Souvenirs d’Autos (233) : 406 in love

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. La chanson affirme que « les histoires d’amour finissent mal… »… D’après Sven, Petit Observateur de Toulon, c’est la vérité. Malheureusement…

 

Une histoire de cœur, de bagnole, d’un amour père-fils… La vie quoi !

Alors encore étudiant à Toulouse, j’étais tombé amoureux d’une fille de mon école, avec qui je n’avais malheureusement pas ma chance. Pour me consoler, j’avais décidé de me séparer de ma vaillante Saxo et de craquer ma tirelire pour acheter la plus belle voiture jamais créée à mes yeux : la Peugeot 406 Coupé, œuvre de PININFARINA.

Nous sommes donc partis avec mon père chercher la bonne affaire. Notre choix s’est arrêté sur un modèle 2L 135cv essence de 1998 (gris Thallium, comme neuve). Après négociation avec le garage, elle nous a été vendue 3500 Euros avec un kit distribution neuf.

La réception a eu lieu une semaine plus tard à Toulon… J’avais tellement de respect pour cette voiture que je me suis juré de ne la conduire qu’avec des gants en cuir, ce à quoi je me suis tenu. C’est la seule voiture que je pouvais admirer pendant des heures sans me lasser de la beauté de ses lignes.

Mais quelques heures après la réception, en examinant sous le capot, mon père se rend compte que la courroie n’avait pas été changée, et était en retard de 7 ans sur son échéance !

Après une violente menace de procès au garagiste, ce dernier nous promis de faire le nécessaire sous 5 jours.

Je rentrais donc à Toulouse le soir même en Saxo…

Le samedi suivant au matin, j’avais prévu une sortie avec cette fameuse jeune fille, à qui je devais servir de chauffeur. Le vendredi soir vers 21h, mon père m’appelle de Toulon pour me dire que la 406 était enfin prête, et à ma disposition.

Voulant à tout prix faire voyager ma dulcinée le lendemain dans ce carrosse, je devais faire l’aller-retour Toulouse-Toulon dans la nuit pour aller chercher la Peugeot.

Mon père, par compassion (merci Papa !), me proposa de m’avancer la 406 jusqu’à Nîmes (à mi-chemin, en gros).

Nous nous retrouvâmes donc à Nîmes vers minuit, pour échanger ma petite Saxo contre ma merveilleuse 406 Coupé. Calé à 110km/h au retour, je savourais ce « toucher de route » légendaire, et malgré un orage d’une rare violence sur la route, il m’est apparu que cette voiture n’était pas seulement belle à regarder, mais aussi belle à conduire.

Arrivée à 3h du matin à Toulouse, une grosse fête sur le campus de mon école m’obligea à faire dormir la 406 à l’extérieur… Petit moment rageant!

Et comme prévu le lendemain, virée avec la merveilleuse jeune femme assise avec moi dans mon carrosse, bonheur à son comble ! Elle m’avait d’ailleurs fait remarquer que rien qu’à l’odeur, on savait qu’on était dans une 406 ! Quel charme ces voitures des années 1990…

Quelques mois plus tard, ce chagrin d’amour me faisant trop souffrir, je décidais de me séparer de tout ce qui me le rappelait, à commencer par la 406…

Très difficile à vendre, bradée à 2500 euros avec un contrôle technique vierge, malgré ses 19 ans et 161000 km ! Je repris donc ma fidèle Saxo, qui dormait tranquillement chez mon père depuis quelques mois.

Émouvantes retrouvailles, mais coup du sort… Trois mois après, ma petite Citroën, qui fut ma première voiture, fut détruite à un stop par une Golf… Quelle aventure !

Mais un immense merci à mon adorable Papa, qui se priva d’une nuit de sommeil pour faire en sorte que son fiston puisse se pavaner dans son Coupé avec sa dulcinée !

