Peugeot 204 : le lion fait sa révolution

Par Patrice Vergès. Après la Renault 12, poursuivons la saga des populaires des années 70 avec la Peugeot 204. Sa rupture brutale avec les précédentes Peugeot souffla un vent de modernité au sein de l’austère marque sochalienne.

La 204 offrait une silhouette très équilibrée passée en soufflerie d’une belle pureté esthétique

Lorsqu’on cite les divers modèles dont la technologie innovait à l’époque, on pense à la Mini, la DS voire la Renault 16 mais rarement à la Peugeot 204 qui pourtant offrait une surprenante modernité surtout de la part d’une firme aussi conventionnelle que Peugeot.

Lancée début 1965, la 204 étonna par sa traction avant, son moteur transversal coulé tout en aluminium à arbre à cames en tête, ses quatre roues indépendantes et ses freins avant à disque. Pas banal il y a 55 ans ! Surtout de la part de Peugeot fidèle aux freins à tambours et à l’essieu rigide avec un pont à vis sans fin et au moteur en fonte. Elle rencontra un véritable succès malgré son tarif un peu trop élevé pour une 1100 cm3, imposé par sa technologie plus coûteuse. A la fin des années 60, elle fut longtemps la voiture la plus vendue en France et elle le méritait bien.

En 1967, la 204 à reçu des feux arrière débordants et des pare-chocs redessinés un peu plus tard

Ses poignées de portes à poussoir se composaient de deux parties différentes

Toujours actuelle

55 ans après, comme pour la Renault 12 précédemment essayée, je reste de nouveau stupéfié par son agrément de conduite du moins à allure tranquille. Elle tient proprement la route, accélère gentiment, freine bien, offre un excellent confort et une habitabilité assez étonnante pour moins de 4 m de long.

Bien sûr, le petit 1100 s’entend trop dans l’habitacle pour nos oreilles du troisième millénaire mais ses 55 ch DIN permettent encore à cette berline de tutoyer les 140 km/h. Sa commande de boîte de vitesses montée au volant est un régal à utiliser bien plus préhensile qu’un levier au plancher. La 204 a été produite à plus de 1,6 millions d’exemplaires de 1965 à 1976, ultime millésime de la voiture dans laquelle nous nous baladons. En 11 ans de vie, elle n’avait pratiquement pas évolué sauf au niveau de quelques détails esthétiques (calandre noire en plastique, planche de bord à trois cadrans, feux rouges agrandis et sièges redessinés).

La qualité des matériaux est indiscutable tandis que le confort des sièges est étonnant en 2019

Pour une voiture de 3,97m l’habitabilité est assez étonnante. Les sièges semblent presque neufs

La pureté de sa silhouette tricorps magnifiquement équilibrée signée Pininfarina et aussi de Paul Bouvot, talentueux patron de style de chez Peugeot, qui imposa son fameux « regard de Joconde », n’ont pas été étrangers à son succès commercial. Élégance qu’on n’a pas retrouvée sur la 304 qui en a été extrapolée avec un moteur poussé à 1300 cm3. Signalons que la 204 a aussi reçu le plus petit moteur diesel du monde d’une cylindrée de 1255 cm3 seulement.

« On aime les Peugeot ! « 

Au sein de la famille d’Henry, on aime les Peugeot. Le père et le fils possèdent un nombre impressionnant de modèle de la marque au lion dont le numéro commence par deux : une 203 découvrable ainsi qu’un rare coupé, une 203 ambulance et fourgonnette plus cette 204 trouvée sur le Bon Coin il y a 4 ans. « Elle n’avait que 66 000 km et était dans son jus. C’est ce que je souhaitais car j’aime les voitures dans leur état d’origine  » explique Henry qui pousse le vice à même refabriquer les autocollants d’époque des constructeurs. Il a simplement refait les freins, soigneusement réglé le moteur et l’a chaussée des pneus Michelin neufs en 165/70 X14 contre 145 à l’origine qui améliorent nettement sa tenue de route car la 204 a été toujours sous dimensionnée en taille de pneumatique.

