Opel Corsa : Acte VI

Par Patrice Vergès. Après les films « Les six mercenaires, la sixième compagnie, les six samouraïs, six ans au Tibet, six ans de réflexion,   Cléo de cinq à six, la sixième cible, six morts sur ordonnance, les six péchés capitaux, six ans en enfer », voici la 6e Corsa !

Je sais ! La nouvelle Corsa est conçue sur la structure de la nouvelle Peugeot 208 dont elle emprunte en plus ses motorisations. Ce n’est pas la première à être dérivée d’une autre voiture puisque les deux précédentes l’étaient de la Fiat Punto dont elles reprenaient également ses moteurs diesel. Opel ne sera pas le dernier à le faire et n’a pas été le premier, mixtion dont VW a été le pionnier.   Si c’est, semble t-il, essentiel pour un journaliste auto, est ce vraiment important pour le client ? A cet effet, j’ai interrogé un vendeur d’une grande concession Opel qui m’a avoué que lors de la vente des deux précédentes générations de Corsa, aucun client n’avait fait un commentaire sur l’origine du châssis et des moteur diesel Fiat. Ce qui était essentiel à leurs yeux, c’était son prix négocié, celui de sa reprise et évidemment que ce modèle séduise la famille.

La nouvelle Corsa adopte une silhouette proche de celle de la 208 évidemment mais avec une face moins agressive et des vagues dans les flancs portes rappelant celles de l’Insignia

Sa custode arrière très inclinée fait davantage songer à un coupé tandis que le dessin de la porte remontant vers l’arrière se veut très différent de celles de la lionne.

2019 Opel Corsa

Différente et pourtant pareille

La Corsa 2020 a été dessinée en urgence par un petit commando de designers dirigés par Martin Schaufler qui travaille chez Opel depuis 11 ans. Le rachat d’Opel par PSA en avril 2017 ayant arrêté l’étude de la nouvelle Corsa 100 % GM qui devait remplacer l’actuelle, en fut la conséquence. La nouvelle est réalisée à partir de la plate-forme CMP de la nouvelle 208 dont elle reprend évidemment ses dimensions, son empattement, ses points durs (base du pare-brise, pilier de portes, etc). Volontairement, Schaufler n’a pas voulu voir la nouvelle Peugeot 208 pour ne pas être conditionné. Mais à cause des contraintes imposées, il est évident que les styles sont proches. Excepté le pare-brise, les poignées de portes, trappe à essence, l’Opel ne reprend aucun des emboutis visibles de la Peugeot mais conserve sa silhouette générale. D’aucuns la trouveront plus belle et d’autres moins avec une calandre peut-être moins agressive et une custode plus inclinée faisant penser davantage à un coupé. Mais tout ceci est très subjectif.

Contrairement à l’I-Cockpit Peugeot, la Corsa conserve une planche de bord traditionnelle avec une console inclinée vers le conducteur

Feux rouges horizontaux, une première pour la marque au Blitz

2019 Opel Corsa

L’habitacle est différent davantage dans la tradition d’Opel avec une planche de bord et un volant plus conventionnels que sur la Peugeot avec un écran tactile orienté coté conducteur. Bien entendu, l’instrumentation est à la même place, la commande de boîte est identique et les feux rouges horizontaux (nouveau chez Opel), pour certainement une simplification de la connectique sont au même niveau. Voila pour l’esthétique mais avec un capot plus long qu’avant, des portes à faux hyper réduits, le retour de la custode arrière, il y a un peu de l’ADN BMW dans ce dessin.

Plus basse, plus légère

De même longueur que la précédente, la Corsa 2020 frôle les 4,07 m soit presque 45 cm de plus que la version A ! Comparée à la précédente, elle s’est abaissé de presque 5 cm avouant une hauteur de 1,44 m. Ça m’amuse un peu de voir les berlines s’abaisser depuis peu, après les avoir vu se rehausser depuis la première 308 dans les années 2000. On nous avait expliqué que les voitures du futur seraient plus hautes pour des tas de raisons alors qu’aujourd’hui, on nous raconte l’inverse ; centre de gravité, ligne plus sportive, comportement routier plus réactif, etc. J’ai connu la même chose avec les roues dont les dimensions étaient passées de 16 pouces à 10 pouces pour remonter à bien davantage aujourd’hui.

