Hyundai Kona Hybrid : Ne pas se tromper d’utilisation

Patrice Vergès. Il y a deux ans, POA essayait le Kona dont le nom a un parfum de la région d’Hawaï uniquement en motorisation essence. Depuis sont apparues une version diesel, électrique puis enfin…. hybride que nous essayons aujourd’hui.

La silhouette réussie du Kona n’est pas étrangère au succès qu’il rencontre chez nous

Ses 4,17 m en font l’un des SUV les plus compact du marché. Ce bleu est réservé à la version Hybrid

Le Kona est bien parti dans la vie puisqu’il représente plus de 25 % des ventes d’Hyundai France et il devrait terminer l’année 2019 avec 40 000 immatriculations. Hyundai espère que l’Hybrid représentera bientôt plus d’un quart des ventes de ce dernier, dont 30 % sont encore actuellement en diesel qui n’est pas mort comme on veut nous le laisser croire.

Le Kona Hybride est animé par un quatre cylindres de 1,6 l GDI à injection directe à cycle Atkinson qui délivre 105 ch. Il est accouplé à un moteur électrique de 32 kW ou si vous préférez 43,5 ch, mon tout donnant 141 ch avec un couple « maous » costaud de 265 Nm. Les batteries situées à l’arrière avouant une capacité de 1,56 kWh sont des lithium-ion plus mais n’obèrent pas la capacité du coffre, il est vrai pas immense avec 360 litres.

Planche de bord flatteuse de loin mais les plastiques sont de qualité moyenne

Sièges cuir sur la version Exécutive mais assise des sièges trop réduite pour un grand gabarit

Environ 50 % en électrique

Évidemment, l’Hyundai Kona hybrid se conduit comme la version 100 % thermique avec davantage de couple et globalement plus d’agrément, mais sans être un foudre de guerre. Immédiatement une question titille l’esprit : combien puis-je parcourir de kilomètres en mode électrique ce que la durée de l’essai n’a pas permis de mesurer ?

La réponse est moins nette que la question car elle dépend de beaucoup de choses ; le profil de la route et celui du conducteur, son usage, le trafic et pourquoi pas la vitesse du vent. On peut dire que sur un parcours semi-urbain, le Kona Hybrid fonctionne la moitié du temps en mode électrique pour grimper à plus de 60 % si on conduit calme et beaucoup moins si on exploite les 140 ch. Mais son roulage en 100 % électrique ne dépasse pas quelques kilomètres. Un peu décevant et pas mieux que Toyota !

Autour de 5 litres aux 100

Pour s’en tenir aux 4,3 l/100 km annoncé par le constructeur, il faut être tendre avec la pédale d’accélérateur et en règle générale, la consommation tourne autour de 5 litres aux 100. Avec mon coéquipier qui exploité les 140 ch, nous avons grimpé à 5,7 l et dans ce cas, le Kona Hybrid a montré moins d’intérêt que le diesel qui n’aurait pas exigé davantage.

En fait, l’usage de l’Hybrid doit correspondre à un besoin et non un achat militant. Si on parcourt 200 km d’autoroute par jour où il sera toujours en mode essence, il n’offre aucun intérêt.

En revanche, sur des parcours surburbains émaillés d’encombrements, il reprend sa suprématie. Grace à sa boîte de vitesses à 6 rapports à double embrayage, ses reprises sont relativement vives et surtout silencieuses. Rien à voir avec le train épicycloïdal hululant que Toyota s’obstine à monter depuis des années à cause de son coût réduit notamment sur la CH-R qu’on peut considérer comme le principal concurrent du Kona et dont le design très tarabiscoté a vieilli étonnamment vite.

Pour le reste, ce petit SUV (4,16 m) a conservé toutes ses qualités de réussite esthétique, d’intelligence à bord, d’agrément de conduite et aussi son principal défaut avec amortissement trop sec qui n’en fait pas un parangon de confort, loin de là. J’aurais aimé conduire la version basique chaussée en 16 pouces aux pneus plus généreux.

Le Kona est équipé d’une véritable boîte à vitesses DCT à double embrayage très agréable Il est possible de descendre à moins de 5 litres aux 100 avec une conduite apaisée

De 2 700 à 3 700 euros de plus

Par rapport à la version essence GDi 177 ch en boîte auto à 7 rapports, il est plus cher d’environ 3 700 euros avec une gamme qui débute à 21 150 euros pour s’achever à 32 550 euros dans sa version Exécutive.

