Je veux un 6 en ligne sous le soleil

Par Patrice Vergès. La BMW Série 3 E30 produite de fin 1982 à 1990 a rencontré un colossal succès avec plus de 2,3 millions d’exemplaires vendus dont 143 424 cabriolets lancés en France en mai 1986.

C’est à cette époque que je découvris le nouveau cabriolet BMW 325 à l’Aéroport de Nice. La douce température m’incita à le découvrir immédiatement pour mieux jouir du soleil et de la musique de son moteur 6 cylindres.

15 minutes plus tard, j’étais ensablé sur la plage entre Cagnes et Antibes. De la route qui longe la mer, la vue des cailloux recouvrant le sable m’avait laissé croire que le sol était ferme. Bourde qui me revient à la mémoire chaque fois que je longe cette petite route où de nombreux panneaux interdisent le stationnement. A l’époque, sans portable, comment se tirer de cette bévue ? Comme par miracle, une BMW Série 5 anglaise s’arrêta deux minutes plus tard. Sans un mot, son conducteur sortit du coffre un câble de remorquage, l’accrocha à notre cabriolet et me tira sur le goudron salvateur. Avec un petit geste de la main, il disparut. La solidarité existe entre possesseurs de BMW !

Le cabriolet BMW Série 3 E30 succédait au cabriolet construit pas Baur qui disposait d’un arceau intégré

Sa silhouette est d’une grande pureté grâce à sa capote masquée sous une trappe. Ce modèle 1989 a encore ses fins pare-chocs chromés

 » Je veux une 6 cylindres en ligne »

Jérôme n’en a pas le même souvenir  » Ado à 14 ans, j’ai roulé dans la BMW Série 3 E21 Alpina de mon cousin dont le 6 cylindres émettait une musique extraordinaire. Je me suis dit que plus tard, je voudrai une voiture à moteur 6 cylindres en ligne bien plus noble que celui en V ». Son vœu est exaucé puisque son cabriolet Série 3 325 lâche une attendrissante symphonie par ses deux échappements, bien plus présente que celle des BMW d’aujourd’hui étouffées par les réglementations. Malgré ses échappements neufs, on entend sa monture arriver avant de la voir.

Le 6 cylindres en ligne 12 soupapes de 2,5 l alimenté par injection développait sur cette version 150 ch contre 139 pour les premiers modèles.

La 325 offrait 4 vraies places et des sièges en cuir type sport à assise réglable

Il a du patienter longtemps pour trouver le cabriolet de ses rêves. « J’en avais acheté un pas très en forme à restaurer puis en cherchant des pièces, j’ai déniché celui là de 1989 en bien meilleur état totalisant 193 000 km d’origine acheté en Allemagne par son premier propriétaire. C’était il y a 5 ans et je l’ai acheté et je ne regrette pas ».

Jérôme est un puriste car la série 3 E30 a bénéficié en fin de carrière en 1990 d’un restylage portant sur des boucliers en composite couleur caisse qui ont remplacé les pare-chocs chromés et des feux rouges agrandis. Il ne l’aurait pas acheté préférant la version à fins pare-chocs en acier beaucoup plus esthétique à ses yeux. D’ailleurs, il me fait remarquer la différence de cote en collection entre les deux cabriolets phase un ou deux.

Pureté de ligne

Le cabriolet usine se particularisait du cabriolet jusqu’alors sous traité chez la carrossier allemand Baur par son absence d’arceau qui avait exigé une bonne rigidification de sa carrosserie (bas de caisse, tunnel central) contre 100 kilos supplémentaires seulement.

Esthétiquement, décapotée, elle apparaissait d’une grande pureté puisque sa capote bien doublée disparaissait intégralement du regard grâce à ses 7 bras et une géométrie assez complexe. Rien ne venait polluer la ceinture de caisse ni le profil de la voiture ! Jérôme la trouverait encore plus remarquable si le coffre n’était pas pollué par un fin becquet comme sur les 320.

Le cabriolet E30 fut proposé d’abord en motorisation 6 cylindres 320 et 325 puis plus tard en 4 cylindres 318 et même en M3 4 cylindres. Par rapport à la 325 berline dont tout était encore en option, le cabriolet offrait une direction assistée et des belles roues alliage de série (14 pouces ! ) mais le tarif était en conséquence avec 206 600 francs auquel il fallait ajouter des options comme la clim hors de prix, le sièges chauffants, les lave-phares, les rétroviseurs dégivrants et j’en passe. Soit sensiblement, en euros actuels, celui d’un cabriolet Série 4 à 60 000 euros.

