Secrets de design – Citroën AC4 1929 : Aux origines du design

Philip Nemeth nous aide à nous émerveiller devant le design de la Citroën AC4 de 1929 et à comprendre les origines du dessin automobile. Promu Ministre du design de POA, vous pouvez poser vos ↓🚗↓ questions à Philip à  : phnemethconsulting@gmail.com . Sachez que Philip loue sa papeterie pour des séminaires.

Nous retrouvons aujourd’hui Philip Nemeth pour un morceau de France éternelle: la Citroën C4. Cette grany de 90 ans nous livre ses secrets bien gardés dans son allure de boîte à chaussures. Cette auto, presque reléguée au rang d’antiquité voire même de diligence tant elle paraît en décalage avec les ordinateurs sur roues que nous côtoyons actuellement nous emballe pourtant par son charme indescriptible et avec un peu d’imagination l’on peut même apercevoir le président Doumergue qui sort avec son haut de forme…
Pour un spécialiste du design comme Philip Nemeth, parler d’une voiture construite à une époque ou le métier même de designer n’existait pas est un comble… Et pour cause, les considérations esthétiques semblent passer au second plan pour ces autos de grande série, dont Citroën était le précurseur du moins en Europe. Il semble que la fonction utilitariste l’ait emporté sur les critères esthétiques, permettant désormais d’avoir le chauffeur à l’intérieur de l’habitacle; vive la démocratie !

Cette voiture laisse ainsi le curieux sentiment d’être un entre-deux entre héritage antique comme en témoignent les grandes roues de calèche disposées autour de l’habitacle et surmontées de grands garde-boues encore plus nécessaires sur les routes des années 30 encore plus défoncées qu’aujourd’hui, et certains éléments très novateurs comme les freins à câbles ou la politique d’options à faire pâlir d’envie les constructeurs premiums allemands modernes: la malle arrière en option, même Audi n’oserait pas faire pareille pingrerie, et le Premier Ministre sait qu’ils en ont les capacités imaginatives! Encore une fois, Citroën était en avance sur son époque, et même sur les moeurs. Le fait que la première propriétaire de cette voiture ait été une institutrice va si bien à l’image avant-gardiste de la marque, à croire que ce fut un coup de pub organisé par André Citroën en personne! Et en prime, elle ne consomme que 10 litres aux cents, laissant Julien baba: mais que demande le peuple!

Elle fait presque couler quelques larmes de tendresse à notre président, qui heureusement se ressaisit bien vite pour sauter sur les marchepieds et réclamer une mitraillette laissant ressurgir son glorieux passé de bandit chicagolais dans les années 30. Mais l’Al Capone de POA aurait eu bien du mal à s’enfuir en AC4, dont les deux premières vitesses lui confèrent une sonorité rocailleuse lui conférant le surnom de “moulin à café”. Heureusement que notre président use généreusement du klaxon pour donner une allure plus classieuse à cette chevauchée pittoresque qui n’en reste pas moins bien dépaysante…

L’avis des Petits Observateurs !

16 commentaires au sujet de « Secrets de design – Citroën AC4 1929 : Aux origines du design »

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  1. Docteur_Oliv

    @Renaud : La bakélite, ce sont les vieux téléphones filaires NOIRS et extrèmement lourds. ( Pour que les adolescents que nous étions ne s’en servent pas trop longtemps ?? )

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    1. Dubby Tatiff

      Il y avait probablement sur cette voiture d’autres pièces en bakélite. Je pense au moins à :
      – le rotor du distributeur d’allumage.
      – les capuchons des bougies d’allumage.

    2. Nabuchodonosor

      Il n’y avait pas que le téléphone. Il semble me souvenir que les premiers implants mammaires étaient également faits dans ce polymère thermodurcissable… Les mots de Serge sur les circonvolutions de Jane résonnent encore en moi : « Tes p’tits seins de bakélite, qui s’agitent ».
      😉
      Nabu-ah-ok, oups, je sors…

  2. Docteur_Oliv

    Quand on démarre la Vidéo, on se demande si on a 17 minutes de libre et tout à coup c’est déjà fini !!
    Quand quelqu’un s’y connait vraiment il n’a aucun mal à nous faire rêver

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  3. Nabuchodonosor

    1929. L’année du jeudi noir du krach de Wall Street est aussi paradoxalement l’année de l’inauguration à Paris, rue Marbeuf, de la cathédrale Art-Déco Citroën signée Laprade-Bazin qui doit surclasser la concession Alfa-Roméo du 36, soit deux numéros plus loin, conçue par un certain Mallet-Stevens…

    On lit toutes sortes de choses sur internet. On y apprend notamment qu’entre le Type C4 et C6 et la Traction il y eut, sauf erreur Monsieur le Ministre, la Rosalie. Citroën en ayant acheté les droits à Chrysler, les avait équipé du « moteur flottant », ancêtre j’imagine, du silent-bloc. les dernières Type C en avait d’ailleurs été équipé.

