Citroën Visa Chrono : ça décoiffe encore !!

Patrice Vergès. Cette semaine, POA vous invite à découvrir une version musclée de la Citroën Visa produite seulement à 2 500 exemplaires. Où comment on imaginait une petite berline sportive dans les années 80…..

Pas question de passer inaperçu en Citroën Visa Chrono parée de ses larges strippings multicolores rouges et bleus. Autant au plan visuel qu’auditif puisque son moteur gavé par une batterie de deux carburateurs émet une sonorité proche de celle d’une voiture de rallye.

1,2 millions exemplaires de Visa

On ne va pas vous raconter l’histoire de la Visa, petite berline étudiée dans l’urgence lors du rachat de Citroën par PSA en 1975, concoctée sur la base de la Peugeot 104. Hélas, la première Visa avait ce qu’on appelle une physique ingrat avec son gros groin et sa silhouette molle. En 1981, Heuliez sauva cette voiture en l’enjolivant à l’aide de quelques artifices esthétiques bon marchés qui firent grimper les ventes puisqu’au total plus de 1,2 millions exemplaires furent produits en plus de 10 ans.

Elle fit aussi une honorable carrière sportive en compétition notamment en rallye avec une version Mille Pistes à 4 roues motrices appuyée par une version Trophée 1300 cm3 produite seulement à 200 exemplaires pour l’homologation en Groupe B.

La Visa Chrono recevait un traitement esthétique plus sportif : spoiler, longue portée, bas de caisse, jantes en alliage léger, etc

Le hayon arrière recevait un becquet. C’est le carrossier Heuliez qui s’occupait du montage de cette série limitée

93 chevaux : Sauvages !

Citroën en extrapola une version assagie et plus commerciale qui reprenait l’esthétique de cette dernière avec ses élargisseurs d’aile et ses parements spécifiques. Une série limitée qui ne devait être produite qu’à 1 000 exemplaires mais face au succès, Citroën rajouta en deux fois 1 500 exemplaires supplémentaires. Elle se distinguait de la Visa normale par sa décoration peu discrète, ses élargisseurs d’ailes en polyester rivetés, son becquet arrière et spoiler avant et ses jantes larges blanches en alliage léger et bas de caisse fabriqués par Heuliez.

Henry n’a pas retrouvé son numéro de série limitée d’où le choix de son jour et mois de naissance en rentrant dans un chiffre inférieur à 2 500

Élargisseurs d’ailes en composite fixés par rivets. Des jantes en alliage léger de 165X13 peintes en blanc remplacent les 145X13 d’origine

La planche de bord était spécifique enrichie d’une kyrielle de manos tandis que des sièges baquet remplaçaient ceux d’origine. Bien entendu, la suspension était retravaillée tandis qu’un moteur plus puissant prenait sa place sous le capot.

La planche de bord était spécifique. Les satellites avaient disparu et de nombreux manomètres rajoutés renseignaient sur la vie du moteur  

Sièges baquet de couleurs bleue qu’Henry a refait faire. Le siège du passager est différent de celui du conducteur pour mieux maintenir le corps

Il s’agissait toujours du bloc TU PSA en aluminium dont la cylindrée avait été portée à 1360 cm3 contre 1219 pour la Visa Super. Sa puissance grimpait de 57 ch à 93 ch grâce particulièrement à une batterie de carburateurs double corps. Cette puissance permettait à la Visa Chrono de pointer à 175 km/h dans une ambiance de véritable voiture de course.

Le Moteur TU de 1360 cm3 était dérivé de la 104 ZS. Alimenté par une batterie de deux double corps Solex de 35, il délivrait 93 ch DIN

A cause des carburateurs plus imposants, la roue de secours avait émigré dans le coffre

J’ai tout refait en 5 ans de travail

Ami très proche de Max Mamers le créateur du Trophée Andros, Henry l’avait suivi lorsque ce dernier courait en rallye-cross au volant d’une Visa 1000 Pistes. D’où l’idée d’acheter une Chrono très proche esthétiquement de cette Visa de compétition. « Elle dormait dans une grange depuis de nombreuses années et était en piteux état avec une carrosserie bien attaquée par la rouille. J’ai mis la caisse à nu et refait les éléments de carrosserie ». Hélas, survint une catastrophe avec l’incendie du garage d’Henry !  » On a réussi à sauver la voiture mais les extensions d’ailes en polyester avaient fondue et j’ai du acheter une épave de Visa Tonic qui en était aussi équipée pour les récupérer. Le moteur qui affichait 72 000 km a été refait chez le préparateur Danielson. Il marche d’enfer ! C’est un sellier de Nevers qui m’a refait les sièges de la même couleur bleu d’origine. J’ai tout refait, la suspension, les freins, changé toutes les pièces d’usure et même monté une boulonnerie neuve. Le cuir du volant a même été regarni mais le plus difficile à été de refaire faire des stickers identiques à ceux de l’époque et c’est un ami qui s’en ait chargé. En revanche, le Conservatoire Citroën a été incapable de me dire quel était son numéro de série limitée. J’ai donc choisi le   1301 qui est le jour et le mois de sa naissance « .