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

12 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (233) : 406 in love »

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  1. Georges Piat

    Chaque voiture a son histoire, notre histoire et c’est cela qui fait cette magnifique rubrique.
    Merci beaucoup Sven, c’est touchant, surtout quand il y a une fille dans le récit.

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  2. Mat Ador

    Mon Papa à moi aurait par usure de compassion été chercher la fille jusqu’à Toulouse… Pour lui servir de chauffeur.
    Il fût un temps où il avait le pognon, les belles bagnoles et se servait de moi comme appât.
    Cela rend votre histoire encore plus vibrante à mes yeux quand je pense à tout l’amour que je lui ai porté…
    Mes enfants sont mariés et heureux maintenant et le grand-père que je suis devenu est très fier d’eux.

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  3. Paul GUY

    AU dela de l’anecdote charmante, il y a ces autos que l’on regrette d’avoir vendu quelqu’en soit la « mauvaise » raison. J’ai connu ça avec une R19 Cabriolet 1.8 Aria

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  4. chapman

    C’est drôle, mes histoires de filles sont bien souvent liées à des voitures différentes. L’histoire de Sven m’en fait prendre conscience.
    Merci pour cette charmante histoire et coup de chapeau au papa. C’est bien cette complicité de garçon.

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  5. Pierre_

     »Cendrillon pour ses 20ans est la plus heureuse des enfants »
     »Dans le coupé Peugeot du prince charmant »
    La belle s’est envolée, le carrosse aussi.
    La belle aventure se termine ainsi.
    Merci Sven pour cette romance.

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  6. Jean-Michel KAGAN

    C’est plus une histoire de fils et de père que de voiture, enfin une histoire de gens, comme dirait un certain R.R.
    Mon père a disparu il y a presqu’un an et je ne peux plus dire comme pendant 45 ans, quelque soit l’heure «  bon si je tombe en panne, c’est pas grave j’appelle Papa », mieux qu’Europe Assistance.
    Bon c’est pas le tout, je dois appeler ma sœur qui veut me raconter ce qui lui arrive avec sa voiture.

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    1. Jean-Michel KAGAN

      Je ne radote pas, j’avais l’info que mon premier commentaire n’avait pas été envoyé.

  7. Nabuchodonosor

    J’irai bien refaire un tour du côté de chez Sven, revoir mon premier amour qui me donnait rendez-vous dans la 406 Coupé et se laissait embrasser sur la joue… Merci pour cette histoire si romantique.

    Et pour dire les choses trivialement, je suis persuadé que si les bagnoles intégraient la dimension « aspirateur à gonzesses », le succès serait toujours au rendez-vous. Il manque une Evelyne Leclercq ou une Fabienne Egal dans les bureaux de design. Une sorte d’ergonome matrimonial, de sophrologue de la mobilité, ce qui de plus permettrait le repeuplement la France. Il ne faut jamais oublier que chaque bébé qui nait est un client en devenir. Bref il faut savoir semer si l’on veut récolter. Quand on a connu les banquettes rebondies toutes largeur des Ford Taunus, des Volvo Amazon, sans ceintures ni levier de vitesse au milieu, on se dit qu’en cinquante ans on a régressé sur ce point. Peut-être qu’avec la bagnole autonome, demain la liberté gestuelle reviendra, la nature reprendra t’elle ses droits… C’est tout ce que l’on peut souhaiter à nos enfants.
    😉
    Nabu
    En France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées.

    Mes respects du vendredi mon Commandant.

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    1. JEAN-MICHEL Kagan

      C’est plus une histoire de fils et de son père, toujours prêt pour lui et surtout pour partager les histoires de voitures. Mon père a disparu il y a un an et je ne peux plus me dire à n’importe qu’elle heure comme pendant 45 ans, « bon si je tombe en panne j’appelle Papa ». Mieux que Mondial Assitance.
      Bon c’est pas le tout, il faut que j’appelle ma sœur qui veut me raconter ce qui lui arrive avec sa voiture.