    Ce montage moteur souple, donnera une belle occasion aux journaux satiriques de railler le ferblantier de Javel, criblé de dettes. En 1932, le Canard Enchainé questionne : « Le moteur flottant va-t-il sauver André Citroën de la noyade ? ».

    Le 21 décembre 1934 à 12h40 ce sera le grand saut. Le Tribunal de commerce de la Seine, présidé par Monsieur Picketty (sic), admettra, suite au dépôt de son bilan, la S.A André Citroën au bénéfice de la liquidation judiciaire…

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  4. Pascal DeVillers

    Bonjour à tous,
    En complément à cette belle POADE je regarde ce matin en relay un tres intéressant reportage de RMC découvertes sur Citroën avec la participation du petit fils d’André Citroën. C’est très instructif.
    Je recommande vivement aux amateurs d’automobiles.
    Pascal

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  5. chapman

    Très grand moment…. Et émouvant. Merci Renaud, merci Philippe, merci Julien. Le thermomètre à surveiller dans les côtes (avec appréhension) le compteur à tambour (ça c’est carrément dingue), le cendrier en cristal (politiquement incorrect) et ce merveilleux protocole de démarrage qui sent l’aventure, l’essence et le cambouis. A propos d’essence et pour parler de ce que l’on trouve à la pompe aujourd’hui, j’avais cru comprendre qu’on trouvait aussi de l’éthanol dans le 98……
    Peut être me trompe-je???
    Grande, très grande POAde que je rapprocherais, dans mon Panthéon personnel, du reportage au musée automobile de Mulhouse…. Le Shlumpf. Avec cet extraordinaire bonus de la petite promenade avec les sensations d’époque, les craquements, les grincements, le chant des pignons. Il ne manquait que les odeurs d’essence…. Le Super plombé, celui qui sentait bon.
    Prochaine progression à envisager : POA en odorama
    😉

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  6. Thierry

    Quelque part dans une maison d’Auvergne, ciel gris, le couple est dans le salon, et comme souvent en ce début de week-end ….

    Chérie c’est vendredi à 18h00 on aura du POA à regarder …
    C’est quoi comme bagnole ce soir ?
    C’est pas une bagnole c’est le mec que tu adores, tu sais le designer !
    Ah oui celui qui parlait des bagnoles avec des mots simples, ah oui j’adore, il est trop ce mec

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  7. Pascal DeVillers

    Bonsoir,
    Pour résumer ce sublime reportage, je citerai Otto von Bismarck.
    « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne puet savoir où il va.  »

    Pascal

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  8. christophe bagieu

    Encore une vidéo vivante et pleine de surprise et de savoir sur cette mythique marque d’André Citroën et toujours aussi passionnant d’écouter le Ministre de Design qui nous fais entrer dans son univers . La démonstration du démarrage et la petite balade est le clou de ce reportage fort bien conté .

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  9. Nabuchodonosor

    Merci Monsieur le Ministre du design de vulgariser pour nous ce monument de mobilité de la France éterneeeelle qu’est cette AC4 fille de la B14 mais surtout du Taylorisme devenu Fordisme. Et merci Monsieur le Président et Monsieur le Porte-Parole du Gouvernement pour la prise de risque maximum à bord de ce tacot. Pour vous dire, je me cramponnais à ma souris tellement je tremblais pour vous pendant la traversée sur le Pont de l’Eure entre Saint-Roch et Croth…

    Nom de Dieu quel progrès devait représenter ces autos pour l’époque ! Parce que le cheval, le quadrupède caballus hongre, étaient lent, qu’il était peu commode et que son crottin encombrait, empestait et rendait les routes pavées dangereuses surtout quand il pleuvait.

    Comment André Citroën, roi de l’engrenage à double denture, aurait-il pu se douter que deux républiques plus tard, les députés de la France éterneeeelle, voteraient une loi interdisant les voitures à moteur thermique, pour soit-disant, de sombres raisons de pollution planétaire ?

