Souvenirs d’Autos (232) : Abattez l’Abarth

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Voici une horrible histoire, envoyé par Jean-Marc que je remercie beaucoup au passage… mais que je ne félicite pas. Enfin, il faut bien que jeunesse se passe. N’est-il pas ? Il est !

Juin 1989. J’ai 19 ans.

Bagnolard congénital et limite pathologique, je n’ai pas de voiture. Et je souffre.

J’emprunte occasionnellement la verte et vieille Renault 14 d’une cousine. Avec son pot d’échappement fatigué et ses roulements de roues ovalisés, sur le périph’, on se croirait dans un bombardier de la Seconde Guerre mondiale.

Un week-end, lors d’un rassemblement familial, une amie de la fameuse cousine au bombardier me dit:

  • Ah! mais j’ai ma voiture dont je me sers plus (elle a alors une voiture de fonction), elle est à l’agence, elle marche pas, chais pas ce qu’elle a mais si tu arrives à la démarrer, elle a toi !
  • Euh, c’est quoi comme voiture?
  • Une Autobianchi !

(C’est quand même vachement mieux que le B52 TL, me dis-je)

En attendant le week-end suivant pour la récupérer, je reluque toutes les Autobianchi qui passent sous mes yeux.

Je les envisage toutes, même la modeste Junior avec ses petites roues en tôle. Le Graal étant bien sûr l’Abarth mais je me dis que la version que conduit cette dame élégante doit probablement être Elegante, et ça me convient très bien.

Arrive le samedi. Mon père et moi arrivons dans la cour de cet immeuble moderne du XVIIème arrondissement et là, le Graal !!

 

Une Abarth 70hp. Noire. Avec un toit ouvrant coulissant Webasto.

J’e n’en crois pas mes yeux. Je prie pour que la panne ne soit pas grave. Je la veux.

Il suffit d’une batterie neuve pour la démarrer et découvrir le son Abarth.

Ensuite, tous les soirs, je sortais avec elle. J’ai fait tous les tunnels de Paris et de l’ouest parisien, à fond de 4ème, le toit ouvert. Quand ce n’était pas les quais de Seine, les petites rues de Montmartre, les allées de la forêt de Fausses-Reposes.

Ce rêve éveillé a, je crois, duré un mois.

Le contrôle technique nécessaire pour le changement de carte grise a révélé que les joues d’ailes avant étaient en dentelle. Réparation conséquente et hors de mes compétences et de mon jeune budget.

La mort dans l’âme, je l’ai emmenée faire une dernière virée, à fond, sur les chemins de traverse boueux de la Champagne Pouilleuse.

Je l’ai malmenée sur ces chemins, tellement, qu’elle a rendu l’âme.

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.  On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

 

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (232) : Abattez l’Abarth »

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  1. JEAN-MARC

    Merci Mon Commandant pour cette publication et pour votre mansuétude à mon égard.
    Je voudrais ajouter que le Bombardier que ma très chère cousine me prêtait pour mes sorties nocturnes n’a pas été très bien traitée non plus:
    J’ai assimilé avec cette sympathique Poire les modalités des distances de sécurité à respecter en ville, surtout sur les pavés, surtout sous la pluie.

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  2. Pierre_

    Elle et la Minicooper étaient nos favorites. Mais trop rares dans notre landerneau a l’époque.
    Des copains ont agi de même avec une Méharie.
    Un dernier voyage pour le coup de grâce. Ça me glace le sang.
    Merci pour ce récit original Jean Marc.

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  3. chapman

    C’était la voiture d’une de mes premières petites amies. Une des premières séries, quatre vitesses et le petit moteur 58cv bien énervé….. Et le bruit que seuls les Italiens savent faire pour vous donner la banane. Une tenue de route d’époque mais…. Pas si mal quand même. Un joli rouge sportif et le capot noir mat.
    Elle était gentille, euh non, pas la voiture, ma copine ! Elle me laissait souvent le volant.
    A la fin de notre relation, elle avait récupéré celle de sa maman, la version plus récente avec les soixante dix chevaux et la boîte cinq. Elle était blanche comme une mariée. Bizarrement, les sensations n’étaient plus les mêmes, plus aseptisées, je ne saurais dire.
    Nous avons rompu peu de temps après. Y aurait il un lien de cause à effet ?

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  4. Georges Piat

    Elle avait du peps cette petite voiture. Il y a un truc qui saute aux yeux aujourd’hui, ce sont les surfaces vitrées’ : Un vrai aquarium. Nos vitres de bagnoles, à côté, sont des meurtrières !

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  5. Nabuchodonosor

    Si les contrôleurs techniques faisaient dans la dentelle, ça se saurait.
    Je n’aime pas mon contrôleur technique, je hais les contrôleurs techniques.

    Ce que J’aime en revanche, c’est votre liberté jusqu’au-boutiste d’emmener la belle recalée à l’examen, faire un tour dans le petit bois pour s’adonner ensemble à vos plaisirs défendus, pour croquer dans la pomme une dernière fois.

    Très belle histoire Jean-Marc et merci au commandant de sa publication sur le grand registre des SDA.
    😉
    Avec mes respects du vendredi mon Commandant.

    Nabu deux jours de perm’

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  6. Thierry

    C’était la première auto que j’avais dans le viseur en 1980 sortant de l’école.
    Avec (mais je n’ose l’avouer !) la Citroën Visa Carte Noire (pourquoi elle ? je ne sais pas !)
    Et j’ai fini chez VW à choisir une Polo, seul garage ouvert un samedi 16 août alors que tous avaient fait le pont !
    Ce qui m’a valu une fidélité aveugle à la marque Allemande pendant 15 ans avant de sombrer dans la concurrence sans regret.

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  7. Docteur_Oliv

    J’ai rtécupéré celle de ma soeur quand elle s’est acheté une 205 GTI (kit 115 cv !! )
    Pas mal de travail (4 amortos, Silents Blocs freins pneus….) pour avoir une tenue de route moyenne en particulier pour revenir du travail ! La grande courbe A15 vers A115…
    Un abruti avec une petit camion benne l’a aplati dans une BM Série 5 toute Neuve ! Le proprio emmenait la famille pour fêter son achat par un Couscous. ce qui le consternait vraiment c’est que sa femme lui avait dit de ne pas se garer là !
    Très marrante en ville surtout après allumage / Carburation soupapes. Coffre inexistant (plus petit que A110) même les course de ma copine ( ma femme depuis 30 Ans ) rentraient difficilement.
    Bien sûr l’esthétique n’avait pas été oubliée. Glaces teintées à l’Arrière avec un bel autocollant de la Coupe KAWA, des Longues Portées BOSCH, des Antibrouillards CIBIé.
    Les disques AV étaient perforés, les Amortos BILSTEIN, les pneus MICHELIN en 155/70.
    En résumé un bon souvenir quand même.
    je resterai discret quand à la qualité des tôles !

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    1. 24heures (X350)

      euh… pour la 205, si kit, alors 125 (il y a eu la 105, puis le kit 125 PTS sur base de 105, puis la 115, évolution de la 105. et la 130 bien sûr…)

    2. Docteur_Oliv

      @ X350
      Il s’agit d’une 1,6 et en option on pouvait avoir 115 cv
      le prix était le même que l’option groupée Glaces électriques & …..(je ne me souviens plus !! )
      je lui ai conseillé les chevaux plutôt que le confort….