Golf Volkswagen GTI 1

Par Patrice Vergès ; En 45 ans, plus de 35 millions de Golf ont été produites dont 6,7 millions de Golf 1. Diffusée à 470 000 exemplaires entre 1976 et 1984, la GTI série 1 est la plus recherchée aujourd’hui.

Thomas n’était même pas né lorsque sa Golf GTI 1982 a été fabriquée. S’il apprécie beaucoup les Youngtimers, c’est certainement parce qu’il a passé son enfance assis sur la banquette arrière de l’Autobianchi Abarth puis de la 205 GTI 1600 105 ch de sa mère. « Elle marchait fort et a même fait un tonneau avec la 205. Heureusement, je n’étais pas avec elle !  » précise Tomas dont les connaissances mécaniques de spécialiste en ULM ont été précieuses dans la remise en route de sa Golf GTI.

En 1981, la Golf GTI emprunta sa planche de bord au coupé Scirocco mais perdit son beau volant sport à branches métalliques pour un ensemble plus massif moins esthétique

Sièges baquet Recaro de série qui avaient perdu la fameuse sellerie écossaise des premières séries

Abandonnée et vandalisée

« Cette Golf GTI n’avait pas roulé depuis 15 ans et avait été abandonnée dehors pendant 5 ans où elle avait été vandalisée. L’intérieur avait été volé comme l’échappement et les longerons arrière étaient pourris. Elle n’avait plus son 1600 cm3 d’origine mais un 1800 cm3 de Golf 2. Comme on me l’a donnée, je n’ai pas pu refuser ! « 

Thomas a patiemment remis sa Golf en état. Il a acheté un intérieur (contre-portes et sièges), refait les longerons, changé les freins et les disques, amortisseurs, silentblocs, échappement, le réservoir qui était rouillé. Il a adapté une calandre deux phares d’origine avec un spoiler, revu le moteur (distribution, joint de culasse, pompe à injection, etc) puis fait repeindre dans sa couleur d’origine noire, teinte que VW avait relancée. Elle n’est pas encore en état concours car il lui reste quelques bricoles à terminer particulièrement le siège conducteur et changer le ciel de toit. Mais elle tourne comme une montre suisse dans une jolie sonorité mate propre à cette version.

 La Golf GTI se distinguait notamment par sa calandre ceinturée de rouge et ses élargisseurs d’aile et son spoiler avant et sa bande latérale

En 1979, la Golf accueillit des pare-chocs en plastique plus enveloppants pour recevoir deux ans plus tard des feux rouges agrandis

Une sportive embourgeoisée

Dévoilée fin 1975, la GTI est apparue chez nous un an plus tard. Son succès a été immédiat car elle n’avait aucune concurrente. VW comptait en produire 5 000 et en vendit 2,5 millions ! C’était une Golf dans laquelle on avait glissé le moteur 1600 cm3 à injection 110 chevaux du coupé Scirocco. Une puissance fort honorable il y plus de 40 ans, obtenue grâce à l’injection, technique rare dans cette cylindrée. Dans la caisse légère (810 kilos) et compacte, ce moteur plus musclé transforma cette petite familiale en véritable sportive capable de dépasser 180 km/h, d’accélérer aussi fort (31 s aux 1000) avec en prime une redoutable efficacité grâce à une excellente tenue de route. Avant la Golf, on prétendait qu’une traction avant ne pouvait pas être une sportive. La GTI, agile comme un vélo, prouva le contraire.

Elle innova surtout grâce à sa double personnalité ce qui n’existait pas à l’époque. C’était à la fois une véritable sportive et aussi une familiale plutôt bourgeoise au niveau de sa présentation bénéficiant d’une image flatteuse et branchée, capable de transporter 4 personnes et leurs bagages dans d’honnêtes conditions de confort, d’économie de robustesse. Hiver comme été, à froid ou à chaud, une GTI démarrait toujours sur un ralenti à 900 tr/mn

Elle connut un étonnant engouement à la fin des années 70 générant de longs délais de livraison. Toutes les jolies femmes dans les beaux quartiers rêvaient de rouler en Golf GTI qui remplaça leur Mini Cooper.   Au fil des ans, VW gomma avec parcimonie ses quelques défauts en adoptant des pare-chocs plus épais en 1979 à la place des plats en tôle d’origine ( très recherchée aujourd’hui) puis une boîte à 5 rapports en 1980, une planche de bord plus cossue avec un volant plus massif en 1981 suivis d’un moteur porté à 1800 cm3 en 1983. S’il annonçait que 2 chevaux supplémentaires, soit 112, il était plus soyeux, plus souple plus économique et plus véloce que le 1600.

Né en 1588 cm3 de 110 ch, ce moteur grimpa à 1781 cm3 et 112 ch en 1983 toujours alimenté par une injection Bosch K-Jetronic

La console centrale élargie en 1981 accueillait un unique mano (température d’huile). On remarque le célèbre pommeau de vitesses en forme de balle de golf

Une mine d’or

La GTI fut une mine d’or pour les accessoiristes qui proposaient diverses calandres 4 phares, un becquet arrière, des échappements plus musicaux, des jantes en alliage avec élargisseurs d’aile et des mécaniques plus puissantes soit sous la forme d’un turbo ou d’une cylindrée poussée à 1900 cm3. Face à la pression de la clientèle, VW France dévoila une version plus méchante préparée par Oettinger poussée à 136 ch grâce à une culasse à 16 soupapes mais qui avait le défaut de coûter extrêmement cher. Produite à 1250 exemplaires seulement, elle se vend aujourd’hui une petite fortune (autour de 30/35 000 euros) contre 15 à 20 000 pour une belle GTI première génération.