« Réservée aux princes de la route »

C’est seulement en 2017 après plus de cinq ans de travail acharné qu’Henry a terminé sa voiture qui semble sortir de la concession Citroën. Il a même refait faire les autocollants d’époque cachés sous le capot et me montre tous les détails conformes à l’origine qu’il a souhaités.

Nous l’essayons sur les petites routes tourmentées de la Corrèze. Ambiance course garanti : ralenti cahoteux, beau rugissement de la mécanique qui pousse très fort dans une franche montée en régime dès que le moteur est chaud, direction dure mais précise, suspension ferme, sièges durs qui tiennent bien le corps, boîte courte aux rapports serrés, vibrations. Réservée aux princes de la route comme affirmait la pub de l’époque. Presque une voiture de course et surtout une voiture pour la vie pour Henry.

Henry a travaillé cinq ans pour redonner vie à sa Visa Chrono

Publicité d’époque  » réservée à quelques princes de la route « 

L’avis des Petits Observateurs !

15 commentaires au sujet de « Citroën Visa Chrono : ça décoiffe encore !! »

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  1. Nabuchodonosor

    Un jour de 1984 déboule au boulot un commercial de chez Citroën qui tient absolument à me refourguer cette Visa Chrono qui, du moins le prétend-t-il, me va comme un gant.
    Faut r’connaître, je suis alors un beau jeune homme plein d’entrain et de vie, que ma foie je gagne plutôt correctement…
    Le probloc, est qu’à l’époque je ne la trouve pas vraiment à mon goût, sa cosmétique m’as-tu vu n’est pas du tout assortie à la modération vestimentaire qui me caractérise et, pour conclure, les Citroën d’alors sont à mes yeux considérées comme des bagnoles pour vieux…
    D’ailleurs ce commercial est le commercial en chef de la force de vente du concessionnaire du coin, le plus bonimenteur, le plus exubérant et… Le vieux de tous…
    Et je trouve que la bagnole lui va très bien…

    Mais je dis pas, je suis peut-être passé à côté d’une perle…
    😉
    Nabuvingtans

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  2. Pierre_

    Cette Auto m’a toujours fait de l’oeil, quelque soit la version. Sobre, simple elle a aussi convaincu beaucoup de mes proches à l’époque (filles ou garçons). Cette Visa rivalise avec les AX et Saxo dans les petites courses de nos régions.

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  3. François

    Bonjour,
    J’aimais bien ces petits moteurs à carbus, on les sentais respirer, c’etait du pur plaisir de savoir leur faire donner tout leur potentiel…et pour le reste il fallait se cracher dans les mains…et les petites toutes étaient leurs domaines..

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  4. chapman

    Je ne sais pas si c’est une question de génération mais je suis dingue de ces tableaux de bords basiques avec pleins de petits compteurs ronds et de petits voyants de couleurs. Moins c’est ergonomique et plus ça me plaît.

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    1. Francois

      Bonjour,
      Je suis également fan de ces planches de bord, j’ai eu une DS avec un tableau Jeagger je lui trouvais une grande classe… Autre époque..
      Francois

    2. Francois

      Oui, la GS, j’ai eu aussi plus tard une X2, un peu sous motorisé mais absolument incroyable. Le tableau de bord à beaucoup influencé cette acquisition..

  5. Cyril A

    La Visa aura eu au moins le mérite de donner sa face avant au C15 qui lui aura survécu, d’ailleurs on en croise encore dans toutes nos campagnes, c’est tout bonnement increvable !

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  6. Frédéric

    J’ai longtemps roulé avec une Visa de fonction. Pas très excitante mais bonne machine à se déplacer ! La Chrono, c’était autre chose de plus méchant. Magnifique restauration !

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  7. Thierry

    On n’avait peur de rien à la direction de Citroën en ces temps … je me souviens avoir hésité à acheter une Visa Carte Noire § et puis en fait non !
    Beau travail de restauration

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