Sans malus évidemment puisqu’il n’émet que 99 g/km alors que l’essence avec 139 g/km sera frappé par un malus écologique de 1761 euros en 2020 ! En revanche, si on le compare au diesel Exécutive exempté de peu de malus avec ses 109 g/km, il n’est plus coûteux que de seulement 2700 euros.

La version électrique du Kona se reconnait à sa calandre fermée

J’ai pu aussi parcourir quelques dizaines de kilomètres avec la version électrique de 64 kWh délivrant 204 ch (il y a aussi une version 39 kWh de 136 ch) et qui se reconnait à sa calandre masquée.

Un véritable plaisir autant par ses reprises musclées, ses accélérations toniques (29 secondes aux 1000 mètres) que son silence mécanique qui fait ressortir le bruit de roulement et la vigueur de décélération à palettes qui permet presque la conduite à une seule pédale. Hélas, ce plaisir se paye cher avec un tarif de 46 400 euros compensé en partie avec la vague idée de sauver la planète et un plein de carburant électrique à 3 euros pour environ 450 km d’autonomie. Mais pour combien de temps ?

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Hyundai Kona Hybrid : Ne pas se tromper d’utilisation »

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  1. Nathan

    La ligne est jolie et après l’avoir essayée, elle est plus agréable que la Toyota Hybride au bruit insupportable ! Mais les prix sont trop élevés !

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  2. Claudia Schai-iffer

    Ne pas se tromper d’utilisation.
    J’ai en effet l’impression que, face aux nouveau choix qui s’offrent, dorénavant celui qui voudra optimiser un tant soit peu les choses en choisissant son auto aura intérêt à ne pas se tromper d’utilisation sous peine de sanctions budgétaires immédiates : Carburant, taxes, malus, que sais-je encore nous attendent au premier tournant. Adieu logiques de versatilité, de polyvalence et de revente. Adieu liberté d’aller. Le représentant de commerce qui bouffe du gasoil à longueur de journée pour la bonne cause va se faire refuser à l’entrée de la ville ou tout au moins repayer en amende ce qu’il venait d’économiser pour lui et la planète sur l’autoroute juste avant… Mieux vaudra certainement à l’avenir pour lui comme pour tous louer au jour le jour en fonction de son parcours de mobilité afin de ne pas s’encombrer d’un outil qui ne serait finalement pas optimum une bonne partie du temps… Adieu donc propriété et la liberté de laisser ses effets personnels dans la boite à gants, les vide-poches, la console centrale, la joie d’astiquer les plastiques et de passer l’aspi le dimanche matin toutes portes ouvertes en mettant la radio à fond pour faire chier les voisins.
    Ça promet d’être sympatoche pour emmener les enfants à l’école, laisser le petit à la nounou sans oublier la tétine, filer au boulot en grand banlieue, déjeuner avec tantine à midi à la campagne, revenir en ville pour les enfants, repartir au cours de judo pour Théo et de danse pour Léa, récupérer les courses au drive avant de rentrer pour faire le souper.
    Je vous laisse à vos questions, j’ai l’eau qui boue sur le feu, le petit dans le bain qui commence à s’impatienter et les grands qui se disputent au lieu de faire leurs devoirs…

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  3. Objectif Lune

    Salut à tou(te)s,
    le premier paragraphe concernant l’autonomie possible (ou pas) en « tout électrique » n’est pas pertinent, une voiture hybride non-rechargeable n’a pas pour but de rouler sur le moteur élec. seul, mais d’utiliser celui-ci pour baisser la conso et profiter de son couple.

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    1. Alex

      Exactement, c’est l’erreur de beaucoup d’essayeurs auto !
      Malheureusement il faut s’en prendre au marketing des constructeurs qui vantent « x kilomètres en tout électrique ».
      Il n’y a donc aucun intérêt à forcer le mode électrique, d’autant que la consommation sera plus élevée au final (le moteur thermique va devoir recharger la batterie).
      Ce mode est juste bon à manœuvrer dans votre parking sans vous étouffer avec les gaz d’échappement.

      Et concernant le paragraphe sur le train épicycloïdal de Toyota, il représente bien d’autres avantages que son supposé coût réduit.
      Notamment celui le fait de permettre au moteur thermique de tourner quasi exclusivement à charge pleine/élevée (ou pas du tout), là où son rendement est le meilleur.