Lorsque la nouvelle Golf 2 GTI fut dévoilée début 1984, des Golf 1 restaient en stock. VW eut l’idée de la dépouiller de quelques accessoires afin d’abaisser son prix et de la rebaptiser Rabbit (lapin) qui était son nom aux USA. Épaulées par une pub géniale, elles partirent en quelques semaines !

 » Mon 1800 est monté avec une boîte de 1600 au rapports plus courts. C’est l’ancien propriétaire qui l’a installé après avoir cassé le moteur. Je vais essayer de trouver un moteur 1600 pour la remettre conforme à son millésime  » explique Thomas qui n’a pas l’intention de la vendre sauf s’il trouve une Lancia Delta Évolution à prix d’ami. Pas évident !

 

 

Thomas a mis plus de 18 mois pour redonner la vie à sa Golf GTI. Il reste encore quelques bricoles pour qu’elle soit au top

Cette GTI était restée abandonnée près de 15 ans dont 5 ans à l’air libre

Il était possible d’équiper sa Golf de nombreux accessoires (prise d’air, élargisseurs d’aile, calandre 4 phares) et pas toujours avec bon goût

Formidable pub pour la Rabbit sous la forme d’un lapin galopant coiffé d’un bonnet de cuir avec des trous pour laisser passer les oreilles !

 

 

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Golf Volkswagen GTI 1 »

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  1. Francois SOLON

    Ma 1ère voiture. Amour éternel, je l’ai acheté à l’époque en pensant qu’il s’agissait d’une série limité (Rabbit) en fait, l’histoire m’apprendra plus tard que c’était une simple GLS sur laquelle, l’ancien proprio, avait accolé le fameux lapin. Pas grave elle a enthousiasmé à jamais mes tendres années. Golf un jour Golf toujours…

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  2. Pierre_

    Cette voiture était belle, moderne, agressive et bien dans son époque, et à l’image des 205 gti,
    et qu’importe les performances, nous n’avions d’yeux que pour ces Autos là.
     »Une super nana ! » Chantait Michel Jonasz.
    Merci pour ce reportage Patrice.

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  3. François

    Bonjour,
    j’en garde un bon souvenir compte tenu de l’époque, c’était une petite révolution avec son moteur volontaire qui autorisait des performances réservées jusque là à des véhicules de marques beaucoup plus nobles et surtout plus couteux. C’était la première de la mode des GTI, elle suscita bien des vocations et des modèles concurrents de toutes sortes, des très bons comme des pales copies. Après quelques années ce n’était plus la meilleure mais elle avait une image unique qui encore aujourd’hui en fait la réputation de sa descendance.
    A part son moteur performant en 76 ( bien classique aujourd’hui ) je lui reprochait un freinage qui s’évanouissait dangereusement a la moindre sollicitation sérieuse, des amortisseurs d’origine inefficaces après 10 000 km, un éclairage faiblard et des bruits de toutes sortes fatigants a la longue . A cette époque on regardait peu la consommation, heureusement, mais je me souviens que je passais souvent a la pompe quand je descendais dans le Sud, le pied dans la tôle évidement…inconcevable aujourd’hui.
    J’aimais ses sieges, au tissu si caractéristique, qui maintenaient super bien, son volant qui donnait du plaisir dans les enchainements et surtout le touché de son levier de vitesse a travers cette agréable balle de Golf.
    Notre liaison fut de courte durée, coutumier de longs trajets j’étais devenu sensible à plus de confort, d’espace, de silence avec des performances élevées d’un moteur coupleux sans toujours chercher a mettre l’aiguille en zone rouge, totalement en dehors de la mode des GTI.
    Bravo Thomas pour cette très belle et réussie restoration.
    François

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    1. Nabuchodonosor

      Me revient la citation du célèbre Jack Sélère, disciple du Joe Bar Team, se signant devant Saint Gamelle :
      « Si tu freines, t’es un lâche !  »
      😉

  4. Jrrande

    Superbe madeleine de Proust . J’en ai eu 3 à l’époque car je travaillais chez VAG France et en plus j’ai participé à la campagne «  Le lapin qui fait vroom « car j’étais chef de publicité…

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  5. Georges Piat

    Belle article comme d’habitude et bien belle restauration.
    On ne s’en lasse pas de cette GTI, tout un symbole. Mais inaccessible pour beaucoup à l’époque…

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  6. Serge

    jJai roulé avec une GTI 1600 d’occasion dans les années 80 où on n’avait pas peur de prendre 2OO compteur sur autoroute. Quelle voiture et quels regrets j’ai de l’avoir vendue à cause d’un changement de situation de ma vie familiale. la 205 GTI ne lui arrivait pas à la cheville !

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  7. Thierry

    J’ai eu la Golf 2 en Gti, une auto attachante, dans les 10.000 euros en 1987.
    Mon père avait la Golf 1 en version GL 70cv.
    Une caisse bourgeoise pour l’époque, qui offrait un bon confort ainsi qu’une excellente fiabilité.
    Le look était taillé à la serpe, mais rapidement les publicitaires de VW nous ont fait des perles cinématographique de 30 secondes avec ces produits !
    Le joueur du casino, le bruit de la boucle d’oreille, tout le capital de VW repose sur le travail des ces publicités des années 80 …

    « Oui mais il a une Golf »

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