 

Critiquée pour sa planche de bord trop succincte lors de son lancement, la berline a bénéficié des trois cadrans du coupé dès 1968

La 204 a toujours été équipée d’une commande de boîte au volant très agréable à utiliser

Depuis, il a parcouru 11 000 km à son volant sans aucun problème.  » C’est un bijou ! Elle démarre toujours le matin et elle me sert à aller boire mon café et à parcourir de petites distances autour de chez moi. C’est ma voiture de tous les jours. Sur autoroute, elle est moins agréable à cause de la boîte à 4 rapports. Mon fils Olivier passionné de Peugeot l’utilise aussi de même que mon petit-fils à qui nous avons inoculé le virus. Nous avons aussi un break 204 et la prochaine sera un coupé ou cabriolet 204 mais toutes celles que j’ai déjà trouvées étaient complètement rouillées. Mais, j’ai espoir ! « . On vous tient au courant.

C’est ma voiture de tous les jours  » explique Henry

Henry possède aussi une très belle 203 découvrable

Le 1100 cm3 monté en position transversale avec boîte de vitesses en dessous délivrait 55 ch DIN sur les dernières versions

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Peugeot 204 : le lion fait sa révolution »

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  1. Théo bossaert

    Encore un superbe article de la part de Patrice, cette voiture et si peu présente et pourtant tellement intéressante techniquement parlant mais elle a aussi laisser énormément de souvenir dans la tête des gens .
    Tellement de « c’était Ma première voiture » ou de «  c’était La voiture de ma maman … »
    J’était venu avec exactement le même modèle au pic nic POA et c’est là que j’ai pus voir cette sympathie que les gens on avec cette petite auto.
    Personnellement je trouve que c’est une super première voiture de collection, elle sont pas très cher, souvent en bonne état, faiblement kilomètre et tellement facile et agréable à utilisé quotidiennement !!
    J’ai qu’une seul chose à dire vive la 204!! Et vive POA !!

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    1. Patrice Verges

      Tu oublies de préciser, Théo avec qui j’ai longuement échangé lors du sympathique pique-nique POA que tu étais l’arrière petit fils d’un célèbre carrossier constructeur de DS sportives au début des années 60. Si ma mémoire est bonne, la 204 était de la même couleur que celle de mon ami Henri propriétaire de cette voiture. POA c’est aussi des rencontres et grâce à ce site j’ai retrouvé Henri perdu de vue pendant 20 ans rencontré alors au coté de Max Mamers au Trophée Andros et en course de côte. Heureux de retrouver cet ami perdu de vue et en pleine forme après une grave maladie qu’il a attaquée à bras le corps. Bravo Henri, tu donnes des leçons de vie ! A la rentrée sur POA, sa rarissime Visa Chrono plus neuve que neuve. Merci Théo !

  2. Frederic

    Malgré ses 55 ans, je trouve sa silhouette encore moderne et surtout d’une grande pureté esthétique. Je ne suis pas sûr qu’on pensera la même chose de nos voitures de 2019 dans 55 ans. En plus, ce modèle est dans un état rare et on dirait qu’elle est neuve.

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  3. Nabuchodonosor

    « Élégance qu’on n’a pas retrouvée sur la 304 qui en a été extrapolée ».

    Euphémisme, s’exclamerait Capello. Parce qu’en effet jusqu’au montant C, une 304 et une 204 c’est, à quelques détails, près kif-kif bourricot. A cette époque, pas de compact; Le statut familial est dans la malle. Les petites excursions à la 2, les grandes vacances à la 3.

    Quant à son regard de Joconde, il était tiré je crois du concept Car Jacqueline de 1961, fruit d’une alliance éphémère entre le mégalo Cadillac et le styliste Pininfarina (clin d’œil à l’Allanté, Mister Président), en l’honneur de la non moins sublime Jackie Bouvier-Kennedy-Onassis (au choix dans l’ordre), qui en retour, raconte-t-on dans la vulgaire presse people, ne portait pas les français dans son cœur…
    😉
    Moi je dis Chapeot, Peugeot !
    Et merci à Oncle Pat’ pour ses articles toujours Bat’ !