    2. DELOUSME Patrick

      Tout à fait, c’est un non-sens. Quand on me demande l’autonomie de mon Kia Niro Hybride, j’annonce 1000kms, car c’est ce que je parcours avec un plein. Cherchant une bonne autonomie en mode électrique, je conseille à nos essayeurs de tester des véhicules électriques dont c’est la vocation.
      Mon Niro possédant la même mécanique et plate-forme que ce Kona me permet de parcourir plus de 30 ou 45 minutes d’embouteillages sans que le moteur thermique ne démarre car la batterie se recharge autant au freinage qu’elle se décharge pour décoller. Combien cela représente t-il de kilomètres? A vrai dire je m’en moque. Ce qui est sûr, c’est qu’en 70000 kms (en un an), ma moyenne de conso est à 4,2L/100 sur une utilisation routière.

  4. Nabuchodonosor

    « Le train épicycloïdal hululant de Toyota »; Ah oui en effet j’ai failli passer à côté.
    Oncle Pat’, permettez que je pouffe…

    Hululant, à la rigueur de nuit et si les Japs trouvent ça chouette passe encore. Mais un train, comment dites-vous, et-pis-cyclo-idéal, alors là, mon cul. Un train avec un nom pareil comment voulez-vous que ça file droit. Et pourtant j’en ai connu des trains de nuit, des tortillards, des trains d’enfer, des arrières trains, des qui gazouillent, qui piaillent, qui jabotent, qui piaulent et même des insoumis qui ne répondaient que par contrepèterie : Ca pétaradait, ça pétouillait, ça péclotait mais pour sûr ça filait droit. Et pis quoi encore on voudrait nous faire prendre des vessies pour des lanternes qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

    Les petits observateurs ont parfaitement raison, faut arrêter de nous la raconter, de nous bourrer le mou. C’est pas avec des mots savants que l’on ne comprend pas que l’on va demain parvenir à sauver la planète.

    Foutaise encore comme ce Kona électrique fluorescent qui prend un malin plaisir à se camoufler comme le caméléon pour mieux se confondre au compteur Linky que l’on vient de m’installer. Compteur ou conteur à la con qui depuis lors saute toutes les dix minutes à l’insu de mon plein gré. Dans quel monde vit-on ? Franchement y a de quoi péter les plombs.
    😉
    Nabuquidisjoncte

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    1. Patrice Verges

      merci pour votre humour cher Babuet la qualité de votre écriture. Coté Linky, la seule solution et, comme je l’ai fait, est de faire augmenter la puissance pour ne pas qu’il saute. Cela se fait rien qu’au téléphone mais c’est plus cher. cordialement

    2. Nabuchodonosor

      Fort de vos bons conseils mon oncle, j’ai appelé et leur ai dit : admettons que j’aie le besoin d’y brancher mon Kona dans le futur conditionnel, j’ai bien dit, admettons. Ils m’ont alors proposé de passer carrément au tarif jaune ?!? Va comprendre…
      😉
      Nabutriphasé

  5. BLANDIN Serge

    tout est dit : d’un côté tacler Toyota qui s’ « obstine » avec son train épicycloïdal , et d’un autre constater que ce Hyundai ne fait pas mieux que Toyota !

    si Toyota s’obstine , c’est sans doute que ce système de « boîte automatique » avec ses rapports  » infinis » , par définition , est d’une fiabilité incomparable , puisque tout est constamment en prise , les engrenages s’appliquent en permanence ( couronne / satellites / planétaire ) pas de chocs pas d’à-coups provoquant usure ou casse , et seule une « impression » que ça mouline comme un scooter à la courroie usée continue d’être criticable par ceux qui ne conprennent pas bien comment ça marche , alors que force est de constater que lorsqu’on enfonce l’accélérateur , ça bondit instantanément et sans brutalité ( et c’est justement pour ça qu’on croit que c’est mou !)

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  6. Alain L

    Merci encore de vos lumières car « le train épicycloïdal » me rend moins bête aujourd’hui! même si cela ne me sert a rien, vous l’aurez compris je suis nul en mécanique!
    Certaines logiques commerciales m’échappent aussi, entre le prix d’achat d’un véhicule avec l’incidence du coût des technologies embarquées, sa consommation de carburants aux prix et pollutions différents , en fonction de l’utilisation etc…je suis aussi nul en math!
    Alors pour tenter de comprendre les comparaisons si bien détaillées (re-merci) des modèles, ne pourrait-on pas pour conclure, parler de temps d’amortissement/km? car je suis, en plus, super nul en véhicules modernes qui se ressemblent tous…

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  7. Le bougre

    Les Coreens croquent des parts de marché en France sur la production nationale,
    C’est merité.
    On a ici qualité et fiabilité avec la technologie hybride (bien aidee par la volonté gouvernementale correenne d’etre à la pointe des nouveaux carburants …et en etre independant).

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