Opel Corsa : entrée en sixième

Par Patrice Vergès. Produite à plus de 15 millions d’exemplaires depuis 1982, l’Opel Corsa entre dans sa 6e génération. Retour sur les cinq premiers modèles de cette compacte allemande née en Espagne.

La 6eme génération de la Corsa innove avec un style qui tranche sur les précédentes pour une raison évidente souhaitée par PSA

J’ai eu la chance d’essayer et plus encore de conduire longuement toutes les générations de la Corsa depuis sa naissance. En tant que deuxième voiture, j’en ai même possédé quatre de divers modèles qui ne m’ont jamais laissé sur le bord du chemin et qui ont bien fait le job du moins par rapport à ce que j’attendais d’elles. Retour sur 37 ans de Corsa

Ah voila la Corsa !

C’est fin 1982, en Allemagne où j’ai essayé l’Opel Corsa A.  À l’époque, on a trouvé plutôt sympa sa silhouette uniquement proposée en 3 portes. Son designer Erhard Schnell (le père de la Calibra) avait dessiné une compacte (3,62m) volontairement assez virile d’où l’idée des ailes légèrement gonflées comme les Groupe 4 de rallye de ces années là. Comparée à ses rivales françaises, la Corsa était mieux équipée, plus richement finie avec des matériaux de meilleure qualité et globalement moins chère. Elle était aussi bien moins confortable que les Renault et Citroën notamment avec une suspension assez sèche et surtout des sièges trop fermes. Cette Corsa A a été aussi offerte en version 3 volumes qui était un parangon de laideur. Elle a dû attendre 4 ans avant de compter 5 portes et aussi de bénéficier d’une version plus méchante GSI à injection de 100 ch à moteur Astra qui est arrivée trop tard dans ce segment. J’en ai possédé deux en version 1200 essence notamment une série limitée Steffi (Steffi Graf grande joueuse de tennis) dont le toit en toile à commande électrique était fort agréable du moins en ville car sur route, en position ouverte, le bruit qu’il générait était insupportable. Vendue pendant 11 années ce qui semble surréaliste aujourd’hui, cette première version A a été produite à plus de 3,1 millions d’unités. Un gros succès

La première Corsa lancée fin 1982 ne mesurait que 3,62 m de long contre 4,06 pour la version 2020

La série limitée Steffi proposait un toit ouvrant en toile souple à commande électrique

Voici comme on voyait un tableau de bord sportif il y a plus de 30 ans sur la GSI. Les trous symbolisant la légèreté

B comme Belle

L’Opel Corsa A avait séduit davantage les hommes que les femmes surtout quand elle avait reçu en 1988 un diesel 1500 Isuzu turbocompressé qui en fit la diesel la plus rapide de son segment. Le concepteur de l’Opel Corsa B, le Japonais Hideo Kodama désira féminiser ses lignes en adoptant des formes plus douces et plus lisses inspirées du concept-car Opel Junior. C’est cette silhouette fort attrayante qui fit son colossal succès en Europe avec des ventes en France qui atteignirent les 60 000 voitures par an ! Face à l’augmentation de la puissance de ses mécaniques particulièrement la version GSI de 109 ch, son train roulant trop simpliste issu de la précédente apparut assez dépassé. C’était son plus gros défaut. Sa meilleure qualité à cette époque était un tarif inférieur à celui de ses concurrentes françaises lié à un équipement exceptionnel puisque la version CDX proposait un intérieur cuir, une climatisation et une direction assisté, équipement rare dans son segment.

La génération B se caractérisait par sa silhouette plus douce toutes en rondeurs. Ici la version GSI 1,6 109 ch
Fabriquée dans de nombreux pays sous le nom Chevrolet, elle a été proposée en 3 volumes sans que sa longueur évolue beaucoup

Originalité, le dessin de sa partie arrière n’était pas la même en 5 ou 3 portes jugée plus réussie avec ses gros feux rouges. Au cours de ses 7 années de vie, la Corsa B a accueilli des mécaniques plus modernes à 16 soupapes ainsi qu’un inédit 1000 cm3 12 soupapes 3 cylindres. Mais comme ce n’était pas encore la mode et comme c’était Opel qui l’avait conçu, personne ne le remarqua !