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  4. Pierre_

    Mon père l’acheta en 70 je crois me souvenir, couleur bordeaux, elle paraissait neuve chaque jour tant elle était entretenue. ‘Mon père n’avait pas son pareil.’ Aujourd’hui encore d’ailleurs.. la Génération ‘on prend soin de tout!’
    Depuis, la marque ne quitta plus jamais la maison.
    Siège en skai marron clair, caramel.. un supplice l’été. Des serviettes de bain pour se protéger, faisaient l’affaire.
    Une belle Auto, belle petite gueule. Une réussite je pense.
    Papa si tu lis ces lignes.
    Merci pour ce repportage Patrice.

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  5. chapman

    J’ai fait pas mal de kilomètres dans diverses 204…. C’était une voiture extrêmement banale à l’époque. Sa qualité première était sa grande douceur de fonctionnement. On pourrait même dire onctuosité. C’est vrai qu’au cœur des seventies elle commençait à dater un peu et la 304, avec sa ligne virilisée, l’avait un peu enterrée. Elle restait malgré tout plus élégante, peut être plus féminine en effet, gracieuse en fait.
    Le système de chauffage et son entrée d’air un peu trop basse faisait qu’en cas de pluie abondante, on se retrouvait les pieds dans l’eau. Nombres des possesseurs de 204 avaient une écope de bateau dans le coffre pour vider le plancher. Je ne sais pas s’ils avaient résolu le problème sur les derniers modèles.

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  6. Gran Turisto

    La première voiture familiale… Une 204 bordeaux… Je n’en conserve que quelques bribes mémorielles, les aléas de la circulation avaient décidé de lui ôter la vie précipitamment… Remplacée par une 304 S beaucoup plus moderne et puissante : vitesses au plancher, toit ouvrant et feux de recul, entre autres… (Ben quoi je ne savais même pas lire à l’époque, j’avais les critères que je voulais !) Mon père, de son côté, se contentait de constater qu’il était possible d’avoir une voiture neuve avec de la rouille au bout de 3 semaines… Lui qui avait hésité avec une Alfa Romeo à cause de ça !
    A l’époque, mon grand-père avait toujours sa 204, blanche intérieur rouge, qu’il a gardé longtemps et dans un état magnifique… Je la trouvais tellement plus élégante avec ses courbes dodelinant sur ses roues de vélos que la 304, malgré ses presque 75cv et ses airs d’ersatz de 504 plus dans l’air du temps, mais ça, je n’osais pas le dire !
    Cette 204 a un regard empreint de bienveillance… regard gentil que j’ai eu l’impression de revoir avec la 205… Les 20X ont vraiment été des jalons importants de la marque sochalienne.
    Merci pour ces petits flashbacks en enfance…

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  7. Dubby Tatiff

    On en voyait beaucoup lorsque l’étais enfant. J’en conserve un souvenir ambivalent. A la fois je la trouvais élégante, fine quoiqu’un peu frêle et peut-être trop féminine et probablement pour toutes ces raisons, je trouvais confusément qu’elle jurait un peu dans la lignée des Peugeot de l’époque, généralement plus massives et viriles.

    Nom d’une pipe ! Je réalise en écrivant ces lignes que j’étais déjà un sacré petit macho à 7 ans ! 🙂

    Et de fil en aiguille, je repense à un des premiers épisodes de Top Gear France sacrifiant une Peugeot 204 en la précipitant du haut d’une falaise, transposant maladroitement le gag original où le trio anglais lâchait un piano sur une Morris Marina. Bien entendu, la transposition tombait à plat et ne faisait par rire du tout et j’arrêtais peu de temps après de perdre mon temps à regarder cette émission. La Marina était une voiture loupée dont les anglais avaient un peu honte, ce qui n’est pas le cas de la 204 qui est une voiture réussie. Quand on n’est pas drôle, on n’est pas drôle ; ça ne s’apprend pas.

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  8. Boris

    Ma première voiture il y 25 ans avec laquelle j’ai parcouru 40 000 km. J’ai dû l’abandonner car elle était complètement rouillée avec le plancher percé. le modèle d’Henry est dans un état exceptionnel pour son âge

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