On remarque que la nouvelle Corsa avec son long capot a perdu l’aspect monovolume de la précédente que devait reprendre la Corsa 100 % GM. Coté dynamique, la Corsa devrait être très proche de la 208 avec des lois d’amortissement peut être différentes pour mieux coller aux goûts des Allemands.  Jolies jantes ! Hélas, c’est une option facturée 400 euros même sur la version GS-Line

A titre de comparaison, la Corsa A ne mesurait que 1,36 m et malgré sa hauteur plus faible, j’ai remarqué avec ma taille que son accessibilité était meilleure que celle de la nouvelle Corsa à cause de ses montants plus verticaux. Mais l’ancienne Corsa n’avouait pas un performant Cx de 0,29 comme la nouvelle qui adopte des volets actifs internes pour diminuer sa traînée ce qui est une nouveauté dans cette gamme de prix. Enfin, avec moins de 1000 kilos pour la version de base, la Corsa a perdu une grosse centaine de kilos grâce notamment à ses motorisations 3 cylindres en alu plus légères et une caisse 45 kilos moins lourde (capot en alu). C’est bien !

Plus de 3 portes

Notons aussi que c’est la première Corsa uniquement livrée en 5 portes alors que dans les anciennes générations, c’était souvent la 3 portes la plus vendue. Bien entendu, coté train roulant et motorisations, c’est du 100 % PSA. Exit les moteurs Opel assez polluants car GM ne voulait pas dépenser trop d’argent sur la dépollution en Europe. Le 3 cylindres 1200 cm3 PureTech bien connu est proposé en 3 puissance s’articulant de 75 ch en atmosphérique et de 100 à 130 ch en turbocompressée avec une sévère chute des émissions de CO2 et de consommation qui devrait leur éviter d’être malussée en 2020. À ces trois moteurs essence, s’ajoute un bloc diesel 1500 de 100 ch bien connu. Notons qu’excepté la version 75 ch, toutes les boîtes comptent 6 rapports contre 8 en automatique qui équipe de série la version 130 ch. Pour vous donner une idée de l’évolution de mentalité, d’après Opel, seule une Corsa sur dix de vendue devait être une diesel !

Enfin, il y a l’offre électrique dont les ventes ne commenceront pas avant le printemps avec une version identique à la e-208. Une voiture qu’on a hâte de découvrir puisqu’elle annonce 136 ch, 330 km d’autonomie en norme WLTP et des prix compétitifs puisque le premier tarif est annoncé à moins de 30 000 euros (hors bonus) sans location de batteries comme sa concurrente la Zoe. La Corsa-e outre son logo se distingue la thermique par une calandre moins agressive (il n’y a plus de radiateur). Opel compte vendre un modèle électrique sur dix Corsa.

La version électrique se reconnait à sa prise d’air du bouclier plus réduite

L’Opel Corsa électrique adopte également des jantes au dessin différent

L’Opel Corsa-e se distingue aussi par son instrumentation spécifique.

Bien connectée, comme toutes les voitures actuelles, elle bénéficie de nombreux aides à la conduite en série ou en option ainsi que de nombreux gadgets plus ou moins utiles. En option est proposé l’éclairage matriciel déjà vu sur les Astra et Insignia, une spécificité de la marque et qui apporte davantage de sécurité la nuit.

Moins chère mais…..

L’esprit pervers qui a déterminé ses tarifs a œuvré pour qu’on ne puisse pas les opposer à ceux de la 208. Si sur le papier, la Corsa est moins chère en moyenne de 1 000 euros, les équipements ne sont pas superposables. Sachez que la gamme commence à 14 600 euros avec une version basique 75 ch que personne n’achètera pour s’achever à 22 100 euros avec en plus une liste d’options et de packs assez conséquentes. Où est-il le temps où les Opel étaient proposées sans options ? Il doit être facile de frôler les 28 000 euros si on succombe aux jantes de 17 pouces, au cuir, à l’éclairage matriciel et au toit vitré. Cela dit, elle reste encore bien moins chère que sa concurrente la VW Polo. Mais Opel n’a pas la même résonnance que VW. Au fait, impossible de vérifier la « Deutsche Qualität » vu que les voitures exposées étaient assemblées à la main.  Cela dit, j’aimerai voir une Corsa normale car la version exposée étaient très chargée en options !

À 19 200 euros, on peut rouler en version 100 ch Élégance  chaussée de jantes en alliage léger de 16 pouces, de phares led et de quelques chromes de vitrage, d’un écran tactile de 7 pouces, frein à main électrique, etc. Ce devrait être la version la plus vendue avec l’Edition 100 ch moins généreuse affichée à seulement 16 800 euros.