Blitz formé par les multiples versions de la Corsa B notamment un pick-up

En écrivant il y a quelques années un livre sur la marque Opel, après recherches, je me suis rendu compte que le chiffre donné par le constructeur de plus de 4 millions de Corsa B produites, est erroné. Du moins il est lié au nom Opel et non à celui de Chevrolet puisque cette voiture a été vendue au Brésil, Mexique, Colombie, Équateur, Argentine en 3 volumes et même en pick-up, ce bien après la fin version B. Quand Opel annonce 13,5 millions de Corsa fabriquées, à mon humble avis, on doit être plus près de 15 ou de 16 millions. Voire davantage !

C’est la Corsa

L’Opel Corsa C a vu le jour fin 2000. C’est le même dessinateur qui a conçu la C plus volumineuse que la B de 10 cm (3,92 m) bâtie sur un empattement allongé avec des voies élargies. Esthétiquement, elle innovait par ses feux rouges hauts placés autant sur la 3 portes que la 5 ce qui était nouveau. De l’avoir grossie lui a fait perdre mystérieusement une partie du charme de la première. Il en faut si peu ! Sans en faire, toutefois, une voiture laide. Mais en 6 ans de production, elle n’a compté que 2,5 millions d’unités malgré les ventes en progression de la diesel animée pour la première fois par le bloc Fiat de 1250 cm3 de 70 ch, premier fruit des accords Fiat GM.

La C reprenait la silhouette de la B allongée d’une dizaine de centimètres. Elle innovait au niveau de ses feux rouges arrière en hauteur

Prototype de la Tigra Twin-Top 4 places réalisé sur la base de la C par Heuliez. Opel le refusa !

Si les petits moteurs reprenaient la suspension a essieu de torsion à l’arrière, les plus puissants, spécialement la 1800 GSI 125 ch, adoptaient la suspension arrière de l’Astra plus sophistiquée. C’est la C qui donna le jour à la Tigra Twin-Top fabriquée par Heuliez qui fut un échec. Ce ne fut pas le cas du précédent Tigra coupé conçu sur la base de la B, produit à 250 000 unités jusqu’en 2000. Mon épouse a possédé une Corsa C en version essence en version Twinport 80 ch 1200 quelle apprécia beaucoup surtout dans la finition qu’elle avait choisie, de teinte noire avec des jantes en alliage au dessin réussi et un intérieur gris assez triste. Voiture vendue à un voisin dont la fille avait été séduite par sa silhouette élégante. Les goûts et les couleurs !

Deux carrosseries pour une voiture

C’est en octobre 2006 qu’apparut la Corsa D. Plus généreuse que la précédente, elle restait inférieure de peu à quatre mètres de long. Entre temps, GM avait passé un accord avec Fiat pour avoir une synergie commune. Cette Corsa reprenait la structure et le châssis de la récente Fiat Punto ainsi que sa motorisation diesel CDTi déjà vue sur la précédente. Où elle frappait fort c’était au niveau de son style bien plus réussi que celui de la version C jugé trop lisse. Opel allait plus loin avec deux carrosseries très différentes selon que le nombre de portes. Avec ses originales surfaces vitrées en arc de cercle, la 3 portes faisaient songer à un petit coupé qui eut beaucoup plus de succès que la 5 portes. C’est cette 4eme édition qui connut aussi la version la plus rapide de cette lignée avec l’OPC dont les 215 ch lui permettaient d’atteindre 230 km/h. Si les deux première générations de Corsa avaient des qualités dynamiques inférieures, c’est évident, à celles des voitures françaises, ce n’étaient plus le cas de ces dernière générations notamment l’OPC assez bluffante à cet égard.

La génération D proposait deux carrosseries très différentes selon qu’elle compte 5 ou 3 portes plus proche d’un coupé. L’OPC 215 ch fut la Corsa la plus méchante jamais produite.

En 2010, la Corsa D bénéficia d’un léger restylage et de modifications de son châssis dérivé de celui de la Fiat

Mon femme a possédé une Corsa D en version diesel Fiat 1250 dont la meilleure qualité était de peu consommer mais qui était fort bruyant. En 40 000 km, elle n’a connu qu’une panne d’injecteur. Elle l’avait choisie full option avec une boîte robotisée qui comptait 6 rapports vérifiés. En théorie, Opel m’a affirmé ne jamais avoir sorti de diesel en 6 rapports mais uniquement en 5. Le mystère reste entier ! Produite jusqu’en août 2014, après un léger restylage en 2010 et une suspension reparamétrée par rapport à celle de la Punto, la Corsa D a compté à 2,8 millions d’exemplaires.