    Merde, une révolution…
    😉

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  10. MF67

    Très bon reportage ! Très heureux de voir que POA s’intéresse aux « caisses carrées » ! Il ne s’agit pourtant pas d’une période de l’histoire automobile à négliger : Certes, il n’y avait alors pas de designer à proprement parler, mais, il y a eu durant cette période, allant schématiquement de 1925 à 1935, un certain âge d’or de la belle carrosserie automobile. En effet, les carrosseries bien frêles du début des années 20 ont progressivement gagné en épaisseur (Pour vous en convaincre, comparez cette C4 avec les modèles Citroën précédents: Les B2, B10, B12 et B14…), pour aboutir aux lignes aérodynamiques des années 35-40, bien moins belles à mon goût… (Alors même que les mécaniques évoluaient peu)
    Les lignes des carrosseries d’alors sont simples, toujours élégantes. Pour s’en convaincre, il suffit d’admirer la grande diversité des différentes carrosseries disponibles sur les C4-C6 sur la courte période de production 1929-1932: Des Conduites Intérieures 6 glaces, Berlines 4 glaces, Faux Cabriolets, Cabriolets, Landaulets, etc… Des carrosseries toujours bien « coupées » si j’ose dire. Par ailleurs, la fameuse malle « Coquille » était montée en option ou en série selon les modèles, Citroën ayant obtenu la possibilité d’en doter ses voitures sous licence.
    Bien sûr, les Citroën n’étaient que des autos de grandes séries, d’autant plus qu’elles étaient construites selon la technique du « Tout Acier » importée des Etats Unis, ce qui par conséquent permet de déceler un certain air de famille avec les productions américaines de l’époque (Chicago n’est pas loin monsieur le Président …!). A l’époque, la concurrence ne proposait que des carrosseries à armature en bois, beaucoup moins résistantes au temps et surtout aux chocs ! Mais ces voitures restaient très classiques en terme de conception mécanique, il n’y avait pas de roues indépendantes à l’avant (Peugeot proposera les roues indépendantes sur sa 201, ce qui fut une première en grande série.), et le moteur, à soupapes latérales, n’avait que 2 paliers.
    Mais le résultat de tout cela, est que 90 ans après, les exemplaires qui nous sont parvenus (beaucoup ont été transformés en camion plateau après guerre…), peuvent toujours rouler ! Nos autos modernes pourront-elles en faire autant dans 90 ans ?

    Mais cette C4, c’est surtout, et avant tout, une toute autre philosophie du voyage ! Plus que le voyage en lui-même, c’est la poésie du voyage, quelque chose de perdu dans notre monde moderne où tout va très vite…

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    1. MF67

      Petite précision concernant le freinage : Les Citroën freinaient mieux en ce temps là puisqu’elles étaient équipées (en option ou en série (?) je ne sais plus…) d’un Servofrein « Westinghouse », société qui fabriquait également des organes de freinage pour matériel ferroviaire !
      Citroën innovera de manière conséquente en matière de freinage en 1934, lorsque les 7cv et 11cv Traction Avant seront équipées d’un freinage hydraulique : Une révolution !

  11. Ju44

    Merci POA pour ce pur et beau moment d’histoire à la française ! L’impression de redevenir un gosse au milieu d’une exposition consacrée aux voitures anciennes… Je ne sait plus où regarder tellement tout captive mon regard!

    Désormais on a tellement l’habitude de rêver sur des voitures des années 60 et 70, qui a l’époque étaient très modernes, qu’on en arrivait petit à petit et sans doute par mégarde à oublier les belles machines d’avant guerre, qui les ont précédées et ont elles aussi apporté leur pierre à l’ouvrage.

    Et quel spectacle que tous ces détails. Je suis bluffé par le thermomètre incrusté dans le bouchon de radiateur et par la lunule du compteur. Ce sont là des pièces d’orfèvrerie et j’ai du mal à imaginer qu’à l’époque cela représentait la technique basique et abordable du moment, alors que de nos jours ce seraient des équipements extrêmement coûteux et réservé à quelques joyaux automobiles…. un peu comme une météorite sur le tableau de bord d’une Rolls-Royce!

    Mille merci pour cette pépite, mais aussi pour le partage amical et transparent de toutes ces informations et bribes historiques par Philippe Németh, qui a l’art de simplifier verbalement toute une technologie qui reste malgré tout complexe et avant-gardiste de conception. Je me coucherai largement moins bête ce soir !

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  12. François

    Bonjour.
    Trop court ! Passionnant ! Captivant ! Philip Nemeth sait raconter une voiture, une époque automobile, d’une façon admirable. Avec lui et avec le president Roubaudi, le regard que l’on peut avoir sur l’automobile devient forcement admiratif, quelque soit l’âge ou la catégorie de la belle.
    Merci et bravo pour ces grands moments
    François

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