne la trouve pas si moche avec ses ailes élargies et ses gros boucliers assez discrets par rapport à nos voitures de l’époque. C’était bien fait. Pourquoi cette version a été réservée aux Suisses seulement ?

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  6. Neufcentdixespada

    Ohlala ,que nenni,ça n’est pas une voiture pour le président ,,son élégance naturelle est totalement annihilée par de lourds artifices de maquillage ! (On irait presque prononcer le mot interdit à son égard ,celui qui commence par »tu » et fini par »ning »… a la sauce annees 80)

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