E, La cinquième génération 

La nouvelle Opel Corsa E a vu le jour au Mondial de l’Auto de 2014. L’accord avec Fiat ayant cessé, sa structure avait été largement revue en s’éloignant davantage de celle de la Punto. Sa carrosserie inédite un peu plus vaste (4,02 m) que celle de la D avait conservé la silhouette générale de la précédente mais en plus épanouie mâtinée d’un zeste d’ Opel ADAM. Ses nouvelles motorisations allaient davantage dans le sens des économies d’énergie et des réductions des polluants que de la vitesse. Signe des temps, le bloc le plus puissant de la gamme en version essence était désormais un trois cylindres turbo essence de seulement 1000 cm3 donné pour 115 ch. La version OPC qui compléta la gamme en version 207 ch, fut, hélas, rapidement condamnée par les normes de pollution. Et seule une version GSI de 150 ch qui hérita de son châssis compléta la gamme en fin de carrière. Produite seulement 5 ans, cette Corsa E a totalisé 1,2 millions d’exemplaires.

Fin 2014, la 5eme génération voit le jour proche de la silhouette de la précédente

Présentation de la 5eme génération avec Claudia Schiffer comme marraine

La suite bientôt, si vous le voulez bien avec la sixième génération de la Corsa en détails. Si vous me répondez que c’est une Peugeot 208, je vous rétorquerai que les Citroën sont aussi des Peugeot, que les Audi sont souvent des Skoda et que les Seat Ibiza sont également des Golf et que Jeep Renegade sont des Fiat 500 L rhabillées de même que certaines Lancia et Alfa sont des Punto restylées et que des Mercedes ont même des moteur de Clio. Vous êtres prévenus !

 

L’avis des Petits Observateurs !

6 commentaires au sujet de « Opel Corsa : entrée en sixième »

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  1. Nathan

    j’ai eu une Corsa B avec laquelle j’ai fais plus de 100 000 km en version GSI qui marchait très fort. J’avais amélioré sa tenue de route avec des amortisseurs bilstein et des jantes plus larges. Elle avait une sacrée allure !

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  2. Neufcentdixespada

    Oh oui Patrice ,elles ont toutes eu un charme certain … et je vous rejoins concernant la A trois volumes qu’un copain possédait,d’une couleur rouille-marronasse. Comme il existait la renault 7 ,version tricorps de la r5 destinée au marché espagnol, il appelait son auto « la corsa madrilène « . Pour finir sur une note plus triste, un des gilets jaunes emblématiques de la ville de Concarneau ( on est d’accord ou pas avec ce mouvement,là n’ est pas la question…) est récemment décédé, il mettait un point d’honneur a se rendre au qg dans son impeccable Ascona couleur menthe a l’eau , Belle voiture…personnellement je craquerais pour une commodore gs/e toit vinyle de la fin des seventies

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  3. Michel

    J’ai un collègue qui a possédé une version A (1200 essence) et une B (diesel) c’étaient des voiture robustes et fiable, avec une suspension en bois (on appelai sa voiture « le panzer »)
    leur plus gros défaut, elles étaient de couleur rouge, et sous le soleil de Toulouse, elles ont très vite perdu leur couleur vive pour virer couleur « rose brique de Toulouse »

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  4. Nabuchodonosor

    En 1982, Opel était un généraliste qui proposait des produits sur tous le spectre du marché. La marque avait avait ses aficionados.
    40 ans plus tard, je ne vois plus que des citadines et des compacts dans les parcs de loueur à la sortie des aéroports…
    Évidemment, j’exagère un peu.
    En espérant que PSA recadre le blitz.

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  5. Claudia Schai-iffer

    Oh !
    Je vis maintenant près des seniors à Baden-Baden. Bien que J’en sois à mon sixième lifting, cette fois pourtant ce sera sans moi, la jolie Julie et son fils Noah ayant pris la lumière des projecteurs… Ach so, danke Baden-Baden !

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