Des modèles que les clients devraient découvrir dans les show-rooms dès le mois novembre, mois où les journalistes pourront la conduire. POA sera présent.

Opel Corsa-e (2019) & Opel Corsa Luxus (1983). Bien que la nouvelle Corsa soir moins massive que la précédente, garée à coté d’une A, la différence de volume est colossale !

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Opel Corsa : Acte VI »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Caffellatte

    concernant la hauteur des voitures, on a assisté a plusieurs phases: d’abord, dans les années 2000, avec le succès des monospaces, les marques ont rehaussés tous leurs modèles en adoptant les silhouettes « semi-monospace ». Ensuite, avec l’explosion du SUV, et les nouvelles exigences de consommation/emission de CO2, elles ont visiblement opté pour le dedoublement de toutes leurs gammes: silhouette rabaissé pour les gammes « traditionnelles » pour favoriser CX et conso, et silhouette rehaussée pour les variantes SUV, bcp plus chères. En gros, maintenant, si vous voulez avoir un peu plus de facilité d’accès, va falloir casquer un max, alors qu’en 2000-2005 il suffisait d’acheter le modèle « traditionnel » rehaussé…

    Répondre
  2. thom

    marrant de voir les deux corsa cote a cote , super souvenir de la corsa A qui etait ma premiere voiture , avec l adn propre à Opel ( gm ) encore que , il faudrait remonté a beaucoup plus loin pour voir une opel 100% opel , dommage que opel ne reste pas opel , mais le style est bon .

    Répondre
  3. Neufcentdixespada

    Extérieur , mouais… on dirait ,en photo,une compacte,a voir en vraidans la rue. Intérieur très sympa ,mais peut-être ici en finition haute ? Et sinon dommage pour l’absence de version trois portes, mais c’est ainsi ,il faut simplifier les gammes (encore que les suv les encombrent bien) , et n’oublions pas que les trois portes se vendaient (un peu) moins cher que leurs homologues cinq portes. Quand j’étais étudiant ,je ne lorgnais que les versions « pour jeunes » , un copain avait récupérer une supercinq à cinq portes , je lui avais demandé si elle lui venait de son papy…

    Répondre
  4. Christian

    lignes modernes, finitions honnêtes du moins en photos, moteurs bien connus, prix du marché, que demander de plus ? La Corsa devrait faire son trou. a mon avis, elle fera sa différence sur son tarif entre l’officiel et celui du réseau où Opel pratique depuis longtemps de bonnes réductions supérieures à celles de chez Peugeot. La preuve : 4000 euros de réduction sur une Corsa 5 !

    Répondre
  5. Nabuchodonosor

    Comme disait Claudia, c’est une allemande. Cette sixième mouture en a du moins toutes les apparences. Ne pas brusquer la clientèle semble avoir été l’objectif premier. Mais vous ne nous dites pas, Oncle Pat’, quelles sont les intentions à terme de PSA dans l’histoire. Souhaiteront ils introduire la 208 auprès du dense réseau Opel d’Europe du nord où préfèreront ils fusionner les deux réseaux ? A moins de tirer un trait définitif sur l’allemand, il leur faudra, tôt ou tard, qu’une nouvelle cible soit définie pour le blitz ne serait-ce que pour éviter la cannibalisation… Citroën, DS, Peugeot et maintenant Opel, il y a du pain sur la planche…
    Helas, SEPT là qu’est l’os !

    Répondre
    1. A dri

      D’après moi, dans la nouvelle strategie PSA,
      DS -> Haut de gamme
      Peugeot -> Generaliste Premium
      Opel -> Generaliste consensuel avec une politique de prix aggressive (comme Skoda dans le groupe VW)
      Citroën -> Generaliste ludique

      Cordialement

    2. Fils de Pub

      Dans cette hypothèse, soit Opel doit quitter Rüsselsheim, soit Angela doit accueillir plus de migrants.
      Dans cette frénésie à traquer le moindre gaspi, je ne vois pas d’autre issue.

  6. Guillaume D.

    Certes, la hauteur des berlines s’abaissent un peu… Néanmoins, les berlines ne se vendent plus (beaucoup) au profit des SUV bien plus hauts!
    Au final, je suis certain que si on fait la moyenne des hauteurs de tous les véhicules vendus et qu’on regarde cette donnée sur les décennies précedentes, on serait assez (désagréablement) surpris!

    Répondre