Intérieur classique d’une BMW des années 80 avec la console orientée vers le conducteur où on devine une boîte automatique.

Le fameux « Check-Control » BMW qui permettait de tester d’un doigt toutes les fonctions importantes.

5000 km par an pour le plaisir

 » J’ai effectué quelques petites réparations (distribution, échappement, amortisseurs) mais à 210 000 km, le 6 cylindres tourne comme une horloge. Avec mon épouse Catherine, nous parcourons autour de 5000 km par an, décapotés, généralement pour partir en vacances mais parfois elle me sert de voiture de tous les jours. Je l’ai chaussée de jantes BBS équipées en 205 (195 de série) qui améliorent l’esthétique et la tenue de route qui est excellente. Enfin avec 170 chevaux, surtout avec la boîte auto 4 vitesses en mode sport, les reprises sont encore musclées ». Au temps de sa splendeur, une BMW325 pointait l’hélice de son capot à près de 220 km/h en avalant les 1000 mètres en 29 secondes.

Cette 325 est chaussée de jantes BBS en alliage de 14 pouces équipées de pneus plus larges qu’à l’origine

Pas question de la vendre et la tendance du ménage serait plutôt à en acheter une autre ancienne. C’est le souhait de Catherine tout aussi passionnée que lui par cette BMW qu’elle adore conduire. « En plus de la BM, j’aimerai rouler dans un coupé Alfa Bertone 2000 des années 70 qui me fait rêver ». Le regard brillant de Jérôme croise la mien me laissant comprendre que ce sera un jour du domaine du possible. Ce que femme veut…..

Catherine aime beaucoup son 325 cabriolet mais elle affectionnerait aussi un coupé Alfa 2000 GTV

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Je veux un 6 en ligne sous le soleil »

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  1. guy

    Maria Pacôme avait la même, en bleu. je l’ai souvent vue avec car nous habitions la même commune ; par contre j’ignore si elle se chaussait pour la conduire, elle qui était souvent pieds nus.

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  2. Brunet

    Les humains comme les autos traversent le temps avec diverses évolutions plus ou moins surprenantes : la e30 325i cabriolet neuve était la machine élégante et raffinée d’une certaine élite , puis les années passèrent et ces bmw à part devinrent réservées aux moins argentés plus préoccupés par les apparences que par l’entretien desdites machines .Enfin arriva l’image catastrophiques de véhicules vulgairement « bolidés » et conduites par des amateurs de casquettes retournées et de jogging qui restent comme le précisait le regretté Karl Lagerfeld « un signe de défaite » .C’est à ce moment que j’ai pu acquérir l’une d’elle préservée de tous sévices pour une poignée de cerises . Nous avons cohabité pendant neuf belles années et je la regrette encore .Désormais elle est redevenue une auto d’amateurs de lignes élégantes , de finitions séduisantes (cuir en série en France ) et de mélomanes du « 6 en ligne » .La boucle est bouclée , le temps est passé mais la poignée de cerise s’est transformée en kilos de truffes .Tant pis à sa place une série 7 e32 me transporte dans tous les sens du terme pour une poignée de noisettes .

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  3. Pierre_

    Belle voiture, sobre oui. Il y en a deux dans ma petite ville, elles ont été restaurées et sont très agréables à regarder. Nous avons rencontré l’un des propriétaires il y a pas longtemps.
    Je possède la petite 316i de 1989, achetée il y a deux ans avec mon fils. Malgré quelques réparations (4 ailes, carburation, jantes, peinture complète) cette auto de qualité est un véritable plaisir.
    Une bien belle série.

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  4. San Remo

    L’amour du 6 en ligne doit légèrement aveugler Jérôme : en quoi un 6 en ligne serait plus noble qu’un V6 ??? Avant l’invention par Lancia de la configuration V6, les motoristes auto ne savaient pas faire grand chose d’autre que du moteur en ligne, plus simple à équilibrer.

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  5. Franck

    Voiture très classe, très sobre. Elle devient rare car elle a souvent mal finie, tunée dans les banlieue dans les années 2000. Ses prix ont tendance à remonter fort. C’est un bon placement pour les collectionneurs

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  6. Luc

    J’en ai toujours rêvée et j’ai failli en acheter une plusieurs fois mais ce n’étaient pas de bonnes occasions. Quand je vois cette belle 325, je le regrette aujourd’hui. Quelle ligne pure et quel moteur !

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    1. COLLOMP

      Bonsoir,
      Oui le 6 en ligne de la Béhème est charmeur mais avez vous entendu le flat 6 d’une 911 « à air » ?
      Tous les 6 cylindres sont mélodieux.
      Bon WE
      Jean